CHAPITRE III
agnélique» en différents points il» glo!«, et m»i;iirli<|iie( sur les cartes gcogriplnifuei.
Observations de déclinaison. Lignes d'égale déclinaison. Les voyageurs qui ont parcouru les diverses parties du nlobe depuis près de duux siffles ont recueilli un grand nombre d'observations relatives à la déclinaison de l'aiguille aimantée.
Les premiers qui observèrent à bord négligèrent Paclion exercée sur la boussole par le fer des vaisseaux; les résultats qu'ils obtinrent furent donc entachés d'erreurs qu'il était, du reste, impossible d'éviter à celte époque.
Ilalley est le premier qui ait essayé de réunir et de coordonner ensemble le grand nombre d'observations de déclinaison faites jusqu'à lui ; en 1700, il publia une carte marine dans laquelle sont tracées les lignes d'égale déclinaison, ou lignes isogoniques , de 5 en 5°. Cette carte, à l'époque où elle parut, fit sensation, parce qu'elle permettait de saisir d'un seul coup d'œil la marche de déclinaison , depuis l'équateur jusqu'aux parties les plus septentrionales où les voyageurs étaient parvenus.
Des changements étant survenus dans la déclinaison, el les méthodes d'observation ayant été perfectionnées, on sentit de jour en jour combien les indications de la carte d'Halley devenaient défectueuses,
En 171"i el 1710, Mountain et llodson, ayant eu à leur disposition les registres de l'amirauté anglaise, et les mémoires de plusieurs officiers de marine , publièrent uni; nouvelle carte des déclinaisons.
Churchman fit paraître , en un atlas magnétique, dans lequel il essaya de donner les lois de la déclinaison, en s appuyant sur l'existence de deux pôles magnétiques, dont l'un était placé, pour 1800, sous la latitude de nord, et sous la longitude de KM-
MAGKÉTISSIi TBBBBSTBK.- 141
ouest de Greenwich, très-prés du cap Fairweather, et l'autre sous la latitude de tiH° sud et sous lu longitude de 165°. Cburchman avança, en outre, que lu pôle nord effectuait sa révolution eu 1096 ans, et le pôle sud en 228'J.
Cet ouvrage avait été précédé d'un aulre plus remarquable, qui parut en 1787, et dans lequel son auteur, M. Hansteen, donna le tableau le plus complet qu'on ait encore eu des observations de déclinaison. Cet ouvrage est accompagné d'un atlas nia^néliime mi mtrouvent toutes les lignes d'égale déclinaison. Le défaut de symétrie de ces lignes élait tel, qu'on dut en conclure que les causes d'où dépend le magnétisme lerrestro sont réparties irréguliorcuient sur la surface (lu globe.
M. Ilarlow a repris ce travail en IHZ'3; niais le capitaine Dnperrey a public, en tfi'tli, de nouvelles cartes, dans lesquelles la déclinaison de l'aiguille aimantée se trouve employée selon sa véritable destination, qui est de faire connaître la direction du méridien magnétique en ebaquo point du globe où elle a été observée, et, par suile, la figure générale de courbes qui ont la propriété d'élre, d'un pille magnétique à l'autre, les méridiens magnétiques de tous les lieux où elles passent (').
A la simple inspection de la carte des déclinaisons de M. Hansteen, on reconnaît le défaut de symétrie des courbes de déclinaison. On voit qu'il existe deux lignes sans déclinaison, l'une située dans l'océan Atlantique, entre l'ancien et le nouveau monde, laquelle
s'avance, dans la iliiveliim sud-est, à travers les lacs de l'Amérique du Nord, traverse les Antilles et le cap Saint-Boch, jusqu'à ce qu'elle atteigne l'océan Atlantique du sud, où elle coupe le méridien de Grcenwicli par BS* latit. sud. Cette ligne est presque droite jusque près de la partie orientale de l'Amérique du Sud, où elle se courbe un peu au-dessus de 1 equnteur.
La seconde liyne sans déeliiaiisim, qui est remplie d'inflexions, commence an (il." île lalil. sud , au-dessous de la >t nivelle-Hollande, traverse cette lie, s'étend dans l'archipel Indien, en se partageant en deux brandies qui coupent trois fois l'équateur. Kilo passe d'abord au nord de ce dernier, à l'est de Bornéo ; elle revient cn-
1*] mus le Tratlédt magnétisme lermlrr, ]>. 313, ou trouvera le libleau de» principale! aliénations de déetinaiion failei >ur tout le globe depuis IW», élirait du Obteau gcoeril dei observations magnétique! ditssJ par H. le capitaine Du-
H3 MAGNÉTISME TF.HHESTRR.
suite, et passa nu sud entre Sumatra et Kornéo, et , traversant de nouveau ré([naleor an-dessous rie Ceylan, d'où «r 1 1 passe à l'est an milieu de la met' Jaune, elle se dirige ensuite le imig de la côle de la Chine, puis atteint la lalit. rie 71°, redescend de nouveau ait nord eu faisant un grand carde semi-circulaire qui se termine il la mer lilanche.
Cook avança aussi qu'il existait encore mu: Iroisièiiie ligne sans déclinaison vers le point rie la plus grande inM^xii-m magnétique; niais elle n'a pas été suivie dans le nord ; de sorte que l'on ne connaît pas son cours. Les Toyageu'rs oal cherché aussi la série des points Oh ils pensaient que la déclinai.-! m était lu p!u~ ..'raiidc; Nmik a trouvé une ligne de ce genre dans l'hémisphère austral , à (Ht* W de Intit. et 113" 13' de longil. oceid., comptés du méridien del'aris.
Outre les lignes de non-déclinaison , M. Hansteen en a tracé d'autres qui les suivent et rionl la déclinaison est de .".», Il)" 13", etc. Ces dernières [jrésrnlanl une courbure sur elles-mêmes à leurs extrémités, il en a tiré la conséquence qu'il existe deux pôles magnétiques dans chaque hémisphère, dont l'un a une intensité plus (grande que l'aulre , et i[iu: ces quatre pôles ont un mouvement régulier autour des pôles terreslrcs. les deux pèles du nord allant de l'ouest a l'est dans une direction oblique , et les deux autres de l'est il l'ouest aussi obliquement.
Il assigne à ces révolutions, d'après les observations faites [Ultérieurement il 1817, les durées suivantes :
Au nord, pôle dont l'intensité est lapins forte, 1710 ans. Au sud, idem, la plus forte, *609
Au nord, » idem, la plus faible, 800
Ausud, idem, la plus faible, 1304
Suivant M. llansfecti , les deux plus forts pôles se Iromenl à l'extrémité d'un axe uiagnélique . el les deux plus faibles à l'cxtrémilé d'un autre axe, dont la position change eu vertu de causes qui ne sont pas encore connues.
Depuis, M. Hansteen a recueilli les observations faites par tous les voyageurs français et anglais qui se sont mis en garde contre les causes d'erreurs que leurs devanciers avaient négligées, et a revu les calculs qu'il avait faits, pour déterminer lu position des pôles magnétiques, ainsi que le temps de leur révolution. Voici les résultats qu'il a obtenus :
Pôle fort au nord. Les observations faites en 1813 par Ira ouï-
ciers dit vaisseau anglais le Brazen , dans lu Imio d'Hudson , assignent 07" 10' pour lu hititiide du pôle nord, et 92° 24' pour la longitude occidentale. D'après eus données, on a :
1730 , 70MS'j 108* 8',
1700, 70M7', 100°2', 1813, tiVlor, 93° 24'.
On voit donc que le mouvement du pA!e h l'est,
du 1730àl769, aétéde8-4', ou de 12' 11" par année; — 1769h 1813 - de7"38',oudc I»' 41" par année. Moyen mouvement : MM", 23.
Période de la révolution remplèlc, 1890 ans.
Le capitaine l'urry, le 18 août 1819, se trouvait au nord de ce pôle ; l'inclinaison était alors île SH~ 37'; le 1 1 septembre, sa position était telle que la déclinaison était di: :t" à l'ouest du pôle, et la latitude de 71" -27'; il en résulte que lu latitude du pèle magnétique devait être d'environ 71° 27'.
Le capitaine Ross, qui a été ensuite sur le polo même , a trouvé qu'il était situé par les 70" 3" de latitude nord, et les 99° 3' W" de longitude ouest, à compter du uiéridiisn de ijreenwich.
Pâle fort nu suri. M. Hangteen, en combinant lus observations de Cook en 1773 et 1777, avec celles de l'urncnux en 1773, cl les comparant avec les nbsciAutioiis de Tusinun eu 1012, a trouvé, pour la position do ce pôle :
1612, latitude nord, 71' .ï; longiuest, 146° ST. 1773, latitude nord, 09°26'S" 136° lu 4".
Le déplacement de ce pôle en 131 ans est de 10° 14, ou do V 67'
l'Ole faible au nord. M. Ilansteen, en comparant les observations faites en 1770 et 1803, à Tobolsk , Tara etUdinsk, en Sibérie, a trouvé pour sa position à ces deux époques :
1805, 83 211, 19 Ainsi ce pôle achèverait su révolution de l'est à l'ouest en 860 ans.
Pâle le plus faible au sud, La position île ce pille a été déterminée à l'aide des observations fuites par Ook et Kut ncau.t en 1774, et Halleyen 1760.
MÀQNÊT16KE TEBRESTHK.
1774, 71 il 123 17 j 28 13 2 1U 57
Ce pôle accomplirait donc sa révolution eii 1303 ans.
Les recherches de M. de Uarlov. n'ont pas peu contribué à faii'i: abandonner l'hypothèse dont 11 vient d'être question , de deux pôles dans chaque hémisphère. Il a réuni, il cet effet , les observations les plus importants reluliies à lu déclinaison fuites dans les voyages récents, et en particulier, dans le voisinage lies pôles, celles du capitaine Ueechey, qui a eu le soin tl'i ■l'iii-U'i 1 les erreurs provenant de l'aUraclion locale, et celles qui ont été failcs sur les eûtes d'Afrique, d'Amérique et du la Nouvelle-Hollande, par les capitaines Ovven et King , ainsi que l< -s observations dit capitaine l.utké, au service de Russie, et celles de M. le capitaine liuperrcy, dans un mémoire communiqué à la société royale de Londres le !I mai 1833 [Transactions philos., 1833 : ce ]iiiysieien a exposé les principaux, faits i'oii- Ceroant la situation actuelle des lignes d'égale déclinaison et les changements qu'elles éprouvent à la surface du globe.
Tous les résultats ont été tracés sur une carte (pl. VII ), en ayant l'attention d'écarter toute vue théorique. Ainsi , là où il y avait solution de continuité par manque d'ol nervations , on a laissé des blunes; c'est ce qui est arrivé particulièrement vers le pôle sud. En Europe cependant, où les déclinaisons sont si bien observées, ces lignes mil été continuées sur la terre et snr l'eau.
Si l'on jette les jeux sur cette carte, qui est à peu près celle de M. Ilansteen, il part les additions mentionnées, on reconnaît qu'abstraction faite des portions qui oliVcnt <lr> courbures extraordinaires, ces lignes d'égale déclinaison doivent dépendre de lois que nous ne connaissons pas encore.
Eu admettant que les déclinaisons lussent, comme on l'a quelquefois supposé, uillueucées par les parties qui se trouvent dans leur voisinage immédiat, on ne voit pas comment pourrait avoir lieu cette régularité qu'on observe dans on grand nombre de parlies, sinon dans toutes. Le tracé do lu courbe dans l'océan Atlantique en esl un exemple.
Dans l'océan Indien ou a une limite sans déclinaison qui coupe l'eipiateur terrestre, et dont la roiu'hure est cMraordmuire; les lignes d'égale déclinaison situées à gauche de celle-ci ont une déclinaison occidentale, celles qui sont à droite une déclinaison orientale.
M. Barlow a remarqué quo les observations faites dnns res niera sont plus en harmonie entre elles que celles recueillies dans les mitres parties du globe; circons Innée que cet habile physicien allribue à la faible valeur de l'inclinaison et à ht forte intensité île la composante horizontale, qui expose moins celle-ci à être influencée par des attractions locales.
On reconnaît encore que dans ce même océan, pendant 40°, la ligne sans déclinaison court presque parallèlement A l'cquatcur, et pendant iO autres degrés elle revient dans le méridien. Mais eomiue, dans le cas de non-déclinaison, le pôle magnétique doit se trouver dans le méridien du lieu , il s'ensuit que le pôle doit aussi courir pendant 4(1", ou coïncider avec le pôle du jdolie. Tous ces faits, comme le dit M. Barlow, sont incompatibles avec l'existence supposée de qna ire pôles ui^'iiéliques, ou mémo d'un plus grand
Si l'on examine les courbes remarquables qu'on trouve dans le grand océan Pacifique, rien ne dénote, malgré leur caractère particulier, l'influence de causes locales. Ces lifines, au lieu de s'étendit vers les pôles, comme dans les autres parties du globe, retournent
Sltr elles-uièmesj de manièie à fumier îles liâmes semblables, quoique irrcgulières. Cette disposition ne permet pas non plus d'adineltre l'existence de quatre pâles.
Passons aux changements progressifs de situation et de configuration des lignes d'égale déclinaison.
D'après les documents les plus authentiques, il paraît que c'est vers l'année 1660 que la ligne sans déclinaison doit avoir traversé l'océan Atlantique presqu'à angle droit avec les méridiens de nos contrées, comme cela se voit aujourd'hui dans l'océan Indien. Depuis ce temps, elle a été graduellement en descendant vers le sud et l'ouest, et aujourd'hui elle traverse la partie orientale de l'Amérique du Sud. Cette ligne sans déclinaison traverse l'Australie; mais il parait que, s'il y a eu depuis soixante ans quelque changement, il a dù Être très-faible. La déclinaison dans celle localité paraîtrait donc aussi fixe que sur la cote d'Amérique. Ce qu'il y a de particulier dans cette presque constance dans la déclinaison, c'est qu'on n'a rien vu de semblable dans notre hémisphère. Le mouvement pendant un certain nombre d'années, avant et après le passage actuel de cette ligne, n'a jamais été très-rapide ; mais aussi il n'a pas été presque aussi slalionnaire que dans l'Australie.
On a remarqué aussi que, dans l'Inde occidentale, les Iterinudes
et quelques autres lieux où la déclinaison est faillie, le changement n été également très-peu considérable ; mais on n'a pn« encore reconnu de points où la déclinaison soit grande et stationnnire en même temps.
M. Boriow a montré que partout où l'on a tenu exactement note des déclinaisons , et où le déplacement a été considérante, on a pu toujours réduire ce mouvement de déplacement a la relation circulaire d'un certain pôle magnétique pris vers le pôle de la terre.
Churchmann parait être le premier, comme on l'a vu, qui ail eu l'idée d'attribuer un pôle à chaque lieu, et qui ail calculé d'après ce principe les déclinaisons qui ont été observées à Londres, de dix en dix ans, depuis I(i32 jusqu'à 1800. En comparant ces déclinaisons avec celles actuellement observées, les différences sont peu considérables.
M. Uariow a fait une comparaison semblable, non en assignant le lieu du pôle, mais en le déterminant d'après l'inclinaison et la déclinaison. Ces différences, quoique n'étant pas aussi petites, sont cependant peu sensibles; elles ont été encore plus faibles pour les déclinaisons calculées et lus déclinaisons observées à Paris , a Copenhague fil à Londres , et il en a conclu naturellement qu'on doit regarder comme extraordinaire un accord aussi remarquable entre les décliiiaisiins ralculées et celles olwervées dans des lieux situés à plus de 30" de différence, si la supposition d'une révolution polaire nVIiiil pas fondée. Comment, d'après cela, rendre compte de ces points stationnai res ou presque stationna ires oii la déclinaison est nulle!
Les courbes tracées sur la carte que nous examinons dans ce moment présentent celte particularité remarquable, que le véritable lieu où le capitaine Hoss a trouvé que l'aiguille d mi linaison était perpendiculaire à la surface du glolw est précisément le point où, en admettant que toutes les lignes se rencontrent, celles-ci conservent le mieux leur caractère d'unité, soit qu'on les considère séparément on dans leur ensemble.
On a vu plus haut que M. Uariow n'admettait qu'un pôle magnétique dans chaque hémisphère : Il a déterminé la position de chacun d'eux, en supposant que les phénomènes magnétiques du glolie sont les mémos que ceux que présente une houle de fer, et en s'appuyanl sur les meilleures observations de déclinaison ou d'inrliiiiiison faites dans diverses parties du globe.
Méridien! et parallèles magnétique*. Les ligues d'égale décli-
liaison dont nous avons parlé plus linut ne peuvent «voir d'aulre importance que de grouper d'une manière méthodique les observation» faites à une époque déteiTninée, surtout depuis que M. Duperrey h trouvé un moyen graphique à i'nide duquel il a tracé la figure des méridiens magnétiques tels qu'ils doivent eïre considérés dans l'état de nos connaissances ( pl. VIII).
Les méridiens magnétiques ne sont pas des lignes hypothétiques; ils résultent de In direction de l'aiguille aimantée eu chaque point du globe. Supposons que l'on parle d'un point quelconque, cl que, cheminant toujours dans le sens de la direction de l'aiguille aimantée, d'abord vers le pûle nord , ensuite vers le pôle sud , un relève tous les points par lesquels on aura passé, la courbe qui les réunira tous formera mi méridien magnétique. Si l'on prend un nuire point de départ voisin du premier, et que l'on (race de lu inéme manière un méridien ma Clique, n> méridien rencontrera le premier en deux points situés l'un vers le pôle nord, l'autre vers le pôle sud. En traçant sur le globe un certain nombre de ces méridiens, et prenant les points d'intersection de deux méridiens voisins, on aura alors, dans chaque hémisphère , une courbe fermée résultant de la réunion de tous les points d'interjection : il est naturel d'admettre que le pôle magnétique du chaque hémisphère se trouve nu rentre de l'aire renfermée par ces courbes. Ln planche VIII indique le tracé d'un certain nombre de ces méridiens sur une carte de Mercator; k planche IX indique le tracé sur une position polaire. Il suffit de jeter les yeux sur celte carte pour se faire une idée des rapports qui existent entre tous ces méridiens que l'on ne peut se refuser d'admettre, puisqu'ils ont chacun pour élément la direction de l'aiguille aimantée dans chaque point du globe.
Outre les méridiens magnétiques, M. Kupurrcy a tracé encore sur mêmes cartes des courbes normales an\ méridiens , et qu'il a appelées pour ce iniiti!' parallèles magnétiques , en raison de leur analogie avec les parallèles terrestres.
La ligue marquée cqualcnr magnétique sur la planche Vill est la courbe perpendiculaire il tous les méridiens magnétiques, passant pur leur milieu, etanalnsrne àleqnatenr terrestre qui est perpendiculaire à tous les méridiens géographiques. Mais le vérilable équateur magnétique esl représenté par une ligne ponctuée ; c'est, comme on le dira plus loin, la ligue des points où l'inclinaison est nulle {').
(*) MM. Causî et Wober onl publié une carte .1rs parallèles magneïl<|iies diiu
Observations d'inclinaison faites en différents points du globe. Los observations relatives à l'inclinaison ont occupé les voyageurs non moins que celles île la déclinaison ; aussi en trouvc-l-on un grand nombre dans les relations qu'ils ont publiées; mais elles paraissent avoir moins d' importunée, en raison du rôle que jouent les déclinaisons dans la détermination des méridiens magnétiques.
En étudiant la marche de l'inclinaison sur le globe et en parlant de Paris, se rendant vers le nord , on a trouvé que le pôle austral de l'aiguille s'abaisse de plus eu plus au-dessous de l'horizon ; que l'iijrliiiaison augmente en même temps que la latitude, et que dans les régions polaires il existe des points où elle est de thr.
En se dirigeant an contraire dans l'iicitiisplière mistral , on a reconnu que l'inclinaison diminue avec la latitude, et qu'il existe, non loin de l'équntcur, des points où l'aiguille est sans inclinaison. Au delà de ces points, l'inclinaison recommence, mais dans un sens inverse, et continue h augmenter jusque vers le pôle, où elle est de 90". La courbe qui comprend tous les points . h ni l'aiguille aimantée est sans inclinaison, a été nommée équatetir magnétique; et les points où l'aiguille est verticale, pûles magnétiques. Toutes les observations d'inclinaison tendent à trouver non-seulement lu position de ces derniers, niais encore celle de l'équateur.
Lignes d'égales inclinaisons ou isodiniques, et èquateur magnétique. Il parait que la première carie des lignes d'égale inclinaison est relie qui a été dressée par Wilckc ; on la trouve insérée dans les mémoires de l'Académie de Stockholm, pour l'aimée 17(38- La même carte a été reproduite plus lard par le Monnier, mais avec des modifications considérables.
Les cartes de ce genre qui méritent d'être prises en considération sont, pour l'époque oii elles ont été dressées, celles que M. Hansteen a publiées en 1810.
aquclle chaque parallèle jmrlc une cote numérique. Celte coin est un paramètre virlitile qui te présente dans l'équalion générale (les parallèle." magnétiques, et qui a la même valeur dans toute l'étendue de ces courba, mais qui varie en passant de l'une à l'an Ire. Dans la théorie générale du magnétisme , chaque parallèle est considérée comme étant l'intersection de la surface de la terre avec une surlace de niveau magnétique, il j .1 : infinité >h; telles suriÏH-cs île niveau ; elle» jouissent de cette propriété, qu'en chacun de leurs puints la nnrmale à la surface représente I* dlreftiun des forces magnétiques terres Ira. La propriété qu'ont les parailèlcs magnétiques d'élre norntiut 0 l'alguillt aimantée est MM couséqueuce de
MA0NÉTISJ1E TI-.llHF.5Tnr.. 113
Les lignes d'égale inclinaison sont analogues nu* parallèles terreslres qu'elles coupent obliquement, [nais elles n'en ont pas toute la régularité, et sont d'ailleurs d'autant moins parallèles entre elles qu'elles se rapprochent davantage des régions polaires, où elles circonscrivent les pôles magnétiques de tonte part. Ces pôles, qu'il ne faut pas confondre avec les centres d'action intérieurs qui sont les vrais pôles magnétiques de la terre, sont tout simplement les poinls de la surface où l'aiguille aimantée, suspendue par son centre de gravité, prend la direction de la verticale.
M. Hansteen, comme nous l'avons déjà dit, a cru pouvoir dé. (luire aussi de la figure des lignes d'égale inclinaison qu'il existe deux pôles magnétiques dans chaque région polaire; mais cette assertion n'est pas généralement admise.
Selon M. Duperrey, les lignes d'égale inclinaison ont, comme 1rs lignes d'égide déclinaison , l'inconvénient de ne pas élre l'expression d'un fait uniquement dépendant de l'action du magnétisme. Chaque inclinaison est la mesure de l'angle que fait l'aiguille avre le plaît de l'horizon, ou, si l'on veut, avec la verticale du lieu de l'observation. Si la ligne d'égale inclinaison était un cercle parfait de la sphère, les verticales de tous les points de ce cercle auraient, ilims la direction des plans des méridiens magnétiques, une direction qui leur serait commune, en sorte que toutes les aiguilles suspendues le long de ce cercle suivraient elles-mêmes une même direction. Mais , du moment que la ligne d'égale inclinaison se présente sous la forme d'une courhe il double courbure, les inclinaisons, n'étant plus comptées a partir d'une direction unique des verticales, expriment deux faits à la fuis: l'un qui dépend uniquement de l'action du magnétisme, l'autre de la direction particulière que suit chaque verticale ; et l'on conçoit alors que la relation que nous établissons pur nos courbes, entre les valeurs égales de l'inclinaison , n'a plus de rapport avec la relation que les directions des aiguilles ont entre elles.
Cette appréciation des lignes d'égale inclinaison s'applique aussi à IVqtiatcur magnétique, dont nous allons parler.
WHeke n donné une figure de l'équateur magnétique ou ligne sans inclinaison, en 1"G8. MM. Hansteen et Morlet l'ont reproduite a des époques beaucoup plus récentes, en se fondant sur les nombreuses observations qu'ils ont puisées dans les voyages de Cook, d'Eckbcrg, de l'anlon, de la l'érouse (').
(*) L'on doit il M. Morlet un moyen facile de Taire ronnwrir a la détermination
ISO
Al. Duperrey o donné pour 182S une détermination de In ligne sans inclinaison , dont nous allons parier, on se servant des observations qu'il avait recueillies. (Becquerel, Traité du magnétisme terrestre, p. 394.)
M. Duperrey a tracé, comme on Ta vu page U1, sur la planche VIII, les parallèles et l'équateur magnétique:
a Le nombre des points déterminés par toutes les otservalions qui me sont parvenues, dit-il, est de 37(1, lequel se réduit à 7.% en prenant tin milieu entre les coordonnées des points qui se trouvent a moins de il° en longitude les uns des autres.
« La nouvelle courbe qui résulte de ce3 73 points est a très-peu
près cfillt! ipit' j'avais déjà obtenue de nies ebservulions faites dans le voyage de lu cm-vette lu Cot/til/tr. Néanmoins je m'empresse, de dire qu'elle a sur celle-ci deux avantages qu'il importe de signaler. L'un de ces avanlages esl de ne plus présenter les irrégularités
enndiiires qu'un plus grand nonibru d\ilisen;il k>ns devaient nér.'i'ssairement faire disparaître; huître, de réduire à 47° une lacunn de 3.'l° en longitude qui existait dans le grand Océan, à l'ouest du méridien de l'île de Taiti. C'est aux observations du voyage de Vitrante, que M. de Frcycinet a eu l'eiii ènie lioutu de mettre a tas disposition , que l'un doit ce dernier avantage.
u Si l'on suit, sur la carte VIII e , la ligne sans inclinaison dans une carte, l'on verra qu'à partirdu nœud atlantique, qui est auprès de l'ila San-Tomé, par 3" 2(1' Ue lungilude orientale, cette courbe se dirige vers l'Ile de l'Ascension, passe à r 40' au sud de cette llo; descend obliquement vers le 1S* parallèle de latitude sud , qu'elle coupe auprès de Sahil-tieix'jics, en enlnuit dans le cuntineiil de I ' Al iut li jde-,
et qu'elle la prolonge ensuite, en inclinant néanmoins un peu vers le sud , pour atteindre, entre nixas et C.uaybas, la latitude dû lli' II)', où elle parvient à son m.iximum absolu d'excursion australe. De la elle remonte sensiblement au nord, sort de l'Amérique auprès île Truxillo, situé sur la cote du i'erou, pur H" de latitude sud, el s'étend dans le grand Gréai) cquiuuxial, en su rapprochant iusen-
cl i ■ f.Ve cumin: l>'- i.lisii vflidii.i ivMiir-s ik'S lii in i|iiVili- |i.iri-.Muil. On sali q"t M. IiînI, rfeiiniiiut tuiiliw le. ai Iumin ;nij.lr,ili-s il burtiili s iti! iiN.jiirh.nii' [ciruittii ru ili'in ri'Mlrrs il'ai lion, rjii'il ylarv. ,1 uni! Iri'S-jn-lili' liislaum; ilu ttlilri; iln >l"'i est artinS a une fiiriiiiik- igue l'un |>eirl t'tpriincr aimi : lang. l = î tang. L.
1 Élanl l'inclinaison et L la lalilude i™j;iiéliu.iie. C'est Je celle formule ilnnl SI "ortell raituuge.
DigitizGd b/Coogl
liiGnÉTlSlIS TERRUTIK. IS1
blemeol de l'équateur terrestre, qu'elle ne parvient à rencontrer qu'entre 106° a» de longitude occidentale et 175° W de longitude orientale; espace dans lequel se trouve son nœud polynésien. A partir de ce nœud, la ligne sans inclinaison commence son excursion dans l' hémisphère boréal en passant a peu do distance au sud des iles Mathews, Ouatan , Valientès, Hogoleu, Oulié et Palaos, qui appartiennent au vaste archipel dos Iles Carolines ; passe ensuite sur la position de la ville de Miiidnnao cl sur In pointe nord do Bornéo, d'où clic se dirige vers la pointe nord de Ceylan, oii se terminent les observations les plus récentes qui ont servi il fixer sa position. A l'est de Ceylan, elle se dirige vers la partie méridionale île l'Ile Hocnlora, dont elle coupe le méridien par 1 1" 10' de latitude nord , il en juger du moins par les observations déjà fort anciennes de Panton, corrigées empiriquement; elle redescend ensuite obliquement vers le sud, en traversant l'Afriquo, pour venir rejoindre l'ilo Siin-Tomé, oii se trouve son nœud atlantique.
« A jimt cherché qui lle sérail lii punition du plan moyen de la ligne sans inclinaison , j'ai trouvé que ce plan passerait à environ 11 milles au nord du plan de l'équateur terrestre! qu'il ferait avec ce plan un angle de 10° 40', et que son axe percerait la surface du globe on deux points situés dans les régions polaires :
l'un, par 70° H' N. et 78" 20' O.
l'autre, par... 19* 11' 8. et 101° W E.
«Dans la recherche des méridiens magnétiques, j'ai pu déterminer exactement la position des points du la surface du globe où l'aiguille aimantée suit la direction de lu verticale, et qpc pouf celte raison on nomme pôles magnétiques.
a J'ai fixé l'un de ces |>oles,
I>ar 70° 10' N. et 100° .10' 0.
etl'aulrepar 7.V 0' S. et 136° (I' E.
n L'on voit que ces pôles ne coïncident pas avec les extrémités de l'axe de l'équateur magnétique; néanmoins ce n'est pas une raison pour repousser l'hypothèse des doux centres d'action voisins du cenire de la terre; c'est au contraire une raison pour l'admettre, car il suffit que ces centres d'action soient sur une corde voisine, Itarnllèle à l'axe de l'équateur magnétique, pour qiio les pôlc3 ma- ^[n'-liqnes de l,i *Hrl';u:o soient ;in\ extrémités d'une seconde corde ii peu prés parallèle, mais située nu delà de celle-ci par rapport au centre du glolie.
153 HiONHTlBMR TKBBESTHE.
« J'ai déjà dit que les lignes d'égale inclinaison exprimaient un fuit qui ne dépendait pus uniquement de l'action du magnétisme. A ce litre, lu ligne sans inclinaison ne devrait pas être considérée comme un véritable équatcur magnétique. 11 en est de cette courbe comme des lignes sans déclinaison , auxquelles on avait donné et l'on donne même souvent encore le nom de méridiens magnétique*, quelle que soit lu manière dont elles coupent les directions horizontales de l'aiguille aimantée. Toutefois l'inconvénient n'est pns aussi grave pour lu ligne sans inclinaison que pour les lignes *uus déclinaison, l'uni 1 m'en assurer, j'ai cherché quelle serait la ligure il une courbe dont lu condition serait d'être pei-peiidindimr à tous les méridiens magnétiques , et dont la moyenne des latitudes nord et sud serait égale il zéro; ce qui est ù peu près la moyenne des latitudes de lu ligue sans inclinaison. J'ai trouvé «pie h ii^iinde celte courbe, qui ne dépend d'aucune cause étrangère à l'action, iln magnétisme, il que prinr celle raison je suis porté a rorisidiTi.'r comme un véritable équuteur magnétique, ne diffère pas esseiiliellement de la ligne sain inclinaison. ( Voir planche X, où cette ligne est représentée par une ligne pleine.)
u Le plan moyen de cette nouvelle courbe fait avec le plan de l'équateur terrestre un angle de 10* Si', et son axe, qui exprime, selon moi, la direction suivant laquelle le globe esl aimanté, perce la surface du globe en deux points situés dans les légions polaires:
l'un, par 79* ff N. et 7i-31'0.
l'autre, par 79* 8' S. et 108° 28' E. ;
direction qui diffère bien peu de celle que j'ai obtenue ci-dessu s pour l'axe du plan moyen de lu ligne sans inclinaison. »
Intensité tungtirlique du i/totie en divers points de .«> /wrfticr. M. de llossel, qui accompagnait d'Hutrccusleaii* dans son voyage ;i la recherche de l'infortuné la Peyrouse, u résumé une série d'otiservations de I7ÏI2 à 1193, a i'aide desquelles il a montré que l'intensité magnétique croirait de l'équateur à eliucun des pi\!es.
11 restait encore néanmoins des doutes sur ce fait fondamental . mais M. de Huniboldl les a levés Ions en prouvant par de nombreuses observations, faites avec le plus grand soin, que l'inlensilé de la li lire magnétique du globe est wiahlo en ililïereiils points. iPcpmi celte époque, les physiciens el les voyageurs n'ont cessé de s'occuper de recherches relatives à la détermination de l'intensité des forces magnétiques terrestres.
JIAfiSÉTISMF. TBHRESTHË.
M. de Humboldt s'cs! attaché particulièrement, dans ses observations magné liq lies, à déterminer la loi suivant laquelle varie l'intensité des forces magnétiques à diverses latitudes. Il découvrit, en se rendant au liant Orénoque et au Hco-Negro, pendant l'été de 1800, que celle intensité allait en croissant des liasses latitudes aux pôles. Ainsi la même aiguille d'inclinaison qui avait donné, en dix minutes, à Paris, 245 oscillations, n'en donnait plus que 321) à Cumana (lat. 10° 28' bor.) et 216 à San-Carlos de! Rio-Negro (lut. 1° 33' bor.), et sous l'équateur i[i;ign<''lique., 211. Celte observation sous l'équateur eut lieu en septembre 1802, el un mois plus tard il vit de nouveau l'intensité augmenter dans l'hémisphère méridional , eu s'éluiguant de l'équateur magnétique. M. de Humboldt , en publiant cette loi de l'accroissement magnétique vers les deux pôles, montra aussi comment les forces varient régulièrement par zone.
Lu grande intensité des forces observée à Carthagène des Indes, à !a Havane et au Mexique, prouve que la diminution de l'intensité sous l'équateur magnétique ne peut être attribuée à un affaiblissement dans le magnétisme de lu boussole. M. de Humboldt s'est assuré, du reste, que le magnétisme de l'aiguille n'avait pas changé. 11 a fait aussi osciller sou uiguilie dans le méridien magnétique el dans le plan rectangulaire : l'inclinaison qu'il en a déduite, au moyen du calcul, s'est trouvée la même que celle qu'il avait obtenue directement par l'expérience.
En comparant la valeur de l'intensité exprimée par 210 oscillalions à Cart h agéne des Indes (lat. bor. 10° 23'), en avril 1800, h celle qui est représentée pur 211 à Madrid (lat. bor. 40° 13'), Al. de Humboldt a découvert un autre fait très-important r c'est le défaut de parallélisme des lignes isodynamiques, el d'égale inclinaison. A Madrid, l'inclinaison était, en octobre 1198, de 7"° 62', et à Carthagène des ludes, de 39" 35'.
Les faits importants que nous venons d'indiquer ont été confirmés dans ces dernières années par les nombreuses observations fuites dans les expédiions anglaises aux régions polaires et dans les voyages autour du monde par les navigateurs fronçais.
Nous nous bornerons seulement à dire qu'en représentant par 1 l'intensité magnétique ii l'équateur (magnétique), l'intensité varie délai ,83 en s'élevant dans les hautes latitudes , comme cela résulte de l'examen du tableau suivant :
1S< JI*G»BTISMR TSI1WTIK-