‹ Traité d'électricité et de magnétisme et des applications de ces sciences à la chimie, à la physiologie et aux artsChapitre 26 sur 40 · SI · texte numérisé non relu

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Transmission simultanée de devx dépêche* par vn même fil dan* deux direction* opposées. Nous avons vu , d'après ce qui précède, que pour chaque paire d'appareils, manipulateur et récepteur, entre deux stations, il fallait un fil conducteur, la lerre servant de conducteur commun pour compléter le circuit; cela fait, pour un système complet et un appareil simple, deux tils isolés. On est parvenu à modilicr In construction des télégraphes de façon h n'employer qu'un seul fil isolé tendu entre deux stations, lequel sert à faire fonctionner les deux récepteurs et les deux manipulateurs qui s'y trouvent établis. Ainsi l'on peut faire servir un seul fil à la transmission do deux dépêches simultanément, et dans deux directions opposées et indépendamment l'une de l'aulre.

M. Gintl est le premier qui ait résolu ce problème en appliquant la disposition qu'il a imaginée a un télégraphe électro-chimique [*). Plusieurs physiciens se sont occupés également de ce sujet après lui, et, à l'Es position universelle île I8Û5, on n pu voir fon clionner plusieurs télégraphes de Morse d'aprèsle même principe que celui proposé par M. Gintl, quoique par des dispositions un peu différentes ; nous citei-ons les appareils de MM. Siemens et Halske , Edlund, Warlmann.

Le but proposé a pu être atteint au moyen d'une disposition particulière des fils conducteurs autour des électro-aimants servant de relais aux appareils; il ne faut pas croire, comme on l'a pensé mal à propos, que deux courants électriques cheminent à la fois dans un même conducteur et indépendamment l'un de l'autre dans deux directions opposées. Nous allons entrer dans quelques détails touchant la manière de résoudre le problème, car ces dispositions peuvent aussi être utilisées dans d'antres circonstances.

La figure 211 permet de concevoir leprincipc de celle application. La disposition qu'on a supposée aux appareils est différente de la disposition adoptée par M. Gintl , mais analogue à celle qui a été utilisée par M. Edlund et par M. Siemens.

M et M' représentent les deux postes télégraphiques identiques, quant aux appareils qu'ils renferment; un seul fil isolé EE' joint les deux stations, et deux lames LL' plongent dans le sol. Comme les mêmes lettres désignent les mêmes instruments, nous allons indiquer les différentes parties de l'une des stations, et ce que

(') Los eipériencrs de il. Ginll, commencées a la lin de 18S3, ont été forint l'nlili^H'.iitrit le 15 octobre 1854. Les tésiiliats sont décrits dus le u° MJi du Htcviil l'Austria.

ÉLECTUO MAGNÉT1S11H. 3'- 5

nous en dirons pourra s'appliquer i l'autre.

P est une pile locale dont un des pôles vient en G; l'autre polc est le point de départ de deux fils qui s'enroulent on sens inverse autour de l'éleclro-aimanl du relais S; un des fils est représenté par ABCDE, l'autre par abede. En E le premier fil est attaché au fil de la ligne EE', tandis qne le second est attaché au fil ej, passe dans un rhéostat R, c'est-à-dire dans un fil métallique plusou moins long, capable de faire varier la résistance du circuit, puis vient en H s'attacher au fil HL communiquant au sol.

Ainsi il résulte de cette disposition que, tant que les deux pointsG et H sont séparés, les circuits ne sont pas Termes, et que t'éledricité ne circule pas; mais si on vient a joindre G et H, alois le courant de la pile P se bifurque, passe en sens inverse dans les fils du relais S de cette station, et ne produit par conséquent aucun effet magnétique, sicesdeux courants sont égaux , c'est-à-dire si les résistances des deux circuits sont les mêmes.

Or le premier circuit se compose, en outre du fil ABCDE, du fil EE' de la ligne télégraphique et du sol, car le courant revient suivant à la pile P; le second circuit se compose seulement du fil abcd u rhéostat R . Il est donc facile de faire varier la longueur du is le rhéostat R, de façon a avoir la même résistance que dans

3ÏG APPLICATIONS MVEftSK6

le lil EU', afin que l'action magnétique dans S soit nulle ; on y parvient en employant, en outre des appareils précédents, un multiplicateur à doux fils, faisant passer les courants en sens opposé et ramenant avec le rhéostat l'aiguille de ce multiplicateur à 0.

11 est nécessaire de placer en GH et en f j'H' des clefs analogues ii celles du télégraphe de Morse, et qui établissent continuellement la i onimunication entre le sol et la partie A ou A' du fil ; celte disposition est indispensable, afin que, dans les conditions ordinaires et quand une des ejefs fonctionne, la clef GII par exemple, le courant envoyé par la station M passe dans le relais S', et de là directement dans le sol , sans circuler dans le rhéostat If. Sans cette précaution , et avec une disposition aussi simple que l'indique la figure, le principe précédent ne pourrait s'appliquer entre les deux stations M et M' que si le fil EE' avait une résistance très-petite.

11 est évident qu'en faisant agir la clef GH d'une des stations on ferme par intervalles ou d'une manière continue les circuits, et que I VIi ciro-ainiaiit du relais S, qui est il coté de la clef, ne reçoit aucune action, quelle que soit l'intensité du courant de la pile P; car les deux courants partiels annulent toujours leur effet magnétique.

Mais actuellement, si l'on considère l'effet produit de la part de chaque pile sur les appareils de l'autre station, on trouve que les actions ne s'annulent plus : quand ou ferme le circuit en GH avec la clef, un seul des courants partiels passe dans EE'; ce courant circule dans le lil E'D'C'B'A', puis passe directement dans le sol au moyen de la clef G 'II' qui est au repos, afin de retourner à la pile I'. Ainsi, en admettant que G'H' soit ouvert, si un operateur eu GII transmet un courant en M', ce courant ne produit rien en S, mais l'ait fonctionner 8'.

Admettons maintenant que G'H' soit fermé d'une manière continue, et voyons ce qui se passe quand on fait jouer la clef en GH. Dans le circuit E'D'C'B'A', comme dans tout le til télégraphique EE', tout effet est nul , puisque les deux courants électriques qui passeraient dans ce circuit sont de sens opposé ; mais le courant de a'b'cd'é, qui était annulé auparavant par A'B'C'D'E', peut avoir tonte son action , et S' s'aimante. Ainsi l'effet de la fermeture du circuit en GH est de f aire aimanter le relais S', non pas par un courant qui se transmet dans EE' en sens inverse d'un autre courant qui existe déjà, mais par la disposition des fils qui fait que la pile P', dont l'action di;s deui nn'iiils puvlii-is sur S' s'annulait , a maintenant un de ses circuits qui agit seul.

)>B L'ÉLECTnO-UMiHÉTtSME. 12T

Ainsi, que le circuit en G'H' soit ouvert nu fermé, la pile P de la première station f;iil fonctionner le relais S' quand la clef GH agit, liéciproquement , que GH soit fermé ou ouvert, la pile I" l'ait fonctionner S quand la clef G' H' joue. Il résulte de lit que les lieux appareils fonclionnenl indépendamment l'un de l'autre, quoique étant joints par un seul III télégraphique isolé.

Un voit donc que le principe de la méthode employée consiste dans lu division d'un courant en deux circuits partiels agissant en sens inverse sur un électi-u-aimant servant de relais. l,a transmission des dépêches se fait de la morne manière, que. ce relais soit en rapporl avec' un tehku'iqilu; élet'lvo-cliimiquo, avec un télégraphe rln

liesoin de revenir sur la conslriiction des télégraphes mis en rappiirt avec cet appareil; n.ius peinons touli/t'ois que le télégraphe de Morse, qui est pré l'en: aujourd'hui, a reçu , par cette addition, un perfectionnement réel.

Nous avons dit que le? physiciens cités plus haut, quoique partant du même principe , avaient employé des dispositions nu peu différentes; en effet, MM. Siemens et Halske ont fait usage d'un rhéostat El et d'un multiplicateur à deux fils à chaque station pour ramener toujours à 0" l'action magnétique exercée par la pile sur le relais voisin; M. Edlnnd a divisé le til abeth en plusieurs tils parallèles tournant dans le inèiiie sens autour de l'électro-aimanl, et, en introduisant plus ou moins de ces tils dans le circuit, il a atteint le même but qu'avec un rhéostat isolé ; M. Wartmann a proposé d'employer, comme M. Gintl, deux piles Incales P, l'une n'agissant que sur un seul til AIII1DK, l'antre sur le second abêtie; mats, en réalité, le principe de la transmission simultanée est le même.

Il y a un moyen de vérifier si les télégraphes en rapport avec la disposition précédente fonctionnent bien : il consiste à maintenir fermée une des clefs ou un des manipulateurs en GH, par exemple; alors, a la stalion M', on a une aimantation permanente en S', et une personne qui en G'H' fait fonctionner un manipulateur transmet une dépêche en S.

Les télégraphes sont construits de manière qu'au pnste qui envoie la dépêche, on puisse s'assurer si elle arrive au deuxième poste, et si elle est exactement transmise; pour cela, le bras du levier du télégraphe de Morse qui fonctionne au deuxième poste peut fermer ou ouvrir le circuit de la pile locale de ce posle ; on s'arrange alors par une simple disposition du commutateur, pour que ce courant

318 AFFLICATIOXS DIVERSES

soit lancé sur lu même ligne, et revienne au premier poste faire marcher l'appareil télégraphique. Alors le télégraphe du second poste fonctionne comme manipulateur et retourne la dépêche au premier poste, en même temps qu'il l'enregistre; il agit donc comme translateur de retour (voir page 305 J. Si, a la .seconde station, on lance de cette manière la dépêche à un troisième poste, et de celui-ei à un quatrième, on voit qu'à l'aide du premier manipulateur la dépêche se transmet, et s'enregistre simultanément dans les autres postes.

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