CHAPITRE XV. - ASTRONOMIB DE L INVISIBLE
droite actuelle de Sirius devrait différer beaucoup de celle d'Hipparque (2000 ans); ce qui est contraire aux faits observés.
V' Ce dernier raisonnement s'applique évidemment à la cinquième hypothèse qui est, par suite, également inadmissible.
i"^ Reste donc la quatrième condition, z*,^ est très petit par rapport à r unité; ainsi, seule une masse attirante de dimensions comparables à celles du Soleil et située à une petite distance de l'étoile peut causer la variabilité constatée.
L'étoile troublante et l'étoile troublée faisant partie d'un système limité à un petit espace, la variation est alors périodique comme leurs mouvements relatifs; l'étoile troublée forme, avec Tétoile troublante, un système binaire, et la variation de son mouvement propre est une conséquence immédiate des lois de TattractioD.
Cette déduction n'est d'ailleurs pas contredite par ce fait qu<' l'étoile troublante est invisible pour nous; car, pour n'en citer qu'une, la célèbre étoile de Tycho Brahe dans Cassiopée est restée et restera longtemps encore invisible pour redevenir visible à des intervalles de temps éloignés.
Nous nous arrêterons donc à la conclusion suivante : la variabilité du mouvement propre en ascension droite de Sirius, ainsi que celle du mouvement propre en déclinaison de Procyon, sont dues à l* attraction d'un compagnon voisin invisible aux moyens d' investigation que possédaient les astro nomes en i841-
336. Objections de W. Struve. — Conjirmation par C. P esters. — Cette conclusion de Bessel ne fut point admise immédiatement et souleva de nombreuses critiques. Ainsi, Struve dit en 1847 * ^^ ^^ l'irrégularité du mouvement de Sirius est réelle, cette découverte serait, sans doute, l'une des plus importantes qui eussent été jamais faites dans l'Astronomie stellaire, une des plus belles dont la Science fût redevable au grand astronome de Kœnigsberg. Il m'a cependant paru permis de douter encore de cette réalité jusqu'à ce qu'elle soit constatée par une recherche encore plus concluante )> (*).
(' ) W. Struve, Études d* Astronomie stellaire, p. 55 et suiv.
(^elte recherche, W. Striive Ta entreprise et il employa pour cela les différences d^ascension droite de Sirius et de sept étoiles de la même constellation (*), très voisines de lui aussi bien en ascension droite qu'en déclinaison : en comparant ces différences telles qu*elles résultent des observations de Bradley (1755) et Piazzi (1800) avec celles provenant des observations faites à Greenwich en 1829, et par lui à Dorpat en 1829, et celles effectuées par Fuchs en 1847 si^'^c la grande lunette méridienne d'Erlel do Pouikowa, il arrive à la conclusion que les observations des années 1705, 1800, 1829 et 1847 ^^ présentent pas la moindre trace dune irrégularité dans le mouvement propre de Sirius.
(]ctte importante question ne fut définitivement tranchée qu'en i85i, par C. Peters (^); une discussion nouvelle des observations qui avaient servi de bases aux travaux de Bessel et de Struve Tamena à confirmer la réalité des irrégularités annoncées par Bessel, ainsi que le montre la liste suivante des corrections q à faire aux différences d'ascension droite moyenne, données par les Tabula* regioniontanœ, entre Sirius et les trois étoiles de comparaison de Bessel, pour les rendre égales aux résultats des observations.
Années. q. Années. q
Fund. Astrononiiœ. . ij^j — 0,002 Airy i83d,5 -f-o,
Maskelync 1767 o,i)83 Pond iHSa —o,
Piazzi i8o'j,i —0,006 Busoh i835 -i-o,
.Maskelync 1806 -+-0,017. Airv i838,5 -f-o,
Bessel i8rj — o,o32 Pétris 1839,1 -f-o,
Pond 1819 o,o83 Bessel et Busch 1843 -t-o,
Bessel 1825 — 0,004 Ai»7 »844î'> -^«î
Struve i8"25 —0,010 Bouris 1847, 5 -+-0,
Argelander i8jt8 — o,oo4 Busch et Wischmann. 1848,6 -^-o,
Peters i83o -+-0,066
Pelers a d'ailleurs été plus loin; il a démontré que l'existence (l'un compagnon obscur tournant autour du centre de gravité
( ' ) Ce sont les étoiles p, v', v-, 6, |i, i et y du Grand Chien, dont les grandeurs sont .^ 6.7, o.j. o.'j, 5.5, o, \.h cl l\,h.
(-) C.-A.-F. Peters, Ueber dieeigene Dewegung des Sirius {Astronomischc ynchrichten, n*»' 745, 4(), 47 et 48).