LIVRE VIII, C H A P. IV
cées presque dans le même plan , tandis que les orbites des comètes sont inclinées l'une à Tautre de toutes les manières possibles. Pour éviter les points dangereux, qui sont les intersections, non des plans, mais des orbites xnènies, il est nécessaire qu'une comète qui s'approche du soleil plus qu'une planète, ne se meuve pas dans le plan de l'orbite de celte planète j il n'y a que les comèSes dont le périhélie est au-delà de l'orbite de la planète, qui puissent se mouvoir dans ce pian, parcequ'alors leurs orbites entourent celle de la planète, sans la couper. 11 s'en suit, que les comètes dont la distance périhélie est moindre que dix-neuf rayons del'oibite de la terre, ne peuvent pas se mouvoir dans le plan de l'orbite d'Uranus. Ainsi ce plan étant rendu inutile aux comètes par Uranus seul, il sera épargné beaucoup d'espace, si les orbites des autres planètes sont placées dans le même pîanj alors le mouvejnent des comètes ne sera pas plus gêné par toutes les planètes, que par Uranus seul.
Un autre phénomène est plus difficile à expliquer: c'est que le plan fle toutes les orbites planétaires est à peu près celui de l'équateur solaire. Lambert en donne la raison suivante. Le mouvement circulaire des planètes fait croire, que ces corps ont besoin d'une chaleur à peu près constante. Or les taches du soleil prouvent que sa lumière, ainsi que la chaleur qu'il communique aux corps qui l'environnent, est sujette à des variations considérables. Cela posé, l'uniformité de chaleur est rétablie pour les planètes qui se meuvent dans le plan de l'équateur solaire, parce que le soleil, en tournant sur son axe, leur présente toutes les parties de sa surface; au lieu que la rotation du soleil serait inutile aux planètes, dont les orbites approcheraient des pôles du soleil. Ce qui vient à l'appui de ce raisonnement, c'est que la lumière zodiacale paraît prouver, que l'atmosphère, et probablement aussi la chaleur du soleil, se répand principalement dans le sens de soa équateur. Alors les planètes dans le plan de l'équateur solaire jouiraient d'une chaleur uniforme, et les autres corps seraient plus ou moins échauffés, à mesure qu'ils s'approcheraient des noeuds de leurs orbites sur l'équateur solaire.
§. 'S6']. Il y a dans le système solaire cinq phénomènes , difficiles à expliquer j i) les mouvemens des planètes dans le même sensj et dans ua
riipme plan qui est celui de Téquateur solaire^ a) les mouveraens des satellites dans le même sens que ceux des planètes; 3) les mouvemens de rota- tion- des planètes, des satellites, et du soleil, dans le même sens qwe leurs mouvemens de translation; 4) ^^ peu d'excentricité des orbes des planètes ,et des satellites; 5) la grande excentricité des orbites des comètes qui VoiTrent point de nuances intermédiaires entre une grande et une petite excentricité, quoique leurs inclinaisons et directions aient été abandonnées au hasard. La solution que M. le Marquis Laplace a donnée de ce problème (M, est si ingénieuse et satisfaisante, que je ne puis m'empêcher d'orner cet ouvrage d'un précis de l'hypothèse de ce grand géomètre.
Il n'est pas improbable qu'en vertu d'une chaleur excessive, qui peut avoir eu lieu par des causes semblables à celle qui fit briller, pendant plusieurs mois en iS-ja, la fameuse étoile dans la constellation de Cassiopée (§. 6o.), l'atmosphère du soleil s'est primitivem.ent étendue au-delà des orbes de toutes les planètes, et qu'il lui a fallu beaucoup de iem-s, pour se refroidir, et pour se resserrer jusqu'à ses limitjes actuelles. Imaginons, donc- une époque où l'espace sphérique autour du soleil, à une distance d'au nioi.ns vingi rayons de l'orbe delà terre, était rempli d'un fluide qui entoura le soleil comme une atmosphère, et où il n'y avait point d'autres corps dans le système solaire, que les comètes qui circulaient autour du soleil dans tous les sens, conformément aux règles de la probabilité. Toutes les orbites des com.èfes peuvent être rédigées en deux ou trois classes: I. celles dont ,1e périhélie est au-delà de l'espace que l'atmosphère du soleil remplissait alors, et par conséquent au-delà de toutes les planètes actuelles; IL celles dont le périhélie élait renfermé entre ces liriiites. Ces deux classes peuvent être subdivisées en deux espèces d'orbites: i. celles qui sont presque circulaires, 2. celles qui sont très-alongées. L'atmosphère solaire ne pouvait avoir aucune influence sur les corps de la classe I: ils continuaient librement leurs mouvemens, et existent encore comme des planètes ou des comètes, qui nous seront toujours invisibles à cause de leur distance immense. Les orbites de la classe IL t. étaient entièrement renferméps daris l'atmosphère solaire,
(i) Exposa, du Sjst. du Monde. Lit'. F. Chav. VI,