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CHAPITRE XI. — VARIATIONS d'ÉCLAT DES ÉTOILES

plus tard, en i245, la Chronique d'Alberlus Stadensis (Oldenbourg) sîgnalc rapparllion, dans le Bélier, d'une étoile d'éclat comparable à celui de Vénus, de la couleur rouge de Mars, et qui brilla deux mois.

Mais l'attention fut surtout appelée sur ces phénomènes par la description détaillée que donna Tycho Brahe des circonstances qui entourèrent l'apparition de l'étoile nouvelle de 1572 dans Gassiopéc, étoile qui reçut le nom de nouvelle de Tycho Brahe ou encore de Pèlerine,

204. Étoile de Tycho Brahe ou la Pèlerine, — Nous citerons ici la relation même de Kepler, telle qu'elle a été publiée dans le Cosmos par de Humboldt.

« Lorsqu'en 1672 je quittai l'Allemagne pour retourner dans les îles danoises, je m'arrêtai dans l'ancien cloître admirablement situé d'Herrilzwaldt, appartenant à mon oncle Slénon Bill, et j'y pris l'habitude de rester dans mon laboratoire de chimie jusqu'à la nuit tombante.

» Un soir, le 11 novembre 1372, que je considérais, comme à l'ordinaire, la voûte céleste dont l'aspect m'est si familier, je vis avec un étonnemcnt indicible, près du zénith, dans Cassiopée, une étoile radieuse d'une grandeur extraordinaire. Frappé de surprise, je ne savais si j'en devais croire mes yeux. Pour me convaincre qu'il n'y avait point d'illusion, et pour recueillir le témoignage d'autres personnes, je fis sortir les ouvriers occupés dans mon laboratoire et je leur demandai, ainsi qu'à tous les passants, s'ils voyaient comme moi l'étoile qui venait d'apparaître tout à coup. J'appris plus tard qu'en Allemagne des voituriers et autres gens du peuple avaient prévenu les astronomes d'une grande apparition dans le ciel, ce qui a fourni l'occasion de renouveler les railleries accoutumées contre les hommes de science.

» L'étoile nouvelle était dépourvue de queue; aucune nébulosité ne l'entourait; elle ressemblait de tous points aux autres étoiles; seulement elle scintillait encore plus que les étoiles de r* grandeur. Son éclat surpassait celui de Sirius, de la Lyre et de Jupiter (*); on ne pouvait le comparer qu'à celui de Vénus quand

(') Cependant Jupiter était alors acronyque et périgée.

2gS TRAITÉ D*ASTRONOHIE STELLAIRB.

elle est le plus près possible de la Terre. Des personnes pourvues d'une bonne vue pouvaient distinguer cette étoile pendant le jour, même en plein midi, quand le ciel était pur. La nuit, par un ciel couvert, lorsque toutes les autres étoiles étaient voilées, l'étoile nouvelle resta plusieurs fois visible à travers des nuages assez épais. Les distances de cette étoile à d'autres (IJ, a, tj, y, 5, e, t, x et P) de Cassiopée, que je mesurais l'année suivante avec le plus grand soin, m'ont convaincu de sa complète immobilité.

» A partir du mois de décembre 1672, son éclat commença à diminuer; elle était alors égale à Jupiter ; mais en janvier iS^S, elle était devenue moins brillante que lui. Voici le résultat de mes comparaisons photomélriques : en février et mars, égalité des étoiles de premier ordre ; en avril et mai, éclat des étoiles de 2* grandeur; en juillet et août, de troisième; en octobre et novembre, de quatrième grandeur ; le passage de la 5^ à la 6* grandeur eut lieu de décembre 1 678 à février 1 674. Le mois suivant, l'étoile disparaît sans laisser de trace à la simple vue, après avoir brillé pendant dix-sept mois. »

A ce récit, nous ajouterons quelques remarques :

I® Dans les premiers temps de son apparition, lorsqu'elle égalait en éclat Vénus et Jupiter, cette étoile resta blanche pendant deux mois; elle passa ensuite au jaune, puis au rouge. Pendant l'hiver de 1578, Tjcho la compare à Mars, puis il lui trouve de l'analogie avec la couleur rouge d' Aldébaran ; au mois de mai 1 578, la couleur blanchâtre reparut; elle resta ainsi jusqu'au printemps de 1674, de 5® grandeur et blanche, mais d'une blancheur moins pure; elle scintillait avec une vivacité extraordinaire pour sa grandeur; enfin, elle conserva les mômes apparences jusqu'à sa disparition en mars 1574.

2® Certains astronomes ont cherché à retrouver l'étoile deTycho; Argelander, en particulier, l'a essayé à deux reprises : une première fois, à Abo avec l'instrument des passages de 8 pouces et, en 1 849, avec le cercle méridien de Bonn, mais ses efforts furent vains; plus récemment, d'Arrest(i 865) a dressé une Carte complète de toutes les étoiles jusqu'à la iS** grandeur situées dans un cercle de 10' de rayon autour de la position observée par ïycho ; la plus proche est une 10^% 5 qui en est distante de ^g" et qu'on peut se croire autorisé à identifier avec la Pèlerine.

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