‹ Traité d'économie nationaleChapitre 88 sur 109 · en Nassau · texte numérisé non relu

en Nassau

6 4 , >» en France (Herbin de Halle, 8 i/s °/ 0 ).

B, 8 » dans le Wurtemberg et le pays de Bade; 8 0 / o en y

comprenant les terres défrichées de toute la surface

du pays.

Vastes pâturages en Écosse, envahis par les troupeaux au détriment des pauvres fermiers, et en Italie aussi, où l'on s'en plaignait déjà du temps des empereurs. Moreau de Josuès (Bulletin des Sciences agricoles, xiv, 503) prétend que les pâturages sont un des principaux éléments de l'aisance publique ; mais il prend ce mot dans un sens fort étendu, car il y comprend la culture des plantes fourragères. D'après ses calculs, 1 hectare de fourrages peut produire :

88 livres de viande de boucherie, sur les terres de vaine pâture, 152 » sur les'bonnes prairies,

400 >. sur les terres cultivées en plantes fourragères,

187 » terme moyen, sur les prairies (artificielles)

et terres ensemencées mi-partie de fourrages.

(e) Le canton de Claris a aujourd'hui dans ses montagnes {Alpes) des pâturages pour 10,000 vaches; en 1672 on estimait qu'il en avait encore pour 13,000, à deux générations en arrière de cette époque, pour 15,000. La destruction de ces pâturages tient aux avalanges, aux éboulements de terres, aux glaciers, etc., et surtout à l'absence de soins. Voy. Steinmuller, Description de ta Suisse, agriculture des Alpes,\J. ( Wintherthur, 1802). Hegetschweiler, Voyage dans les montagnes de Claris et du Jura, Zurich, 1825. Cependant Glaris n'a pas assez de prairies pour nourrir pendant l'hiver, la quantité de bétail auquel les Alpes suffisent en été. Les

pâturages sont généralement fort chères en Suisse. Une pâture assez grande pour fournir a la nourriture d'une vache (80 quintaux de foin) pendant l'hiver, se paierait dans le canton de Berne de 1 00-1 50 louis d'or; or cet entretien très-frayeux n'est pas compensé par le produit du lait, de manière qu'une partie du prix des laitages de l'été, est destinée a couvrir les pertes de l'hiver. Les pauvres vont récolter, non sans danger souvent, des herbages sur les pics les plus escarpés. Voy. Kasthofer, Voyage aux Alpes, p. 239, 23».

Toute la production de laitages et de fromages (230,000 pièces) provenant des vaches de la Suisse, et celle provenant des chèvres est évaluée à 21 3 /4 millions de frs.de Suisse, ou 17 millions de florins. Voy. Francini, Statistique de la Suisse, p. 123.

(/) Les funestes effets produits par la disette de 1817, ont fait sentir en Suisse, la nécessité de se livrer h la culture de plusieurs denrées végétales qui offrent de grandes ressources pour la vie. Les Alpes peuvent en grande partie être cultivées ; et dans leur état actuel elles ne produisent presque rien. Dans ces montagnes, un pâturage pour 100 vaches, et qui a environ de 1000-1200 journaux «le Berne d'étendue, rapporte à peu près 700 fl. de fermage. Voy. Kasthofer, Lectures sur la culture des pâturages dans les Alpes, p. 12, Berne, 1818 (ail.), et du même auteur, Voyage dans les Alpes, etc. p. 221 ( ail.). La Suisse livre beaucoup de bestiaux à la France et a l'Italie. Le canton de Schwytz 400, Glaris 1200 pièces de bétail annuellement. Elle a envoyé par le passage du S*-Gothard en 1822, 7127 bètes à cornes en Italie, ce qui équivaut à une somme de plus de 2 millions de florins ; ( l'exportation des bestiaux vers la France a beaucoup diminué, vu les droils élevés établis à l'entrée, dans ce pays). Mais en revanche le Suisse doit acheter beaucoup de blé, et les achats de ce produit qui se font à Borschach (le principal marché de grains de la Suisse) s'élevèrent en 1824 à 1,433,200 fl., en 1825 à 1,307,500 fl.

(g) Les associations pour la fabrication du fromage contribuent à cela. Plusieurs propriétaires réunissent en été, leurs bestiaux, les envoient aux Alpes, s'en partagent le produit ou le prix, et payent de moitié les gardiens ; les fromages sont meilleurs grâce à ce système. Un troupeau de 208 vaches demande dix hommes (conducteurs, bergers et bûcherons) (Splûgen); le fritier (Kaser) reçoit 3 ou 4 louis d'or, et son pain, les autres n'ont qu'environ la moitié de cette somme. Afin de s'entendre sur le partage, on mesure à différentes reprises, le lait de toutes les vaches, en présence des propriétaires ou d'une commission nommée par eux. Le rapport journalier d'une vache, varie de 10-28 krtz, d'après la qualité des pâturages. Il y a des entrepreneurs qui louent les vaches (17 à 18 fl. par tète) et aussi des pâturages. La grande demande de fromages pour l'étranger, a dans plusieurs contrées fait envahir les terres labourées par les pâturages (voy. Bonstetten, hriefe liber ein schweizerisches Hirtenland, 1782, tableau très-bien tracé ; et les écrits de Kasthofer et de Steitumuller.

Parmi les différentes branches de culture, l'économie forestière est celle qui occupe peut-être le plus petit nombre de personnes (a). En effet les travaux de cette industrie qui ne sont pas étendus,n'ont pour objet que d'abattre des arbres, d'en faire scier, couper et transporter le bois; rarement s'occupe-t-elle de sa mise en œuvre ultérieure ; chaque année d'ailleurs on ne coupe qu'une petite quantité debois (6), comparativement à celle qui est sur pied : aussi les frais d'exploitation sont en général, partout moins élevés que le produit net; toutefois ceci dépend des prix du bois qui diffèrent singulièrement d'une contrée à l'autre, en raison de la cherté du transport. Les forêts ne servent pas seulement à satisfaire un besoin pressant, et dont l'urgence croît en raison de la rigueur du climat, maisquand elles sont bien situées, elles contribuent à la fertilité du pays, en adoucissant sa température, et dans plusieurs contrées elles sont , par les produits accessoires qu'elles donnent, d'un grand secours pour le cultivateur. La meilleure situation de l'économie forestière, pour l'économie nationale, est celle,

1° Où le prix du bois est au prix des autres produits et aux salaires, dans une proportion telle que l'on peut en satisfaire aisément la demande, (pour le chauffage, les constructions et l'industrie);

2° Où en même temps on tire du sol le meilleur parti possible, vu sa qualité. Ceci exige qu'avec tout l'art et les soins que comporte la culture des bois, on puisse produire sur la plus petite surface possible, tout ce qui est nécessaire à la consommation domestique et industrielle,

a . Afin que tout le reste puisse être employé à d'autre usages, soit à la culture de denrées (graminées, céréales, fourrages) ou d'autres produits utiles, supposé qu'il ne manque ni bras ni capital pour en tirer parti:

P. Et que l'excédant du produit du bois, sur les besoins de la consommation , soit exporté et reçoive une destination utile dans les arts. 5° Qu'on ne maintienne des bois que dans les terres qui sont plus particulièrement propres à celte culture, qu'à d'autres. Au reste le haut prix du transport du bois, fait vivement sentir la nécessité d'une meilleure distribution des forêts, dans les provinces de presque tous les états (c) f g 214).

(a) Voy. Ppeiî., Principes de la Science forestière dans ses rapports avec l'Économie nationale cl la Science des Finances, 1822-23, n (ail.). Musdeshageh, Traite" de la police des forêts, 1851, introduction, (ail.). Scuenck, Besoins de l'Économie sociale, h, 3'J (ail.).

{b) Les individus qu'on y emploie sont des journaliers, et les travaux des forêts ne leur donnent de l'occupation que pendant une partie de l'année. D'après Huhdlsuagl*. pour 7000 arpents de bois de l'État, il ne faut que » bûcherons,

1 agent inspecteur, 3 gardes, et 1 aide; 14 personnes en tout {Police des forêts, p. 62).

(c) IIunoESHAGEN estime que les frais montent à 32 °/ 0 du revenu brut, p. 38.

Le prix du bois est important à connaître sous le point de vue de la richesse nationale, lorsqu'il faut en faire venir de l'étranger pour la consommation intérieure ou qu'on veut en exporter ; car il détermine la somme des valeurs qu'on obtient ou donne en échange. Ce n'est pas une entreprise très-lucrative que de cultiver des bois pour l'exportation , car les frais fort élevés de voiture ainsi que la concurrence des différentes contrées qui ont des forêts, réduisent à peu de chose le prix qu'obtiennent les propriétaires («).Quantau prix du bois consommé dans le pays même qui le produit, comme il est payé aux propriétaires pour les consommateurs.de l'intérieur, il n'a aucune influence sur le revenu national, à moins que son taux élevé ne résulte de l'exportation, qui en augmente le coût. Lorsque pendant de longues années, le prix du bois n'a pas varié, on peut dire qu'il est indubitablement proportionné aux prix des autres produits ; car comme le bois n'est pas destiné seulement à nous chauffer, mais qu'il est un produit indispensable dans plusieurs industries, ses frais de production doivent comprendre les dépenses des ouvriers qui sont remboursées à ceux-ci dans leur salaire (§ 190), et celle de tous les producteurs qui se servent du bois comme matière première (§166) (b). Le revenu élevé qui échoit aux propriétaires de forêts, lorsque le bois est cher, est donc prélevé sur les capitalistes, les entrepreneurs, et tous les propriétaires fonciers.

(a) Voy. Ppeil, Principes de la Science forestière dans ses rapports avec la richesse nationale, i, 137. Comme exception h cette règle, nous citerons le nord de la Batiére, où le Mein commence à être navigable; car on y vend à de très-hauts prix, les bois de construction pour le Min et la Hollande. (Voy. Rudhard, p. 42.)

(6) Ppeil, p. 534.

Une hausse considérable du prix des bois peut avoir des conséquences fâcheuses (a), parce que le taux des salaires et le prix de tous les produits ne croissent pas dans une proportion assez grande, pour que les entrepreneurs et les ouvriers puissent encore dans ce cas. acheter, sans éprouver de gêne, les mêmes quantités de bois. L'usage d'un combustible plus économique ne peut pas non plus s'introduire immédiatement et généralement; car il demande non seulement des connaissances, mais des capitaux que chacun ne possède pas. Ainsi, quand le bois renchérit, une grande partie de la po-

pulation doit s'imposer des privations, en diminuant soit sa consommation de bois, soit celle de tout autre produit qui lui est moins strictement nécessaire (6); en même temps les travaux de la plupart des industries qui emploient beaucoup de bois, sont interrompus, et les capitaux ainsi que les travailleurs qui y sont employés, momentanément inoccupés. Mais cette perturbation cesse insensiblement :

1° Par une consommation mieux entendue et plus économique du bois, 2° Par la direction nouvelle donnée à certaines industries, 3° Par la hausse des salaires et du prix de tous les produits (c); et peut-être 4° Par l'importation de bois étranger, ou par suite de nouvelles plantations ; mais cette dernière ressource est toujours fort éloignée {d).

{a) A moins que d'autres combustibles, tels que la houille, ne rendent la consommation aussi facile qu'autrefois.

(b) Ce sont surtout les cultivateurs qui n'ont pas de forêts, qui en souffrent , car le prix de leurs produits dépend de circonstances sur lesquelles ils n'ont aucune action. Le cultivateur ne peut pas, en effet, augmenter le prix de son blé aussitôt que le bois renchérit.

(c) On peut concevoir une hausse du bois, telle qu'elle ne soit compensée par aucune majoration des salaires, pareeque cette dernière rendrait la cherté trop grande. Il n'y a qu'une ressource, dans ce cas, pour les ouvriers, c'est de réduire leur consommation de bois. Huxdeshagen. p. 32.

(d) L'exemple de la Belgique et de V Angleterre nous prouve que cela se fait quand ce produit est fort cher. Lorsqu'il est plus avantageux de cultiver du bois que des céréales, ou d'employer les terres comme pâturages, on les sème ou on les plante de bois, sans même que pour cela il se soit manifesté une hausse dans le prix de ce produit; cependant les grands propriétaires peuvent plus fréquemment et plus facilement que les petits, faire cette spéculation, parce que le recouvrement tardif des avances qu'elle exige n'est pas aussi onéreux pour eux (m, $ 140). Indépendamment de ceci, les terres de chaque pays sont si différentes, qu'en général on ne peut pas dire, à quel taux peut s'élever le prix du bois, tant qu'on ne peut pas déterminer de combien l'offre en est augmentée. Les Pays-Bas nous prouvent, que lorsque le prix du bois est fort élevé on peut en quelque sorte donner les soins, en usage dans le jardinage seulement, à l'éducation des arbres. Les lisières des routes en Belgique, sont bordées d'arbres destinés au chauffage, mais parmi lesquels il s'en trouve quelques- uns de haute futaie destinés aux constructions. Il y a partout des pépinières d'arbres forestiers; les perches à houblon prises dans ces pépinières donnent au bout de 10 ans, un revenu d'au moins 5000 francs, et parfois \ à 6000 francs par hectare (335-710 fi. par arpent de Prusse, ou annuellement de 33 1/2 à 71 fi.), et l'on peut pendant les deux premières années planter des pommes de terre dans les intervalles qui séparent les plants. Voy. Agriculture de la Flandre française, p. 410. Cependant ce mode de culture de bois (Forstgœrtnerei), (Vveil, Principes, 1, 366, 374), ne pourrait suffire à la demande, si l'on n'avait d'autres matières

Si brûler. La Belgique fournit annuellement au-delà de 35 millions de quintaux de bouille. Von Malchus, Statistik, p. 171 .

Le prix du bois, et la rente que donnent les forêts sont naturellement, 1° Au plus bas, dans les contrées où les forêts donnent plus de produits

que la consommation n'en demande, et qui n'ont pas de débouché à l'étranger.

C'est ce qui se voit

a. Partout où il y a beaucoup de terres qui ne sont propres à aucune autre culture. Dans ces pays, en effet, les propriétaires sont forcés d'avoir des forêts, et doivent se contenter du prix qu'on offre pour leurs produits, quelque bas qu'il soit (a) ;

b. Là, où l'on peut convertir les forêts en d'autres cultures, et où il ne manque ni bras, ni capitaux, ni débouchés pour leur faire donner des produits différents. C'est ce qui se voit d'ordinaire dans les pays d'une civilisation fort récente, et quelquefois aussi dans d'autres (6), où l'on continue par ces motifs, à défricher sans cesse (c).

2* Ils sont élevés, dans les contrées qui ne produisent pas plus de bois qu'il n'en faut pour le chauffage et l'industrie des habitants, supposé même que ceux-ci mettent la plus grande économie dans leur consommation. Cependant la rente des forêts varie singulièrement dans une même contrée, en raison de la distance des marchés, et du prix du transport.

3° Ils sont très-élevés dans les pays fertiles, fort peuplés et bien cultivés, qui font venir de l'étranger une partie des produits nécessaires à leur consommation, et où par conséquent le petit nombre des propriétaires de forêts peuvent jouir d'un revenu fort grand [d).

(a) Comme dans les contrées de montagnes , hérissées de rochers, ou dont le sol est maigre, sablonneux; dans les flancs des montagnes élevées et froides, etc.; les pays montagneux ont le plus de ces terres.

(b) Les états de l'ouest de Y Amérique du Iford, et le Brésil en sont des exemples; mais dans tous les pays de Y Europe, il y a des contrées qui sont éloignées de toute grande ville et des rivières navigables, et dont les terres ne peuvent pas toutes être employées à l'agriculture ou à l'horticulture. L'absence de documents et de renseignements ne nous permet d'ordinaire pas de distinguer, lorsque le produit des forêts est peu élevé, si c'est à la cause dont nousavons parlé sous b ou sous a, qu'il faut I'attribuer.En Bavière le prix moyen d'un arpentde forêts (1 1/3 jouru. de Prusse), est terme moyen de 26 fl. 2/5 dans les cantons qui appartiennent aux montagnes de sapins; de 23 i/s fl. dans les 8 cantons qui avoisinent les Alpes; de 67 1/2 fl. dans onze cantons de plaines qui sont rapprochés d'un marché. Le klafter de bois à brûler vaut dans plusieurs contrées du cercle d'/*or, et du Bas-Danube, de trente a quarante krtt. et dans plusieurs cercles du Rhin de 20 à 23 fl. Rudiiart, p. 1 12.

330 LIVRE CINQUIÈME. PREMIÈRE DIVISION. Ill« SECT. CIIAP. II.

En Bavière et en Bo/iéme il y a encore des forêts vierges où les arbres pourrissent sur pied, il en est de même dans les hautes parties des Alpes. Dans un espace de 30 lieues carrées de forêts, depuis Bialovieza jusqu'en Lithuunie, il y a 13000 arpents de forêts vierges impénétrables,

(d) On suppose ici , que la législation ne contient aucune disposition sur la culturc du bois. Dans les pays où il n'en est pas ainsi, la défense illimitée de défricher est une troisième cause qui maintient le prix du bois fort bas.

(e) La province de la II esse- Rhénane n'a que 4 °/„ de sa surface cultivé en forêts , mais on y brûle du chaume, comme dans le sud de la Hongrie où Ton consomme aussi des joncs, de la paille, des mauvaises herbes, et du fumier de vache qui y forme un article de commerce. Voy. Csaplovics, Tableau de la Hongrie , il, 6o. — Il y a, en Angleterre, des forêts qui malgré la mauvaise qualité de leur sol, donnent un grand produit. Voy. Sinclair, Principes, p. 586.

Quand le bois est parvenu à un prix si bas. que la rente des terres cultivées en forêts, est, comparativement à ce qu'elle serait, si ces mêmes terres étaient cultivées de toute autre manière , à peu près nulle, il en résulte de trèsfâcheuses conséquences {a). En effet dans ce cas,

1° On ne sent pas le besoin d'économiser ce produit, et on en consomme, vu la facilité d'en obtenir largement, bien plus que ne le demandent les besoins {b). Une hausse du prix du bois serait fort avantageuse dans cette circonstance, pour la nation, sans être bien onéreuse pour les consommateurs, attendu qu'un peu plus de méthode et d'économie dans les ménages et dans les métiers, permet de restreindre la consommation du bois,sans imposer de véritables privations (<?) .

2° On ne se sert pas des produits dont on peut tirer le même parti que du bois, et qui pourraient le remplacer avantageusement.

3° Les propriétaires fonciers ne trouvent pas d'encouragement à améliorer la culture de leurs forêts, parce qu'ils ont à craindre que les dépenses qu'ils feraient dans cette vue, ne leur soient pas bonifiées. D'ailleurs, quand on ne se défait pas aisément de ses produits, on hésite naturellement à faire de nouveaux frais qui en augmentent l'offre.

{a) Pfeil, cité plus haut, i, 322.

(b) Par ces motifs, on voit qu'il est fort difficile de conclure de la consommation, aux besoins réels, ou de les déterminer rigoureusement, moins encore peut-on dire avec quelque certitude, combien il faut de forêts pour tel pays, situé sous tel climat. Les uns estiment qu'en Autriche, la consommation de bois se monte à 6 klafter par famille (André, Zahlenstatistik , i, suppl. xxiu), et l'on ne peut pas compter qu'un arpent y rapporte plus d'un demi klafter; il faudrait donc douze arpents de bois par famille, sans compter le bois employé par l'industrie. D'autres croient au contraire, qu'un arpent par tête, suffit. Dans l'Amérique du nord, il faut pour cha-

que foyer, au moins le produit de 10 acres (15 4/5 arp.). MADisoîf,dansl' American former, 3 septembre 1819. — Sinclair, Code, p. 4o, 3" édition. On ne compte en France qu'un hectare de bois par famille, mais il faut avoir égard à la chaleur du climat dans le midi , et à l'usage de la houille dans la plupart des départements de ce pays. On compte qu'en Bavière, il y a 10 1/2 arp. pruss. (7,* de Bav.) de forêts, par famille, et si l'on considère que le besoin, s'y élève partétcàl 1/3 arpent de Prusse, il y a 43 0 / o des forêts de ce pays, disponibles, de sorte que cette partie du sol pourrait fournir des produits à l'industrie, h l'exportation, ou être défrichée. Voy. Muller, Essai d'une théorie de police générale pour les forêts, Nuremberg, 1825, p. 83 (allem.). On compte qu'en Allemagne quand l'économie forestière est bien entendue, et qu'on épargne le bois, la consommation générale par famille, n'est que de 5 arpents, ou 1 arpent par tète. Il faudrait donc que pour une population de 4000 âmes par lieue carrée, il y eût à peu près 1/5 de la surface, ou 18 °/„ cultivé en forêts. Hu5DESHagen estime le besoin à 50 pieds cubes par tête. On peut en tirant toqt le parti possible du bois, évaluer la production annuelle d'un arpent de Prusse, bien cultivé en sapin, année commune, à 2/5 de klafter,et en l'évaluant en pieds cubes, sans égard à la valeur du bois, à 1/2 klafter; mais en général il est plus petit. Voy. Hartig, Dissertations, 1830. p. 221. Mais si l'on avait d'autres combustibles, on pourrait suffire avec une quantité moins grande de forêts, que ne le porte le calcul que nous venons de faire. Nous donnons ici, l'indication de l'étendue des forêts, de tous les états de l'Europe, comparée a la surface de ceux-ci :

Habitans par lieue carrée.

i,« "/» Dantmarck (Oluffen), importation delourbe et debois. 1890

6,» Belgique, (houille.) . , 0930

15,< France 3230

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