‹ Traité d'astronomie théorique (volume 2)Chapitre 190 sur 291 · LIVRE IV, C H A'P. VIII · texte numérisé non relu

LIVRE IV, C H A'P. VIII

plus rare que le nôtre, et par conséquent plus rare que le vacuum dans nos meilleures macliines pneumatiques, dans lequel aucun animal t.e peut vivre.

Cependant les observations de 'Schrôter, qu’il a publiées J.'ns ses Fragmens Sv'lénotopograpliiifues, paraissent indiquer, que le lenas qu tl tait sur ce satellite, n’est pas loul-à-fait invariable, et qu'il y a même une espece de

végétation. Mais les variations que cet astronome a observées, sont incon-,

sidérables, et il convient que la lune n’a ni mers ni rivières, pareequ on rc- ' connaît distinctement îles élévations et des cavités dans les taches noires qu'on avait prises pour des mers.

Ce qu’il y a de plus certain, c'est que la lune est couverte de montiigiirü~ tï'cs hautes, et de rochers, ou de masses d'une matière inconnue, dure et brillante. Plusieurs parmi les points les plus brillans, étant situés dans le segment non-éclaiié de la lune, se distinguent de la partie obscure qui

les environnne, par leur lumière; mais comme ils finissent par disparaître à

• une plus grande distance de la ligne de lumière, on voit que ce n’est pas une lumière propre, mais que ces taches sont illuminées par le soleil plus lun^tems que les parties voisines; ainsi que les sommets des montagnes de la terre sont dorés par la lumière du soleil longteins avant son lever et après son coucher, pendant que le pays voisin est à l’ombre. IL parait donc être hors de doute, que ce sont des montagnes, dont la hauteur pourra être déterminée par le procédé suivant. Soit (fig.Gi.) L le centre, AC le coté obscur de la lune, CB une montagne, et AB le dernier rayon du soleil qui vient de raser la lune en A, la ligne de lumière passant par A. Ayant donc mesuré la plus grande distance AB de la ligne de lumière, à laquelle le point lumineux B disparaît, soit AL = f, AB = ;i{: on aura ,LB~;V(i R®), et la hauteur de la montagne CB=f 0^(i -f-H®) — 1} = — J. Suivant les observations de Hévelke, la plus grande valeur de p

ce qui donne la hauteur du demi-diamètre de la lune, ou ■— suivant

Scbrbler. Les plus hautes montagnes de la terre ne s’élèvent pas h une lieue et demie, ou à — ^ du rayon terrestre: en conséquence, il y a sur la lune des montagnes, qui sont, è proportion des deux planètes, presque cinq fois

AS.TRONOMIE RATIONNELLE plus hautes que celles de la terre j et leur hauteur absolue serait presque deux lieues.

Schroter « vu une foule de cavités dans la lune, dont quelques unes ont une lieue et demie de profondeur, et six lieues de diamètre. Elles sont environnées de remparts ou de montagnes , dont la masse les remplirait exactement: il est donc probable, que toutes ces élévations de la lune ont été produites par dee éruptions volcaniques, qui se font peut-être encore. M. Herachel croit en avoir vu. Au tems de la nouvelle lune , il aperçut au milieu de la lune obscure, trois points lumineux, qui ressemblaient h des charbons ardens et couverts d’un peu de cendre, et dont l'un avait une lieue de diamètre. Leur lumière dura plusieurs jours, en éprouvant des variations qui ne dépendaient nullement de l’accroissement de la lune, et au bout de ee tems elle s’éteignit tout-k-iait (Vojr. Philot. TraïuaU. Fol. ULXFJ/, Port. I. pag. asÿ.).

Page 1