DES DÉCOMPTES ET VIREMENTS DE PARTIES
comptes entre elles ; en effet chacun alors invitant son débiteur à payer, non à sa personne, mais à son créancier, ne reçoit ainsi ou ne paye réellement que la différence de toutes ses dettes et de ses créances (a).
Cette manière de régler les comptes s'appelle virement de parties. ( Vebenceisen, Scontriren). L'avantage de ces opérations est en raison des créanciers et des débiteurs qui sont en présence, aussi ne sont-elles vraiment importantes que dans les grandes villes (b).
(a) Supposons 4 personnes A , B , C , D en relations d'affaires , et que
A doive à B 1300 fl. C à A 2800 fl.
Toutes les créances ensemble s'élèvent a 28,900 fl. On voit que A doit 5,500 fl. et qu'il est créancier de 2,800; il invitera donc C à payer pour lui, ce qu'il doit a D, et donnera lui-même en outre 2,700 fl. à D, paiera B intégralement, et sera libéré. Mais B doit recevoir 5000 fl. et en payer 6,200 fl., il remboursera donc 1200 fl. à C. C décomptant avec D , lui redoit 3600 fl. Les paiements à faire ne s'élèvent donc ensemble qu'à 7500 fl., ou à 29 °/» du montant des créances, ce qui permet encore à B , de payer sur son revenu 1200 fl. à C, qui peut les donner à D, de sorte que ce numéraire aura circulé trois fois. On n'aura donc besoin a proprement parler que de 5.100 fl. de numéraire ou de 1/5 de la somme mentionnée plus haut.
(A) Les grandes foires facilitent ces opérations; à Lyon autrefois, elles avaient lieu tous les trois mois; a Londres, elles se renouvellent tous les jours. Dans cette dernière ville, chaque banquier envoie un commis a un lieu de réunion (Clearinghouse) où l'on échange les effets des capitalistes, des négociants, des fabricants sur les banquiers. On estime qu'il s'y fait de la sorte pour 4-5 millions de virements par jour; mais les jours où l'on fait les fonds publics, cette somme s'élève souvent a 20 ou 30 millions sterl., et rarement emploie-t-on plus de 200,000 livres sterling pour les paiements effectifs. — John Prince Smith , Science of moncy, p. 62, — Thomas Smith, Principles, p. 177. — Senior, three Lectures on the transmission ofprecious meta/s, 2« édition, p. 22.
La plupart des personnes ont l'habitude de conserver en réserve une certaine somme de valeurs métalliques, afin de pouvoir en tout temps faire race aux dépenses journalières et imprévues; il en résulte naturellement qu'une partie considérable de numéraire est enlevée à la circulation , car l'expérience nous apprend que ces valeurs que la prudence conseille de garder en caisse, sont supérieures aux dépenses qu'on fait réellement. On conçoit donc qu'il serait avantageux que ces personnes s'abouchassent aveedes banquiers pour les charger des paiements qu'elles ont à faire (en créant des lettres de change sur
eux ), et des recettes qu'elles doivent opérer. En effet ceux-ci épargnent beaucoup de peine aux propriétaires sans leur rien ôter de leur sécurité (a). Le banquier n'ayant pas besoin de conserver en caisse des valeurs aussi grandes que celles gardées par tous les propriétaires qui lui confient leurs fonds, peut en employer une partie d'une manière productive en les rendant à la circulation, et payer ainsi à ceux qui lui ont fait des dépôts dont ils n'ont pas disposé, une part d'intérêt. Les banquiers nous apparaissent donc comme des intermédiaires entre ceux qui demandent et ceux qui possèdent des capitaux , pour ces derniers au moins , jusqu'à l'époque ou ils ont employé eux-mêmes leurs valeurs accumulées (b).
(a) On n'a pas a craindre d'en être dépouillé par des voleurs; le banquier encaisse les lettres de change, opération dans laquelle l'homme sans expérience peut être facilement trompé.
(b) Les opérations des banquiers sont de plusieurs espèces : ils se chargent des paiements à faire d'un lieu ù un autre, par lettres de change ; ils font des emprunts pour des gouvernements et de riches particuliers , procurent des valeurs métalliques, se chargent des placements de capitaux dans les nouvelles entreprises , soutiennent des industriels par leurs avances. Comme dans chaque pays il n'y a que peu de marchés les négociants et les fabricants doivent tâcher d'avoir, en différents endroits , des banquiers qui négocient leurs papiers. Voy. Mac-Cllloch , Dictionnaire du commerce, 1. 1.