SUR LE COMMERCE D'EXPORTATION ET D'IMPORTATION
H. RAPPORT Dt COMMERCE D'EXPORTATION AC COMMERCE !>' IMPORTAT 10*.
A. Considérations générales sur le commerce d'exportation et d'importation.
Les avantages que la société retire de ce commerce (a) sont les mêmes, mais sur une plus grande échelle, que ceux que procurent la division du travail, et les échanges fréquents. Il n'y a pas de nation qui puisse produire à bas prix et en quantité suffisantè, tous les produits dont elle a besoin pour sa consommation ; car les circonstances qui favorisent le développement d'une branche d'industrie, nuisent souvent aux autres. Ainsi chaque natiou trouve un encouragement à se livrer particulièrement à la production dans laquelle elle réussit le mieux, et à renoncer à celle dans laquelle elle ne peut soutenir la concurrence des autres nations. Les causes de cette diversité, se trouvent :
1° Dans la nature même de chaque pays, et se manifestent surtout dans les travaux de l'industrie agricole. Les pays chauds se distinguent des pays septentrionaux par la beauté et la richesse de leurs productions ; les montagnes se distinguent surtout des plaines par les minéraux dont les couches sont fort inégalement réparties sur la surface du globe (&). Cette fertilité si diverse du sol de chaque contrée, dont le commerce met les produits à la disposition de tous les consommateurs, est un puissant et éternel encouragement donné à tous les peuples, pour multiplier les échanges (§27), qui à leur tour augmentent le commerce des sciences et des arts (c).
2* Dans l'inégale répartition des agents de la production. En effet, tel pays a plus de capitaux et de machines, tel autre plus d'ouvriers, dont l'offre maintient les salaires à un taux fort bas ; un troisième enfin, a un sol si fertile, qu'on n'y cultive que les meilleures terres, et qu'elles donnent d'abondantes récoltes, sans coûter beaucoup de frais de culture (d).
3° Dans des circonstances fortuites qui dirigent les efforts de l'industrie soit manufacturière soit agricole vers telle ou telle production, circonstances qui produisent à la longue, le même effet que les accidents de la nature.
(a) On l'appelle aussi commerce extérieur de consommation , ou commerce de consommation. Voy. Kraus, Économie sociale, m, 1â4 (Auswœrtiger Comumtions oderBedarfshandet).
{b) Hic segetes, hic veniunl felicius uvœ,
Arborei fœtus alibi atque injussa virescunt Gramina; nonne vides, croceos ut Tmolus odores, India mittit ebur, molles sua thura Sabœif
Virgile, Géorgiq., i, 2)5-56.
\c) « Euch, ihr Gcetter, gehœrt der Raufmann. GtHer zu suchen Geht er, doch an sein Schiff knlipfVt das Gute sich ân. »
Schiller.
Od voit un exemple du pouvoir civilisateur du commerce, dans les caravanes, qui maintiennent des relations constantes à travers les déserts de sable et les steppes, entre l'Asie et l'Afrique. La civilisation pénètre dans l'intérieur de ces deux contrées avec les voyageurs qui les parcourent. « L'homme ne se développe que par le contact des intelligences; réjouissons-nous de voir des nations qui furent longtemps isolées, entrer maintenant dans le mouvement de la civilisation. Un enfant abandonné dans le désert, ne formera jamais un homme, et dans un espace restreint où il ne peut se développer que peu d'idées, il ne se forme pas de nation. >• Voy.Buce, Voyage en Scandinavie, h, 130 (ail).
(</) Oldand netc countries. Voy. Torrens, Production of wealth, p. i33.
On peut démontrer les effets du commerce d'exportation et d'importation par chacune des opérations dont il se compose :
1° L'exportation encourage les citoyens à se livrer avec activité à la formation des produits qu'ils fabriquent le mieux, et à meilleur marché que les autres nations. Ainsi, les biens-fonds, les capitaux et les travaux reçoivent la destination la plus productive, et les hauts prix auxquels on vend sesfabricats à l'étranger, donnent des profits considérables, qui permettent d'augmenter les capitaux. En général, les manufactures se développent plus rapidement quand elles sont soutenues par le commerce extérieur, et on peut admettre que sans cet encouragement, qui fait redoubler d'effort, la production générale serait beaucoup moins grande.
2° L'importation leur livre en échange et à bas prix, des objets qu'ils ne pourraient pas produire, ou qu'ils ne pourraient produire qu'à un prix beaucoup plus élevé; elle met dans la circulation une multitude et une variété de produits qui stimulent de nouveau tous les consommateurs à produire davantage pour pouvoir prendre leur part de ces richesses.
En général, le commerce d'importation procure à la nation qui s'y livre des avantages beaucoup plus grands que si elle employait ses agents producteurs à créer elle-même tout ce qu'elle importe {a) pour sa consommation. Ces avantages se manifestent :
1° Dans le bénéfice netdes marchands, qui vendent à l'étranger les marchandises qu'ils exportent, et à l'intérieur celles qu'ils ont importées, à un taux plus élevé que les frais de production ou d'achat. Si l'on avait des renseignements précis sur l'importation et l'exportation, si toute l'importation se payait par l'exportation, et si toutes les opérations de ce genre se compensaient à la fin de chaque année, en sorte qu'il n'y eût ui dettes à payer, ni créances