‹ Traité d'astronomie théoriqueChapitre 237 sur 268 · LIVRE VIII, C H A P. I. 5i · texte numérisé non relu

LIVRE VIII, C H A P. I. 5i

bpaucoup moins grande que celle de la lune, mais que leur parallaxe annuelle était très-sensible, et que par conséquent leur distance devait être à peu près égale à celle des planètes. Lorsqu'on eut commencé à calculer leurs orbites, et qu'on eut vu la même comète revenir en décrivant toujours la même or- Ï3ite, on ne pouvait plus douter que les comètes, ainsi que les planètes, ho fussent des corps célestes destinés à une longue existence.

§. 334. Les comètes se distinguent au premier coup d'oeil d'avec les étoiles variables qui paraissent de lems à autre, par leur mouvement propre, sur lequel les astronomes ont eu autant d'opinions différentes que sur la nature des comètes. Kepler supposa leurs orbites rectilignes, Gassini pensa que c'étaient des cercles fort excentriques. Tyclio, après avoir eu la même opinion, trouva que l'hypothèse. du cercle ne satisfaisait pas aux observations de la comète de 1577. Hévélius fut le premier qui trouva par une construction, que l'orbite devait être parabolique , et Dorfel fonda le premier le calcul des comètes, pour le simplifier, sur l'hypothèse parabolique, ce qui lui a donné la réputation d'être l'inventeur de cette hypothèse. Depuis que les lois de Kepler avaient été généralement adoptées dans l'astronomie, et qu'on eut aperçu que les orbites des comètes étaient des courbes, concaves vers le soleil; mais principalement, quand on eut vu des comètes qui revenaient au soleil dans la même orbite^ il fallut regarder comme certain, que les comètes décrivaient, conformément aux lois de Kepler, des Ellipses dont le foyer est le centre du soleil. JuGs plus grands géomètres se mirent donc à calculer le mouvement des comètes suivant cette hypothèse, et Newton s'en servit pour calculer l'orbite de la comète remarquable de 1680. Depuis ce tems plus de cent orbites ont été calculées suivant l'bj^pothèse parabolique, et leurs élément ont été déterminés de manière à satisfaire à toutes les observations. Ainsi l'hypothèse de l'ellipse, ou celle de la parabole qui revient au même, est entièrement prouvée par les loix de la nature et par l'expérience.

§. 335. Sous ce rapport les comètes ressemblent donc parfaitement aux planètes, et leur mouvement est soumis aux mêmes lois; mais elles se distinguent d'une manière frappante, par les phénomènes qu'elles présentent à un observateur placé sur la terre ou le soleil. Les orbites des planètes étant

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à peu près circulaires, ces corps !ne s'éloignent jamais assés de la terre, pour que nous les perdions de vue. Nous les voyons dans toute l'étendue de leurs orbites (au peu de tems près où elles s'enfoncent dans les rayons du soleil), soit dans l'aphélie soit dans le périhélie; au lieu que les comètes ne sont visibles que dans un petit arc de leurs orbites, peu avant et après le passage par le périhélie. Au bout de quelque tems leur grosseur apparente diminue considérablement, il est plus difficile de les voir, et elles finissent par disparaître parmi les étoiles, à cause de leur grande dislance. La petitesse de leur diamètre et la faiblesse de leur lumière font que, pour être visibles, elles doivent être très -près de la terre et du soleil: c'est pourquoi la plupart des comètes qu'on a aperçues , ont approché du soleil plus que la terre et même plus que Mercure (^); bientôt après, leur distance devient si grande, qu'elles sont invisibles pendant des siècles. Il s'en suit que leurs orbites sont des ellipses très-allongées, ce qui fait la différence essentielle entre les comètes et les planètes. Le calcul de leur mouvement donne le résultat, que la portion de leur orbite, dans laquelle elles sont visibles, comprend un très-petit arc autour du périhélie.

§. 336. Les comètes se distinguent encore d'avec les planètes , pareeque leurs orbites ne sont pas situées à peu près dans le même plan , et que leur mouvement héliocentrique n'a pas une seule direction de droite à gauche. Elles coupent- l'écliptique sous tous les angles depuis zéro jusqu'à 90°; elles se meuvent suivant toutes les directions qui sont aussi bien rétrogrades que directes. "-

Leur extérieur est aussi très-différent de celui des planètes. Quoiqu'empruntant la lumière du soleil, elles paraissent avoir une lumière propre, et moins de solidité que les planètes, attendu que leur lumière est beaucoup plus faible, et leur disque moins rond et terminé, tandis que le côté opposé au soleil est lumineux, et qu'on ne leur a jamais vu de phases. Elles sont souvent accompagnées d'une çueue très -brillante, dont la longueur apparente va quelquefois à 70*, et qui est constamment dirigée vers le côté opposé au soleil. Cette forme singulière a probablement porté les anciens à les pren-

(i) La comèle de i68o approcha du soleil 64 fois plus que Mercure.

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