CHAPITRE XYII. — ÉTOILES DOUBLES PHOTOMÊTRIQUES, ETC
407. Emploi de la courbe moyenne, — Lorsque la variable a élé observée pendant assez longtemps pour qu'on possède une courbe de lumière moyenne pouvant être considérée comme fort approchée, on traitera avec elle les observations ultérieures comme il suit : toutes les observations de cette nouvelle série seront reportées à leur date et heure à Taide d'une échelle convenable sur du papier quadrillé. D'autre part, la courbe de lumière moyenne ayant été tracée à la même échelle, sur du papier à décalque, on la placera au milieu de tous les points isolés représentant les observations individuelles, de façon que leurs distances à cette courbe soient aussi faibles que possible et qu'ils soient répartis aussi également que possible de chaque côté; cette position acquise, l'époque correspondant sur l'axe des temps du papier quadrillé à la situation du minimum ou maximum de cette courbe sera celle du minimum ou maximum normal de la période considérée.
En opérant de même pour les différentes périodes de toute la série annuelle d'observations, chaque fois que, dans une période, on aura un nombre suffisant de pointés pour que le minimum ou le maximum puisse être déterminé avec quelque précision, on aura un certain nombre d'époques se rapportant à des niinima ou à des inaxima, chacune d'elles étant affectée d'un poids proportionnel au nombre d'observations individuelles qui aura servi à la déterminer, et l'on pourra en tirer, par le calcul, Vépoqiie normale d'un minimum ou d'un maximum.
408. Durée de chaque éclipse, — Reste à avoir la durée de chacune des éclipses. II conviendra, pour cela, de prolonger asscx les observations dans la période de constance; d'ailleurs, ces durées seront toujours obtenues avec une approximation moindre que la période entière.
Graphiquement, on obtient aisément un ihstant qui diffère d'une constante du commencement ou de la fin de l'éclipsc; il suffit de mener une tangente à la courbe de lumière au point dont l'éclat diffère d'une quantité déterminée de l'éclat maximum, o5',i ou o^*", 2 par exemple, et de déterminer l'abscisse de son point d'intersection avec Thorizontale représentant la partie constante.
222 TRAITÉ d'aSTRONOMIB STELLAIRE.
Cette détermination suffit dans tous les cas les plus nombreux où l'on veut connaître seulement les variations de la durée des éclipses.
i09. Division en mininia pairs et impairs. — Dans toutes les étoiles qui paraissent comme Algol n'avoir qu'un seul minimum, il importe néanmoins de partager ces minima en deux groupes, pairs et impairs, et de n'admettre l'existence d'un seul minimum que lorsque la discussion d'un assez grand nombre de périodes aura nettement montré que les deux groupes précédents ont réellement des courbes de lumière identiques.
410. Erreur de position, Barnard. Chandler. Robert s. — On a remarqué depuis nombre d'années que Ton ne notait pas la même différence de grandeurs entre deux étoiles données suivant que leur ligne de jonction était parallèle ou perpendiculaire à la ligne des yeux ; ces faits ont été étudiés récemment avec soin par Barnard et Chandler(*). D'après eux, la variation qu'on constate parfois dans les éclats relatifs de deux astres d'éclats certainement constants est probablement due à un effet physiologique.
Les différentes portions de la rétine n'ayant pas la même sensibilité, l'éclat relatif des deux astres n'est pas le même lorsque change le point de la rétine sur lequel se produit l'image de l'un d'entre eux. Ainsi liarnard constate que son œil a une tendance à estimer plus brillante d'une demi-grandeur la plus basse de deux étoiles égales dont les images forment une ligne perpendiculaire à la ligne des yeux. En général, l'éclat relatif de deux étoiles variera donc avec Tangle que fait avec la ligne des yeux la droite qui les joint; c'est ce que Ton appelle Yerrcur de position.
Or, à la latitude de 4^^ (*), cette droite tourne en douze heures sidérales de 90*^ par rapport à l'horizon; deux étoiles voisines qui,
(') E. Bahxahd, Micrometrical observations of four satellites of the planct Uranus and mcasures of the diameter of Uranus {Astronomical Journal ^
C. Chandleh, Eléments of variation of U Pégasi {Astronomical Journal, n- 374).
(-) Aux autres latitudes, on aurait en général un efTet analogue, quoique moins prononcé.