‹ Traité d'électricité et de magnétisme et des applications de ces sciences à la chimie, à la physiologie et aux artsChapitre 25 sur 40 · FIS. S · texte numérisé non relu

FIS. S

d'un axe vertical , est maintenu h une petite dislance de l'électrnaimant E par la lame de ressort r. L'u long liras de levier W est tixe perpendiculairement au contact, en sorte que, pour de trèspetits mouvements ducontaot, il exécute d'assez grandes osnlhiïions; sa course est d'ailleurs réglée par une vis de pression.

A l'extrémité f de ee levier est adaptée la lige cl qui porte le crayon. Cette tige est munie d'une roue dans les dents de laquelle lient s'engager le ressort h. Lorsque le contact est attiré, le crayon (race une petite ligne sur le papier; niais c'est en tournant sur luimême, car lu résistance qu'oppose le ressort h aux dents de la

Le papier se déroule d'un ( ylindie C il s'en roule sur un autre C à l'aide d'un mouvement d'horlogerie conlenu dans la lioile 1'. Si le contact reste en repos , le crayon trace une ligne droite continue dans le sens de la ligne du papier; mais, si le contact exécute des mouvements de va-et-vient, le crayon trace de petites lignes perpendiculaires, et les signes de ce télégraphe sont donnés par ces lignes plus ou moins espacées, alternant avec la ligne fondamentale. Ces signes représentent des espèces de V, dont le nombre dépend du nombre des aimantations produites.

. Le manipulateur se compose, d'une table sur laquelle sont insrrils les chiffres de 1 à 9 plus le zéro, d'une roue mobile dont les bran-

neaux pouvant encadrer les chiffres, et d'un disque interrupteur, qui se meut eu même temps que la roue. Les branches de lu roue sont toutes munies de petites chevilles. L'nc cheville fixe est placée devant le zéro. Si l'on fait tourner la roue en prenant à la main une

par exemple, et qu'on amène relie cheville devant celle qui est line, le courant se trouve fermé ou interrompu cinq fois, et le crayon du récepteur donne les sûmes correspondants. Pour que l'un transmette la dépêche dans une station, il faut donc la traduire en nombres, puis transmettre ces nombres ;ivee le m a ni pu I «tour, et ils se trouvent reproduits en petites ligues horizontales sur le papier du récepteur.

On peut également, en se servant rie deux élect ro-i limants et de deux fils, inscrire les dépêches par double signe soit à l'aide de ce procédé, suit par celui de .Morse, soit par toute nuire méthode.

Têlèymphrs ilMi-ii-rhiniiipim. Les l.'léj,T;ipiiesélecti'(i-eliinii:|uej reposent sur des principes différents de ceux dont nous avons parlé, et peuvent également enregistrer les dépèches par signe sur des bandes de papier préparées pour cet usage. Celui qui a été le plus employé est fondé sur la décomposition électro-chimique du cyanure de potassium , et sur la formation de ce composé au pèle positif, à l'extrémité d'une électrode en fer; le cyanure de fer, dont la couleur bleue est bien caractérisée, en se déposant sur la surface du papier, donne le tracé des signes télégraphiques. Qu'on intagine, en effet, qu'à la stalion de dépari on ait un manipulateur dont la fonction soit seulement d'interrompre ou d'établir un courant électrique à des inlervallcs plus ou moins courts, comme une clef du télégraphe de Morse : si l'on suppose qu'à la station d'arrivée ou ait une puinte en fer servant de pôle positif à la pile et qui applique 1 contre une bande de papier imprégnée de cyanoferrure de potassium humide et mobile, toutes les fois que le courant sera interrompu, le fer ne hissera aucune trace sur le papier: mais, du moment que l'électricité passera dans le circuit, alors une trace bleue sera marquée sur la feuille de papier.

M. Bain a construit le premier un télégraphe de ce genre, pouvant transmettre une dépêche écrite d'avance à l'emporte -pièce avec la vitesse de quinze cents lettres par minute. Le manipulateur

310 iPFLlCATIONS WÏEBÏES

était formé d'une tige conductrice appliquant contre une roue métallique mohile ; sur celle-ci passait un papier découpé de façon à présenter des lignes et des points, comme on l'a déjà dit page 301 ; alors le contact n'était établi que toutes les fuis qu'une ouverture du papier permettait h la lige de toucher la roue.

Le récepteur était composé d'uni' ft.'uillo de papier imprégnée rie cyanoferrure rie potassium et humide, contre laquelle se mouvait en spirale, par suite d'un mouvement d'horlogerie, une lige en fer communiquant au pôle positif de la pile du télégraphe. On comprend dès lors que cette alternai iv« de lignes et de points m trouvait reproduite en bleu sur le papier, et que la dépêche était enregistrée. Mais avec cet appareil , quand on va trop vile, ou court le risque de passer des signes, en suite qu'il faut recommencer d'envoyer la dépêche.

On a fait aussi simplement usage, comme iv ce plein ■, d'un appareil analogue à celui de Morse, mais dans lequel il n'y a pas d'éleclro- aimant, et où la tige en Ter est toujours en contact avec une bande de papier humide ; le tracé sur les bandes de papier est alors plus commode que le tracé en spirale. L'appareil suivant , italique par M. Pouget Maisonneuve, inspecteur des lignes télégraphiques, et construit par M. Loiseau, offre cette disposition , et est d'un usage

Le manipulateur représenté figure 233 est une clef analogue à fi k . 333. celle du télégraphe de Morse. A

j; t'aide de la main, on abaisse le

bouton D sur l'arrêt E, et, suivant n établit le contact en E • ' ^ rapidement ou le laissant établi

plus longtemps, on ferme le circuit de façon h faire un point ou une ligne dans le récepteur.

Les trois boulons CAH sont attachés aux fils qui touchent a ht ligne télégraphique ou à la pile. C, au-dessous de la planche, louche à la masse métallique centrale G, et, d'autre part, est mis en, relation avec le fil télégraphique allant à la slalion suivante. B, qui communique avec l'arrêt E, est mis en relation par un lil avec un des pflles de la pile dont l'autre pûle communique au sol. On voit donc de celle manière qu'en abaissant la touche à l'aide du bouton D, chaque fois que le contact aura lieu entre D et E, le courant passera dans le fil de la ligue com m uni quant à C. Le bouton A communique au-dessous de la planche avec un.

DE L ÉLSCTBO-BlOHgTISlIE. 3 1 r

arrêt F contre lequel bulle une vis fixée ïi lu louche GD, quand celle-ci est au repos. Un ressort I niaintieni ce conluct. U'un nuire cilié, A est en relation par un fil avec le conducteur télégraphique de retour qui fait communiquer la seconde station avec la première, et dans le circuit duquel se trouve placé le récepteur situe j'ivs ilsi manipulateur que nous décrivons. On voit donc que , le manipulateur étant au repos, le circuit sera fermé en AC; quand D fonctionnera, lo circuit sera ouvert, mais, comme cet appareil n'est p<is disposé pour la transmission simultanée des dépêches, peu importe que le second manipulateur ne puisse fonclionner en même temps que le premier. Celte disposition est faite pour que l'employé n'ait pas à se servir d'uu commutateur pour fermer le circuit d'une ligne, et que celle-ci soit toujours prÊte a être mise en action. ,

Tif wi-

Le récepteur complet est représenté figure 231. J est ie relais mis eu action par le manipulateur décrit plus liant el qui ferme le circuit d'une pile locale agissant sur le récepteur proprement dit ABC. En II se trouve un mouvement d'horlogerie dont l'effet est de faire tourner Jeux cylindres B' et B, qui entraînent une bande do papier C. Celle-ci, qui est imprégnée de cyanoferrure de potassium, est enroulée autour d'un cylindre A enfermé dans une boite. Le mouvement d'horlogerie est entravé par un levier que fait jouer un boulon placé à côté du cylindre, et, comme ce même boulon [«rte le style d'acier qui doit appuyer sur le papier, il s'ensuit que lorsqu'on veut rucltre l'appareil en fonction, il suffit de tourner le bouton pour dérouler la bande el faire appuyer le style d'acier contre elle.

Afin de bien comprendre le jeu de celle dernière pièce, on l'n représentée agrandie, lig. 23j. A est le bouton mobile qui, à l'aide d'un leiîer, entrave le mouvement d'horlogerie quand l'appareil est

APPLICATIONS DIVEHSES

au repos. CD est le premier cylindre métallique sur lequel se déroule le papier humide.

ab est nu bout de ressort de montre qui sert de style d'iicier , et dont on règle la pression avec mie vis supérieure.

Lorsque lo relais agit et met en communication la pile locale avec le récepteur, il faut que le pôle positif de cette pile commu-

nique a A , et le pôle négatif au cylindre Cl) , et le cyanure de potassium, étant décomposé par l'action du courant, donne sur le papier des trails ou des poinls suivant la manière dont agit le manipulateur. On se sert alors de l'alphabet représenté page 300 , et en usage pour le télégraphe de Morse.

A la partio supérieure de la ligure 231 se trouve une boussole que l'on peut employer pour vérifier si le courant passe; mais cette addition n'est pas indispensable.

Le papier sur lequel on trace la dépêche doit être préalablement trempé dans une préparation composée de la manière suivante :

Eau 100 parties.

Azotate d'ammoniaque cristallisé 130 b

Cyanure jaune de potassium et de fer.. 5 »

La présence du l'azotate d'ammoniaque rend le papier assez hygroscopique pour qu'il soit toujours dans un étal d'humidité l'onvenabie à la manœuvre du télégraphe.

Le télégraphe élcctro^imique est plus simple que le télégraphe de Morse, car le récepteur se trouve réduit à un mouvement d'horlogerie et a un style formé d'un ressort en acier qui doit toujours appuyer sur le papier à écrire; le levier à pointe sèche, et la bobine avec son armature, c'est-à-dire les parties les plus délicates et coûteuses du télégraphe de Morse, deviennent donc inutiles. H exige, comme celui-ci, l'emploi d'un relais, et en outre il fonctionne sous l'action d'un courant plus faible. Du resie , on fait usage des différents accessoires dont il a été question plus haut a propos de ce dernier appareil.

Dans les télégraphes enregistreurs employés jusqu'ici , on n'a fait usage que des courants électriques provenant des piles vollaîques, et non pas des courants par induction, développés à l'aide du mouvement relatif des aimants et des circuits fermés; cependant il est possible d'utiliser ces derniers, comme dans les télégraphes indicateurs : les appareils qui ont élé construits par M. Sainte-

DE L'ELECTBO-JUGiVÊTISllE.

Preuve et par M. Du jardin en sont des exemples. Mais jusqu'ici on s'en est tenu à l'emploi des piles, à cause de la facilité de la maiiuwtc et de la simplicité des appareils.

On a fait usage également de papier enduit d'ioduru de potassium el d'amidon , et on n'emploie alors, pour tige positive, qu'une i\m en platine. La réaction qui donne la couleur nécessaire pour tracer la dépêche provient de ce que, l'iodurc étant décomposé par le courant, l'ii -(K* as:il sur l'amidon ut donne une teinte bleue bien connue. Mais, quoique cet appareil soit très-sensible, le télégraphe précédent est préférable, d'après les résultats qu'il a donnés.

Télégraphes imprimeurs. On a construit plusieurs télégraphes imprimeurs, à l'aide desquels les dépêches sunt édites en lettres sur des bandes de papier ; il suffit de concevoir que dis caractères (i'iui|!iiiiu'no sonl amenés successivement devant le papier mobile, et, à l'aide de l'action d'an électro-aimant , donnent une impression sur sa surface; mais nous ne nous y arrêlous pas, car ce sont plutôt des appareils curieux sous le rapport meciioique qu'utiles an point de vue de la télégraphie électrique. Il en est de même des télégra-

pltis aiiltifii'Uphiqui.^. ( te...

Nous n'avons décrit dans cet ouvrage que les principaux appareils employés, les seuls qu'il soit essentiel de connaître, c'est-àdire les leli'-gra plies à cridtun et à aiguilles, soit électro-magnétiques soit magnéto-électriques, le télégraphe de Morse et celui qui imprime élcctro-cbi iniquement les dépêches.

Les appareils télégraphiques élant décrits , il faut examiner comment, à une grande distance, ou met en relation lu manipulateur et le récepteur, et quelles sont les dispositions des piles, des conducteurs et des accessoires en usage sur les lignes télégraphiques.

Piles et sources électriques. Lorsqu'on emploie des télégraphes magnéto-électriques, le manipulateur lui-même renferme la source d'électricité qui doit agir aussitôt que l'on envoie la dépêche; il n'y a pas à revenir sur ce que nous avons dit à propos des appareils d'induction dans le livre XI, si oc n'est qu'il faut proportionner la longueur du M qui entoure l' électro-aimant h la résistance du circuit,c'est-àdireà la longueur de la ligne télégraphique à parcourir.

Lorsque l'on fait usage de télégraphes électro-magnétiques ou électro-chimiques, il est nécessaire d'employer des piles donl le

APPLICATIOIVS DI YEUSES

nombre d'éléments dépend de la résistance du circuit, c'est-à-dire 'li' la longueur du fil à parcourir. Ainsi , de Paris à Amiens , est mi télégraphe du gouvernement figuré page -1H0; avec 1-2 Éléments :'. sulfate (lis cuivre, im peut marcher; pour la sûreté de la communication, on en met 18. lie Caris à Calais, ou marche arec 13 éléments (le lîunsen.

La forme de ces couples est assez variable, et l'on peut consulter ee que nous avons dit sur ce sujet t. I, p. 219 et suivantes.

En général , on fait usage de couples à sull'nh; dit cuivre analo-

verre ou en terre A. Le vase en terc'e poreuse P porte une petite plaque en gutta-percha il la partie supérieure, plaque percée de trous afin de laisser passer le liquide du diaphragme au-dessus d'elle. On met de l'eau dans la case zinc à l'extérieur du diaphragme ; si l'on veut, on peut j ajouter quelques gouttes d'acide sulfuriqne pour commencer l'action; ensuite il ne faut plus d'acide. Dans l'intérieur du diaphragme un met de l'eau et des cristaux de sulfate de cuivre au-dessus de la plaque en gutta-pereha. Le conducteur positif est une lige en cuivre plongeant dans la dissolution de sulfate de cuivre. Cette pile peut fonctionnel' ainsi pendant plusieurs mois, si l'on a l'attention de remettra, tous les cinq ou six jours, des cris tau* de sulfate de cuivre sur la plaque en gutta-percha.

Le plus souvent, pour les usages télégraphiques, on modifie la disposition précédente de la manière suivante : on substitue au fil positif et à lu plaque en gutta-percha un conducteur en cuivre formé d'une tige mince passant au milieu d'un disque également en cuivre plongeant dans le liquide à l'intérieur du diaphragme . mais de façon a ce que ce disque occupe lu partie supérieure de la colonne liquide : ce disque remplace la plaque en gutla-pe relia, et sert à maintenir les cristaux de sulfate de cuivre qui se dissolvent continuellement dans le vase poreux, «lu les remplace avec facilité, et l'on enlève le cuivre déposé à leur partie inférieure.

Dans les télégraphes mobiles, on a employé des couples à sulfate de cuivre dans lesquels les liquides, pour ne pas être répandus, sont remplacés pardu sable humecté à l'aide des dissolutions que l'uiiem-

CE L'BLECTRO-HÀC.SÉTISME. 315

ploie habituellement, sulfate de cuivre el eau salée ou sulfate île zinc.

On a employé, mais moins fréquemment , le couple à amalgame liquide formé d'un vase en terre poreuse, dans lequel ou verse de fir. m. l'amalgame liquide de zinc A, lequel est plongé - dans un liocal rempli d'une dissolution de sulfate de cuivre. Un fil de cuivre plongeant dans l'amalgame communique l'électricité négative, tandis que l'électricité positive est transmise par une lame de cuivre plongeant dans le sulfate du même métal. C'est ici 1* réaction de l'acide sulfuriquc du sulfate de cuivre sur le zinc de l'amalgame qui produit le courant éleo- ' trique.

n peut faire usage des roupies dont nous avons parlé dans le tome I , pages 219 el suivante;;, et sur lesquels il n'est pas nécessaire de revenir.

Emploi de la terre comme conducteur. Nous avons déjà vu, tome U , livre VI , page 168, que le sol humide, les couches superliciclles des terrains pouvaient servir de conducteurs aux courants électriques ; ce résultat important a été mis hors de doute lors de l'usage des premiers télégraphes électriques, et a pu ensuite être utilisé dans cette grande application de l'électro-magnélisme. On a recouou eu effet qu'il n'était piis néeessiire de deux fils parfaitement isolés pourforaier un circuit conducteur eutre un récepteur el un manipulateur télégraphiques, placés àdeux stations, et qu'un seul fil suffisait, pourvu que chaque extrémité fût en relation avec une lame métallique plongeant dans le sol â une certaine profondeur. Le sol fait donc fonction de conducteur, et permet de supprimer un des fils pour chaque paire d'appareil ; il en résulte qu'un seul lil bien isolé suffit pour le jeu d'un électro-aimant, et par conséquent d'un appareil télégraphique simple ; si l'on place plusieurs iils isolés les uns des autres sur les |>oteaux des chemins de fer, c'est que chacun d'eux sert pour un appareil isolé.

Dansées conditions, non-seule nient du (mine m.moniie, nuis encore avantage Ji utiliser le sol comme conducteur, car il a une résistance très-l'ail île et même négligeable devant eelle des fils employés. Ce fait résulte des expériences faites, eu lM.'i», par M. SUiinhcil; en 1812, par M. Whealstonc, et ensuite par MM. Matteucci, Breguet, et par les physiciens qui se sont occupés de télégraphie électrique. Nous avons vu dans le tome II que, dans le sol, la cou-

iliti'lil'iliti; a lieu ( nîiiim.' ciihc deux élei'lrudi.'? tr^s-] n'l i t es plt.njfjiji-s dans line masse liquide très-p-unde. et que dès lors ml ne peut plu» appliquer les lois du diamètre et de la section. Cependant cette section étant très- grande et même indétinic, la résistance, quoique LH'amleà t-^iililo ik- see:ion par rapport à un lil métallique, est cependant uéi.'lijjeatile, pan e que la cum [ti u Miir;ilîcm se fuit en tous sens.

On peut doim considérer l;i résistance à hi conductibilité de la terre comme nulle, c'est-à-dire que l'on peut admettre dans les ealculs fiiils sur de longues lignes télégraphiques, que. le sol a une conductibilité parfaite. On arrive aussi à cette conséquence, que, pour une très-grande distance, la surfaei- des Lunes destinés à transmettre l'électricité dans le sol est indifférente ; mais, pour des longueurs da quelques centaine* de mètres seulement, il y a uvanlugo à augmenter la surfilée de conlael des électrodes. Ou Lrajnie aussi en intensité en enfonçant profondément les électrodes dans le sol , tout en leur conservant la même surface. Pnur mettre en communication les fils télégraphiques et la terre, on ne se sert pas plutôt de lames d'un métal que d'un autre, et on emploie indiffère m ment des objets métalliques qui sont a la portée des opérateurs : on creuse habituellement le sol à I ou 2 mètres, suivant son humidité, on fixe un iil de fer galvanisé à un morceau de rail de chemin de fer, et on enfonce le rail dans le sol humide, en laissant ressortir le fil. Des morceaux ou des lames de plomb, de cuivre, donneraient les mêmes effets; on n'a rien trouvé qui indiquât qu'un mode de communication fût meilleur qu'un autre.

El est probable, d'après tontes les recherches faites sur ce sujet, que la terre conduit les courants électriques par un mode d'action analogue à celui qui a lieu dans les fils métalliques et dans les liquides. Mais ce qu'il y a de remarquable , c'est que des courants électriques peuvent se croiser en tous sens et à chaque instant sans se nuire l'un l'autre. C'est ce résultat qui avait fait penser à quelques physiciens que la terre agissait comme réservoir d'électricité , que les flux électriques s'écoulaient du chaque extrémité des pôles delà pile dans le sol, et que l'effet produit n'était pas du même ordre que la Iransmission des courants dans les tils métalliques.

On a fait une observation sur les lignes télégraphiques et que nous devons mentionner ici; elle est relative h l'existence de courants électriques qui circulent, tantôt dans un sens, tantôt dans un autre, en interposant un galvanomètre el en supprimant toute pile du circuit. Cet effet peut tenir ou à l'action de l'élec-

DE l/ÉLÏCTBO-HACSÉTISHE. UJ

Iricilc atmosphérique , ou à des courants d'induction qui se manifestent dans ces fils par suite des variations de l'intensité magnétique, suivant l'orientation des lils, ou bien à une action chimique produite sur les lames métalliques qui servent à mettre en relation l'extrémité, des conducteurs arec le sol, ou bien a l'action de courants terrestres décrits par l'un de nous.

Fils métalliques. Lignes aériennes. Tour établir la communication entre les appareils télégraphiques, ou se sert de lils métalliques. Le cuivre est employé avec grand avantage, mais le prix élevé de ce métal lui a fait préférer, dans le plus grand nombre de cas, lofer, quoique près de sept fois moins bu» eonduelcur (voir tome I", page H3) ; on prend les fils de fer d'un diamètre plus grand que celui des fds de cuivre, et l'on compense ainsi leur défaut de conductibilité.

Les fils de fer dont on fait usage oui habituellement quatre millimètres de diamètre, et, pour les garantir de l'o\yda(ion, on les recouvre de zinc par le zincage à chaud, procédé auquel on a donné le nom de galmnisathn (vuir tome II, page 109).

Pour que la communication électrique ail lien, il faut que les lils soient convenablement isolés, on peu! les placer dans l'uir ou bien sous terre, lin i''ranee, le long des lignes de eheuiins de fer, el toutes les fois que. cela es! possible, on emploie le premier mode d'isolement que l'on peut nommer isolement aérien. On place de cinquante' mètres en cinquante mètres des poteaux le long desquels les lils sont suspendus. Tes poteaux sont généralement en liois de pin injectés de sulfate de cuivre , quand ils sont encore en séve. Les tils sont suspendus ù l'aide de poulies H' en porcelaine, ou de supports . de même substance A', mais auxquels sont attaché? des crochets qui les supportent. De petits toits seraient nécessaires pour garantir de l'eau de pluie les parties non conductrices, et éviter la déperdition de l'électricité, due à ces causes. En outre des appareils. a suspension, on place de mille mètres en mille mètres des appareils tels que MN, appelés tendeurs, et destinés a tendre les lils métalliques

APPL1C1T10SS DIVEBSES

de chaque côté ;ïlsonl à chaque extrémité mi treuil avec un rochct, afin do remplir cette fonction, ut ils sont adaplés sur un appareil en porcelaine porté sur le poteau AB.

Malgré les précautions prises, ce mode d'isolement des fils n'est pas parfait, car l'humidité qui recoin re les poteaux et la porcelaine, [Mindant la pluie surtout, occasionne une déperdition d'électricité ; cependant , pour In plupart des cas, c'est encore celui i]in doit être préféré en raison île lu i:n ilîti> que Pou a de pouvoir surveiller leur maintien en lion état. La déperdition électrique, jointe au changenienl de résistance du circuit quand la température varie (voir tome I er , page HT), fait qu'il est nécessaire d'un nombre variable de couples d'un jour a l'autre pour faire fonctionner les appareils dans les mêmes i ondiiions ; mais, comme il est facile d'en ajùuler, on se borne a celte addition pour que lu jeu des télégraphes soit régulier. Quand on veut un isolement plus parfait, on peut employer des fils enduits de gutta-percha.

Lignes souterraines. On avait pensé a pincer les fils condiirleurs sous" terre, alin d'éviter les accidents de rupture cl pour ne pas avoir à s'occuper des fils sur ternie l'étendue de la ligne; les fils de cuivre recouvrit s de gulla-perchaont même été employés ainsi, notamment en Prusse. Mais il y a un inconvénient dans leur usage exclusif, et qui tient au changement mulénilaire que subit la gutia-perelia dans certaines circonstances, changement qui permet à l'eau dc.s'infil- Irer et qui fait cesser l'isolement nécessaire au fil. Ainsi, quand cela est possible, il est préférai 'le de s'en tenir aux fils tendus dans l'air.

Dans d'autres conditions où il est indispensable d'avoir recours aux fils souterrains, le mieux est de placer simplement un fil de fer dans un auget en bois ou autre, dans lequel on coule du goudron ou du bitume. Le fil étant placé au milieu de cette niasse lnridae est sulïi salement isolé. Si l'on place plusieurs lils à coté l'un de l'autre, il faut les isoler préalablement, en les entourant de cordons goudronnés, puis opérer comme avec un scui ; la matière en fusii ui pénètre, dans les interstices et rend l'isolement complet.

Lignes sous-marines. La transmission de l'électricité entre les pays séparés par la mer n'a pu s'effectuer qu'au moyen de cibles particuliers convenablement isolés et unissant les stations télégraphiques. Cette immense application , qui fait que la transmission est aussi facile à l'aide des cables sous-marins qu'a l'aide des Dis isolés tendus dans l'air, ne date que de peu d'années : M. TVheatstone, en 1810, avait proposé un moyen de résoudre la question, maïs

c'est M. Brett sous la direction duquel a été placé un coiiihictementre Douvres et Calais: le conducteur fut bientôt rompu ; néanmoins le résultat obtenu montra que le succès était possible. M. Cramplon s'occupa alors de celle question, cl réalisa celte iui- ■iicnsi' application eu unissant définitivement, en I8iil, par un cable sous-marin, la France et l'Anplelenc. Depuis celle époque, d'autres pays séparés par la mer ont été mis en reliions télégraphiques , et une des plus longues lignes failes jusqu'ici est celle qui sépare Varna de Balaclava : le câble n'a pjs moins de 3" milles de longueur, soit 701) kilomètres. Il est démontré dès loi s que l'on peut donner aux cables de très-grandes longueurs, et on espère même pouvoir mettre ainsi en relation l'Europe et l'Amérique. Les cables employés jusqu'ici ont la fo line de celui qui est indiqué ligure 231; cette figure représente une parlie L du cable qui unit Douvres et Calais. A l'intérieur se trouvent quatre fils de cuivre de 1 a 2 millimètres de diamètre, représentés par des points noirs sur la section du cable CD ; on se sert du cuivre afin de diminuer le diamètre du conducteur. Ces fils sont entourés de gutla-pcrcha vulcanisée ; ensuite on les entoure d'étoupe goudronnée, et on enveloppe le tout de gros fils de fer galvanisés tordus en hélice d'un piis uIIoiilîc. comme le représente Ai!. Ces fils de fer sont destinés à garantir de toute rupture les fils conducteurs en cuivre. Dans Le ■■àl.lc figuré ici, les dix (ils de far extérieurs ont chacun 8 millimètres de diamètre, et le cilble n nn diamètre total de 33 millimètres. Damée cable il y a quatre fils de cuivre, et par conséquent quatre circuits télégraphiques. On varie le nombre du ces fils, ainsi que celui des fils de Fer extérieurs ; il y en a de différentes formes, et même qui sont composés de plusieurs cables tournés autour l'un de l'autre.

Lorsqu'on fait usage de longs circuits souterrains ou sous-marins pour I* transmission des dépêches télégraphiques, et de plus qu'on emploie un grand nombre de couples, il se manifeste des effets électriques dont on a parlé tome I", pages 10.1 et suivantes , et qui nuiraient singulièrement au jeu des appareils si l'on ne prenait pas des dispositions nécessaires pour s'en garantir. En effet, le fil souterrain ou sous-marin étant chargé par le couranl comme le serait une bouteille de Leyde, le courant se propage en augmentant

APPLICITI0ÏS5 DIVEHSES

^raihiellemc-nl d'intensité , et ce n'es I <i n *jji»ri s un temps appréciable que l'effet magnétique nmhuumest transmis il l'autre extrémité du (11 ( voir tome 1", page 100). Les appareils ordinaires ne pourrnientdonc fonctionner qu'avec une vitesse beaucoup trop petite.

Si l'on opère avec des appareils magnéto-électriques, on évite les effets de te genre, car, lorsqu'un courant électrique est produit par rindiicliiiti d'un aimant, et vient à tresser immédiatement après, le courant qui se manifeste dans ce dernier cas détruit l'effet du premier; le flux électrique se propage donc régulièrement à chaque double mouvement du manipulateur. En outre de cela , le fil télégraphique communique au sol après chaque mouvement de l'électro-aimant, et ainsi qu'on l'a dit a propos du télégraphe décrit page 290.

Avec les télégraphes ordinaires cl les piles vollaïqties, si l'on fait usage du renversement de courant, et ainsi qu'on l'a déjà dit païe ~2Mi . le même résultat eal olitenn , puisque des couvants alternativement contraires se succèdent comme avec les courants magnélo-élcrtriques. C'est île cette manière que se Irunve disposé l'appareil de M. Varley, qui permet au télégraphe de Morse et au télégraphe étectro-ohimiqite plan'- eu Ire l'Angleterre et ht tlullaiitle . de fonctionner avec la plus parfaite facilité et avec In vitesse de 2S mois par minute. Dans'la disposition qu'il a adoptée, il est nécessaire, par le jeu de la clef, de faire communiquer nu sol le fil télégraphique immédiatement après le passage du courant, el à chaque lois qu'on établit cehii-ci avant de faire passer le courant inverse; on déverse ainsi dans le sol la charge qu'aurait acquise le fil , et l'on détruit l'effet qui nuirait au jeu de l'appareil.

Avec ee télégraphe, les courants alternés, quoique très-faibles, sont cependant suffisants pour agir sur un multiplicateur faisant fonction de relais; ce relais met en action une pile locale qui fait fonction ner à sou tour l'appareil de .Morse ou le télégraphe électrochimique.

Paratonnerres pnur les lignes télégraphiques. Lorsque l'atmosphère se trouve chargée d'électricité, elle peut, eu agissant par influence sur le ti! isolé, se communiquer aux appareils, les faire niamruvrer et empêcher l;i transmission des dépêches, et même, si elle est en quantité suffisante, ftnulre les fils des électro- aimants et donner îles commotions au\ opérateurs; ces circonstances sont lieuivusen:ent l itres et de courte durée. On peut remédier à ces accidents à l'aide de plusietii s dispositions que nous allons indiquer :

Lorsque, d'après l'apparence du ciel, ou redonnait le:- symptômes d'un orage, à l'aide d'un commutateur en usage dans In station, on met directement le (il de la ligne en communication avec la terre: parce moyen l'électricité atmosphérique s'écoule dans le sol.

Mois lorsque l'appareil télégraphique est en fonction , ou bien qu'il est dans ce qu'on appelle l'attente, i:l que la sonnerie est prête à appeler l'employé auprès de l'appareil, alors, l'excès d'électricité ne pouvant s'écouler directement dans le sol, il est nécessaire de se préserver des accidents qui peuvent survenir par suilc de son accumulation. On fait usage d'un appareil nommé parai onnerre, qui r.j m ' *' f-pn' *'■"■• li**nn; lw, ln|n«l m>Iui?1i tn uih [iclitc planche sur laquelle sont placés deux boutons A et B à une distance de (i à 7 centimètres. Deux extrémités du fil de lu ligne viennent s'attacher à ces boutuns,de façon que, si une communication métallique est établie entre A et 11, le courant circule dans le fil télégraphique; si, au contraire, A et B se trouvent isolés, toute coras municaliou est rompue. Un fil de fer très-fin réunit ces deux boutons, et, pour éviter qu'il ne se brise, il est renfermé dans un tube de verre, comme dans les télégraphes construits par M. Bregupt, ou bien., comme l'indique ta ligtire, il est entouré de soie et pincé dans une petite boite en cuivre ù couvercle, de façon a rester isolé des parois de la boite. 11 est évident , d'après cette disposition , que si l'électricité atmosphérique est en excès sur la ligne, le (il de fer sera fondu avant que le cuivre soit atteint, et que les appareils seront préservés.

Du reste , avant que cet effet se produise , et pour enlever . d'abord un excès d'éleetrinlé nuisible a la marche régulière des appareils, on place au-dessus du bouton B, et en communication avec lui, une plaque en cuivre dentelée 1); une autre plaque semblable i", dont les pointes sont en regard et très-près de celles de D, communique avec le sol. Ile celle manière, le fd de la ligne télégraphique, chargé d'un excès d'électricité, se trouve déchargé en partie par les pointes; ce n'est que lorsque l'excès d'électricité est plus considérable que le fil do fer se trouve fondu.

31. Masson avait proposé d'utiliser pour la construction des paratonnerres télégraphiques ce fuit observé par lui, que l'alcool est assez peu conducteur pour isoler convenablement un circuit vof-

iPÏLKATIOlU DITÏBfCJ

laïque mais l'est

ssez pour laisser passer l'élei

tricité dès que sa

tension acquiert un

e certaine valeur (voir lume II,

page 17). M. Pou-

get-Maisonneuve a

construit un appareil basé sut

ce principe et ce-

présenté figure 23

: cet appareil consiste en un \

nsé en verre ou en

métal exactement

rempli d'alcool à -10% renvoi

é sur un soc, et

mastiqué de façon

fi éviter la sortie du liquide.

Le conducteur de

lu lifpio télégraphique DAUCE passe dans l'alcool , el, dans son trajet au milieu du liquide, est formé d'une lame de cuivre dentelée ABC. Line autre plaque dentelée T plonge au milieu du liquide, et est en communication avec le' sol. De celte manière le fil de la ligne est assez bien isolé pour permettre au courant électrique d'agir dans les télégraphes; niais, dés que l'électricité atmosphérique s'y accumule, elle se transmet à la lige intérieure ï, et de là au sol par le Ixmlon 1". Plusieurs autres corps médiocres conducteurs, qui ont été essayés, ont été trouvés inférieurs comme usage fi l'alcool à 10°. L'expérience seule pourra permettre de juger si cet appareil doit être préféré au précédent, qui a été généralement employé jusqu'ici.

M. Iî. Ilianchi a proposé un appareil fondé sur un principe analogue, lequel appareil, quoiqu'un peu plus volumineux, peut

FiS- =10.

DE l.'ËLtCTJlO-mQNËT>S)rE.

donner de bons résultais : il est représente en ALt , et aussi en A' il' dans la position qu'il doit occuper sur la ligne télégraphique- Ce paratonnerre consiste eu une sphère de métal traversée pur le fil télégraphique, et maintenue ;iu centre d'une autre sphère en verre formée de deux hémisphères réunis par un large anneau en cuivre. Cet anneau est armé intérieurement de pointes peu distantes , se dirigeant vers le centre de la sphère métallique jusqu'à une petite dislance de sa surface. Les deux hémisphères sont terminés par des poulies dans lesquelles le lil conducteur passe et qui sont mastiquées. La partie inférieure de l'anneau de cuivre est munie d'unrobinet métallique qui permet de faire le vide dans l'appareil , et de t'y conserve)' si on le juge nécessaire; ce robinet porte un pasde vis qui doit recevoir la tige métallique, laquelle est destinée ;i mettre l'armature métallique en communication directe avec le sol ,. en isolant complètement le iïl du circuit formé jwr la pile et tusphère qui en fait partie. Avec cet appareil , on conçoit que toutel 'électricité atmosphérique qui se porte sur le fil conducteur ATJ'NM. et qui serait communiquée ii l'appareil télégraphique M , esl transmise au sol T par l'intermédiaire des pointes donlest armé l'anneau: qui est en communication directe avec lui. Un semblable appareil doit être placé à chaque station.

Les dispositions dont nous venons de parler sont suffisantes pour se mettre à l'abri des effets de l'électricité atmosphérique; néanmoins dans quelques télégraphes on a proposé de prendre des nmn> geinents capables de neutraliser l'effet d'un écoulement constant d'électricilé. Ainsi, dans le télégraphe de M. Henlcy (voir page 290).. on a proposé de placer un aimant mobile pouvant s'approcher de chaque électro-aimant, de façon a agir en sens inverse du courant du à l'action de l'électricité de l'atmosphère pour le nculraliser, et pour que la dépêche puisse être expédiée librement ; mais, avec les dispositions que nous avons indiquées, celle-ci parait être superflue.

Accessoire* divers. L'établissement d'une ligne télégraphique exige non-seulement des conducteurs, des commutateurs, des interrupteurs el des paratonnerres, mais encore divers accessoires utiles pour la facilité du service , et parmi lesquels nous citerons les sonneries dont il ne sera question qu'à propos des appareils divers, dans le chapitre iv de ce livre. Lorsque l'employé placé près du manipulateur veut transmettre la dépêche, au moment où , à l'aide d'un manipulateur complexe, il fait passer le courant sur la ligne, la sonnerie annonce à l'employé de l'autre station qu'il ait à se rendre près du, récepteur.

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