‹ Traité d'astronomie théoriqueChapitre 133 sur 268 · CHAPITRE XL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XL

Les cinq nouvelles Planètes,

§. 168. J-^epuis rorigine de l'astronomie on connaissait; outre le soleil et Iff lune, les cinq planètes principales don! il a •été traité dans les chapitrée precédens, eî Ton croyait probablement connaître toute l'étendue du système solaire: personne ne se doutait, qu'il y eût d'autres planètes qui, sans être aperçues, décrivaient autour du soleil des orbites semblables. Dans les tBins modernes, les distances des planètes au soleil, et les lois de leurs mouveraens étant mieux connues, on présuma, qu'au delà de Saturne, il y avait peut-être des planètes, invisibles ou inconnues à cause de leur grande distance. En réfléchissant sur le grand nombre des planètes secondaires qui accompagnent Jupiter et Satunie dans leurs routes autour du soleil , et sur la multiplicité des comètes qui paraissent annuellement, on ne put se persuader, que' le nombre de-3 planètes principales fût borné à .six. Cette supposition fut confirmée par une des découvertes les plus^ importantes, que l'astronomie doit à M. Herschel, -étant alors occupé à observer la parallaxe des étoiles, ù Balh -en Angleterre. Le î3 ï\îars 1781, ayant dirigé ^on télescope vers un point de la voie lactée près de l'étoile H des Gémeaux, il aperçut un astre qui 5 quoiqu'à la vue simple pai aissant comme une étoile de la septième grandeur ; avait dans le télescope un diamètre beaucoup plus grand que les étoiles de la première grandeur. Son mouvement propre^ qui était sensible dans peu de jours, prouva que ce n'était pas une étoile fixe, et M. Herschel îe prit d'at>ord pour un-e comète, quoique son extérieur fût très-difierent des comètes ^ '. Ses premières obs ! valions lui firent connaître, que cet astre

(ij J>hilos. Transact. Fol. LXJLL Part U. n. 3â.

avait un mouveBient direct de a''',25 par îieure, que sou orbite él&ïi peu: inclinée sur l'éclipiiqup , que sa vitesse et son diamètre augmenlaîl, et que; par conséquent il s'approchait de son périhélie {''■). Cet astre occupa bientôt touâ les astronomes, qui ne tardèrent pas à voir 5 que son mouvement, au lieu de ressembler aux orbites, excentriques des comètes, était presque circulaire comme celles des planètes»- Il fut donc reconnu comme une planète principale du système solaire, et les observations,, faites pendant quarante ans, ont mis cela hors, de doute 5 et ont donné les élémens de son orbite avec une grande précision. La- plupart des astronomes sont convenus , d'aprè». Mr. Bodej à donner à celte planète le nom à'Umnus et le signe ^; les astronomes anglais rappellent Georgiwn Sidus,

Les méthodes précédentes pour déterminer les orbites planétaires, supposent un grand nombre d'observations,, principalement des oppositions dans les. différentes parties de l'orbite, et surtout une connaissance exacte de la révolution ,. d'où. l'on, conclut le mouvement moyen, et la distance moyenne au ^leil, dont la comparaison avec le mouvement et le rajon. vecteur vrais,. est la base de toutes les. méthodes, précédentes.. Mais, comme cet élément est. trouvé par un grand nombre de révolutions complètes, et que le mouvement: cle la nouvelle planète est si lent,, qu'elle emploie plus de 80 ans pour, faire une révolution, il est aisé de voir, qu'il fallait employer ici de nouvelles méthodes, et qu'un, tems considérable s'écoulera,, avant que les. élémens de; la nouvelle planète soient déterminés avec la. même précision que ceux des anciennes. Cependant la lenteur même' du mouvement est très-fa-vorable,. pour approcher de la vérité à: l'aide d'un petit nombre d'observations. En effet, une demirannée faisant environ^ la î68 me partie,, ou 2*9'' de l'orbit^ d'Uranus, qui est peu excentrique, on. peut l'observer de deux points diamétralement opposés de l'orbe terrestre,, sans que sa distance au soleil ait changé sensiblement I ensorte qu'en regardant ce petit arc comme un arc de cercles parcouru d'un mouvement uniforme,, on peut déterminer ses élémens d'une manière approchée, parceque la base ou la parallaxe annuelle est aussi grande

(j) Ibid, pttg^ 4s8c.

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