‹ Traité d'astronomie théorique (volume 2)Chapitre 24 sur 232 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

Correction de la théorie de Kepler^ due aux attractions proportionnelles aux masses.

§. 4^' A our qu'un corps solide soit mu, la force n'a pas besoin d'agir immédiatement sur chacune de ses parties j elle peut être appliquée à ^ seul point, et la cohésion des autres parties leur communiquera le même mouvement. Quand un seul point est sollicité par une force mouvante, tous les autres élémens du corps résisteront à son mouvement en vertu de leur inertie , et chacun de ces obstacles doit être surmonté par une partie de la force qui, par conséquent, se répandra sur le corps entier^ et le mouvement ne peut avoir lieu, que lorsque tous les élémens sont également accélérés. Il en résulte, que l'accélération du mobile et de chacune de ses parties sera d'autant moindre, que la masse, ou le nombre des élémens parmi lesquels la force doit être distribuée, est plus grand : donc l'accélération d'une force qui n'agit pas immédiatement sur le corps entier, mais sur une certaine partie, est réciproque à la masse mise en mouvement (§. 5.). Or la force mO' iri'ce, ou la pression du mobile étant proportionnelle au produit de la vitesse et de la masse (§. 9.) , la pression ou la quantité du mouvement sera, dans un pareil cas, indépendante de la masse, et d'une grandeur constante, quelle que soit la masse du mobile. Mais une pareille force ne peut agir indifféremment sur toute matière^ et si à l'origine du mouvement, une partie au corps, qui n'est pas attaquée immédiatement par la force, en est séparée, elle demeurera en repos; ou si le corps est fluide, la partie sur laquelle la force agit immédiatement, se mettra seule en mouvement, en se réparant dçs autres qui resteront en repos.

L'inversion de ces raisonnemens est également admissible. Une force, dans laquelle nous apercevons le contraire dcteus les phénomènes précédens, doit agir sur chaque élément des corps avec la même force, et doit être appliquée immédiatement à chaque moléculej et c'est le cas de la pesanteur. La cohésion n'a aucune influence sur la chute des corps solides : deux balles de plomb tombent avec la même vitesse, que lorsqu'elles sont fondues ensemble^ une masse d'or ou de plomb, etc. deux ou dix fois plus grande est accélérée précisém.ent comme la masse simple; et tous les corps en général, quelle que soit leur grandeur ou leur pesanteur, tombent avec même vitesse; dont il est aisé de s'assurer par l'expérience, non-seulement dans le vacnum, mais partout, en tenant compte de la résistance de l'air. L'accélération de la pesanteur n'est donc pas en raison inverse des masses , mais elle est la même pour toutes les masses. Il s'en suit, que la quantité motrice de la pesanteur, la pression ou le poids des corps graves doit être proportionnet à la masse, ce qui est également confirmé par l'expérience. Une livre de plomb pèse également sur la balance, quel que soit le nombre des morceaux en lesquels on l'a coupée. Le poids des corps qui sont composées d'une matière uniforme, ainsi que l'or, est exactement proportionnel à leur grandeur, et par conséquent à leur masse. Enfin la pesanteur agit indifféremment sur tous les corps, et nous ne connaissons aucune matière sans pesanteur: les globules des vapeurs les plus subtiles n'en sont pas exceptées, et les fluides sont soumis à la loi de la pesanteur aussi bien que les corps solides. Puis donc que tous les élémens des corps sont également accélérés par la pesanteur, la pression ou le poids de chaque corps est nécessairement la somme des pressions de tous ses élémens , et par conséquent proportionnelle à leur nombre ou à la masse du corps. La force accélératrice de la pesanteur est donc la même pour tous les corps, tandis que la force motrice ou la pression est proportionnelle à la masse.

Ce résultat est confirmé par les expériences faites par Newton. Deux pendules de même longueur, auxquels sont attachés deux poids égaux de différentes gravités spécifiques, par ex. de plomb et de bois, font les mêmes oscillations dans \q i'acuum, ou étant enfermés dans des boîtes égales et semblables,

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