‹ Traité d'économie nationaleChapitre 93 sur 109 · I. OU COMMERCE INTERIEUR · texte numérisé non relu

I. OU COMMERCE INTERIEUR

Le commerce en gros de l'intérieur, n'a pour objet que l'échange des produits des manufactures du pays. Il est particulièrement avantageux aux producteurs, dont il achète les produits, et aux consommateurs à la portée desquels ils ne seraient pas mis aussi facilement, sans sori intervention. Tout capital destiné par le commerce, à l'achat des produits de l'intérieur, rembourse au fabriquant ses frais de production , et le met à même de continuer ses travaux ; donc la prospérité du commerce intérieur est une condition indispensable d'une production variée et ^tendue, et d'une juste proportion entre les manufactures , les besoins, les revenus et les consommations des citoyens. C'est ce commerce enfin qui unit et consolide toutes les branches de l'économie sociale sur une base solide. L'histoire nous démontre que les états dont le commerce intérieur est le plus actif, sont aussi ceux dont la richesse est la plus grande, et la mieux assise (a). Cependant dans un pays d'une médiocre étendue, et qui n'offre qu'un petit marché à la production, le commerce intérieur ne peut pas développer la production sur une grande échelle, parce que l'industrie ne peut pas faire de grands progrès, là, où la consommation est peu considérable, et où il n'y a pas de commerce extérieur.

(a) Smith, h, ch. v. — 11 n'y a que Terreur du système commercial qui ait pu foire regarder le commerce intérieur comme peu important. On disait, pour appuyer cette opinion, que le commerce intérieur ne peut pas augmenter la quantité d'argent qui se trouve dans un pays; et ce qui contribua à la maintenir, c'est la difficulté de faire un exposé statistique de ses diverses opérations , chose beaucoup plus aisée pour le commerce extérieur, dout les ramifications ont bien moins d'étendue. Mais en prenant le commerce dans sa signification la plus large, en y com-

376 LIVRE CINQUIEME. TROISIÈME DIVISION. Il* SECT. CHAP. I.

prenant le transport de la production aux consommateurs (§ 99), la plus grande partie des produits consommés dans chaque pays, font l'objet de son commerce.— Les progrès du commerce intérieur ont été parfois étonnants. La ville de Lockport, sur le canal de Hudson dans l'état de New- York, s'est élevée sur un emplacement, où il n'y avait en 1821 que des chaumières; en 182»$ elle avait 600 maisons, 2 églises, et un bureau de poste. Voy. Revue encyclopédique, août 1826, cl Voyage du Duc Bernard de Saxe-Weimar, i, 128.

Pour faire le commerce intérieur de marchandises, il faut beaucoup moins de bras que n'en exige leur production (§ 406). En général, ce commerce ne se fait qu'avec des capitaux circulants, car il n'a pour objet que d'acheter des produits faits, et de les transporter à leur destination ; ces capitaux circulent aussi plus rapidement que dans le commerce extérieur, vu que les expéditions et les remboursements s'y font plus facilement et en moins de temps. Une somme d'argent peut être employée deux fois en un an, et plus souvent, même, dans le commerce intérieur, circonstance fort heureuse et qui réduit le besoin de capitaux. Mais le capital engagé qu'il faut pour faire le commerce n'est pas tout entier dans l'avoir des négociants; il embrasse les machines destinées au transport {chariots, voitures, vaisseaux), qui appartiennent aux auxiliaires du commerce, et les constructions immobilières {magasins, grues, chaussées, canaux, ponts, chemins de fer, etc. ) qui appartiennent aux communes ou à l'État. Cet exemple suffit pour démontrer que le développement du commerce, bien plus que celui de l'industrie manufacturière, dépend de l'état et du progrès de plusieurs établissements publics.

Les profits que donne le commerce intérieur ne sont pas considérables à la vérité, mais aussi ses opérations ne sont pas entourées de difficultés ; car les prix des marchandises sont connus ainsi que tous les frais qu'elles occasionnent, et il n'emploie que de petits capitaux : de sorte qu'il y a sans cesse une grande quantité de marchands en concurrence pour offrir les produits aux consommateurs, et disposés à se contenter du plus petit bénéfice. Quant aux industriels qui s'occupent de ce commerce, ils peuvent se contenter de bénéfices modiques, parce qu'il va sans cesse et n'offre ni danger ni interruption*

Page 1