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II. — Démonstration de Mâdler

559. Retour sur la constitution de la Voie lactée. W. HerscheL J. Ilerschel, Mâdler, — En premier lieu il faut chercher à bien définir la forme et la constitution de notre amas stellaire, c'est-à-dire de la Voie lactée. Or, pour un observateur placé aussi profondément que nous à l'intérieur de cette immense collection d'étoiles, dont la projection sur la sphère céleste est d'aspect si compliqué, une pareille détermination offre évidemment une grande difficulté; il n^-y a donc pas lieu de s'étonner des modifications successives des idées, toujours d'ailleurs plus ou moins hypothétiques, qui ont eu cours sur ce sujet parmi les astronomes depuis les premiers travaux de W. Herschel.

En 1785, cet illustre astronome la considérait comme « formant une strate dont l'épaisseur est petite, en comparaison de sa longueur et de sa largeur. Dans cette strate, la Terre occupe une place peu éloignée du milieu de l'épaisseur, et voisine de l'endroit où elle se subdivise en deux lames principales, inclinées d'un petit angle l'une par rapport à l'autre ». C'était alors pour lui un ensemble d'une forme connue et de dimensions déterminées.

A. la fin de ses travaux (i8i4-i8i8), il n'est plus question de figure précise pour la Voie lactée; W. Herschel a reconnu qu'il lui était expérimentalement impossible d'en atteindre les limites extérieures, et se bornant au simple énoncé des faits observés par lui, il la définit « une collection immense d*amas d'étoiles surtout irrégulièrement condensés ». Mais cette collection, malgré son irrégularité de distribution, forme encore un ensemble à peu près continu, et comme son épaisseur est relativement très faible, les astronomes contemporains ou successeurs immédiats du grand Herschel ont admis que le système de la Voie lactée forme une vaste couche ou strate stellaire sensiblement continue et de faible épaisseur relativement à ses dimensions latérales, dont l'étendue et la forme extérieure sont absolument inconnues. C'est en particulier l'opinion exprimée par W. Struve (*).

( * ) W. Struve, Mtronomie stellaire, p. 63.

4l4 TRAITÉ D*ASTR0If01IIB STELLAIRB.

Mais Tétude si attentive que fit J. Hcrschel du Ciel austral ramena à une conception différente, queMâdler précisa plus tard : d*après eux, la Voie lactée n'est point une strate, ou couche stellaire, continue; ce que nous appelons ainsi se composerait d^un amas stellaire intérieur, Vamas des fixes, entouré par un grand système annulaire de forme indéterminée ; et la division en deux branches de la Voie lactée dans les deux tiers de son cours, depuis la constellation du Cyg;ne jusqu'aux environs du pôle austral, exige que nous y admettions Texistence de deux anneaux voisins, ou mieux se succédant Vun à C autre.

Eu effet, nous avons démontré que le Soleil n'est pas situé au centre du système de la Voie lactée, mais sur une normale au plan du cercle galactique peu éloignée de la normale centrale et vers la plus grande moitié du Ciel par rapport à la Voie lactée (*); il résulte de cette position excentrique de notre Soleil que d'un côté nous pouvons regarder au-dessus du plan central ainsi qu'à travers les deux anneaux et la Voie lactée nous paraît alors dédoublée, taudis que dans la direction opposée, les deux anneaux se recouvrant par perspective, lu Voie lactée a une apparence simple.

Quelle est la forme exacte de l'amas intérieur et celle des anneaux? Nous l'ignorons; mais nous pouvons affirmer que la première est certainement lenticulaire et que quant à la seconde elle ne s'éloigne pas beaucoup de correspondre à une section elliptique et d'être très sensiblement symétrique par rapport au plan galacti({ue.

560. Loi de l'attraction. Conditions qui en résultent. — Quoi qu'il eu soit, l'amas intérieur et les deux anneaux formenl évidcnimenlunseulel même système allractif et le centre de gravilé de 1 amas ne diffère pas sensiblement du centre de gravité do l'ensemble, pas plus que la loi défiaissanl Tatlractiou de l'amas sur un poinl intérieur ne peut différer sensiblement de la loi d'attraction de rcnseniblc sur le même point.

Ceci posé, la loi qui régit l'attraction de l'amas sur un poinl intérieur dépend évidemment de sa forme extérieure et de sa con-

(') La Vuic laclce partage la splière réleste en deux parties dont les ai^c^ sont <laii3 le rapport de 8 à «j. La plus grande partie coulient l'équinoxe d'automne.

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