‹ Traité d'astronomie théoriqueChapitre 236 sur 268 · LIVRE VIII, C H A P. r. 5n · texte numérisé non relu

LIVRE VIII, C H A P. r. 5n

difficultés contre lesquelles ils avaient à lutter, mais peu de clios6 par rapport à ce qui reste encore à faire. Ce que nous savons de l'immensité et de la mécanique du ciel, sutBl pour nous donner des idées dignes de l'auteur de la nature, et pour nous inspirer des sentimens d'une profonde admiration et adoration. Mais l'astronome ne doit ni s'imaginer de connaître maintenant l'ouvrage dii très-sage, ni craindre que le tems de la récolte ne soit passé j les fruits ne manqueront jamais, pourvu que les moissonneurs ne manquent pas. C'est dans la nature des choses, que chaque découverte en astronomie, loin de diminuer le nombre des découverles futures, en ouvre un nouveau champ; et l'histoire de l'astronomie nous apprend, que chaque découverte donna lieu à plusieurs autres. On peut comparer cette immense science à un vaste pays, dont le centre a été cultivé avec grand soin, et dont la surface qui s'étend à l'infini, renferme un grand nombre de champs fertiles, mais inconnus, qui ne son! accessibles qu^'àux plus grands efforts de l'industrie. Chaque pièce que l'activité de l'homme est parvenue à défricher, ouvre une vue plus ample sur l'étendue entièrej et à mesure que la partie cultivée s'agrandit, les découvertes dans tous les sens deviennent plus facileSc

L'état actuel de nos coniiaissances suffit pour nous faire voir, combiea c^est peu de chose, que nous connaissons de l'univers, et même du système solaire. En réfléchissant sur la distribution des planètes, et en comparant l'espace qu'elles occupent, avec la distance des étoiles fixes, on est étonné de voir qu'elles ne remplissent qu'une petite portion du système solaire, dont la plus grande partie paraît être déserte. On ne peut pas se persuader, que la nature n'ait point employé l'espace immense qui n'est pas occupé par les planètes, et qui suffirait pour des millions de corps célestes auxquels le soleil pourrait communiquer de la lumière, de la chaleur, et du mouvement. On est encore plus frappé de cette idée, en faisant attention aux circonstances particulières. Les orbites planétaires sont renfermées dans la zone étroite du zodiaque, et toutes les planètes se meuvent dans le même sens; et l'on ne conçoit pas que cette zone seule soit propre aux mouvemens de corps célestes. La force centrale du soleil doit nécessairement se répandre suivant toutes les directions, dans ua espace sphéricjue : îl est doac à présumer q^u'elie-

5i2 ASTRONOMIE RATIONNELLE

rencontrera partout des objets qu'elle peut animer. Il n'est pas moins difficile de concevoir, par quelle laison tous les corps célestes suivraient la même direction, toute direction étant également possible.

Il faut convenir que ces raisonnemens doivent nous persuader, qu'onire les planètes il y a peut-être des millions de corps célestes qui remplissent le vide du système solaire, relativement à l'espace, et à la disposition et direction des orbites.

§. 333. Quand, après avoir fait ces réflexions, ont voit de iems à autre des corps inconnus paraître dans le ciel , des corps qui , à l'instar des planètes, avancent suivant toutes les directions d'une étoile à l'autre j quand on trouve par le calcul de leur mouvement, que leur distance au soleil est égale à celle des planètes, que leur mouvement se courbe autour du soleil, qu'il devient plus rapide, à mesure qu'ils approchent du soleil, ,et qu'il suit en général les mêmes lois que le mouvement des planètes; on ne peut pas douter que ces corps n'appartiennent au système planétaire, du moins à l'époque où ils se font voir. Dans les tems les plus anciens on trouve des relations de ces astres qui, à cause de Fatmosplière, semblable à une cbevelure, et de la queue lumineuse qui environnent ordinairement le corps même, furent appelés Comètes) et l'on sait que les ChalJéens avaient des idées très-justes de ces astres, en les prenant pour des planètes qui ne sont visibles qu'à une petite distance de la terre. Les philosophes grecs, principalement les Pj^thagoréens , avaient les mêmes idées, et l'on est étonné de la justesse et de la précision , avec laquelle Séneque en parle dans le Liv. J^ll. de ses Quaesf. Nat. Mais à ces exceptions près, la plupart des philosophes de ce tems et des tems suivans en avaient l\çs idées très- imparfaites. On prit les comètes pour des météores, ou pour des, exhalaisons du soleil et des planètes, ou bien pour des ouvrages instantanés de la Toute-puissance, produits pour prévenir le genre humain de la vengeance qui le menaçait. Au commencement du dix-septième siècle les plus grands astronomes pensèrent, que les comètes étaient des météores passagers, produits de tems à autre entre la terre et la lune. Tycho fut le premier qui détruisit cette opinion, et fonda de nouveau des idées plus justes sur ces corps. Il montra que leur parallaxe diurne était

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