CHAPITRE III. — GRAI<(DEURS DBS ÉTOILES
point suffisantes. Aussî chercha-t-il à en venir à une simple estimation comparative d'éclat, « ne se décourageant point », dit-il, a dans un travail qui a pour but Télucidation d'un point de grande importance »; et c'est ainsi que Texpéricnce le conduisit à une méthode nouvelle dont le principe consiste à chercher une appréciation exacte des différences, comprises entre certaines limites, des éclats de deux étoiles et à prendre comme unité de séparation la plus petite différence que Tœil puisse apprécier entre deux étoiles d'éclats différents. Il dénote comme suit les résultats obtenus dans ses comparaisons :
Caractères simples,
( la plus petite différence perceptible d'éclat en moins;
• égalité;
9 la plus petite différence perceptible d'éclat en plus;
- une très petite différence d'éclat en plus;
-9 une petite différence d'éclat en plus;
-- une différence considérable d'éclat en plus;
«... une plus grande différence d'éclat en plus.
Caractères composés exprimant les différences (wavering)
des lumières stellaires ( * ).
de la plus faible différence perceptible d'éclat en moins à l'égalité: de régalité à la plus faible différence perceptible d'éclat en plus; "7 d'une très petite différence d'éclat en plus à la plus petite différence
perceptible; Z' de -> à - etc.;
• le wavering exprimé par le passage de la lumière d'un état de la plus petite différence perceptible d'éclat en moins à l'égalité et à la plus petite différence perceptible d'éclat en plus; J le wavering exprimé par le changement de - à > et de vers • ou de • jusqu'à > et jusqu'à -
Caractères généraux.
:: égalité parfaite ;
< éclat moindre, mais indéterminé;
^ éclat supérieur, mais indéterminé.
(') J*ai conservé le mot même d'Herschel par abréviation : il signifie réellemenl l'impression d*uQc différence certainement perçue par moments et que parfois on De perçoit plus à l'instant suivant. ( Voir ce que Lacaillc dit, à ce sujet, p. 58.)
84 TRAITÉ D*ASTROISOSIIE STELLAIRE.
Celte méthode donne évidemment, par échelons successirs, toutes les différences observables d'éclat entre les étoiles d'une même constellation et permet leur classement exact à cet égard.
Les observations publiées d'Herschel ont porté sur 2000 étoiles pour lesquelles les signes simples sont les plus nombreux; ainsi le signe (•) se rencontre 385 fois, le signe (>) 868 fois et le signe (-) 5o5 fois. Quant à la valeur des signes, comme différence relative d'éclat, M. Pickering a démontré qu'elle était constante à l'intérieur d'un champ complet d'éclat comprenant les observations ( * ) ; en mo^'enne elle correspond, pour
(i ou ;), {' ou ,) et (-),
aux fractions
0,06, 0,23 et o,38
d'une classe de grandeur, soit en chiffres ronds de
0^,1, o?,2 et o*, 4i
l'erreur probable d'une mesure isolée étant réduite à
Malheureusement celte notation compliquée et d'une lecture difficile masqua la notion exacte du principe vrai sur lequel reposait la méthode d'appréciation, et les observations si précises d'Herschel furent longtemps oubliées. Il est regrettable qu'il n'en ait point traduit les signes en nombres; là est, en effet, la seule difféf'cnce entre son procédé et celui qu'on a appelé plus tard la méthode des degrés^ il en serait ainsi résulté une avance de plus d'un demi-siùcle dans nos moyens d'estimation des grandeurs stcllaires.
53. Sir /. IlerscheL Méthode des séries. — On comprend pourquoi, quarante ans plus tard, Sir J. Herschcl, lors de sa campagne astronomique au Cap de Bonne-Espérance, n'appliqua que la première méthode de son père en la systématisant d'ailleurs cl en en adaptant les résultats aux notations astronomiques courantes. Le procédé de J. Herschel a peut-être été trop négligé de-
(') Annals of the observatory 0/ Harvard CollegCy vol. IX, p. 56.
CUAPITRB m. — GRANDEURS DES ÉTOILES. 85
puis; il est donc bon d'entrer à son sujet dans quelques détails («).
Le but de J. Herschel était d'établir, par l'observation directe, une échelle de grandeurs qui, tout en étant généralement conforme à celle adoptée jusque-là par les astronomes, soit indépendante des erreurs et des différences provenant des divers Catalogues alors connus. Son travail se compose de deux parties distinctes: information d'une liste continue et assez étendue d'étoiles visibles à Tœil nu, rangées par ordre décroissant d'éclat; 2° graduation de cette liste à l'aide des grandeurs usuelles.
Formation de la liste. — La méthode suivie par J. Herschel, et à laquelle il donne le nom de méthode des séries (method of séquences), est la suivante : au commencement d'une nuit parfaitement claire (et sans pleine Lune) on choisissait dans le Ciel, en s'aidant de Tatlas de Bode, une succession d'étoiles depuis la plus brillante au-dessus de l'horizon jusqu'à une grandeur bien inférieure; on les inscrivait, par ordre décroissant d'éclat, en une colonne verticale présentant des blancs plus ou moins grands, suivant <|ue les degrés de l'échelle ainsi formée étaient plus ou moins serrés ; le travail de la nuit consistait à remplir autant que possible les l)lancs par des étoiles nouvelles d'éclat intermédiaire, dont l'œil «appréciait les différences par comparaison avec l'étoile voisine jusqu'à ce que, entre deux étoiles ajoutées, il ne fût plus possible ^e discerner aucune inégalité; on obtenait ainsi une chaîne ininterrompue, depuis la plus brillante jusqu'à la plus faible, d'étoiles ^ont les éclats, d'ailleurs non estimés, différaient entre eux par cJegrés très peu distants et allaient en diminuant d'une façon convinue. C'est ce que Herschel appelle une série; il en a publié ^6 dont la plus étendue renferme 1 14 étoiles et la moins longue 10 seulement.
Si toutes les séries avaient été obtenues dans les mêmes conditions et si la dernière étoile de l'une était la première de celle qui
(') Voir, pour plus de détails: Results of astronomical observations mode during theyears i834, i835, i836, 1837, i838 at the Cape of Good Hope, by Sir J.-F.-W. Herschel (London, 1847), p. 3o4 et suiv., et, sur les travaux de J- Herschel au Gap, V Astronomie pratique et les observatoires en Europe et en Amérique, par G. Aodré ei G. Hayet (deuxième Partie, p. 71 et suiv.).
TBlITt d'aSTRONOMIB 6TELLAIIE.
la suit, l'observation directe donnerait par leur réunion la liste désirée : roais il n'en est pas ainsi; les conditions d'observation sont, en général, différentes d'un jour à l'autre; l'estime de
Sir John Herschel (FeldhauïeD).
l'observateur peut aussi différer dans ces deux cas. Il faut do J •corriger chaque série observée par sa comparaison avec les résulats de toutes celles qui ont avec elles des étoiles communes; classement définitif de deux étoiles A et B se faisant par l'énum