LIVRE III, C H A P. IX
a vu ^a même cliose dans Saturne; et les cliangemens rapides de ces zones polaires, ainsi que des bandes équatoriales, paraissent prouver que Saturne, ainsi que son anneau^ a une atmosphère considérable (^). Les nuages que Schroter croit avoir, observées dans Mars ^ et auxquels il attribue une vitesse de 20 pieds par seconde, prouvent que cette planète a une atmosphère, semblable à la notre.
§. i56. Il est à présumer, que les planètes sont entourées d'une at- Hiosphère, comme la terre; et l'on a vu (§. i55.), que les observations paraissent le mettre hors de doute. Telles sont les changemens brusques des taches, semblables à des nuages; l'altération de la lumière et de la figure des étoiles, quand elles sont si près d'une planète, que leur lumière, en traversant son atmosphère, éprouve une réfraction; les phénomènes que présentent les éclipses des satellites de Jupiter; et le crépuscule qu'on a observé sur le disque de Vénus.
L'atmosphère du soleil donne l'explication ia plus vraisemblable d'un autre phénomène remarquable, connu sous le nom de la lumière zodiacale. C'est une blancheur, semblable à la voie lactée, que Ton aperçoit, principalement au commencement du printems après i le crépuscule du soir, et en automne avant le crépusicule du matin, en forme de fuseau, ou d'un triangle très-allongé , incliné à l'horizon suivant la direction de l'équateur solaire, dont la base est vers le soleil, et qui s'étend parfois à 100° du soleil. On suppose avec beaucoup de probabilité, que ce n'est autre chose que l'atmosphère^ lumineuse du soleil, qui , par la rotation de cet astre, s'est accumulée autour de son équateur. Conformément à cette hypothèse, il paraît que la lumière zodiacale, ou plutôt sa commune section avec le plan de l'équateur solaire, n'est pas un cercle concentrique au soleil, mais une courbe allongée, peut-être une ellipse, ayant un foyer dans le soleil, et dont le périhélie est au dedans, l'aphélie hors de l'orbe de la terre. La distance de son. sommet au soleil parait quelquefois de 100°, quelquefois de moins dé 5o°. En imaginant donc un triangle, formé par le soleil, la terre, et le sommet
(l) JPhîî. Trans.Jhr ijie jear 1806. Part II. pag. 464-
a4o ASTRONOMIE RATIONNELLE
de la îimiière zodiucaie, le demi-diamètre de celte lumière sera, dans le premier cas, opposé ;à l'angle dhius de loo', il sera donc plus grand que les autres côtés, dont l'un est le raj on de ForlDe lerrestie. Or comme ie même demi-diamètre ne parait que de 5o% dans d'autres saisons^ il faut ea conclure, ou que la lumière acdiacale est de forme allongée, ou qu'elle est sujette à des rév^olutions extraordinaires qui dépendent des saisons, ce qui est difficile à concevoir. D'ailleurs, si la lumière zodiacale était circulaire, la terre serait enveloppée de cette atmosplière, lorsqu'elle a un demi -diamètre de 100*, et nous ne la verrions pas ,en forme terminée, ,mais elle remplirait le ciel entier j ^comme notre atmosphère. La forme elliptique de la lumière zodiacale servira en même tems :à expliquer, pourquoi nous ne la voyons pas em été. Dans le printems et l'automne, la terre passe par le petit axe de l'atmosphère .solaire; nous sommes donc hors d'elle,, et la voyons suivant le grand axe qui paraît sous un angle de loo^. Ce diamètrie apparent diminue, à mesure que la terre s'éloigne du petit axe, il deviendra donc insensi'ble vers l'été, à ,cause ,des crépuscules: .au coeur de l'été et de l'hiver, ja terre étant dans le grand axe, et au dedans de l'atmosphère solaire, elle disparaîtra tout à fait. Jl faut cependant convenir, qu'il est difficile à concevoir, soit la forme lenticulaire et elliptique de l'atm^osphère solaire^ .soit son étendue ,au delà de l'oi^bite .de la ierre, qui est riîême contredite par les principes ;.de .mécanique: il paraît donc que Ja >'jéri table cause de ja lu-v -mière ^zodiacale n'est pas encore entièrement connue»
§. iS^. Un des phénomènes les plus extraordinaires dans notre système planétaire, est Vanneau de Saturne. Les premiers télescopes imparfaits firent voir Saturne en différentes form.çs. '^antôt cette planète paraissait, comme .toutes les autres, parfaitement jond&^j (3îonosphœncum de Hévélius); tantôt elle paraissait composée de .trois gW.bules sur ja même, droite (Trispkœricum) ; jantôt elle semblait avoir des anses des deux côtés [Sphœrico" ansatum). Les télescopes plus parfaits on fait voir, que tous ces différens aspects ne sont autre., chose qu'un anneau qui entoure Saturne à une certain:e distanee en- cercle c-on-cei^trique, et qui présente à l'observateur sur la terre ces différentes formes, suivant sa situation. Il nous présente ordinairemen.t