CHAPITRE L
Découverte de la réfraction:.
§. 224. V3S-uand on apprend, que la hauteur apparente ées astres? est altérée aussi bien par la réfraction que par la parallaxe, quoique dan» le sens opposé j que la réfraction élève les astres,, tandis que la parallaxe les abaisse: il paraît naturel de penser,, que c'est peut-être l'effet d'une seul» cause, et qu'on a eu tort de supposer deux causes au lieu d'une^ ou qu'au, moins il doit être difficile, peut-être impossible, de séparer les deux effets, et de déterminer, combien il faut mettre sur le compte de l'une et de l'aufre. L'éclaircissement de cet objet, et l'histoire de la découverte des réfractions, lèvera aisément ce scrupule. La théorie des parallaxes était aisée à prévoir, même à démontrer à priori. Que des corps qui ont un mouvement sensible et assés vite autour de la terre, qui ont une grandeur apparente assés considérable, dont le changement périodique prouve évidemment celui de leur distance à la terre — que de tels corps soient en même tems si prodigieusement, éloignés, que toutes les lignes, menées à la terre, deviennent parai-
lèles entre elles — cela paraît une contradlcfion évidente. Sans le témoignage de l'expérience, il fallait supposer que tous les corps célestes avaient une parallaxe, parce que c'est une vérité purement géométrique, que le lieu apparent de chaque ohjet doit éprouver des changemens, lorsque l'oeil change de place. C'est par de pareils raisonnemens que Hipparque et Plolémée furent persuadés de la parallaxe de la lune et même du soleil, avant qu'ils entreprirent d'en déterminer la grandeur par des observations (§. igS.); et il fallait avoir appris, par les observations, la distance immiense des étoiles, pour croire que cette règle générale pût avoir des exceptions. La parallaxe du soleil, de la lune^ et des planètes, était donc hors de doute 3 mais des pliénomènes bien simples (§. 19.) prouvèrent en même tems, que les étoiles fixes n'^ivaient point de parallaxe. Si l'on apercevait donc, que leur lieu apparent était différent en difterens lieux de la terre, ou à diverses hauteurs, cette différence ne pouvait être l'effet de la distance de l'observateur au centre de la terre, d'autant qu'elle était opposée à l'eiTèt de la parallaxe qui abaisse les astres: il fallait donc cherclier une autre cause de ce phénomène* ainsi les ohservations des étoiles fixes donnèrent lieu à la découverte d:e la réfraction. Aussi tôt que cette découverte était faite, et qu'on eût trouvé, que la réfraction devait exercer ie même effet sur tous les astres, quelle que fût leur distance, il était ais€ d'appliquer la loi de la réfraction également aux planètes: et la partie du changement total de leur hauteur apparente, qui ne pouvait être expliquée par la r^ifraction^ devait servir à déterminer leur parallaxe. La hauteur obeervée des planètes, corrigée par la réfraction que les étoiles fixes avaient fait connaître, était la hauteur affectée delà parallaxe seule, d'où Von pouvait conclure sa grandeur. Ainsi dans toutes les opérations du chapitre précédent il -n'y a rien à changer, si non qu'il faut supposer que les hauteurs sont corrigées par la i-é fraction.
§. 225. Si l'on mesure la distance d'une étoile à une autre, à différentes heures du jour, on la trouvera tantôt plus tantôt moins grande. Ce phéno-^ mène ne peut s'expliquer par un mouvement propre des étoiles, parce qu'il a une période diurne, et dépend évidemment de la hauteur, ensorte que chaque jour on trouve ks m-êmes différences à égaie hauteur. Ce phéno-