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CHAPITRE XYII. — ÉTOILES DOUBLES PHOTOMÉTRIQUES, ETC

Téloilc principale d^un compagnon obscur qui, dans son mouvement de révolution autour d'elle, l'éclipserait périodiquement.

Avant lui, Bouillaud (1667) (*) avait proposé d'expliquer les variations périodiques d'éclat qu'on avait constatées dans certaines étoiles, dont Algol, en admettant que leurs surfaces ne sont point uniformément lumineuses, de sorte que, par leur rotation autour d'un axe convenable, elles nous présenteraient à intervalles équidistants des portions de leurs disques douées de pouvoirs éclairants différents.

Pour de Maupertuis (1734) ('^), ces étoiles avaient une forme 1res différente de la sphère, ressemblaient plutôt à des sortes de meules et, se présentant à nous tantôt par la tranche, tantôt par leur grande surface, avaient ainsi des éclats apparents périodiquement variables.

Ces spéculations furent longtemps abandonnées et la recherche de la cause de ces variations d'éclat ne fut guère reprise sérieusejDcnt que dans la seconde moitié du siècle actuel.

Dans ses célèbres Recherches photo nié triques ('), Zollnrr adopte l'opinion de Bouillaud et développe en détail la théorie qui en résulte, théorie connue sous le nom de Fleckentheorie. D'après lui, toutes ces étoiles, exagérant ce que l'on constate sur le Soleil, auraient leurs disques partagés par des taches de grande étendue et permanentes, et par suite de leur rotation offriraient à Tobservaleur des éclats périodiquement variables.

En 1880, E.-G. Pickering (*) reprend l'étude complète de ce problème. Il adopte la théorie de Goodricke pour Algol et 1rs étoiles dont les variations offrent les mêmes caractères, celle de Zcillner pour les variables du type [3 Lyre.

Utilisant les courbes de lumière données par Argelandcr et ses

(') IsMAELis BuLLULDi, De Stella novGj qucB in coUo ceti ante annos aliquot visa est (Paris, 1867).

(-) De Maupertuis, Sur les figures des corps célestes (Paris, 1734).

( *) ZiiLLNER, Photometrische Untersuchungen mit besonderer Riicksicht auf die physische Beschaffenheit der Himmelskôrper (Leipzig, i865).

( * ) E. C. PicKERixo, Dimension of the Fixed stars with especial référence to binaries and variable of the Algol type.

K.-C. PicKERiNO, Variable stars 0/ short Period {Proceedings of the American academy of Arts and Sciences^ vol. \VI, p. i et suiv., p. 207 et suiv.).

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successeurs, il détermine dans le premier Mémoire les éléments de rorblle et les dimensions relatives du compagnon inconnu d' Algol ; dans le second, il cherche à mesurer les étendues relatives des taches permanentes qui devraient exister sur Ç Gémeaux, ^Lyre, ti Aigle et SCéphée. Le mélange de ces deux modes d'explication jeta malheureusement un peu de discrédit sur le premier Mémoire, pourtant si remarquable, de Pickering.

Ainsi, en 1889, dans sa Thèse inaugurale, fort complète et fort documentée, où il étudie comparativement sur Algol les théories de Zôllner et de Pickering (* ), J. Harting arrive à cette conclusion que pour Algol la Théorie des satellites {Trabantenlheorie) est fausse. Il avait d'ailleurs affirmé précédemment que la Théorie des taches {Fleckentheorie) rendait parfaitement compte de toutes les variations photométriques.

Cette question était donc de nouveau remise en suspens; mais le doute ne fut pas de longue durée. Quelques mois après la publication du Mémoire d'Harting, Vogel démontrait par des observations spectroscopiques indiscutables qu'Algol formait réellement un système binaire, dont les éléments concordaient suffisamment avec ceux donnés neuf ans plus tôt par Pickering.

Ce dernier astronome renonça d'ailleurs bientôt après à faire intervenir la théorie des taches pour l'explication de la variabilité des étoiles à courte période; la majorité des astronomes se rallia dès lors peu à peu à l'idée de les considérer toutes comme des systèmes binaires et de chercher dans les occultations réciproques de leurs composantes la cause principale de leurs variations d^éclat.

379. Solution approchée de Pickering, — Étant donné le mode de variation lumineuse d'Algol, on ne peut évidemment avoir affaire qu'à Toccultation à la conjonction inférieure de l'étoile principale par un satellite obscur; et, de plus, cetle occultation, ne devant produire qu'une seule oscillation lumineuse aboutissant à un minimum, ne peut être que partielle.

D'ailleurs les éclats successifs, dépendant de la portion de sur-

(•) J. Harting, Untcrsucituugen iiOer den Lichtweclisel des Sternes ^ Persei (Manchcn, 1889).

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