CHAPITRE V
Longitude géographique.
§■. 172. -Lja longitude géographique des iieux, ou plutôt l'angle liorsïre au pôle, compris par deux méridiens, est si intimement lié avec la mesure du tSms, qu'il sera à propos d'expliquer ici, au moins en général, les mé-r tïiodes qui servent à déterminer la longitude. Car, quoique cette matière semble plutôt appartenir à la géographie, elle n'est pas moins importante pour l'astronome. Sans connaître la longitude du lieu où il fait ses observations, ou la difTéren^ie des méridiens, il ne peut se servir des tables et des éphémérides, qui sont nécessairement calculées- pour un certain méî'idien: il ne saurait comparer les observations avec celles qui ont été faites autre part, et par conséquent elles seraient perdues pour l'astronomie. La plupart de ces méiliodes sont fondées sur une théorie qui sera développée dans le Tome suivantt ici je n'en puis donner qu'un aperçu générah
§. 173. Puisque tout se ré luit à déterminer l'angle horaire compris par deux méridiens, il est clair que le problèine sera résolu , aussilot que ron connaît la diilerence entre les ievas qui sont ci/niptés sons les deux mériJ.iens^ et qu'il est inditlerent, si l'on emploie le tems sidéral, ou le lems solaire, soit vrai soit moyen. On peut concevoir, outre les méridiens des deux lieux, A, B, un' troisième G, dans lequel se trouve à une certaine époque, une é[oi4e, le soleil vrai, ou le soleil moyen. Les tems- qui sont comptés sous ces méridiens au même instant , donnent les angles horaires , compris par les méridiens A, C, et B, C, par conséquent leur ditTérence, ou l'angle compris par les méridiens A, B, ou la dilïérence des longitudes. Les astronomes emploient ordinairement^ pour cet eilèt , le Leni* vrai qui est réduit au tems
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moyen. Dans l'instant où le soleil passe au méridien dim lieu A, on y compte o lieur. tems vrai, et lorsque le soleil est dans le méridien C, qui est de x degrés plus à l'occident que A, et de y degrés à l'occident de B, le tems
coinpté en A est ^ :iz: — heures, et enB,TZ=: — h. Connaissant donc les tems t, T, qui sont comptés au même instant en A et en B, on trouve l'angle X- — j, dont B est à Toccident de A, savoir x — j:= i5 [t — r), les henres représentant des degrés, etc. Si y est plus grand que .-c, B est à l'orient de A, de l'angle y — x. Tout se réduit donc, à trouver par un moyen quelconque, le items vrai qui est compté au même instant, d'après deux méridiens.
§. 174. Le chapitre précédent a expliqué les diverses méthodes, pour déterminer le tems vrai. Il ne nous reste donc qu'à chercher des phénomènes célestes qui seront vus des deux lieux en même tems «t de la même manière, ou à conclure par le calcul la manière, dont une observation, faite dans un lieu, doit se présenter en même tems dans un autre. La première classe comprend tous les évènemens qui se passent dans les corps célestes eux-mêmes, tels que les éclipses deîune ou des satellites de Jupîtcr. Il importe d'observé? dans chaque lieu le iems vrai du commencement ou de la fin de l'éclipsé, de l'immersion dans l'ombre ou de l'émersion de quelques taches distinguées de la lune^ les époques où la lune est totalement obscurcie et où elle commence à sortir de l'ombre, où les satellites de Jupiter disparaissent et revien- .îient à paraître, etc. Ces méthodes sont les plus simples, et ne demandent aucun calcul 5 mais elles ne sont pas exactes. Il est extrêmement difficile, d'observer, exactement les limites de l'ombre dans une éclipse lunaire, et une vue iperçante et une bonne lunette font voir les satellites, lorsqu'ils ont déjà dispara à des organes moins parfaits ^ Fëtat de l'atmosphère même a une influence sur Tapparence de ces phénomènes. Les méthodes suivantes sont beau» coup plus exactes.
§. 175. Il y a d'autres phénomènes remarquables, qui ne sont pas vus partout dans le même instant: mais la différence peut être calculée, sans qu'on ait besoin de connaître la longitude, au moins exactement; et dans le dernier cas, ces observations serviront à déterminer avec plus de préfcision, la longitude trouvée par la première méthode (§. 1 74.). Ce s-ont pri»»