‹ Traité d'électricité et de magnétisme, et des applications de ces sciences à la chimie, à la (volume 4)Chapitre 33 sur 58 · SIS CAUSES DV DÉGAGIMBRT · texte numérisé non relu

SIS CAUSES DV DÉGAGIMBRT

chlorure ; du bromure et de l'iodure d'argent sous Tinfluence du rayonnement solaire^ on opère comme il suit : on recouvre une des lames de platine d*une couche très-mince de chlorure d'argent nouvellement préparé que l'on fait adhérer à sa surface en chauffant légèrement^ et on la replonge dans Peau de Fun des compa^ timents^ tandis que l'autre lame reste plongée dans l'eau addûlée de l'autre côté , sans être recouverte de chlorure. A peine la lame recouverte est-elle exposée aux rayons solaires^ que le chlonne noircit; Taiguille du multiplicateur est aussitôt chassée dans un sens qui annonce que la lame est positive. Vient-on à soustraire la lame au rayonnement solaire, l'aiguille revient h zéro. Cet effet est dû à ce que le chlorure d'argent^ en perdant son chlore sous l'influends de la lumière ; prend l'électricité positive qu'il transmet à la lame de platine avec laquelle il est en contact : c'est un exemple du dégagement de rélectricité dans les décompositions chimiques.

En employant^ au lieu de lames inoxydables^ des lames d'argent, de cuivre^ de plomb^ ete.^ à la surface desquelles on fait arriva des substances (chlore ^ brome ^ iode^ oxygène) capables de former des combinaisons décomposables sous Faction de la lumière^ et plaçant ces lames dans l'appareil précédent^ on observe des effets analogues^ mais plus ou moins marqués, dépendant de l'épaisseur et de la nature de la couche sensible; il faut également se garantir des variations de température qui peuvent survenir dans le liquide et autour des lames.

Voici quelques-uns des résultats obtenus avec des lames d'argent préalablement exposés à la vapeur d'iode ou de brome. Une lame d'argent exposée à la lumière et chargée d'une couôbe mince d'iode , prit au liquide l'électricité positive ; avec une couche épaisse^ l'effet fut inverse : dans le premier cas^ la couche d'iodure d'argent passa à un état d'ioduration moindre; dans le second, l'iode réagit sur l'argent. La déviation de l'aiguille , dans les deuxcas; fut de 40^ à 50''^ en opérant sous l'influence des rayons solaires.

Avec une couche épaisse d'iode et les divers écrans de \&^ coloré ; on a eu :

Écnms. Intemité du couraat pioduU, Rapporta des effets pradiiiti.

Sans écran 55 iOO

Verreviolet 22 AO

— bleu 14 25,5

— . bleu 7 J2,7

— rouge 1 4,8

DE L ELECTBICITE. SIS

%vec la vapeur de brome, la tame d'ai^ent exposée aux rayons aires est devenue également négative relativement au lîqwde ; itioa a été assez forte pour qu'à la lumière diffuse la déviation l'uguiUe du galvanomètre fut de 50°.

^lameayant été exposéeà la lumièredifTuse pendantdix minutes, s mise à l'abri du rayonnement et exposée de nouveau à son acs,la déviation n'a plus été que de 3* à4°; la réaction était alorsen ittde partie lemiinée. Les e^ets électriques que nous venons d'ex- ^«ervent à reconnaître et même à mesurer les réactions qu'énrent les métaux et en général les corps conducteurs sur la &ce desquels on dépose des couches de diverses natures , sous fluence des rayons solaires (Ë. Becquerel).

tiiinomètre électro-chimique. Ces expériences préliminiùres ont iDé lieu à la construction d'un appareil capable de faire apprè- Ftg. 71. (-ier l'énergio avec laquelle les rayons

de diverse réfrangibilité agissent sur certaines combinaisons, et les effets qui se produisent quand des faîsctiaux de rayons actifs traversent des écrans de diverse nature ou bien ont été modifiés de différentes manières.

Cet appareil, nommé actinomètre électro-chimique, est, par rapport aux rayons actifs sur les sutetànces impressionnables dont il s'agit, ce qu'est la pile thermo-électrique, dont on a parlé page ICS, relativement aux rayons calorifiques ; il peut ser\'ir dans les mêmes conditions (Ë. Becqaerel).

Il se compose d'une cuve à eau MM' supportée par un pied en cuivre. Dans i solution étendue de sulfate de soude, eau acidulée, ou de tout autre liquide conducteur de l'élecieité, plongent deux lames d'argent L et L' très-pures, placées !rticalement, peu épaisses, et attacliéos â deux montants en cui- 'e A, A' ; ce sont ces montants, fixés sur le supptxt , qui font comnmiqner lestâmes avec les deux extrémités du galvanomètre à lil mg trës-«ensible que l'on emploie. Ln avant de la cuve à eau et ■r le support est placé un écran en cuivre, percé d'une ouverture erticale et rectangulaire variable de largeur, et ayant la hauteur

nîslérieur, rempli d'u

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de la cuve, de sorte qu'en éclairaRt récnin , il n'y a que la portion do la lame d'argent L placée inunédiatement derrière rouverturo qui aoii éclairée et qui reçoive les effets du rayonnement;

On peut à volonté placer dans l'appareil des lames d'argent recouvertes de chlorure, d'iodure, de bromure d*argent, ou d'autres lames préparées conune il a été dit plus haut. Mais nous partoooi avec détails des effets que Ton obtient en employant une substance extrêmement remarquid^le, qui a hi propriété de recevoir les impreisions colorées de toutes les parties du rayonnement fcunineux, impressions colorées dont la teinte est semblable à celle des rayon lumineux actifs. La substance, qui est un sous-chlorure d'argent violet, découvert en 1848, en même temps qu'elle est impreffkMh née chimiquement , donne la reproduction des couleurs et permet de peindre avec la lumière ; la peinture est passagère à la lumière^ il est \Tai, mais durable à l'obscurité; c'est une rétine minérale, si l'on peut se servir de cette expression, qui n'est impressionnée qu'entre les mêmes limites de réfrangibilité que la rétine, et donne l'intensité de l'action chimique produite d'après Teffrt électrique accusé par le galvanomètre {*).

Voici les conditions les plus convenables pour obtenir les m^ leurs effets :

i"" Plus le galvanomètre à fil long est sensible, mieux le» effets sont manifestes. Un galvanomètre dont le cadre a vingt*quatre mille tours de (11, construit par M. Rhumkorf^ convient très-bien. ^ Le liquide doit être bon conducteur et ne pas attaquer ia couche impressionnable. Un mélange de 2 grammes d'acide sulfurique pur à CO^" pour 100 grammes d'eau a donné de bons résultats. 3* Les lames d'argent doivent être sans alliage, et de plus eOes doivent recevoir chacune la même préparation. Il est nécessaire en effet que ces lames ne soient pas polarisées primitivement, et qu'ainsi elles soient aussi identiques que possible. Malgré ces précautions, on n'évite pas une polarisation prû^itive qui produit un courant faisant dévier l'aiguille dans un sens ou dans un autre, lorsque, ^Nrès avoir monté Tappareil dans l'obscurité, on ferme pour la première fois le circuit.

On doit alors attacher les deux lames l'une avec l'autre après leur préparation, les maintenir plongées à l'obscurité dans la liquide

(*) Annules de physique et de chimie^ 3* série , tome XXXII, |m# 170 «t tomeXUlfPas^Sf.

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