‹ Traité d'astronomie stellaire (volume 2)Chapitre 28 sur 211 · CHAPITRE II. — DESCRIPTION GÉNÉRALE DU CIEL ÉTOILE · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. — DESCRIPTION GÉNÉRALE DU CIEL ÉTOILE

vivant ou fantastique, à tel ou tel objet inanimé, ou bien encore les a attribués comme demeure à telle ou telle de ses divinités.

Le mode de représentation et la distribution que nous adoptons encore aujourd'hui, pour ces figures enveloppes appelées constellations ou astérismes, nous viennent en grande partie des civilisations égyptienne et grecque.

18. Constellations zodiacales. — La portion de la voûte étoilée qu'on a ainsi le plus anciennement découpée est bien certainement la zone de i6® que nous appelons zodiacale, parallèle à Técliplique, symétrique par rapport à lui et que ne quittent jamais ni le Soleil ni la Lune. Voici pourquoi : on remarqua bien vite que, pendant que le Soleil fait une fois le tour de cette zone, la Lune le fait environ douze fois, et qu'en conséquence, dans le temps même que le Soleil la parcourt en entier, c'està-dire pendant l'année, la Lune le rencontre douze fois et en des points s'éloignant progressivement du premier d'arcs sensiblement égaux. On partagea donc cette roule du Soleil sur la sphère céleste en douze étapes ou maisons d'égale étendue, dans chacune desquelles le Soleil se rencontrait avec la Lune; ce sont les constellations zodiacales, elles correspondaient aux douze mois égyptiens et furent en majeure partie représentées par des animaux. Leur importance était considérable; l'arrivée successive du Soleil dans chacune d'elles, arrivée marquée par la simultanéité du lever ou du coucher de l'astre radieux avec Tune des étoiles les plus occidentales du groupe, indiquait les commencements des mois et des saisons et par suite, dirigeait les travaux agricoles ou les pérégrinations des nomades, et, plus tard, lorsqu'on eut choisi dans chaque groupe une étoile principale, un conducteur ( * ), les moments où apparaissaient successivement audessus de l'horizon les conducteurs de chaque groupe donnaient le commencement de chacune des heures de la nuit.

En marchant de l'Ouest à l'Est, elles sont les suivantes : le Bélier, le Taureau, les Gémeaux, le Cancer ou l'Ecrevisse, le Lion, la Vierge, la Balance ou les Serres du Scorpion, le Scorpion, le

(*) Dans la nonienclaturc arabe, a du Bouvier est rcslé désigné par le nom de conducteur cl non par celui à^Arcturus que nous avons adopté.

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Sagittaire ou Chien, le Capricorncou le Boue, le Verseau ou Deucalion, et enfin les Poissons; les vers suivants, dus au poète latin A.usonne, permettent de retenir aisément ces noms dans leur ordre :

Sunt Arles, Taurus, Gemini, Cancer, Léo, Virgo, Libraque, Scorpius, Arcitenens, Gapcr, Amphora, Pisces.

19. Autres constellations. — Peu à peu, on ajouta, de part et d'autre de cette zone zodiacale, d'autres groupes, de manière à embrasser la sphère céleste tout entière. D'après Clément d'Alexandrie, la plus ancienne tentative de coordination de ces efforts remonte à Chiron, percepteur de Jason, qui l'aurait entreprise pour l'usage des Argonautes partant à la recherche de la Toison d'or : cette hypothèse, adoptée par Newton, la ferait remonter à environ i36o ans avant J.-C.

Mais le j)remicr document authentique où les constellations soient décrites date de Tan 35o avant J.-C. ; il est dû a Ëudoxe de Cnide qui, dans son Ouvrage le Miroir, donne une sorte de Tableau contenant une description de ces astérismes dans une forme familière pour l'usage du peuple.

Il faut bien remarquer d'ailleurs que pas plus, les Egyptiens et les (3recs, que les peuples qui les avaient précédés, n'ont en général cherché d'analogies de forme entre le dessin figuré de la constellation et celui du groupe d'étoiles qu'il renfermait et désignait. Ainsi, il n'y a rien de semblable entre la figure des sept étoiles les plus brillantes de la Grande Ourse, figure qui est très sensiblement celle d'un chariot avec son timon (Chariot de David), et celle de l'animal qu'on a dessiné autour de lui sur les globes célestes. Il y a cependant exception pour trois ou quatre d'entre elles : la Couronne, dont les étoiles sont en effet disposées en anneau; le Serpent, dont les étoiles représentent vaguement le corps sinueux de cet animal à la position de repos; le Scorpion, dont les étoiles dessinent en effet sensiblement le contour de son corps, et le Taureau, où la disposition triangulaire des étoiles principales a quelque vague ressemblance avec la partie osseuse de la tète d'un bœuf.

D'autre part, dans la suite des temps, nombre d'astronomes ont

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