‹ Traité d'astronomie stellaire (volume 2)Chapitre 53 sur 211 · CHAPITRE III. — tiRA^DEURS DES ÉTOILES · texte numérisé non relu

CHAPITRE III. — tiRA^DEURS DES ÉTOILES

leil est devenu inférieur au sien, ou au contraire ne disparaissant que lorsqu'il lui est devenu supérieur (* ).

52. Ilipparque et Ptolémée. Grandeurs, — Ces faits, que la moindre attention fait remarquer, avaient évidemment frappé les astronomes anciens et leur avaient indiqué, dans la classification des étoiles d'après leurs éclats, un nouveau mojen venant en aide à leur groupement en constellations et permettant à l'observateur de retrouver plus aisément une étoile déterminée. C'est en procédant de la sorte qu'IIipparque d'abord et Ptolémée ensuite formèrent, pour les étoiles visibles au-dessus de leur horizon, six classes de grandeur, dont la première comprend les étoiles les plus brillantes, la sixième celles dont l'éclat est le moindre et qui sont à la limite de visibilité, les objets d'éclat intermédiaire étant répartis dans les autres classes de grandeur, de façon que la différence d'impression produite sur l'œil parla seconde et la troisième grandeur soit sensiblement la même qu'entre la troisième et la quatrième, et ainsi de suite.

On trouve, en outre, dans VA Imoffesie, pour un certain nombre d'étoiles, en regard du chiffre qui exprime leur grandeur, les lettres }x(jjL£{ïo)v)ou e (èXajJwv), qui signifient que l'étoile correspondante est moins ou plus brillante que celle de la classe entière : au temps de Ptolémée, l'insuffisance de la classification d'Ilipparque était donc déjà reconnue, ainsi que la nécessité de sa subdivision pour avoir une marche régulière dans la suite des éclats. Mais, d'une part, le nombre des étoiles auxquelles on a joint ce signe addition-

( ») Une série fort intéressante d'()bser>ations faites par J.-F. Sclimidt, à Athènes et Olmûtz, et publiées en i8G3, nous donne des renseignements précis sur cette question; d*aprés lui, le temps qui s'écoule en un lieu, par une belle nuit sans Lune, entre le coucher du Soleil et l'apparition des étoiles d'une grandeur déterminée, varie avec la saison; il est maximum en été, minimum en hiver; et un œil exercé peut apercevoir les étoiles de i'* grandeur huit minutes avant le coucher du Soleil, alors que le centre de celui-ci est encore élevé de o°4o' au-dessus de rhorizoo. Voici d*ailleurs les valeurs moyennes, en minutes, de Tintcrvallc considéré (le signe — indique que l'apparition a lieu avant et le signe •+■ aprôs le

coucher du Soleil ) :

Grandeurs.

— 8" -T-aS- -T-Si^'^S -h43'",4 -t- 6o"',3 -f- 72"", 3 -^ 81"', j

8o TRAITÉ d'astronomie ÇTELLAIRE.

nel n'est pas considérable ( 1 54 sur 1 028 d'après Peirce) el, d'autre part, l'emploi de ce double sigue, tantôt [Ji tantôt e, comme par exemple 3 e et 4 t»-» n'indique pas en réalité dans l'esprit de Tannotaleur une différence d'éclat bien nettement appréciée; ces deux symboles ont donc à fort peu près la même signification, et la double notation de VAlmageste ne correspond en réalité qu'à une division par moitié de l'échelle de classes d'Hipparque.

Huit cents ans plus tard, Abd-al-Rahman-al-Sufi^ dont le Catalogue est surtout connu par la publication de Schjellerup (*), revise avec soin les éclats stellaires donnés par VAlmageste en adoptant, d'ailleurs, l'échelle de grandeur d'Hipparque; les degrés intermédiaires, marqués par les lettres m {magna) el p (parva), lYy sont pas davantage introduits conformément à un plan et ne correspondent, lorsqu'ils sont employés, qu'à une division par moitié de l'inlervalle correspondant.

Au point de vue des éclats, le Catalogue d'Ulugh Beigh (1437) n'est que la reproduction de VAlmageste, et si, dans le Catalogue inséré dans les A stronomiœ instauratœ progymnasmata, quomm liœc primœ pars de restitutione motuum Solis et Luna* stcllarum inerrantium tractât (1589), Tycho Brahe reproduit les grandeurs et les degrés intermédiaires de VAlmageste, Kepler se borna, dans les Tabulœ Rudolpliinœ, aux grandeurs entières; seul Hévélius chercha à obtenir une subdivision en trois parties de chaque classe de grandeur. Ainsi, au moment de la découverte des lunettes, cette question n'avait fait aucun progrès sensible depuis la publication de VAlmageste.

B. — Période postérieure a la découverte des lunettes.

53. Flamsteed. — Lorsque l'emploi des lunettes munies de micromètres eut porté l'attention des astronomes surtout sur la détermination des positions exactes des étoiles on négligea pendant un certain temps l'estimation précise de leurs grandeurs. S'eul Flamsteed entreprit un essai réel de liaison entre les estima-

(•) Beschreibung der Gestirne (Saint-Pétersbourg, 1874). Ce Catalogue renferme 1145 étoiles. SttH a ajouté quelques étoiles faibles non contenues dans VAlmageste,

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