CHAPITRE 11. — DESCRIPTION GÉNÉRALE DU CIEL ÉTOILE
pour la conslellalion d'Andromède, il partait de la télé et donnait les lettres successives a, p, y aux étoiles les plus brillantes et de même grandeur qu'il rencontrait dans cette figure; il appliquait les lettres suivantes, et d'après le môme oindre, aux étoiles de grandeur immédiatement inférieure, et ainsi de suite en empruntant l'alphabet latin quand cela devenait nécessaire (*). Il adjoignait en outre, à chaque portion de sa Carte, une description concise des étoiles de chaque constellation, aussi bien que les alignements avec les premières des étoiles situées dans les régions dites informes intercalées entre les figures imaginaires des constellations, fournissant ainsi une représentation du ciel étoile suffisamment fidèle pour qu'on puisse aisément reconnaître les principales étoiles d'une région quelconque du ciel.
A celte réforme, tellement avantageuse par sa puissance de simplification qu'elle est aujourd'hui établie d'une façon sans aucun doute définitive, J. Bayer en a ajouté une autre, fort importante a'ussi, et qui consiste à représenter la surface intérieure de la sphère céleste et non sa surface extérieure, comme on l'avait fait jusque-là par analogie avec le globe terrestre, et à nous montrer ainsi sur la Carte le ciel tel que nous le voyons (^).
Mais l'œuvre de Bayer ne se borna point là ; son Uranoméiru* renferme une Carie spéciale des régions avoisinanl le pôle Sud, qui résume les documents laissés par les navigateurs depuis Colomb et Améric Vespuce; le plus important d'entre eux est du à Keyser (3) et donne les positions de 121 étoiles australes, déterminées par lui à l'aide des instruments qu'employaient les marins de l'époque.
Dans cette Carte, Bayer partage ces étoiles en douze constellalions, dont la plupart avaient été sans doute indiquées déjà par les
( ' ) C'est par une erreur, dont Argclandcr a fait justice, qu'on a longtemps admis que, dans l'Atlas de Bayer, les lettres de l'alphabet donnaient par leur succession Tordre des grandeurs dans les didérentcs constellations.
Cette règle a été mise pour la première fois en pratique par Lacaille dans sa Carte du Ciel austral.
(•) Cette innovation de Bayer fut vivement critiquée par ses contemporains «'( en particulier par Flamstced, surtout à cause de l'inversion qu'elle amenait dans le dessin des constellations.
(•*) Keyser faisait partie de la première expédition envoyée de Hollande dans les Iodes Orientales.
46 TRAITÉ D*ASTR0N03I]E STELLAIRE.
navigateurs portugais ou espagnols et étaient pour eux d'usage courant; mais il y distingua les étoiles par le même mode de notation qu'il avait adopté pour les constellations de Ty^/ma^es/f^. Ces constellations sont : le Paon, le Toucan, la Grue, le Phénix, la Dorade, le Poisson volant, l'Hydre mâle ou Serpent austral, le Caméléon, Tx^beille, TOiseau de Paradis, le Triangle austral et l'Indien.
23. Ilalley, — Après l'étude du Ciel austral que le grand Halley, alors âgé de 21 ans, lit à l'ilc de Sainte-Hélène en 1677, et qui lui donna les positions de 34 1 étoiles, il proposa de détacher de la partie sud de la constellation du Navire un groupe d'étoiles dont il forma une constellation nouvelle ayant pour svmbole un chêne, et qu'il appela le Chêne de Charles II y en souvenir de l'arbre qui avait sauvé la vie à ce souverain au temps de ses infortunes.
Plus lard, Augustin Royer (de Paris), en 1679, et Hévélius, en 1690, ont fourni de nouveaux groupes stellaires : le premier dans le (^icl austral, le second dans le Ciel boréal; ce sont :
Pour Royer : la Colombe de Noé, la Croix du Sud (•), le Petit Nuaj^c, le Grand Nuage, la Fleur de L^s;
Pour Hévélius {l^rodromus astronomîœ) : les Chiens de Chasse, le Renard et fOie, le Lézard, le Sextant d'Uranie, le Petit Lion, le Lynx, l'Kcu de Sobieski, le Petit Triangle, Cerbère et le Mont Ménale, sous les pieds du Bouvier.
2i. Ciel austral, Lacaille. — A celte époque, l'aspect général du Ciel boréal était connu, mais celui du Ciel austral Tétait fort peu. Les descriptions qui en avaient été données résultaient d'observations portant sur un fort petit nombre d'étoiles, les plus brillantes, et, en outre, leur première classification avait été faite
(•) Les positions des <|uatrp étoiles prineipales de la Croix du Sud sont données dans y Alniageste : le groupe entier est visiblement représenté, mais non séparé, dans la Carte de Bayer; cependant il avait été indiqué eomme une conslcllation particulière et sous ce même nom par Andréa Corsoli, en i5i5, ainsi qu'en i53.o, p.ir Pigafetia, l'un des compagnons de Magellan et de Del Cano, dans leur voyage de circumnavigation.