CHAPITRE II
Du Commerce de détail.
Le commerce de détail divise et vend les marchandises par petites quantités (§ 407). On conçoit quelle doit être son importance quand nous disons que sans lui, le commerce en gros perdrait infiniment de son étendue : en effet les consommateurs feraient nécessairement des achats moins considérables de chaque sorte de produits, s'ils devaient toujours les acheter en grandes quantités. Le détaillant, pour fournir à la demande de ses nombreux chalands, ne doit pas, à beaucoup près, avoir un capital aussi important que celui que ceux-ci auraient en marchandises, s'il n'y avait que des marchands en gros (a), et les chalands peuvent lui payer l'intérêt de son capital, son travail, et son profit, tout en y trouvant leur avantage, puisqu'ils ont encore la ressource de pouvoir choisir, pour leurs achats, entre diverses sortes de marchandises. Le commerce de détail favorise donc la consommation et la production. Le marchand en gros, serait troublé dans ses opérations et serait obligé de retirer une partie de ses capitaux, d'entreprises bien plus lucratives, s'il devait lui-même faire le commerce de détail ; ce commerce nous apparaît donc comme un anneau nécessaire dans la chaîne des travaux productifs. Le négociant fait venir les marchandises de l'étranger et les livre aux détaillants, par quantités, dont la division ne lui cause pas trop d'embarras. Les détaillants les trouvent à une distance qui n'est pas assez grande pour qu'elle leur occasionne des dépenses et des difficultés de la nature de celles, que cause le commerce bien autrement productif du marchand en gros ; et elles sont à leur tour assez rapprochées des consommateurs pour que ceux-ci puissent à tout mo-