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Suède et Norwège

La plupart de ces données sont extraites de Malchus, Géographie militaire, u; s'il faut un arpent de forêt par tète, les forêts doivent s'élever

pour 1000 âmes, par lieues carrées, à 4, î/3 °/ c du sol. 2000 9,' 3000 14 4000 18,« 5000 2 3,

Cependant la comparaison de ces chiffres avec les premiers que nous venons de rapporter, ne doit pas immédiatement nous faire conclure à un déficit ou à un excédant de bois, pour tel ou tel pays; car la consommation diffère partout comme Fespèce et la nature des forêts.

(r) Mais de pareilles améliorations ne peuvent être qu'insensiblement introduites surtout chez les peuples qui ne sont pas riches.

On voit par les conséquences que produit le prix peu élevé des bois, que ce prix doit être un obstacle à ce qu'on lire du sol le parti le plus avantageux, (§ 385 n° 2), puisqu'il fait naître une consommation de plus en plus abondante et limite la production du bois. Si cet obstacle n'existait pas, la nation pourrait tirer le même avantage d'une étendue de terres bien moins considérable que celle qu'elle consacre actuellement aux forêts, et employer l'excédant à d'autres cultures. Mais ne perdons pas de vue que la tendance des propriétaires à obtenir le plus haut fermage possible de leurs terres, est si puissante, qu'ils s'efforcent naturellement de prévenir autant que possible ce fâcheux état de choses. En effet, dans de pareilles circonstances, les propriétaires de forêts s'empresseront toujours de convertir en terres labourables toutes les forêts dont le sol y est propre ; c'est ainsi que les bonnes terres de plaines, dans le voisinage des villages et des grandes villes, sont insensiblement défrichées («}, et il n'y a que le manque de bras ou de capitaux nécessaires pour exploiter ensuite ces nouvelles terres, ou la crainte de faire subitement tomber le prix du bois, par snite d'une offre trop abondante, qui mette un terme aux déflations. Ce sont ces considérations qui déterminent, dans les pays dont la population est faible, les propriétaires à conserver^) la plus grande partie de leurs forêts.

(a) Cela dépend beaucoup cependant de la question de savoir si les forêts appartiennent en général à l'État, a des corporations, ou à «les particuliers.

(b) Même dans les pays où la loi n'empêche pas de défricher, et où l'État n'a pas de grandes forêts.

Il y a, dans la lente croissance du bois, plusieurs causes qui distinguent tout-à-fait l'économie forestière des autres branches de l'agriculture.

1° Une surface de terre plantée déjeunes arbres, ne donne un produit de quelque importance (a), qu'après une ou plusieurs générations {b). Pour pouvoir faire des coupes tous les ans, il faut posséder une étendue de forêts assez considérable, qui contienne des arbres de tout âge, jusqu'à celui de leur maturité, et en quantité telle que cette dernière ne nuise en rien à l'aménagement. Les forêts d'une petite étendue sont gênantes pour les propriétaires à cause de l'intervalle qu'il faut laisser d'une coupe à l'autre , et moins avantageuses à égalité de revenu net, que les jardins, les terres labourées et les prairies. Caron estime avec raison que dans l'espace de 70à 120 ans, nécessaire à la croissance d'un arbre de moyenne dimension, des sinistres peuvent accabler une forêt (c): plusieurs causes d'ailleurs peuvent rendre la vente du bois difficile, de sorte qu'il y a toujours une grande incertitude sur la rentrée du revenu qui ne doit échoir qu'à la génération future. Ces motifs nous ont fait dire que les forêts , surtout les bois de haute futaie, ne conviennent qu'à l'État, à des corporations ou à de riches particuliers, et non à ceux qui n'ont qu'une petite ou qu'une moyenne fortune.

(a) Quant à l'époque où l'on commence a en faire des coupes , elle dépend du mode d'aménagement. Dans les bois de haute futaie les coupes ne se font guère avant 60 ans; les taillis n'atteignent ordinairement que 40 ans.

(b) Ceci repose : 1° sur la nature même des choses, car les bois de charpente et de charronnage ne sont que le produit de vieilles et grandes souches; 2° sur une bonne économie, car l'expérience démontre que la croissance annuelle des jeunes arbres est moins forte que celle des arbres vieux de plusieurs années. Pour recueillir la plus grande somme de produits, d'une surface donnée de forêts, il faut donc laisser parvenir les arbres à un âge assez avancé.

D'après Cotta {Notice sur la culture des forêts, p. 228 (ail.)), la croissance annuelle d'un arpent de Prusse de bois en bon état , sur les einq premières classes de terre, est pendant chaque période de 10 ans :

Age.

Hêtre.

Sapin.

ans.

10, 9 pieds cubes.

23 pieds cubes.

54 (maximum).

(maximum),

33i LIVRE CINQUIÈME. PREMIÈRE DIVISION. IIl« SECT. CHAI». II.

2° Pour se livrer à la culture du boisait faut qu'on ait une grande quantité d'arbres sur pied, etqui se suivent par catégorie d'âge (§589). Cette quantité de bois (le capital forestier, das sogenannie Holzcapital) ne doit pas être comprise dans le véritable capital, aussi longtemps qu'elle estencoreattachéeausol(§51); mais elle ressemble au capital, en ce que, comme ce dernier, elle n'est pas destinée à être consommée immédiatement pour nos besoins personnels, etsert à une nouvelle production. Comme le bois est un produit dû en grande partie à la nature (a), il semble que l'homme n'a eu qu'à s'en interdire la destruclion ; cependant il ne faut pas perdre de vue qu'il demande un grand nombre d'années, et des soins assidus et éclairés. Car un propriétaire pourrait faire couper ses bois, les vendre et en employer le prix à produire d'une autre manière ; et ce qui y engagerait singulièrement, c'est que la valeur de l'accroissement annuel d'une forêt, dans les longs aménagements, est moins importante que l'intérêt qu'on pourrait retirer du capital qu'elle comporte aussi quand le bois a un bon débouché, c'est une entreprise fort lucrative que

a. D'abattre une forêt, d'en employer le prix à une production différente et d'en convertir le sol à une autre culture,

b. Ou du moins d'en changer l'aménagement, de manière à ne plus laisser autant de bois sur pied, et à pouvoir vendre aussi une partie de celui qu'on réservait pour une époque plus éloignée. C'est ce qui a lieu quand on convertit les bois de haute futaie en taillis ; dans ce dernier système, le temps de la croissance n'est qu'une moitié ou même un tiers de l'espace qu'il fallait pour la haute futaie (c).

{a) Sauf les cas de semis ou de plantation.

{b) Les données suivantes qui sont le fruit de l'expérience, indiquent d'après Cotta , quelle est la croissance du bois par arpent de Saxe (2, ,w arpents de Prusse) sur les terres de moyenne qualité :

Age. Hêtre. Sapin.

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