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CHAPITRE. I

Classification de ces phénomènes,

J. aai. ècSpsea et oecuhatîons det corpa cëlrales lont des plit^no»

M^nes frappant même pour ceux qui ne t’occupent point de l’astronomie; des phénomènes qui ont dA étonner et elTra>er les premiers observateurs, qui devinrent ensuite un objet de curiosité, et qui servent encore de preuve, sur laquelle le public juge de Ta justesse et de la sûreté de la théorie de l'astronomie. Le spectacle majestueux du ciel étoilé, parsemé d’une infinité de sphères brillantes, le mouvement calme et solemnel de cette voûte raagnU fique, qui parait obéir è des lois éternelles; tout cela fit de l'observation du* ciel l'occupation la plus douce des premiers bergers, qui servait è chasser l’ennui de leurs nuits oisives, en leur présentant chaque jour de nouvelles scènes. L'interruption inattendue de leurs jouissances journalières, la disparition subite et inconcevable des objets qu'ils étaient accoutumés de regarder avec admiration et vénération , devaient leur inspirer une crainte des suites funestes de ce dérangement apparent; et ils ne pouvaient être tranquilles, en voyant qu'une cause inconnue priva les plus beaux ornemens du ciel , de la

ASTRONOMIE RATIONNELLE liiiniére qui avait éclairé leurs jours et leurs nuits. Le retour de celte lumière, les fréquonles répétitions de ces phénomènes qui n'eurent jamais de suites funestes, étaient nécessaires pour leur donner le courage, de les regarder sans peur, de les attendre même avec impatience. La peur et la curiosité Grent des éclipses les évènemens les plus imporlans, qui* furent notés dans les plus anciens tems. Dès que cela fut fait, il était naturel d’examiner, s’il ne s’y manifestait pas un certain ordre, qui pût servir à prédire l'époque d’un évènement semblable; et aussi tût qu'on eut découvert une période, et qu'on s« fut aperçu qu’elle était intimement liée avec les mouvemens périodiques des deux corps célestes, ces phénomènes rentraient dans la classe des autres objets de l’astronomie, et leur cause ne pouvait plus être un secret. Ils devinrent entre les mains des astronomes une source des découvertes les plus utiles, et longtems après, les observations des éclipses de lune furent la seule base de la théorie des mouvemens de cet astre.

' $. »a3. Lorsque les centres ou quelques parties de trois corps célestes

ce trouvent sur une même ligne droite, les rayons d’un des deux corps extérieurs ne peuvent pas arriver è l’autre, étant interceptés, au moins en partie, par celui qui est au milieu. Le corps B (/^. 64-) couvrira l’objet C, ou le fera disparaitfe è l’oeil, supposé en A, entièrement ou en partie; mais l’oeil en B verra les deux corps A et C, opposés l’un à l’autre, pourvu qu’ils aient assés de lumière. Mais si A est un corps opaque, qui reçoit la lumière de C, le corps B interceptera la lumière qui est nécessaire pour que A soit visible: A entrera dans l'ombre que B projette du cûlé opposé au corps lumineux C, et par conséquent il sera invisible ou éclipxi:, soit que l’oeil se trouve en B, soit qu’il se trouve dans un lieu quelconque D: l'oeil en D verra; que le corps A entre dans l'omlrre du corps B, et qu|l est écli(»sé de plus en plus. Tout cela suppose que la route de la lumière est une ligne droite; Si, en traversant plusieurs milieux, la lumière est détournée de su route, l’occultation n’aura lieu, que si les lieux apparens, ou allérés par les léfraetions, se trouvent sur une même ligne droite. Mais la réfraction étant peu considérable, et indépendante des distances, elle aura la même inlluencc sur les deux corps ; et le plus souvent il serait tout-à-iait inutile d’eu tenir cumple,

lies différenle* etp^ces^de ces phéTiombnes peuvent être comprises sous le terme général iSoccuitations ; mais la diversité du spectacle qu'ils présentent, et des règles qu’il faut suivre pour les calculer, e.v'ige leur classification. Comme tout se réduit à trouver l'instant, où des parties données des trois corps se trouvent sur une même ligne droite, il est aisé de voir, que ce calcul suppose une connaissance exacte des monvemens des corps célestes, de leurs diamètres apparens, et de leurs distances ou parallaxes. La théorie de leurs mouveuiens donne le lieu vrai de chacun h une époque donnée: les parallaxes et les iliamcires nous apprennent, de combien les centres peuvent s'écarter de la li^ne droite, sans que d'autres parties de ces curps cessent dc couviir l'une

l'autre: elles détermineront donc la durée et les autres circonstances de ces

phénomènes., d'où il suit , que leurs observations servirent à rectifier le calcul, ou les élémens employés dans le calcul. Cela seul prouverait la grande importaqce de ces phénomènes, qui se manifestera davantage par la suite.

ÿ. av-4. L'observateur ou la terre étant en B {Fig. 64-\ I* corps lumineux ou le soleil en C , la terre projettera suivant la diredion B À une ombre, dont le diamètre va en décroissant de B en A, el devient nul à uue certaine distance BA,.parceque le soleil est plus grand que la terre. Chaque corps opaque A sera éclipsé, en traversant l'ombre BAj il le sera d'aulaut plus, qu’il est plus près de B. En général il est aisé de voir que deux conditions sont indispensables, pour que A s'enfonce totalement dans l’ombre, ou que fédipse soit totale: il faut i) que A suit plus petit que B, p.ii'ceque tous les diamètres de J’ombre sont plus petits que celui de la terre, a) que A soit assés près de B, pour que le diamètre de l'umbrc h celte distauce soit plus grand que celui du corps A. KeLitivement à la terre, la lune est le seul corps céleste qui puisse remplir ces deux conditions , lorsqu’elle est en A opposée au soleil C, ou quelle est pleine; aussi voit-on souvent la fdàne lune éclipsée entiëremen||gpi en partie, et \e»4dipses lunaires n’arrivout jamais qu'à U pleine lune. Ün observateur, placé en D hors de la ligim ABC, verra également la lune éclipsée, ainsi que nous voyons en D les éclipses des satellites A, lorsqu’ils s’enfoncent dans l’ombre de Jupiter B. Il s'en suit que, si la lune était occultée par un autre corps B, la terre U

3jo ASTRONOMIE RATIONNELLE Terrait une éclipse lunaire, quand même la lune ne serait pas pleine; mais les seuls corps célestes qui puissent se placer entre 1e soleit et la lune, sa> Yoir Vénus et Mercure, sont si éloif;nés de la lune, qu'elle est toujours hors de leur ombre, dans quelque point de la droite CB qu’elle se trouve. II en est de même, lorsque la terre étant en B, un autre corps se; trouve en A au lieu de la tune. En eflét, les planètes supérieures, étant opposées au soleil, seraient éclipsées aussi bien que la lune, si leur distance à la terre n'était si grande, qu'elles se trouvent toujours hors des limites de l’ombre de la terre. Elles nous paraissent dans leur plus bel éclat, dans l'instant même où elles devraient être éclipsées, pareeque la terre est trop petite, pour leur cacher une partie sensible du disque solaire.

aa5. L’oeil étant en A, et deux corps célestes en B et C, leeorps B cachera à l’oeil une partie de C, aussi souvent que la droite AC passe par B. Cette occu/tatlon totale ou partielle peut être envisagée sous différent points de vue, selon la nature et la grandeur des corps B, C. Le cas le plus simple sersit celui, où B et C ont la même grosseur apparente : si l'un des trois corps, ou tous tes trois ont, dans ce cas, un mouvement propre, l’occultation peut être totale, mais elle ne peut durer qu’un instant. S’ils n’ont ni mou- Tement propre ni parallaxe diurne, l’occultation peut durer longtems. Comme ces suppositions n’ont lieu que relativement aux étoiles fixes., dont-ln parallaxe annuelle est aussi' insensible, l’occultation d’une étoile par une ai^ tre sera visible dans tous les lieux de la terre, où tes étoiles sent visibles, et elle durera conlinuellement, à moins que te sjistème solaire ou les étoiles a’aient un mouvement propre, ou que la parallaxe annuelle ne toit sensible. Dans un pareil cas, l’étoile la plus éloignée paraîtra derrière l'autre: c’est ce qui paraît eflectivement être le cas de quelques é/oi&s doubles, ainsi qu’on ra TU plus haut.

En général, si B est assés grand couvrir le corps C entier,

St que C n’est pas un corps qni éclaire la terre, comme le aoleil on la tune, on appelle cela une occultation proprement dite. Telles sont les occultations d'une planète par une antre, des étoiles par les planètes, et principalement celtes des étoiles ou des planètes par la lune. Pour cet efiêt, il est néceMaire que la grandeur sppareole de B soit an moins égale h celle de C.

Mais si la grosseur apparente de C est beaucoup plus grande que celle de 6, le disque de C ne peut pas être couvert par B, mais on verra B passer sur le disque de C comme une petite tache: c’est ce qu’on appelle un passage. Puisqu’aucun corps céleste ne passe entre la terre et la lune, les seuls phénomènes de cette espèce poi\r la Jerre, sont les passages des planètes inférieures sur le soleil, et des satellites de Jupiter sur le disque de cette planète. Il est aisé de voir, que ce cas a toujours lieu, si le corps A est assés' éloigné de B, pour se trouver hors des limites de l’ombre de B, qui se rapporte à la lumière que B reçoit de C. Cest ainsi que les passages des planètes inférieures se présentent è la terre et è la lune, et ceux de la terre et de chaque planète inUrieure aux planètes supérieures : lea éclipses annulaires de soleil y appartiennent aussi.

$. aa6. Si le corps C, occulté par la lune B, est le soleil qui illumine la (erre A, il en résulte une éclipse solaire. Puisque le diamètre apparent de la lune est à peu près égal à celui du soleil, et quelque fois plus grand, la lune en conjonction, ou Ia nouvelle lune peut effectuer une éclipse totale de soleil; et c’est le seul corps, qui soit assés grand pour produire cet eflèt. A6n que le soleil C soit couvert par la lune B, il est nécessaire que l’oeil A se trouve è peu près sur la droite CBA, et assés près de B: la si- ItMtion de l'oeil n'est donc pas indifférente, et le phénomène ne sera pas le même pour tous les lieux de la terre; en d’autres mots, la ]» rallaxe de la lune fait, que de -chaque lieu de la terre on voit une autre éclipsé de soleil, et que la même éclipse peut être visible dans un lieu, et invisible dans un antre, quoique le soleil soit au dessus de l’horizon. Du reste il est visible, que pendant une éclipse solaire la terre A est dans l’ombre de 1a lune, et que par conséquent on verra de la lune, et de chaque autre corps céleste, une édipse de terre. Ccst ainsi qu’on voit de la lune une éclipse solaire, lorsque nous avons une éclipse lunaire: alors 1a lune est en A, et la terre en B couvre le soleil C.

ASTRONOMIE' RATIONNELLE

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