CHAPITRE IV
Hypothèse du cercle excentrique, appliquée au Soleil.
5. 8(fî. C/omme le soleil est de tous les corps célestes le plus important pour nous, et par conséquent celui dont le mouvement a été examiné le premier, les propriétés individuelles de ton orbite ont eu une grande influence sur toute l'astronomie théorique. Le mouvement apparent étant le même, soit que ta terre tourne autour du soleil, soit (jue cet astre se meuve autour de la terre, l'observaleur sur la terre verra le mouvement tel qu'il est en efl'èt, et comme s'il était placé au centre du mouvement. Il est donc possible, de déduire immédiatement des observations géocentriques le mouvement du so> leil, ainsi qu'on l’à vu dans le premier Tome; mais tout cela ne se rapporte qu'au mouvement sphérique, c'est-à-dire aux angles que la terre déerit autour du soleil, ou à sa vitesse angulairé, très -ditTéreule de sa vitesse réelle qui dépend à la fois de ces angles et de là distance. C'est de cette distance que dépend la natuée de la cqurbe décrite par la terre; nous avons dit relativement à celte distance, tout ce qu’on peut conclure de la grandeur apparente du soleil (I. §. i35. suiv.); c'est que la distance varie sensiblement, et toujours en raison inverse de la vitesse t'n> soleil. Mais les obserr'alions du diamètre du soleil ne sulllscnt pas, pour déterminer les distances avec quelque précision: cela ne peut se faire qu'en comparant le soleil avec les planètes. Il faut donc commencer ici par détenniner l'orbe terrestre, autant que cela peut se faire sans le secours d'autres planètes, ce qui donnera lieu à rc.\position de l'hypothèse du cercle excentrique, adoptée par Plolcmée. Cette hypothèse qui n’était destinée qu’à expliquer ou plutôt à calculer les inégalités du soleil, détermine en même tcms lcs dilTérentes distances du soleil; et ceU
IM astronomie rationnelle
te circonstance fournil te moyen de vérifier l’hypothèse pur le moyen des ilislançes, conclues des observations indépendamment de l’hypothèse. Kepler •mpluya pour cet ellèl particulièrement la comparaison du soleil avec Mars qui approihe beaucoup do la terre dans l’opposition; et par ce miiyen il par* vint it la lois à découvrir les véritables orbites du soleil et de Mars, dont les distances à lu terre et au soleil devaient uccessairement être déterminées par les mêmes observalionsi
Après le mouvement rectiligne, Te pfiis simpîe est sans doute le mon- Tcment circuLilre et uniforme, qui est aussi le seul qui, d’après la rigueur des anciens, puisse être consruil géométriquement. Il était donc bien naturel, de supposer ce mouvement dans les corps célestes, auxquels on attribua une perfectiuii singulière ^'), et d'arlopter cette hyputlièse, ;usqu'à ce que le con* traire serait démontré. Mais pour expliquer les cbangemens de la distance et de la vilesse, il fallait supposer, ou que le mouvement, quoique ellecli* vement circulaire et uniforme, ne nous parait pas (et, pareeque la terre n’est pas placée dans le centre de ce cercle,, ou ce qui revient au même, pareeque le mouvement réel est composé de plusieurs mouvemens simples; ou que le mouvement est eOeclivcmcnt irrégulier; ou enfin, qu’il ne se tait pas dans le cercle, mais dans une autre cuurbe. Kepler, après avoir examiné successivement cbacime de ces bypotlièscs , aperçut enfin , que toutes les trois avaient lieu; c’est-à-dire que le soleil M’occupe pas le centre des orbites planélaircs, et que ces orbites ne sont ni circulaires ni parcourues- d'une manière* uniforme. Mais aussi longtems que cela n'élait pas démontré, il était naturel de s’eu tenir à la première bypotbèse,
J. Supposons if ig~ ad.) que le soleil décrive uniformément le ccrtle ASGB, et que la terre ne suit pas dans le centre C, mais dans un autre point T. Cela posé, et ayant joint les points C, T, par la ligne droite AE, il suit de la nature du cercle, que A et B sont les puiuls de la circonférence, le plus et le moins éloignés de la terre TiASB est le cercle excentri(/ue, CT ï excentricité , A \'<ii>ngée on Vaphélie , B le péri fiée ou péeiliélie, et
(l) JJb. iX. eihui tirctéfare/i^w mums dÎTiuonuu- cvrponuu Dw '
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