XL
Cependant, quand nous avons cherché le taux de placement d’une exploitation périodique en taillis ordinaire à 30 ans, produisant 980 fr. avec un capital engagé de542fr., nous avons trouvé 3 1/2 0/0 (n° 122). Ensuite, quand nous avons calculé le taux de placement de la même exploitation aménagée, nous avons constaté que le taux était de 3,88 0/0 (n° 126). Cette différence tient uniquement à ce que le matériel-bois de lexploitation aménagée a été estimé 9,000 fr. On a donné aux coupes en croissance une valeur trop faible et le taux s’est amélioré.
Le taux de placement n’est donc égal de part et d'autre que si on évalue les bois en croissance suivant la loi des
intérêts composés, c’est-à-dire que si on admet que les
valeurs créées par la végétation ont une marche ascen-
dante identique à celles des intérêts composés au taux même du placement de l’exploitation périodique.
En effet, une forêt aménagée à n ans est composée de
n exploitations périodiques à n ans. Si on donne à chaque
coupe sa valeur au taux { suivant la règle d’estimation (n°51), on peut représenter la valeur de la forêt aménagée par
1 AE FE: (+0 = .: D s ee da a en La partie entre parenthèses est une progression géométrique à raison 1 + £ dont la somme des termes est fournie par la
règle :
, (=) q—1 ce qui donne :
Le taux { est donc le même quand la suite des peuplements en croissance est estimée comme une progression d'intérêts du fonds générateur composés au même taux {.
On voit ainsi que l’égalité du taux de placement n’existe qu’en faisant une Lypothèse sur la valeur du matériel-bois de l’exploitation aménagée.
Or, nous verrons que cette hypothèse est très inexacte ; il faudra donc toujours estimer directement ce matériel d’après les marchandises qu’on peut en retirer, le taux dût-il être différent de celui de l’exploitation périodique faite au même âge. C’est la réalité qu’on doit chercher et non un taux fictif fondé sur une supposition.
Cependant, quand on projette un aménagement et quand on veut se rendre compte du taux auquel seront placés les fonds engagés, on pourra, à défaut de forêt similaire servant de comparaison, adopter pour base du calcul celui de l'exploitation périodique faite au même âge.
Exemple : Le propriétaire d’une forêt de 30 hectares de taiilis sous futaie, aménagée à 30 ans veut porter son aménagement à
40 ans, âge auquel il espère un produit de 1,500 fr. par hectare, soit pour la coupe de 0,75, un revenu de 1,125 fr.; le sol vaut avec l’ensouchement 660 fr. Le propriétaire se demande quel taux de placement il obtiendra pour sa propriété ainsi modifiée. La réponse approximative est dans l'équation :
log. 2160 — log. 660 log. (1 + x) — RS RENE
Un pareil calcul ne fournit qu’un simple renseignement fondé sur une hypothèse faite sur la valeur de matériel à créer; mais comme cette hypothèse n’est pas toujours éloignée de la réalité des choses, on obtient ainsi une indication utile pour éclairer lexploitant et un procédé de calcul rapide avec une approximation souvent très suffisante.
N° 132. — La règle précédente, en vertu de laquelle le taux de placement d’une exploitation forestière se déduit de celui de l'exploitation périodique, sert à déterminer la loi suivant laquelle les capitaux sont placés dans les forêts.
Pour un lerrain de méme valewr et peuplé des mêmes essences, le taux de placement augmente avec l’âge, passe par un maximum et décroit ensuite, de telle sorte que l’abaissement du taux est la note caractéristique des exploitations intensives.
Sur un hectare estimé 500 fr. avec son semis initial, une
forêt mélangée de hêtres et d’épicéas fournit les produits et les taux de placement ci-après :
À: 20 ans ul 400 » taux 2,04 0/0 M 0 an: 27e 2000 » — 3,63 0/0 LUE CSM Ra 4000 » — 2,42 0/0 BAG ANR, Eee 8000 » — 1,90 0/0
Un taillis ordinaire valant avec l'ensouchement 700 fr. l’hectare offre les produits et les taux suivants :
AA ne. 2, 1 400f » taux 2,22 0/0 RD ARR das 600 » — 2,49 0/0 MONAnS, 22 925 » — 2,82 0/0 1.5 0 PE te 1200 » — 2,87 0/0