‹ Traité d'économie nationaleChapitre 43 sur 109 · TAUX DES SALAIRES DANS PLUSIEURS PAYS. 171 CHAPITRE II · texte numérisé non relu

TAUX DES SALAIRES DANS PLUSIEURS PAYS. 171 CHAPITRE II

Du taux des salaires à différentes époques, dans plusieurs pays.

Gomme le salaire dépend, dans (oui pays, du rapport de la population aux capitaux (§ 195 ), il doit être fort élevé dans les contrées où ceux-ci sont grands comparativement au chiffre des habitants. Lorsque pendant quelque temps le capital appliqué à l'industrie d'un pays reste le même, et qu'il ne s'y rencontre pas d'obstacles particuliers à l'accroissement de la population, celle-ci se multiplie bientôt au point que, dès qu'il y a une nouvelle génération, l'offre se trouve au niveau de la demande de bras ( § 196). Les salaires ne peuvent conséquemment se maintenir à un taux élevé que quand les capitaux s'accroissent rapidement (a). L'activité nationale est donc dans une situation prospère quand les salaires sont élevés \ car alors les métiers gagnent beaucoup, et la richesse du peuple s'accroît rapidement, comme cela se voit dans les contrées où des étrangers sont venus former de nouveaux établissements industriels, et dans celles qui sortent tout à coup de l'apathie pour entrer dans la voie du progrès. Chez les peuples dont l'industrie est avancée et florissante depuis longtemps, les richesses n'augmentent plus que lentement, les capitaux ne favorisent plus autant l'accroissement de la population, et le salaire des ouvriers est conséquemment moins élevé; cependant il y a des circonstances qui nous offrent l'exemple du contraire, telles sont par exemple la suppression des mesures qui entravaient l'industrie, la découverte d'un procédé nouveau de nature à l'enrichir, etc. Les salaires sont au plus bas, dans les pays dont l'aisance décroît, car alors la population est trop grande pour les besoins des producteurs (b).

(a) Ce n'est que par exception et passagèrement que la rareté des ouvriers, causée par des maladies ou des guerres, pourrait faire hausser les salaires. . {b) Ad. Smith , Essai, î, 141 et suiv., a pris les États Unis d'Amérique comme exemple du premier cas, la Chine comme exemple du second, Y Inde comme exemple du troisième. En Amérique les salaires ont été très-élevés jusqu'en 1818, mais depuis cette époque ils ont baissé parce que la vente des matières premières n'a plus offert les mêmes profits qu'autrefois. Voy. Storch, i, 486 et note 15 de Rau. A Buenos- Ayres, un ouvrier ordinaire reçoit encore 1 piastre par journée (2 fl. 28 kr). Dans les pays peu peuplés, ceux de montagnes par exemple, les salaires sont ordinairement fort bas, parce que l'activité commerciale n'y est pas grande, et que les capi-

taux tendent plutôt à s'en retirer qu'ils ne s'y portent. Le taux moyen des salaires , que nous allons donner pour les ouvriers de la campagne , ne doit pas nous faire juger d'une manière absolue, de la situation plus ou moins heureuse de ceux-ci, par le prix de leur travail; il faut avoir égard encore au prix des moyens de subsistance (S 187 (d)).

1. Prusse Orientale, environ. . . 14 krtz. Voy. Hoffmann, déjà cité.

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