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• • 1 54, Les anciens regardaient les corps célestes, comme nne matière
moins grossière, plus pure et plus parfaite, que la terrej mais cette idée est démentie par les téléscopes, qui nous font voir les planètes à peu près telles, qu» la terre se présenterait à la même distance. Si l'oeil était assés éloigné de la terre, pour en voir l'hémisphère entier qui est illuminé par le soleil, ce globe , paraîtrait à la vue simple comme un disque lumineux, ou comme une étoile; mais on distinguerait avec les téléscopes les différentes parties de U '' terre: les mers, les déserts sablonneux, les draines de rochers ou de glaciers, le beau vert des furèls et des prés , la blancheur éblouissante de l’hiver et des pôles, les volcans, même les villes qui occupent plusieurs lieues, couvriraient la surface du globe de taches plus ou moins noires ou brillantes) et la terre, éclairée par un beau soleil, ferait sans doute un autre eflét qu'h travers un voile d’épais nuages. Les téléscopes nous montrent la plupart des planètes, couvertes de taches qui, cependant, se distinguent par plusieurs particularités d'avec les taches que la terre présenterait à la même distance.
C’est le soleil qui a le premier donné lieu à cette découverte, qui fut faite en 1611 par Galilée ou par le P. Scheiner: du moins ce dernier a observé les taches du soleil avec le plus grand soin. Depuis ce tems il est rare de voir 'le soleil sans taches noires ou grisâtres, dont le nombre, la grandeur, la forme, et la couleur, changent sensiblement et souvent assés rapidement.' Les unes se forment devant nos yeux au milieu du soleil, le* autres paraissent au bord oriental du soleil; mais toutes passent sur le disque solaire, en décrivant des lignes parallèles. Leur diamètre'* apparent se raccourcit, à mesure qu’elles approchent du bord du soleil; et ai elles parai»*
' sent plusieurs fois dans le soleil, l’intervalle entre leur disparition au bord occidental du soleil et leur seconde apparition au bord opposé, ou ce qui revient au même, le tems qu’elle* mettent à passer derrière le soleil, est à peu près égal è la durée de leur visibilité dans le soleiL Ce* circonstais* ces prouvent évidemment, que ce ne sont pas des planètes qui circulent autour du soleil, mais des taches sur la surface même du soleil, ou très -peu , élevées au dessus d’elle, qui iournent avec ce corps sur un axe. La plupart ne dure que peu, de tems, et la plu* longue durée qu’on ait observée, est
*36 ASTRONOMIE RATIO NN ELLE ée jours. Il arrive parfois, qu’une lâche, après avoir disparu, parati h la Blême place au bout de quelque lems. On a observé des ladies de plus de i' de diamètre, qui par conséquent étaient quatre fois plus grandes que la terre, dont le diamètre n’est que de 17" à celle distance.
Parmi le grand nombre d’hjpolhèses qu’on a imuginécs pour expliquer ce phénomène, les suivantes niérilent le plus d’attention. En supposant que le soleil est un nojau solide et irrégulier, couvert d'un fluide qui est as* sujeUi à une espèce de flux et de reflux, on concevra que les parties plus tUiies du no^au se feront voir de lems en lems au dessus de la mer de fieu, ou qu’elles luiront an travers d’elle; on verra aussi la cause de celte couleur plus faible qui entoure les taches comme une ombre: le sommet de ces Bronlagnes ou isles est parfaitement noir, tandis que les parties submergées, . ks plus voisines, ne sont qu'impar&ilement visibles au travers du fluide.
Si l’on regarde les taches comme des cavités dans le corps solide et luisant du soleil, il est aisé de voir, que leur milieu, étant le- plus profond, •era auasi le plus noir. L'apparition et la disparition des taches ne suivant aucune période, il est naturel de penser, qu’au moins en partie ce sont de Trais changemens ou des révolutions qui arrivent sur le soleil, ou dans son atmosphère.
Comme les taches qui font une révolution entière, restent un peu plus de iems derrière le soleil, ou invisibles, qu'elles ne sont visibles sur le disque solaire, il s’en suit, qu’elles sont un peu éloignées du soleil, ou qu’el-' les se trouvent dans son atmosphère, formant une espèce de nuages dont le eotttour est nécessairement plus mince et moins opaque que le milieu. Cela aupposs que l’atmosphère du soleil est luisante, que par conséquent la lumière dn soleil est proprement celle de son atnuMphère, et que nous ne voyons pas le corps solaire, mais des nuages qui le couvrent, et qui sont luisans comme ceux de la terre, mais d’une lumière propre et non-empruntée. Il est possible qu’il en est de même des planètes, quoiqu'è un moindre de* fié, et que nos aurores boréales, la lumière cendrée de Vénus, etc. en sont des eflels. Si l’on suppose maintenant, que le soleil même est un corps opaque, les taches seront des ouvertures dans l'atmcsphère, qui kissent enlrc-
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voir üet pkrlies du corps solaire; .el l'.'mbre grisâtre qui les entoure, sera le bord plus mince des nuages, au travers duquel la surface du soleil perce plus faiblement, ainsi que nous voyons les étoiles au travers de l’extrémité d’un nuage, épais. Les Jaeuleî, ou les endroits plus lumineux que le reste du soleil, seraient, suivant cette hypothèse, des élévations dans l’atmosphère, des nuages de lumière accumulés et plus denses. Tout cela est conforme aux observations de M. Uerschel, suivant lesquelles tes taches paraissent dans le. bord du soleil comme des excavations, au lieu que les iacules y brillent d'avaptage, parcequ’on^ Toit le profil de ces montagnes, dont M. Herschel estime la hauteur au dessus de la surface di^ soleil 800 lieues. D'après celle hypothèse, le soleil ne se distingue des planètes, que par sa grandeur, et par une .atmosphère .plus brillanle: ce n’cat pas une masse de feu, mais un corps, éclairé el échaulTé par la douce chaleur de son atmosphère, et par U rendu habitable comme les autres CMrps célestes. D'après cela la cause est évidente de ce que nous voyons sur la terre: plus on s'élève au dessus des nuages, plus on est exposé à la lu- ' miére pure du soleil, el plus le froid devient insupportable; et les plut hautes montagnes , exposées continuellement aux rayons du soleil , sont couvertes de glace qui ne se fond jamais. Si l’on se rappelle les changemens périodiques d’un grand nombre d’étoiles 60.), il est naturel de penser, que notre soleil est sujet à des changemens semblables, et que c’est la cause de plusieurs révolutions qui arrivent ébr la terre, du changement des climats, et même des variations brusques dans notre atmosphère, attendu que les révolutions dans la lumière de l'atmosphère solaire, se font apercevoir sur la terre au bout de huit minutes. On sait que 1a lumière produit, sur les corps organisés de la terre, des eflèls physiques qui n'ont rien de 'commun avec l’organe de la vue; il est donc probable, que des altérations de la lumière du soleil que nous voyons , ne seront, pas sans influence sur la nature entière de notre globe. Si les deux célés du soleil sont de nature à exercer des eflèts clilfé rens, il en résulterait une période de 29 jours et demi, ce qui est celle de la rotation du soleil; et la météorologie aurait dû mettre sur le compte de cette rotation, ce qu’elle a attribue è la révolution de la lune, qui a à peu près la mènie période.
ASTRONOMIE. RATIO N. NELLE $. i55. Oit n'a jamaia distingué des taches sur le disque de Mercure'^ à cause de sa proximité du soleiL Cependant Schroler a observé des mon* 4agnes sur cette planète, qui sont plus hautes que celles do la terre.
SaUtrtie est si éloigné de la terre, que M. Herschel y a le premier découvert des taches et des bandes obscures ('), dont il a compté cinq qui sont parallèles à son équateur. , '
Jupùer est toujours couvert de taches; et cette planète, ainsi que Saturne, se distingue des autres planètes, par des bandes remarquables qui, étant parallèles à leur équateur, divisent ces planètes en difTérentes zones suivant le climat, comme un globe arlibcleU Ces bandes sant, sur le disque de Jupiter, très^isées. à reconnaître, et sujettes à de grands changemens, ensorte que leur nombre varie de deux à huit: -il est probable, que les changemens dans l'atmosphère de Jupiter influent sur leur apparence. Parmi les taches il y en a aussi, qui éprouvent des changemens bien sensibles, et quijen faisant le tour de, la planète en tems inégaux, ne paraissent pas adhérer à sa surface, mais former des nuages dans son atmosphère. Il s'en suit, que l'atmosphère de Jupiter est sujette à des révolutions considérables, à des vents violents, etc.
Le grand nombre de taches d’une grandeur considérable, qu'on a observées sur le disque de l’énus, paraît prouver, que sa suriàce a des variétés et des aspérités singulières. L'ombre qu'elles projettent toujours du côté çpposé au soleil, ne laissent aucun doute, que ce ne soient des montagnes d'une hauteur extraordinaire. Schrôter, ayant mesuré leurs hauteurs, en a trouvé une de neuf lieues. Il est remarquable, que lés plus hautes montagnes de Vénus, Mercure, la lune, et la terre, se trouvent dans l’hémisphère austral.
M. Herschel a observé des phénomènes et des changemens très-remarquables sur la planète de Mars (^); entr’autres, des zones blanches^! fort brillantes qui entourent les pôles, celle autour du pôle, opposé, au soleil, étant la plus claire; ce qui parait indiquer de la glace (^). M. Herschel
(l) Account o/* the discoi trj a sixih and seventh Sunllite a/" Satum , #/c. {PhUcj. Trûns* ^ aat. yol. LXXX. Par* J. h. t. s -
O» ihc Plantt Mars {Phil. Trans, Kfit. LKXIV. Part //. n. ip.) •
Oj phHas. Trantact.Jar tht jsar 1784. pa^. a6o. *