‹ Traité d'astronomie théorique (volume 2)Chapitre 13 sur 232 · LIVRE II, C H A P. I · texte numérisé non relu

LIVRE II, C H A P. I

ouvrage De motîbus stellae Marks plusieurs passages, où il s'exprime avec beaucoup de clarté sur cet objet. Dans le Chap. 33. il prouve par l'excentricité des orbites, et par la vilesse plus ou moins grande des planètes, à mesure qu'elles approchent du soleil, yivirtidem^ quae planetas movet^ residere i->in corpore Solis". Le même cliapitre contient plusieurs passages semblables: »fbns virlutis motiicis in Solem competit, — Si terra mo^'elur, a Sole et ipsa •Dinovehliur, et id celerlus vel tardius, prout ei propior aut ah eo remotior Jiierit: » manente in corpore Solis virtute perpétua constante. — Malo unam lunam mor>vendam permittej'e rirluti in terra sedenti." Plus loin, en mettant en parallèle cette force et la lumière, Kepler observe que, malgré son immatérialité, les efïets qu'elle produit, peuvent être traités géométriquement, ainsi que ceiix de la . lumière. Il est vrai que le Chapitre 34- intitulé » Corpus y> Solis esse mcgneîicum", prouve que Kepler n'avait pas des idées bien claires des forces centrales, en les confondant avec l'inertie ou la première proieciion. C'est par cette raison qu'il iàclie de démontrer, que la force du soleil, au lieu d'être dirigée ver& cet astre, doit avoir un mouvement circulaire, ainsi que les planètes, et que par conséquent le soleil doit tourner sur son axe. » Specie ergo mota in gyrum, ut eo motu molum planetis injeraty yy corpus Solis. seu Jbniein, una moveri necesse est} non quidein de spatio in spw niiwn mundi , scd super suq centro seu axe immobilibus." La comparaison avec TaimaRi lui donne le résullat, que la force du soleil est proportionnelle à sa masse (^cwn ejus mole crescit)-, mais qu'elle n'est pas une attraction, comme celle de faimant, parce qualors les planètes se précipiteraient dans le soleil 5 et qu'elle agit plutôt suivant des cercles concentriques. »In Sole y)' non esse ullam vim pianetanim aiiracioriam ^ ut in magnete {^accédèrent enim ad ■»SolenT , donec cum ipso conjwigerentur penitus) ^ scd Ji bras habcre circulares in neam plagam circumporrectas^, quae monstrutur a circula Zodiaco." ■ '

Le passage suivant de Plutarque est très -remarquable sous deux rapports. Il ressemble à un météore qui, sans laisser aucune trace visible, disparait au moment même de son origine: on est étonné de voir 5, que quelques uns des anciens philosophes avaient les idées les plus justes du mouvement de la lune autour de la terre, enl'ejiplîquant par une vitesse de

projection, communiquée à la iune au commenccnieîit de son existence, et à une force centripète., dirigée vers la terre, la même que jtous .appelons pesa/iieur à la surface de la terre; sans qu'aucun sysiè3«e de l'ancienne pîûlosophie ait profité de cette vériié importante. Gn n'est pas moins étonné de voir, que Kepler qui connaissait très-bien les auteurs classiques, ne s'est pas aperçu de ce passage qui pouvait lui apprendre, que le raouvenient curviligne peut naître d'une vis Gîtractorh ^ sans qu'on ait besoin de supposer fibras circuîares in Sole vel tellure. Vojés dans la noie, ce que dit piutarque i^^). ii €st intéressant de voir, combien Kepler était près de trouver la véritable loi de l'attraction, dont la découverte fut réservée à Kew^ton , et par quels paralogismes il s'en écarta. Il convient [CJiap. 'dô.) d'avoir été longtems troublé par l'objection, que la comparaison de la force du soleil avec la lumière paraît prouver, qu'elle doit être proportionnelle au caiTé de la distance, tandis qu'il est certain^ dit-il, qu'ainsi que les vitesses des planètes, elle ne peut être que dans le simple rapport des distances. Pour obvier à cette objection, il se donne beaucoup de peine à démiontrer, quau fond Faction de la lumière est aussi en raison inverse des distances, et non de leurs carrés. Ces sophismes, par lesquels Kepler se priva du plaisir de faire cette découverte, dont il était si près, et qu'il avait même énoncée sans le savoir, étaient bien pardonnables dans un teras, où l'on n'avait pas encore appliqué la géométrie auX lois du mouvement , et sans être injuste envers Newton, il est permis de douter qu'il eût fait toutes ces grandes découvertes qui- lui ont mérité l'admiration et la reconnaissance du genre humain, si Kepler ne lui, eût livré- tous les matériaux, et si l'art d'employer ces malériaux n'eût été porté à un haut degré de perfection par Gaiiiép, Huyghens,

(l) De J'acîi; in orbe Umae, IV. dans \e& Oeuçres mêlées de Phitarque, par ^riiijiji , i^iiô. T. II. p. 809. 810. ,, Il y a te mpuvemenl de la lune, qui engarde qu'elle ue tombe, et la violence ,,de sa révolution, ne plus ne moins que les pierres, et tout ce qu'on met dans une ironde, ,,sont ëhipêc'hés de tomber, parce qu'on les tourne violentement en rond. Car chaque corps ,, se meut sel«>n son mouvement naturel, s'il n'y a autre cause qui l'en détourne. C'est pour ,,quoi la lune ne se meut point selon le mouvement de sa pj^anieur, étant empêchée par la ,, violence de la révolution circulaire. — La terre demeure ferme sans aucun pied qui la sou- ,, tienne^ étant en son lieu naturel qui est celui du milieu: car c'est celui auquel toutes cho- ,, ses graves et pesantes tendent, inclinent, conti'epousseut , et aspituut naturellement ds .,,'tous côtés. "

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