‹ Traité d'astronomie théorique (volume 2)Chapitre 12 sur 232 · CHAPITRE L · texte numérisé non relu

CHAPITRE L

Loi de la force centrale du Soleil,

§. 23. I-Jà découverte de la force centrale du soleil,, qui retient les planètes dans leurs orbites, est une suite si évidente des lois de Kepler, qu'on sera peut-être étonné de voir, que Kepler lui-même ne s'en est pas aperçu, et qu'il s'est écouté un siècle, avant que Newton fît cette application des lois de Kepler, qui jusqu'à cette époque ressemblaient à une pierre précieuse,^ dont on ne connaissait pas toute la beauté. On sera moins étonné, quand on verra que^ pour déduire du mouvement elliptique des planètes la loi de l'attraction du soleil, ou seulement pour prouver l'existence d'une force centrale par l'accroissement uniforme des secteurs, Tanalj'se doit avoir fait des progrès dont elle était bien loin à l'époque de Kepler. La géométrie n'avait pas encore la perfection, dont elle â besoin pour conduire l'astronome à ces grandes découvertes 3 et si la réforme de la géométrie et de l'astronomie n'avait pu être l'ouvrage dlun seul homme, il est possible que plusieurs siècles seraient écoislés, avant que le hasard eût dirigé les diiféïens travaux vers le même bût. Heureusement le dix -septième siècle produisit un homme q,ui avait assés de force, pour se charger de cette double

opéralion^ qui réunissait un génie ardent à la tranquillité de l'intelligence et du caractère, indispensablement nécessaire pour découvrir des véril.és géo- 'îîiétriques| qui enfin, avec une patience infatigable, tailla lui-inêrae les verres, à l'aide desquels ses yeux découvrirent les secrets du ciel. Mais ii n'était pas moins heureux, que Newfon vi'/ait dans un tems, où plusieurs hommes, dignes d'être ses prédécesseurs, avaient commencé à réformer~la géoméirie, dans un tems où les plus gi-ands asironoœes avaient porlé l'art d'observer à un haut degré de perfection; ensorie que Newton trouva assés de données, sur lesquelles il pouvait fonder ses importanfr-s découvertes.

Suivant la loi d'inertie, chaque corps, abandonné à lui-même, ne peut -décrire qu'une ligne droite, quelles que soient les forces qui ont antérieurement agi sur lui; par conséquent, s'il décrit une courbe, il est certain qu'il est sollicité par des forces, dirigées vers le côié concave de cette courbe. Voilà une vérité trop évidente, pour pouvoir échapper à Kepler. Or puisque toutes les orbites planétaires, malgré leurs diiïérentes positions, renferment le soleil comme leur centre, ii était très - vraisemblable, que ces forces étaient constamment dirigées vers le soleil, et que cet astre était la source, ou du moins le point de réunion , le foyer des forces. La découverte de Kepler, d'après laquelle toutes les orbites sont des ellipses dont un des foyers est effectivement occupé par le soleil, vint à l'appui de cette probabilité 5 çt puisque, conformément aux connaissances bornées de ce tems, on attribuait au cercle une perfection supérieure aux autres courbes, ce qui faisait regarder le mouvement circulaire comme aussi naturel que le mouvement rectiiigne, cette découverte devait faire naître la première idée, qu'une force particulière du > soleil était nécessaire pour produi '«^ le mouvement elliptique. La planète a, dans chaque point de son orbite, une certaine direction qu'elle suivrait nécessairement, si elle n'était retenue par une cause quelconque. Quelle est donc cette cause qui l'empêche de s'écarter du soleil, et qui retient éternellement chaque planète dans la même distance au soleil? Que peut-eile-être, si ce n'est la force attractive du soleil?

Voilà le résultat que le pur raisonnement pouvait donner dans ce tems- €t c'est ainsi que Kepler paraît avoir raisonné. On trouve dans son

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