‹ Traité d'astronomie stellaireChapitre 267 sur 281 · I. — Historique · texte numérisé non relu

I. — Historique

En terminant le Chapitre VI, relatif à rétiide de la Voie lactée, nous disions : « Au lieu d'être isolées dans l'espace infini, toutes les étoiles dépendent les unes des autres, font partie d^un vaste ensemble dans lequel chacune d'elles agit sur les autres en même temps quelle subit leurs actions. »

Tous les faits étudiés dans ce Volume confirment et étendent la portée de cet énoncé en démontrant qu'il s'applique tout aussi bien aux différents groupes, quelle que soit leur complication, dont nous avons constaté Texistence au sein de cet immense monde stellaire. Le moment est venu de préciser la nature de cette action réciproque et, s'il est possible, d'en calculer les effets.

558. Considérations générales. Màdler. — Cette action, et c'est la conclusion évidente des études que nous venons de faire, est ce mode de liaison que Newton a symbolisé sous le nom Av gravitation universelle; ce sont donc leurs attractions réciproques qui régissent leurs mouvements et déterminent les conditions d'équilibre dynamique du système tout entier.

Mais ces études nous ont appris en même temps que, dans cette ioimense collection d'étoiles et de groupes plus ou moins complexes d'étoiles, aucune d'elles n'a une masse considérable relatiment à la moyenne; il n'y existe pas de masse prépondérante comme celle de notre Soleil dans le système planétaire qu'il gouverne.

^12 TRAITÉ d'astronomie STBLLAIRE.

Le monde stellaire nous apparaît donc comme un ensemble de points matériels de masses peu différentes, les uns en apparence isolés, les autres réunis en groupes ou amas parfois très riches, formant un tout déterminé, limité, et dont les mouvements relatifs, el la stabilité comme ensemble sont uniquement déterminés par leurs attractions réciproques et les conditions initiales de leur formation.

En même temps, en effet, que, par suite de la condensation de la matière nébuleuse en certains points déterminés, des noyaux stellaires voyaient en naissant leurs éléments constituants prendre un mouvement rotatoire d'ensemble, chacun d'eux, par suite de Tattraction des noyaux déjà formés, était lancé dans l'espace poar y suivre, dans le cours des âges, une route plus ou moins compliquée.

Or, Il résulte des lois générales que tous ces mouvements partiels peuvent être considérés comme émanant d'un certain centre d'action commun pour tous, lequel, quoique pouvant ne point être attaché, faire corps avec un des astres considérés et n'étant qu'une simple expression mathématique, remplit néanmoins le même rôle à leur égard que le Soleil vis-à-vis des mouvements des planètes. Quelle est la position de ce centre d'action? Tel est le problème que nous nous proposons actuellement de résoudre, en prenant comme guide la série des Mémoires où, de 1846 à i858, rillustre Miidler Ta traité d'une façon magistrale (*).

Si nous connaissions, à un moment donné, les positions et le^ masses des différents astres qui composent la Voie lactée, ainsi que les grandeurs et les directions de leurs vitesses, nous pourrions, en parlant de la loi connue suivant laquelle ils s'attirent^ trouver le centre cherché. Mais, en réalité, ces positions, ces masses et ces vitesses nous sont inconnues, de sorte qu'une solution rigoureuse du problème nous est interdite; mais on peut, par une voie indirecte, en obtenir une solution qui semble devoir être tout au moins assez approximative.

('; J.-II. VON Maedler, Die Centralsonne (Dorpat, 1846). — Die Eigenbea'Cfy'u/tg der Fixsterne in ihrer Deziehung zuni Gesammtsystem (Dorpat, 1857). — Der Fixsternhimmelf i858, p. i43 et suivantes.

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