‹ Traité d'électricité et de magnétisme et des applications de ces sciences à la chimie, à la physiologie et aux arts (volume 3)Chapitre 6 sur 38 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Les changements chimiques produits au contact de corps solides plus ou moins insolubles et de solutions exerçant sur ces corps des actions plus ou moins faibles , avec ou sans le concours des forces électriques, sont depuis longtemps l'objet des recherches de l'un de nous, tant à cause des principes nouveaux qui en découlent, qu'à raison de leurs applications aux sciences naturelles et aux arts. Nous nous sommes attachés, en premier lieu, à produire les phénomènes en employant l'électricité , puis en ne faisant intervenir que les affinités : tel est le point de vue sous lequel on doit envisager l'électro-chimie ( Becquerel ) .

On ne saurait mettre en doute que Pélectricité dégagée au contact des solides et des liquides n'ait une origine chimique : nier cette vérité, c'est nier l'évidence, c'est méconnaître les rapports qui lient ensemble les forces électriques et les affinités, rapports qui ont été mis à profit pour provoquer la production d'un grand nombre d'effets chimiques qui seraient restés longtemps inaperçus, si l'on n'eut pas cherché à les utiliser.

Les effets électriques, tout en étant subordonnées aux affinités, ne doivent pas être considérés seulement comme des effets accessoires; car, dans une foule de cas, et notamment dans les actions lentes, ils deviennent souvent causes, et causes déterminantes pour provoquer une nouvelle action chimique , ou donner une plus grande énergie à celle qui a déjà lieu. Ainsi , lorsque deux corps en contact, l'un solide, l'autre liquide, réagissent lentement l'un sur l'autre de manière à produire des effets chimiques inappréciables, si l'on s'empare de l'électricité dégagée au moyen d'un troisième corps convenablement disposé, on communique une nou-

PHÉNOUÈKFS GÉNÉRAUX. |49

velle énergie aux affinités , et ces effets deviennent de plus en plus manifestes : les composés formés cristallisent alors presque toujours, quoique insolubles. Tel est le but que Ton doit se proposer en électro-chimie, pour utiliser une force dont on ne connaît bien toute la puissance que depuis que Ton a fait une étude spéciale des rapports existant entre les affinités et les forces électriques : les agents qui produisent ces dernières existant à l'état latent entre les molécules des corps, ils rendront peut-être un jour aux arts et à l'industrie, lorsqu'on deviendra maître de toute leur puissance, des services du même ordre que la vapeur. Afin d'apporter de nouveaux faits à l'appui de ce principe et avant de montrer la production de composés insolubles dans des conditions nouvelles, nous indiquerons quelques effets généraux qui se produisent lors de l'altération des métaux.

Altération des métaux considérée comme action èlectro- chimique. Pour bien se rendre compte de quelle manière influent les effets électro-chimiques sur les changements que peuvent éprouver les métaux au contact de l'air humide et des divers agents chimiques qui se trouvent dans l'atmosphère, il faut partir de ce principe, que lorsqu'un corps oxydable ou attaquable par un agent quelconque est en contact avec un oxyde ou un autre corps conducteur, et qu'ils sont recouverts l'un et l'autre d'une couche d'humidité, il en résulte une action électro-chimique en vertu de laquelle ce corps est plus attaqué que s'il n'était pas en contact avec l'autre corps. Sans la présence de l'oxyde, l'électricité dégagée serait perdue et ne pourrait en rien contribuer à activer l'action chimique qu'éprouve le métal; dans ce cas, et toutes les fois qu'il y a décomposition de l'eau en présence de matières organiques, il y a ordinairement formation d'ammoniaque sur l'oxyde ou le composé formé qui forme le pôle négatif. Telle est la base sur laquelle on doit s'appuyer pour interpréter les changements plus ou moins rapides qu'éprouvent les métaux exposés à l'influence des agents atmosphériques ou autres. Nous allons citer quelques exemples, et, en premier lieu, ceux que nous présentent le fer et la fonte, qui s'altèrent l'un et l'autre d'autant plus vite qu'il y a déjà quelques points oxydés sur leur surface.

En général, les alliages de fer et de différents métaux sont beaucoup moins oxydables que le fer, quoique les molécules de ces alliages constituent autant de couples voltaïques. Cela tient à ce que la force de cohésion , qui est plus grande dans, les alliages que dans

RLKCTIO-CHIMIE.

les métaux purs, l'emporte quelquefois sur l'action vol laïque. Nous citerons, comme preuve de la non-altération d'Un alliage, ces grandes masses de (et météorique renfermant du nickel et d'autres métaux, ét qui se* conservent à l'air libre, sans altération bien sensible, depuis un grand nombre de siècles. Cependant il y a des exceptions : le plomb pur est moins altérable que le plomb allié à rétain , car on a trouvé des inscriptions antiques en plomb pur, parfaitement bien conservée^, tandis que d'autres inscriptions, sur des lames de plomb âllié à l'étain , étaient tout à fait illisibles , à raison de la décomposition de l'alliage.

Revenons à la fonte : la cohésion intervient encore , comme cause qui S'oppose ou qui favorise son altération. C'est ainsi que la fonte grise ou rtoire, qui est tendre, nioins aigre et plus poreuse, éprouve une altération , surtout la dernière , à cause du graphite quelle réttferme, lequel, dans son contact avec la fonte ou le fer, détermine dés actions voltaïques. La fonte blanche, qui est dure, aigre et cassante , et peu altérable a l'air. La fonte t mitée , composée des deux précédentes, offre plus de résistanee> et s'altère moins que la fonte noire. Passons à d'autres métaux.

Le cuivre flë décompose pas l'eau à la température ordinaire; par conséquent, s'il se trouvait dans un milieu contenant seulement de l'oxygène et de Peau, il ne serait pas sensiblement altéré; mais, au contact de l'air renfermant de l'acide carbonique , il y a formation de carbonate de cuivre. Cette action est d'autant plus rapide que le corps est déjà recouvert de corps étrangers. Quand ce métal a séjourné dans Peau de mer oU dans des localités qui peuvent lui fournir différents éléments, il en résulta de l'oxychlofure du protoxyde , du earlnmate vert et bleU , et du bioxyde de cuivre. On trouve même des pièces de monnaie anciennes, changées entièrement en protoxyde, ce qui he permet pas de douter que l'oxygène n'ait été transporté de l'extérieur à l'intérieur par un effet de cémentation analogue à celui qui a été précédemment décrit.

Le plomb qui reste exposé à l'air se couvre d'une couche de sous» oxyde d'un bleu grisâtre, dont la teinte devient de plus en plus foncée. Ce métal s'altère également dans Peau , qui acquiert promptement la propriété de réagir à la manière des alcalis; mais son altération, sous l'influence des agetils atmosphériques, dépend particulièrement de l'état de ses molécules. C'est ainsi que le plomb laminé éprouve un genre de décomposition assez singulier: il se fendille, s'effeuille, comme si toutes les parties se désunissaient , et Unit par s'oxyder

complètement ; aussi évite-t-ori de se servir de laffles ainsi préparées quand il s'agit de les exposer à l'air humide. L'effet produit dépend du défaut d'homogénéité du métal.

 l'instant où ee métal s'oxyde , s'il se trouve dans un milieu où il y ait beaucoup de gaî acide carbonique, il se forme du carbonate de plomb sous la forme de lamelles ; si la quantité est moindre et que l'action soit lente en raison du peu d'humidité, on peut avoir des cristaux.

Du reste, le plomb n'est pas le seul métal qui présente une altération plus ou moins prompte suivant soft état moléculaire : ôti général) toutes les fois qu'une lame d'un métal oxydable, parfaitement homogène, est exposée à l'influence d'agents capables de l'altérer, toutes les parties sont également attaquées et l'action chimique de l'électricité dégagée est nulle; tnnis, pour pmi qu'il y ait un défaut d'homogénéité dans quelques parties, il en résulte aussitôt des couples voltaïques tels que les parties les plus attaquées forment les pOles positifs de ces couples, et ceux qui le sont le moins, leà pôles négatifs; l'énergie de l'action chimique augmente d'autant.

Le contact d'un métal inoxydable, tel que l'or, avec le plomb, suffit pour altérer rapidement ce dernier. En effet, on n'a qu'à placer dans un lieu humide une médaille de plortib, recouverte d'une feuille d'or appliquée par pression , elle ne tarde pas à se recouvrir d'une poussière blanche de carbonate de plomb, suffisamment épaisse pour masquer entièrement la couleur de Tôt. L'air humide réagit sur le plomb à travers les petits interstices de la feuille d'or; l'oxyde de plomb formé se combine avec l'acide carbonique de l'atmosphère , et se dépose peu à peu sur la surface.

L'argent, qui n'éprouve aucune altération de la part de l'air humide , se recouvre, dans les lieux habités , d'une couche Violette de sulfure de même métal. Le soufre est fourni par les émanations animales et ptir la décomposition des matières organiques.

L'argent se change rapidement en sulfure dans les fosses d'aisance. L'effet a lieu par cémentation, puisque la forme ne change pas. Nous avons montré, page 137, comment on reproduit cette action par un effet électro-chimique.

L'argent, par un long séjour dans la mer, se change en chlo* rure. Proust, ayant examiné des pièces d'argent tombées au fond de la mer, trouva que, dans un court espace de temps, elles étaient recouvertes d'une croûte de chloruré d'argent d'un demi-millimètre

ÉLKCTRO-CH IMIB.

d'épaisseur. Pallas assure qu'on a trouvé en Sibérie, dans un terrain imprégné de sel marin, d'anciennes monnaies tartares chargées de chlorure d'argent.

Dans les appareils électro-chimiques, où l'argent est en contact avec une solution concentrée de sel marin et un morceau de charbon, il se forme des cristaux octaèdres de double chlorure d'argent et de sodium , lesquels sont décomposés au contact de l'eau. Cette double combinaison ne peut donc avoir lieu que dans des dissolutions concentrées; si la dissolution le devient de moins en moins, il se forme du chlorure d'argent qui cristallise.

Le zinc qui reste longtemps exposé aux influences atmosphériques se recouvre d'une couche de sous-oxyde qui , n'augmentant pas d'épaisseur, préserve l'intérieur de toute altération.

L'étain peut se conserver longtemps sans altération; seulement sa surface prend une teinte jaunâtre et des nuances irisées qui indiquent un commencement d'oxydation. Dans la terre , dans le cours de plusieurs siècles . l'oxydation pénètre intérieurement dans le métal.

Essais tentés pour préserver le doublage en cuivre des vais* seaux de Vaction corrosive de l'eau de mer. Lorsqu'on laisse un morceau de cuivre poli dans de l'eau de mer, le métal ne tarde pas à s'altérer, sous l'influence de l'eau, de l'oxygène et des substances salines qu'elle renferme. Le cuivre étant moins oxydable que le fer, il s'ensuit qu'en mettant ces deux métaux en contact, ce dernier préservera l'autre.

Davy, en partant de ce principe, a fait une série nombreuse d'expériences dans le but d'arriver à préserver le doublage en cuivre des vaisseaux; à cet effet, il a soudé çà et là, sur la surface, des petites plaques de fonte ou de zinc. Des feuilles de cuivre ainsi en contact sur une partie de leur surface avec du zinc , du fer et de la fonte , ayant été exposées pendant plusieurs semaines au mouvement de la marée, et leur poids déterminé avant et après l'expérience, on trouva que, lorsque le protecteur métallique avait une surface de à j ■ 77 des feuilles de cuivre, il n'y avait ni corrosion ni diminution dans ce métal ; mais, quand le métal préservateur n'était que dans la proportion de ^ à , le cuivre éprouvait une perte de poids d'autant plus forte que le protecteur était plus petit. On ne tarda pas toutefois à remarquer qu'il se déposait des substances alcalines et terreuses sur le cuivre qui était le pôle négatif du couple.

Des expériences furent faites ensuite sur plusieurs vaisseaux

PRENOM RNIS OBlfMAUX. 153

destinés à faire un voyage de long cours. Les feuilles de cuivre préservées furent recouvertes de carbonate de chaux et de carbonate de magnésie ; des plantes et des coquilles ne tardèrent pas à s'y fixer, et le poids de toutes ces substances fut tel que la marche des navires en fut retardée.

Cet inconvénient était tel qu'on renonça à préserver le doublage en cuivre des vaisseaux avec du fer ou de la fonte, et on chercha à arriver au môme but en substituant au cuivre préservé le bronze composé de 94 parties de cuivre et de 6 d'étain. Les molécules de cet alliage pouvant être considérées comme autant de petits couples voltaïques, l'eau de mer devait tendre à enlever l'étain; mais, comme la force de cohésion du bronze est plus grande que celle du cuivre, il en résulte que, théoriquement parlant, le bronze devait êlre moins promptement altéré que ce dernier.

Il fallait, avant de songer à appliquer le bronze au doublage des vaisseaux, le laminer; on ne tarda pas à y parvenir, et le ministre de la marine fit faire un essai sur des vaisseaux de l'État, dont un des côtés de la carène était recouvert de feuilles de cuivre et l'autre de feuilles de bronze , essais que firent également des armateurs sur des navires de commerce. Voici en résumé les principales observa tiens qui ont été faites :

!• Sur le cutter le Renard, à six reprises différentes, les pertes éprouvées par le cuivre et le bronze, soit à la mer, soit au repos, ont été entre elles dans le rapport de près de 2,45 : 1 ; les dépérissements des feuilles qui s'usent le plus ont été, dans le rapport de 3 : 1 ; l'examen des carènes, sous le rapport de l'attache des coquilles, n'a signalé aucun désavantage pour le bronze; enfin le bronze , à égalité de propriété des deux bords, a présenté sur le cuivre l'avantage d'une surface plus lisse et plus unie.

2° H. Brunei a confirmé, en Angleterre, les résultats précédents sur le paquebot le Frolie.

3» Sur la corvette l'Ariane , après un séjour de deux ans dans une mer tranquille, le rapport n'a été que de 1,07 H, au lieu de 2,15: 1.

4° Sur le brick le Bisson, dans un premier examen , le rapport des pertes a été le même ; mais le cuivre a été corrodé au point d'être hors de service, tandis que le bronze n'offrait rien de semblable; dans des examens subséquens, le rapport a d'abord été de 0,52, puis de 3,04 et s'est enfin rapproché de celui que Ton avait obtenu sur le Renard.

134 ÊtKCTRO-cUlIllË.

W Les essais tentés sur les bâtiments marchànds on! confirmé le» résultâts avantageux que h ftêhartl Avait fourni*.

On voit donc que, sauf quelques exceptions, l'expérience a démontré que le doublage en bronze avait un avantage marqué siir le doublage en cuivre.

Des effets électro-chimiques se montrent aussi sur des lame* de bronze passées au laminoir, attendu que la pression forcée qu'elles éprouvent détermine ça et là des déchiremeUta, des Solutions de continuité partiels. Des lames de bronze qui m trouvent dans cet état doivent être plus ou moins attaquées. Il résulte de là que si l'On veut obtenir de plus grands, effets avec le doublage en bronze , il faut apporter tous les soins possibles au laminage des lames, afin qu'elles soient homogènes dans toutes leurs parties. Si cette condition n'est pas remplie complètement , ort sera exposé à voir le bronze se détériorer plus fortement dans certaines parties que dans d'autres, comme le plomb laminé»

L'action voltalque intervient tellement dans les actions exercées de la part de l'eau tle mer, que lorsqu'un bAtiment doublé en bronze reste pendant longtemps dans Un port , le bronze se trouve attaqué et se change en chlorure basique de cuivre trés-poreux formant une éponge, l'étain ayant été enlevé par suite de son état électro-positif. Get exemple remarquable suffit pour montrer comment la découverte d'un fait électro-chimique peut mettre sur la voie d'autres faits n'ayant en apparence aucune origine électrique, et dont la production est uniquement attribuée aux affinités.

L'expérience de la conservation du cuivre dans l'eau de mer peut servir à faire eristalliser les bases des sels d'une solution où plonge un couple voltalque, placé dans des conditions convenables, comme on l'a dit page m, et comme on peut le faire avec la disposition stiivante : on prend un flacon contenant une solution de chlorure de sodium marquant 3 à 1° à l'aréomètre, puis l'on pose horizontalement sur le liquide une plaque mince circulaire de fer, portant à son centre une tige de cuivre autour de laquelle est enroulé en spirale un fil de même métal. On descend la plaque jusqu'à ce que la solution recouvre légèrement sa face supérieure. L'effet électrochimique ne tarde pas à se manifester, par suite de l'oxydation du fer sous les influences combinées de l'air et de l'eau. La soude déposée sur la partie du fil de cuivre qui touche le liquide, avide d'acide carbonique, monte le long de la spirale jusqu'à ce qu'elle en soit suturée, et il en résulte alors du carbonate de soude qui cristallise

en prismes rhomboïtfau* entre 166 circonvolutions du Al. Avec d'Autres chlorures alcalins ou terreux, ou dhtieht de Semblables enets.

Ztacdpè tfit /*r. M. Sorel a mis à profit la faible altération du zinc une fois recouvert d'une couche de sous-oxyde pour préser\ér le fer des actions combinées de l'eau et de l'air. 11 applique sur la surface de ce métal une couche de zinc, comme on le recouvre d'une couche d'étain* Voici comment on opère : on commence par décaper le fer dans des acides qui ont servi à purifier des huiles) l'oxyde seul est enlevé ; on sèche dans une étuve , puis on plonge dans un bain de zinc en fusion. Si une parcelle de zinc est en lever, le fer ne s'attaque plus à l'humidité; mais, si ce métal était enlevé sur une grande longueur, il s'altérerait.

Décomposition de la yulène. Quand on fait réagir le sulfure de plomb naturel, la galène ( f'bs , sur une solution saturée de sulfate de cuivre et de chlorure de sodium , étendue de son volume d'eau distillée, la galène est décomposée, et il se foftne diverses combinaisons de plomb ayant leurs analogues dans la nature. Pour se rendre compte des e l tel s produits dans cette réaction , il l'an 1 commencer par examiner ce qui se passe lorsque la galène en poudre et en excès est mise en Contact successivement avec une solution saturée de sulfate de cuivre (CuO, 80'), et une autre de chlorure de cuivre (GUCl)»

On a pris 5 grammes de galène pulvérisée qu'on a mis en digestion , à une douce chaleur, aveo <),$ d'une Solution saturée de sul«fate de cuivre qu'on a remuée fréquemment ; la solution s'est décolorée peu à peu, et, dedx jours après, elle l'était entièrement ; elle ne renfermait plus alors que du sulfate de plomb qui se trouvait dans le sulfate de cuivre non décomposé par la galène. Dans cette réaction, on a eu i

PbS 4- CuOSO 3 , SHO = PhO^O 1 -h CuS 4- 5rîO,

c'est-èHlire du sulfate de plomb et du sulfure de cuivre» comme l'examen des produits formés l'a constaté.

La gttlène avait perdu son éclat; sa surface était devenue noire; la matière au fond du vase, lavée et traitée à plusieurs reprises pdr une Aolution saturée de chlorure de sodium * ne renfermait plus que île la galène non décomposée et du sulfure de cuivre; la solution salée * étendue d'eau , précipitait abondamment ; réaction qui annonçait la présence du sulfate de plomb.

F.LECTB0-CH1MIE.

En traitant de la même manière la galène en excès avec une solution de bichlorure de cuivre (CuCl), on a obtenu des effets analogues , savoir : décoloration complète de la solution , formation de chlorure de plomb et de sulfate de cuivre, conformément à la formule

PbS + CuCl = PbCl -+- CuS.

Lorsque des fragments de galène en excès sont en présence d'une solution concentrée de sulfate et de bichlorure de cuivre, il se forme différents produits : du chlorosulfate de plomb en aiguilles, du chlorure et du sulfate de plomb également en aiguilles , et du sulfure de cuivre, conformément à la formule suivante :

2PbS H- CuO,S0 3 ,5HO CuCl = = PbCl , PbOSO 5 -h 2CuS 5H0.

Ces produits, qui n'avaient aucun apparence de cristallisation , ont été formés dans l'espace de quelques jours.

Les composés cristallisés suivants ont été formés, dans l'espace de plusieurs années, sur des morceaux de galène et les parois des flacons renfermant ces solutions de sulfate de cuivre et de chlorure de sodium, et fermés imparfaitement avec des bouchons de liège:

1° Chlorure de sodium en cristaux cubiques, cubo-octaèdres et octaèdres d'une grande netteté de forme et de transparence : modifications que l'on n'a pas encore rencontrés dans la nature ;

2° Chlorure de plomb en aiguilles et en cristaux cubiques légèrement jaunâtres, d'une grande pureté de forme;

3° Sulfate de plomb en octaèdres cunéiformes, avec plusieurs modifications, formes entièrement semblables à celles des cristaux de sulfate de plomb d'Anglesea ;

4° Chloro-sulf ate en aiguilles ;

5° Chlorure basique de cuivre en cristaux microscopiques disséminés ça et là sur tous ces produits;

6° Sulfure de cuivre noir, sans aucune apparence de cristallisation.

Tous ces produits répandus sur les morceaux de galène leur

donnait l'aspect d'échantillons de minerais sortant des filons.

Nous nous arrêterons un instant sur la formation du sulfate de i i

piOIllL).

Sulfate de plomb. La formation de ce composé provient de la réaction du sulfate de cuivre non décomposé par le chlorure de sodium sur le sulfure de plomb. La cristallisation de ce composé est encore la conséquence d'une réaction très-lente. •

Si, dans certains appareils, il s'est formé tantôt du chlorure tantôt du sulfate de plomb, cela tenait probablement aux proportions de sulfate de cuivre et de chlorure de sodium, et à la densité des dissolutions. Ce qui nous engage à émettre cette opinion, c'est que nous avons reconnu que, dans une dissolution saturée de sel marin et de sulfate de cuivre étendue de trois fois son volume d'eau, où plongeait un couple voltaïque formé d'un morceau de galène entouré d'un fil de platine, il s'est formé, dans la période de sept années , une quantité considérable de cristaux cubiques de chlorure de plomb sur la surface du minerai sans autres composés de plomb. Nous ajouterons que de semblables cristaux se sont déposés sur un morceau de malachite mis dans la dissolution en même temps que la galène, avec cette différence toutefois, que les plus gros cristaux se trouvaient sur la malachite (Becquerel).

Rien ne s'oppose à ce que les réactions dont il vient d'être question ne se produisent dans la nature. En effet , les eaux pluviales, après avoir traversé les roches encaissantes, arrivent dans les filons et les amas plombifères; si ces filons et ces amas renferment, outre la galène, des pyrites cuivreuses produisant par leur décomposition du sulfate de cuivre, et si les eaux contiennent , en outre, du chlorure de sodium, nul doute qu'il ne se forme dans la réaction de la solution sur la galène les composés précédemment décrits.

Phosphates terreux cristallisés, phosphate de chaux. Des diverses combinaisons de l'acide phosphorique avec la chaux, il ne sera question ici que du phosphate neutre , le seul que l'on soit parvenu à obtenir jusqu'ici cristallisé, en électro-chimie.

On prépare ordinairement ce composé en versant, goutte à goutte, une solution de phosphate sodique dans une solution de chlorure calcique; il se produit alors un précipité demi-cristallin qui , vu au microscope , se présente sous la forme de petits fils terminés, aux extrémités par plusieurs autres fils très-fins. Après la dessiccation , il se change en une poudre pulvérulente. Ce composé a pour formule :

PhO 1 , 2CaO,4HO.

Si on laisse prédominer au contraire le phosphate de soude, c'està-dire si l'on verse, goutte à goutte, le chlorure de calcium dans une solution de phosphate de soude, on a le phosphate des os.

En électro-chimie, on obtient facilement , de la manière suivante, ce composé en jolis cristaux parfaitement caractérisés, et inalté-

158 ELECTRO-CHIMIE.

râbles à l'air : on prend, à eut effet, un bocal à moitié rempli d'une solution saturée de chlorure de calcium dans laquelle on plonge une lame de line et un tube fermé intérieurement avec un kaolin humecté de la même solution , et contenant une solution de phosphate de chaux dans l'acide phosphorique très-étendu. On ferme le circuit avec une lame de platine plongeant dans la solution acide et communiquant avec la lame de zinc au moyen d'un fil de platine. La décomposition du chlorure de calcium commence aussitôt , en même temps que celle de l'eau ; la chaux est transportée dans le tube où elle sature peu à peu l'excès d'acide, et le phosphate de chaux, qui n'est plus tenu en dissolution par cet excès d'acide, cristallise peu à peu sur la lame de platine, en prismes rectangulaires obliques à sommets dièdres. Les prismes sont quelquefois tellement aplatis qu'ils ont l'aspect de lames rectangulaires terminées en biseaux.

L'analyse a donné :

Acide phosphorique 0,024

Chaux 0,026

Eau 0,041

Composition atomique.

Acide phosphorique.. 2i i équivalent d'acide . . 25,8

Chaux 20 2 équivalents de base. . 27,0

Eau 11 4 équivalents d'eau . . . 12,40

Cette composition est celle du phosphate neutre de chaux , q pour formule

PhO 5 , 2CaO, 4H0.

On peut préparer en grand ce produit en substituant au tube un cylindre de verre ouvert aux deux bouts, et à la lame de platine un morceau de coke, dont la surface et toutes les anfractuosités se recouvrent de cristaux phosphate qui lui donnent l'aspect d'un minéral.

On obtient également le phosphate de chaux cristallisé , à l'aide des réactions exercées entre le carbonate de chaux et une dissolution de phosphate alcalin. Lorsqu'on veut faire réagir lentement une solution aqueuse sur du calcaire qui est sans action sensible sur elle, il faut introduire le calcaire avec les composés solubles dans un flacon avec de l'eau chargée de gaz acide carbonique, puis fermer hermétiquement. Le carbonate de chaux se dissout par Ko-

)gle

PHÉ*01IÈNgS GÉNÉBAUX.

termédiaire du gai acide carbonique, et peut réagir alors lentement sur les composés dissous dans l'eau gazeuse. 8i l'on opère, par exemple, avec une solution de phosphate d'ammoniaque marquant 5° à l'aréomètre, on voit apparaître peu à peu sur la surface du calcaire des cristaux qui, vus au microscope, se présentent sous la forme de prismes droits rhomboïdaux , terminés par des sommets dièdres. Os cristaux résultent de la réaction lente du phosphate d'ammoniaque sur le bicarbonate 4e chaux , au fur et à mesure qu'il se forme.

On obtient ce composé dans un grand état de pureté, en substituant, au morceau de calcaire, du carbonate de chaux obtenu par double décomposition et agitant fréquemment le flacon. Au bout de douze heures, la décomposition est complète; l'eau tient en solution du carlxmate d'ammoniaque, et le précipité est uniquement tonné de phosphate neutre de chaux , ayant pour formule 2CaO, Ph à O, 4HO, puisque l'analyse a donné les résultats suivants :

On voit par là que le produit de la réaction du phosphate d'ammoniaque sur le carbonate de chaux, par l'intermédiaire du gaz acide carbonique, est bien du phosphate neutre de chaux et du carbonate d'ammoniaque qui reste en solution.

Il est probable qu'en substituant au calcaire la dolomie, double carbonate de chaux et de magnésie, on obtiendrait, indépendamment du phosphate de chaux, le phosphate ammoniaco-magnésien, également cristallisé (Becquerel).

IHomb carbonate (PbO, CO'). Pour obtenir cristallisé le plomb carbonate, tel qu'on le trouve dans la nature, il faut faire réagir pendant plusieurs années sur un couple, plomb et platine, une solution de double carbonate de soude et de cuivre. On obtient le même composé en faisant réagir lentement un sel de plomb, tel que le nitrate ou le chlorure en solution, sur du calcaire ou sur du carbonate de chaux obtenu par double décomposition , et qui se trouvent par conséquent dans un grand état de division.

En opérant avec du carl>onate de chaux obtenu par précipitation et mis en digestion dans un flacon avec une solution (ie nitrate

2CaO.

PhO.

4JJO.

160 SLECTBO-CH1M1E.

de plomb, puis agitant de temps à autre, en quelques jours la double décomposition est effectuée , surtout en ayant l'attention de mettre le sel de plomb en excès : le carbonate de chaux est transformé en carbonate de plomb, et la solution renferme de l'azotate de chaux, et, en outre, la portion de l'azotate de plomb qui n'a pas été décomposée.

De l'analyse on déduit :

Résolut* théoriques. Résultats ré«U.

PbO 0«,836 0«,825

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