‹ Traité d'économie nationaleChapitre 9 sur 109 · LIVRE PREMIER. PREMIERE DIVISION · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER. PREMIERE DIVISION

1° Ils ont eu de tout temps une très-grande influence sur la fortune nationale ; il est d'ailleurs de la plus haute importance de connaître les relations qui existent entre l'aisance publique et les forces morales et intellectuelles d'une nation.

2° Toutes les mesures économiques ne doivent tendre en dernier résultat qu'à améliorer l'existence des hommes ; il ne faut pas d'ailleurs apprécier la richesse seulement pour elle-même, mais par son influence sur la société, c'est-à-dire par les biens immatériels dont elle peut faciliter l'acquisition.

{a) C'est ainsi que la comprennent Ad. Smith et le plus grand nombre des économistes; voy. principalement Schmaltz, Écon. politiq.,l. i, p. 12. Droz, p. 15. Zachariae, Staatswirthschaflslehre, p. 55, 42. C'est dans un tout autre sens que 11er mas* distingue les biens internes des biens externes, p. 1 de ses Untersuchungen, etc.

(b) Storch a heureusement appliqué aux biens personne/s les dénominations, et les divisions usitées pour les biens matériels. Voy. t. 3 , p. 220. Voy. dans Arsdt et Gioja les tentatives pour comprendre ces deux choses bien distinctes, ilans une seule théorie, ($ 45$, not. b et/). Voy. aussi Hifelasd, neue Grundleffung, i, 24. Poelitz, Sciences politiques, n,§ 18;etIlASSE, vuinam nostri œvi populo, etc., p. 12.

Les services personnels, c'est-à-dire les travaux par lesquels un homme procure immédiatement à son semblable un avantage, un bien personnel ou interne, qui se payent pour la plupart, avec des biens matériels, et qui par conséquent occupent une place dans les opérations économiques , comme par ex. les travaux d'un artiste, les services d'un médecin, ne font pas partie de notre avoir {a). Semblables aux biens matériels en ce qu'ils servent aussi à satisfaire des besoins , ils en diffèrent d'un autre côté beaucoup trop pour pouvoir, dans l'intérêt de la science, être compris utilemeut dans notre avoir; cela résulte évidemment de ce qu'ils n'ont qu'une existence fugitive et momentanée, de ce qu'on ne peut les accumuler , et de ce qu'enfin ils ne produisent généralement, leur effet, que par la coopération de celui à qui on les destine. Ilest vrai qu'on donne fréquemment des objets matériels en échange de services qui deviennent ainsi pour ceux qui les produisent une manière d'acquérir de l'aisance, et même des richesses ; mais rien ne justifie ceux qui ont rangé les services, dans l'une ou l'autre catégorie {b).

(a) Say, Coursy 1. 1, p. 242 et suiv., range les services parmi les richesses. Voy. i>TORCii,CoHsid< ! rations sur la nature du revenu national. S'-Pétersbourg, 1827. Steisleis, t. i, 220. Hermakïn, Recherches , p. « et 6, regarde les services personnels comme faisant partie de ta richesse (Reichtum),mais non delà fortune

DES ÉLÉMENTS DE LA RICHESSE NATIONALE

(Vermœgeri). 11 n'attache l'idée de fortune qu'aux choses matérielles qui ont une certaine durée. Contra , Kaufma.ik , Recherches, etc. , la 1~ partie de la 2° division.

(b) Il en est ici comme dans le § précédent ; il dépend du sens qu'on attache a la définition de fortune, de décider, s'il faut ou non y comprendre les services personnels. Storch dans l'ouvrage que nous venons de citer, s'est laissé entraîner par cette considération , que les services personnels rapportent un revenu à ceux qui les rendent et que ce revenu est le prix d'un travail librement demandé et payé; mais qui ne voit que ce revenu ne consiste cependant qu'en une quantité de biens matériels ?

Il y a des choses matérielles, qui par plusieurs raisons, ne sont au pouvoir de personne, et qui peuvent par conséquent être appropriées au gré de celui qui les désire, tels sont, en effet (a) :

1° Certains objets , et même d'une haute utilité, tels que la lumière, la chaleur du soleil, la mer, etc., qui ne sont pas, d'après leur nature, susceptibles d'une possession exclusive (§2), et qui cependant peuvent exercer, médiatement au moins, une grande influence sur la fortune des particuliers, vu qu'ils augmentent la valeur et l'utilité des choses qui en font partie (£);

2° D'autres objets qui peuvent à la vérité être appropriés aussi , mais qui, produits spontanément et en quantité fort grande par la nature , sont restés sans maître, parce que leur occupation ne présente aucun avantage : tels sont, dans plusieurs contrées, l'eau, le bois même; ces biens y sont nécessairement sans aucun prix ; mais on conçoit qu'il n'y a que les produits de la nature qui puissent avoir ce sort, et qu'il n'en peut être ainsi des produits de l'art, lesquels coûtent des frais de production qu'on n'est jamais tenté de faire gratuitement (c).

(o)Say, dans son Cours complet, t. i,p. 132, appelle ces biens richesses nalure//e«, en les opposant aux richesses sociales. IIermanu, Recherches, p. 3, les appelle richesses libres, (freic Gfttcr) pour les distinguer des richesses sociales , (Wirthschaftliche). Zachariae, Econ. sociale, p. SI, les appelle richesses qui ne sont pas dans le commerce , ( nichterwerbliche Gnter ).

(b) Des terres, par ex., seront plus esliméesà cause du voisinage de la mer, ou de leur situation sous un climat agréable.

(c) Les nombreux écrivains étrangers qui ne connaissent pas la notion et l'expression fortune (Vermœgen) regardent la propriété d'être échangeables (ou l'échangeabilité, si cela pouvait se dire), comme le caractère propre des choses qui font l'objet de l'économie politique. Cependant cette propriété des choses peut n'être pas le résultat d'un travail et de dépenses antérieures; car une chose produite par la

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