‹ Traité d'astronomie théorique (volume 3)Chapitre 46 sur 111 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Les .saisons.

§. 100. J Ja vicissitude des saisons, à laquelle nous devons non-seu-» lement les plus grandes beautés de la nature et les plus douces jouissances de la vie, mais aussi cette variété infinie de biens utiles et même nécessaires, dont la terre récompense l'industrie de ses liabitans d'une main libérale: cette vicissitude qui, par des nuances insensibles, réunit l'hiver engourdis-' sant au brûlant été , et qui revient toujours sous les mêmes formes — la diversité des climats, ce lien puissant qui,' par le sentiment des besoins mutuels , réunit les peuples de la terre, depuis les glaces éternelles des pôles jusqu'au sable brûlant de la ligne, et qui la première leur appi-it à étendre les vertus sociales, des individus et des familles aux nations entières — =• toutes ces variétés bienfaisantes, dont on reconnaît rarement toute l'étendue, sont l'effet d'un mouvement très-simple de la terre, de la direction de son axe, et des différentes situations des pays de sa surface relativement à cet axe. Quiconque est capable de sentir la différence entre la chaleur de l'été et 'le froid de f hiver , apercevra aussi, que l'une et l'autre est inséparablement lié avec la hauteur plus ou moins grande du soleil, avec son séjour plus ou moins long sur fhorison,. enfin avec sa situation relativement à l'équateur. L'Africain, brûlé par les rayons du soleil tombans verticalement sur sa tête, porte peut-être envie au voisin du pôle, que le soleil, en se traînant le long de son horison , défend à peine contre l'engourdissement; tandis que celui-ci désire pouvoir se réchauffer dans les déserts de l'Afiique, après son long sommeil hivernal. Tout se réjouit^ et la nature rajeunie se réveille, lorsque le soleil méridien remonte vers le zénit^ mais tout se meurt

ffto .ASTRONOMIE SPHKRIOUE

ou se fléfrit, quand le soleil redescend vers l'horison, pour donner dii repos à la nature épuisée , et pour verser sur nos frères éloignés les jouissances dont ils avaient été privés si longtems.

§. 101. L'astronomie sphérique ne s'occupe pas des mouvemens réels, mais des apparens- Il est donc indifféient , de supposer le mouvement du soleil autour de la terre, ou celui de la terre autour du soleil j il est cependant plus naturel, d'adopter ici la dernière hypothèse^ dont la vérité sera démontrée dans la suite. Mais il n'est pas nécessaire de s'attacher rigoureusement à une seule hypothèse j il est permis de se servir tantôt de l'une, tantôt de l'autre, et de préférer dans chaque cas particulier, celle qui répand le plus de clarté sur la matière dont il s'agit. Mais avant tout il faut prouver que les deux mouvemens donnent eiTeclivement les mêmes phénomènes, les mêmes longitudes et déclinaisons apparentes du soleil j ou plutôt il faut montrer, quel mouvement de la terre autour du soleil doit être supposé , pour qu'il en résulte les phénomènes que les observations nous font connaître. Comme les lieux apparens du soleil, ainsi que tous les points du ciel, sont déterminés par leur situation relativement aux étoiles fixes, il s'entend que cette substitution d'un mouvement à- l'autre ne peut avoir lieu, qu'en supposant en même tems la distance des étoiles si grande, que l'orbite entière de la terre soit insensible en comparaison d'elle^ car on voit aisément, qu'autrement le mouvement de la terre doit nécessairement produire d'autres phénomènes, que celui du soleil. La suite de cet ouvrage donnera les preuves de cette immense distance; nous ne la regarderons ici que comme une hypothèse qui représente les mouvemens apparens de la manière la plus simple. Il ne faut donc pas oublier, qu'il est constc.mment supposé que toutes les lignes et tous les plans , menés par une étoile et par un point quelconque de l'orbite de la terre, sont parallèles entre eux.

§. 102. Soit {Fig. 24.) AB la ligne des équinoxes, laquelle, étant déterminée par les étoiles fixes (§. 86.), aura toujours une situation parallèle, quel que soit le point de forbite de la terre par lequel elle passe (^§. loi.); soit S la terre, autour de laquelle le soleil paraît décrire le cercle CDTE. Lorsque le soleil est en C, sa longitude, vue de la terre, sera iiz ASC. Si

Page 1