‹ Traité d'économie nationaleChapitre 58 sur 109 · Europe et Sibérie · texte numérisé non relu

Europe et Sibérie

D'après Villbfossb, l'Europe produisit en 1810 :

3,300 marcs d'or, ou 1,908,000 fl.

213,000 » d'argent, 5,160,000 ».

Total. 7,068,000 fl.

D'après Storch, (t. iv, 32, not. x.), la Sibérie produisit a la même époque : 3,901, 78 marcs d'or, ou 1,404,640 fl.

87,425 » » d'argent, 2,098,205 »

Total. 3,502,845 fl.

Pour VEurope et la Sibérie, ensemble. . 10,570,845 fl. (Le marc = i/î livr. prussc, est compté ici à 560 fl. pour l'or, et à 24 fl. pour l'argent).

Depuis cette époque la production des métaux est devenue beaucoup plus abondante. La Russie produit 22,200 marcs d'or,) d'après Humbold, Annales de Poggendorf, 1830, u , 273); Y Autriche environ 4,675; le Piémont près de Domodossola, 500 m. (voy. Karsten, Archives de minéralogie, i, 452);ito<fe 43 marcs; enfin , y compris les faibles produits de quelques autres provinces , VEurope et Y Asie septentrionale produisent à peu près 27,400 marcs ou 9,864,000 fl. — La Russie a produit au moins 76,500 marcs d'argent (d'après Humbold en 1828; et d'après d'autres, davantage. Selon Balbi, 100,400 marcs, selon Schiuzler, jusqu'à 209,000); Y Autriche 110,900 m. (voy. Malchus, Géographie militaire, 1833, n, 451) ; la Saxe, 50,000; le Hanovre, 44,400, (Hausma5w); la Prusse, 20,000; la Suède et la ISoncègc, 21,500 (1832); la France, 4-4500 marcs; les autres états de Y Allemagne 5,280. En total 333,000 marcs ou 7,992,000 fl.; et or et argent réunis, 17,856,000 fl. ou 7,142,000 pias-

DE L'ARGENT

très. Jacob n'estime la moyenne de 1810-29 qu'à 5 1/2 millions de piastres. La production de l'or, en Sibérie, et celle de l'argent en Pionoège (à Kongsberg), vont en augmentant. La production croissante du platine qui en 1828 s'élevait à 6,570 marcs, ou 788,000 fr., mérite aussi d'être prise en considéra lion.

2. La production de Bornéo, Sumatra et autres Iles de l'Archipel, ainsi que celle de Y Afrique est estimée à 4 millions de piastres par an.

5. Quant à cç qui regarde celle de Y Amérique, dans les États-Unis du Nord, principalement dans la Géorgie et la Caroline du Nord, la production de l'or est en progrès; on exploita en effet en 1830, 466,000 doll. = 48,190 marcs d'or, (voy. American Almanach, pour 1832, p. 163). D'après Humbold, les anciennes possessions espagnoles envoyaient terme moyen, de 1800 à 1819, 43 1/1 millions de piastres en Europe, dont Mexico seule en livrait 23 millions. Le produit de 1809 s'est élevé , d'après cet auteur, à 47 millions de piastres. L'exploitation des mines a beaucoup souffert pendant les troubles de ce pays et les guerres qu'il a soutenues pour secouer le joug de l'Espagne. D'après Jacob , elles ne rapportèrent annuellement de 1810-1829 que 18,390,000 piastres, et en y comprenant celles du Brésil 19,376,000 piastres = 48 millions de florins, à peu près. En 1829, dans le Cerro de Potosi, il n'y avait plus en activité que 12 des 132 exploitations qu'on y comptait autrefois. L'hôtel des monnaies de Mexico qui battait encore en 1809, 26 millions de piastres, n'en livra plus que 5 1/2 millions en 1822 , et les mines opulentes de Guanaxualo ne produisirent de 1818-20 que 1,061,133 piastres, tandis qu'elles en produisaient annuellement de 1801-1809 , 5,305,795. Voy. Abams , The actualstate ofthe Mexican mines, Londres, 1822. Cependant grâce à l'activité des travaux entrepris par des associations d'Europe , et malgré leurs méprises , les produits de ces mines ont augmenté et la découverte des riches filons de Toriapo, au Chili (1832), promet de grands résultats.

4. En somme YEurope reçoit annuellement de ses mines, et de celles de la

Sibérie 7,242,000 piastres.

de Y Afrique et des Indes Orientales 4,000,000 »

de Y Amérique 19,376,000

Total. 30,618,000 »

ou, en comptant 30 1/2 millions de piastres, 76 millions de flor. — Von Jacob n'estime la moyenne de 1810-20 qu'à 24,330,000 piastres. L'importation annuelle jusqu'en 1810, peut avoir été de 56 millions de piastres. II. Exportation, frais de fabrication, usure.

1. Dans l'antiquité déjà, YÉgypte envoyait des métaux précieux dans YInde, par Y Arabie (Reyxieb, Économie publique et rurale des Arabes et des Juifs, p. 85); d'après de Humbold on aurait exporté, depuis 1800, 25 à 26 millions de piastres annuellement àeYEurope , dans l'est de Y Asie. Cette exportation n'a plus été aussi forte dans ces dernières années ; la raison principale en est que les Chinois reçoivent maintenant une plus grande quantité de marchandises en échange des leurs; Jacob estime qu'elle n'est plus que de 9,600,000 piastres. On

envoya même en 1828-27 de l'or et de l'argent de Y Inde en Angleterre, mais cette importation ne fut que de courte durée.

2. L'emploi de l'or et de l'argent pour divers objets de luxe est devenu plus fréquent dans les temps modernes , et la consommation en est d'autant plus étendue que le plus grand nombre de ces objets sont platinés ou légèrement dorés; tels sont par exemple, les boutons, les galons, les bronzes, les cuirs, les porcelaines, le* cadres et les fausses bijouteries, qui tous ne contiennent que fort peu d'or , s'usent en peu de temps, et ne peuvent être ni refondus ni retouchés. On estime que la valeur des métaux précieux employés dans les arts en Angleterre, en France et en Suisse, s'élève à 17,600,000 piastres; pour toute l'Europe et Y Amérique a 25 millions, selon Jacob. Cette somme est évidemment trop peu élevée, mais on peut l'admettre comme vraie cependant, lorsqu'on songe aux anciens objets d'or et d'argent qu'on refond chaque année.

3. Il serattilifficile de dire quelle est la quantité de métaux précieux qui se consomment annuellement par l'usure des monnaies, les naufrages, l'enfouissement , les incendies; cependant on pourrait peut-être l'évaluer à 2 p. mille au moins; Jacob l'estime à 1/420 ou 2," p. mille, et a 9 millions fl., à peu près, par an, sur les 3,760 millions de fl. battus chaque année.

4. La réduction détaillée sous les n» 1-3, s'élève à 38 millions de piastres ou 7 1/2 millions au-delà de l'importation annuelle. Le numéraire ne peut donc pas se maintenir à son taux actuel. Aussi est-il permis de croire que le besoin toujours croissant d'argent , résultant des progrès de l'industrie et du commerce de la plupart des états, en augmentera la demande bien au-delà de ce que la production de quelques mines florissantes pourra en fournir.

III. D'après Jacob, le numéraire de Y Europe s'élevait avant la découverte de

Y Amérique, èe 168 à 173 millions de piastres.

en 1600 » 624 »

A cette diminution de 320 millions de piastres ou 800 millionsdefl.quis'estfait remarquer de 1800 à 1830, il faut ajouter la diminution extraordinaire et non moins importante du papier-monnaie dans plusieurs états de l'Europe, (dans le Quartcrly Review, cité plus haut, on l'estime à 323 millions de piastres). Ainsi tout le numéraire de Y Europe, monnaies et papier-monnaie s'élevait en 1809 à 2,528 millions de piastres ou 6,320 millions de florins. 1830 1,888 » ou 4,720

Différence. . 640 millions de piastres = 1,600 millions de florins ou 25 °/ 0 .On s'est servi de la piastre comme étant la monnaie la plus connue dans tout l'univers. Elle équivaut au dollar américain et au scudo romain. On peut sans trop d'erreur, l'estimer à 2 1/2 fl. Les Anglais l'évaluent à 4 sch. 2 pence, les Français de 5,« à 5,« ! fr.

(c) On a cherché à démontrer en Angleterre, une baisse moyenne de 50 •/«» sur

DE L'ARGENT

tous les prix {Quarterly Review, et Hbsperus cité plus haut); on a cru cependant ne pouvoir l'attribuer qu'à une partie des causes que nous venons d'énumérer, parce que la transition de la guerre à la paix , et le haut cours des papiers de ce pays, y ont également contribué. Il est a remarquer que les montres, les ornements et les marchandises platinées ont pour le moins baissé de 7 °/ 0 environ, ce qui démontre clairement le renchérissement des métaux précieux.

Le rapport du prix des métaux précieux entre eux ne se détermine pas par leurs quantités, mais par leurs frais de production ; c'est à cette circonstance qu'il faut attribuer que dans l'antiquité et au moyen âge, l'or valait, au poids, 10 à 12 fois, tandis que depuis la découverte de l'Amérique il valut 14 à 15 fois autant que l'argent. La faible différence que subit ce rapport, s'explique par les modifications qu'ont subies les travaux d'exploitation, et l'inégale production des mines, et aussi par l'inégale demande de chacun de ces métaux. Pour les exportations lointaines, en effet, on préfère toujours l'or, et en Angleterre, le service de la circulation se fait presqu'exdusivement avec ce métal; après la découverte'de X Amérique, l'or valait 15 fois, et au 18 e siècle il ne valait plus que 14 fois autant que l'argent, par suite de l'abondante production des mines du Brésil; sa valeur augmenta lorsque le produit de ces dernières vint à diminuer, et parvint insensiblement à son taux actuel, c'està-dire à 15 i/3 fois le poids de l'argent (a).

(a) Du 13 e au 14 e siècle le rapport de l'or a l'argent était généralement comme 1 a 10 1/2 (HcLLMAKtî, das Stœdtewesen, i, 436). En Asie, l'or est toujours â meilleur marché, aussi y importe-t-on beaucoup d'argent. Le retrait d'une grande quantité de papiers en Angleterre, fit que pendant les années 1821 et 1822 on importa dans ce pays 470,853 marcs d'or; cependant ceci ne changea que faiblement la proportion de l'or à l'argent; il faut donc nécessairement admettre que dans d'autres contrées l'argent a généralement remplacé l'or , de sorte que ces deux métaux ont renchéri en même temps. Voy. Hufeland, h, 282. — Storch, h, 227. — Tookb, i, 33. — Hoffmawx, Trois Dissertations sur les monnaies, p. 94. Berlin, 1832, (ail.). — Le prix actuel du marc d'or de Cologne , estimé à raison de 316 à 318 fl. argent de change de Francfort, donne la proportion de 1 : 13 u à 13, m.

TROISIÈME SECTION

I»l CRÉDIT.

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