PREFACE
de la première édition^
k3'jl jpst une science dont l'étude exige une profonde sagacité réunie à la sévérité dans le raisonnement, c'est sans contredit l'astrononiîe; et c'est cependant dans cette même science, que se commettent, à ce qui paraît, les plus grandes fautes contre la logique. Cette observation, plusieurs de mes lecteurs l'auront déjà faite à regret. Les investigateurs des vérités les plus sublimes n'ont pas touj(mrs cbercbé à développer avec soin tous les ràisonnemens qui les avaietit guidés dans leurs découvertes. Il faut même leur pardonner, s'ils ont quelquefois caché la route qui les avait conduits à la vérité. Mais ceux qui ont donné des traités élémentaires d'astronomie, et qui n'ont fait que réunir ces découvertes , paraissent moins excusables, de n'avoir pas exposé avec évidence, la route suivie par l'esprit bumain dans son plus grand essor, ni l'intime liaison logique de toutes les vérités qui composent l'immense science des niouveniens des astres.
Il faut cependant convenir, pour rendre justice a ces mêmes auteurs, que la cause de cette imperfection est plutôt, en terme d'école, objectwe qne subjectii^e. Le mécanisme de la partie de l'univers que nous connaissons ovi croyons connaître, est tellemeut composé; le mouvement et l'engrenage des innombrables roues de cette ma bine sont d'une telle variété, qu'on doit peu s'étonner, si dans l'élude de cette macbine on a suivi une méthode peu systématique , si l'on en a examiné au bazard des pièces isolées, et si l'on a découvert une roue secondaire ou plus voiine de l'aiguille du cadran, avant celle qui, quoique moins visible, ejt le viai principe
îî ,. P R E F A C E
(le son lîiouTenient. De plus, toutes les dëmoiistrations de cette science s'appuyeiit fmaleiiicîit sur des obserTations,. que l'on ne peut faire ni calcule]' avec une grande précision, sans avoir déjà une connaissance complète des vérités fondées sur ces mêmes observations. 11 faut donc avouer, que l'astronomie n'est pas susceptible d'une niétîiode rigoureusement systématique, à moins d'employer des observations controuvées, ou de fatiguer le lecteur par d'éternelles répétition?. 11 serait superflu de prouver, qu'aucun traité d'astrononiie, depuis V Ahnageste de Ptolémée jusqu'à Y Astronomie de Lalande, n'a évité ces deux écueils. Quels que soyent mes eiForts à cet égard, je ne me flatte pas de m'en être absolument garanti; parce cju'uîi système complet est un travail, dont on ne pourra voir îa fin cjuaprès un grand n^nubre d'essais» 11 me suffit que les astronomes trouvent que je n'ai pas complètement écboué dans mon entreprise^ et elle ne sera pas inutile, si malgré les imperfections qu'on pourra me reprocber, j'ai su éviter les défauts de ceux qui m'ont précédé dans cette carrière. C'est à ceux cjui viendront après moi, à se préserver à leur tour des fautes que j'aurai commises.
Le désir d'acquérir une connaissance aussi solide de l'astro» nomie que de la géométrie, de rectifier les cercles logiques qui opposent tant d'obstacles à l'étude de l'astronomie, et d'établir une liaison entre eliaque tbéorème isolé de cette science et ses premiers élémens, fut le premier motif qui nie fit prendie la plume. Ce travail, entrepris seulement pour mon propre usage, se trouva être plus long et pénible que je ne l'avais cru; il exigea des recberclies et des calculs qui m'ont occupé peiulant plusieurs années ,, et dont on trouvera les résultats , surtout dans la troisième partie de cet ouvrac^e, rassemblés en peu de. pages- L'utilité que jVvais tirée de ce travail, me fit espérer qu'il ne serait pas inutile à d'autres; et cet espoir nie détermina à rédiger mes papiers, et à leur donner le degré de perfection qui serait en pion pouvoir. Encouragé par cet espoir, j'ose soumettre cet essai au jugement des connaisseurs,, qui, quelque préjudiciable qu'il puisse être à mo^ amour propre, sera toujours poui^ moi une source dlnstruction»
PRÉFACE- . ' îll
te dessein de cet ouvrage est, en peu de mots, celui dexpo« ser les vérités astronomiques dans le même ordre da:ns lequel elles ont été découvertes, et de leur donnei tant de clarté et de précision, que des lecteurs qui n'ont pas la moindre teinture d'astronomie, puissent en tirer, sans autre instruction, une connaissance complète et solide de c«tte science. L'ordre des*décauverîes donne à cet ouvrage les trois divisions usitées, rastronqmie sphéri^jue^ théorique, et phjsique, auxquelles on pourrait aussi donner les noms de Ptoléniée^ de Copernick - Kepler , €t de Newton, — Dans la première partie^ j'ai cherché à mettre à la portée de tout le monde, les premières idées d'où naquit cette science, et à expliquer d'une manière claire et satisfaisante, les diverses méthodes pour trouver la hauteur du pôle, la tliéorie du tems, etc. J'y. ai ajouté celle de la j>arailaxe et de la réfraction , parce que c'est le chainon qiii réunit les moùvemens vrais et apparens, — Dans la seconde partie, j'ai essayé de répandre un nouveau jour sur les hypothèses de Ptoiémée, particulièrement par rapport à la lune, et de les défendre contre à^i objections qui, pour la plupart, ne sont fondées que sur un malentendu; j'ai tâché de tracer la route que le génie de Kepler s« fraya, par un extrait de ses ouvrages; et je désire de contribuer parla à faire revivre le goût pour les ouvrages des anciens astronomes^ qui parait s'éteindre de plus en plus. On y trouvera aussi les nouvelles découvertes relatives aux étoiles fixes, et à la théorie des comètes. — : Dans la troisième partie j'ai suivi pas à pas l'immortel ouvrage de Newton, aussi loin qu'il m'a pu conduire. J'ai cherché, dans le premier et le second Chapitres, à répandre un nouveau jour sur les premières notions de la Dynamique. Quant à la figure de la terre, je me suis contenté de prouver d'après Maclaurin et Clairaut, que J'équilibre a lieu, lorsque les méridiens sont des ellipses; car il me semble, que les recherches plus générales de D'Aleniberfc et d'autres géomètres qui ont donné une solution directe de ce problème, ne sciaient pas à leur place dans un ouvrage tel que le présent. Dans la théorie de la précession et de la nulation , j'ai suivi la méthode d'Euler, parce qvi'elle se prête plus à être abrégée que celle de