CHAPITRE IL
Horloges éltclriqiics.
Aussitôt que l'on eut imaginé de faire usage du l'électricité comme moyeu télégraphique, on pensa à se servir du même agent pour donner l'indication de l'heure simultanément dans des endroits différents. Supposons, en effet, que, dans un télégraphe a cadran, le manipulateur soit une horloge et tourne de façon à interrompre ut à rétablir le courant électrique toutes les minutes et toutes les heures, alors l'aiguille du récepteur marchera de façon à indiquer les divisions du temps. Cotte application est très-importante, puisque dans les différentes pièces d'une administration , et mémo à uni: distance très-grande, on peut avoir des cadrans qui marquent h même heure. Dans les observatoires' météorologiques on peut aussi faire battre la seconde et avoir l'heure exacte dans les différents lieux d'observation, pourvu que l' horloge-type marque régulièrement.
Dans l'horlogerie électrique, ou peut se proposer de résoudre deux questions : 1° de construire des horloges électriques proprement dites . dans lesquelles IVkrtricilé lait fonction de force motrice; 2° de faire marcher des appareils horaires ou compteurs électro-magnétiques , à l'aide d'un appareil- type, et donnant l'heure simultanément dans un grand nombre de points différents.
La solution delà première question n'a pas jusqu'ici présenté d'avantages, car il n'y a aucun motif pour faire marcher un régu-
DE L'ÉLECTilO-MAO.IÉTISHE. 310
laleur en préférant la force motrice de l'électricité à telle des poids et des ressorts, si ce n'est le inoins grand nombre do rouages employés. 11 n'en est pas rie mémo de la solulinn de la seconde question, qui présente des applications nombreuses et utiles. Il y n en effet avantage et simplicité à se servir de l'électricité comme moyen de transmission de mouvement dans toutes les directions possibles, et quelle que soit la distance. Nous avons pensé qu'en raison de l'importance du sujet, il était nécessaire de donner une idée des principaux systèmes en usage , soit parmi les horloges électriques proprement dites, soit parnii les compteurs électro-magnétiques.
Beaucoup d'appareils uni été proposés, et un certain nombre sont en activité aujourd'hui. Il en est de même pour ces instruments que pour les télégraphes électriques : chaque constructeur leur donne une disposition particulière, et pouvant également atteindre le but proposé. Nous ne décrirons que ceux qui sont aujourd'hui en usage en France.
Horloges électrique! proprement dites. Ces appareils peuvent marcher par le secours seul de l'électricité; cet agent fuit fonction du ressort ou du poids dans les horloges ordinaires, et rend à chaque instant la perte de mouvement du pendule ou du balancier due aux frottements et à h résistance de l'air.
Les appareils construits primitivement étaient tels que le pendule d'une horloge portait uzi électro-aimant ou une hélice qui, pur leur action sur des armatures extérieures, entretenaient le mouvement de ce pendule. M. Bain a construit un instrument de ee genre en 18-10. Mais les appareils construits depuis cette époque sont tels que le pendule reste identique à lui-même, el ils doivent être préférés; on a pensé en effet qu'en rendant la perte de mouvement au balancier par un poids additionne] agissant il des intervalles égaux , on régulariserait mieux l'action de l'horloge.
M. Froment a proposé la disposition suivante (voir page 330, tig. 242) : P est un pendule suspendu par un ressort AB à une pièce de cuivre fixe M; il peut osciller librement, et porte un appendice En, terminé par une vis n que l'on peut élever ou abaisser. Lue petite masse en cuii»; m, attachée il l'extrémité d'un bras du levier Nam, mobile autour d'un centre fixe N, peut tomber à intervalles égaux sur la pointe de vis », et communique alors au pendule (' une impulsion qui lui rend sa perle de mouvement.
On atteint ce but par l'adjonction d'un électro- aimant D agissant sur une armature en fer doux G; cette armature est a l'extrémité
ir-pj.icmoss "[VEnSES
d'un des liras du levier boC, mobile autour du point li\e o , et dont l'autre extrémité b vient soutenir le levier Nnin. Le bras de levier 06 est percé d'une ouverture en 1-', afin de laisser plisser librement le ressort qui supporte le balancier, cl pour ne pus entraver les oscillations de celui-ci; on peu! aussi liicn percer le ressort Ail en F, et l'aire traverser la tige 06 par cette 011verlure: pourvu que le mouvement du pendule ne soit pas gêné, la disposition lie fait rien à la marche de l'appareil.
Le courant électrique qui circule dans l'électro-ai niant vient passer par le levier Nom, puis par la masse m, la vis n et l'appendice nE; a l'aide d'un iil rj, il passe par le ressort ut arrive ii la plaque de cuivre M. On comprend que, si le pendule P est en mouvement et qu'il soit dans la moitié de l'oscillation qui le fasse remonter à gauche de l'observateur, la masse m et lavis ïl étant en contact, le circuit est fermé; l 'électro-aimant attire l'armature (', la niasse m agit par son poids sur le pendule, et iuj communique une impulsion en sens contraire. Quand le pendule est remonte de l'autre coté, in et n ne sont pins en contact, l'électroaimant n'a plus d'action, l'armature en fer doux retombe, et la masse 111 remonte à sa première position. Cet effet recommence ainsi k chaque oscillation, el à chaque oscillation l'action du poids m sur le levier lui rend lu quantité de mouvement que les résistances el les frottements lui oui l'ait perdre: le pendule marche alors régulièrement tant quo le courant électrique dure.
Un des avantages de cet appareil esl de n'exiger qu'un courant continu et capable de soulever seulement la masse de fer doux C ; le courant n'a pas liesoin d'être constant en intensité. Si donc l'on place cette horloge dans une cave où la température soit constante, ou que le pendule suit cNiicicment compensé, elle pourra servir de chronomètre.
Un peut employer pour la faire marcher un des couples décrits tonte 1", pages 219 et suivantes, soit le couple a sulfate de cuivre cité dans ce volume page 311, ou bien encore un couple formé par line lame de cuivre et une lame de zinc plongées dans le sol à une certaine profondeur.
'■LECTKO-
M. Hobert-Houdin a construit une pendule électro-magnétique ii'i's- simple, dont nous donnons ici la description; elle estreprésen-
uimaut. Ici commence l'action mécanique qui doit dégager le balancier de l'influence des variations de la pile. L'armature A «si attirée, le levier » se soulève, et soulevé également le ressort r' par l'intermédiaire de la tige T. Eu même temps un petit cûne en cuivre, dépendant de celte tige, soulève un petit ressort fixé sur If levier L, et sollicite ce dernier à s'engager sous le ressort r'.
Lorsque le balancier a terminé sa marche ascendante, il rétrograde, quitte le ressort r, et ouvre ainsi le circuit ; l'attraction cesse, l'armature s'éloigne, et le ressort r', n'étant plus soutenu par la tige T, tend alors à s'abaisser ; mais il se trouve arrêté par le levier L , sur l'extrémité duquel if presse perpendiculairement. Cette pression suffit pour arrêter ce levier, qui , n'étant plus poussé par son petit ressort, tendrait a s'éloigner sous l'action de la masse m dépendant de ce levier.
Le balancier, pendanicetcmps,a pu fermer et ouvrir le circuit, et, lorsqu'il revient vers le ressort r, il le soulève légèrement el permel nu levier L de rétrograder. Le ressort r', se trouvant dégagé, peut donc Communiquer intégralement au balancier la force dont il a été armé.
On comprend aisément i[ui . lniwpie le ImLitii ier quitli' le ressiiil r, qu'il a soulevé, il le dépose sur la tige D, qui, étant isolée, forme un autre circuit au moyen du fil S, dans le parcours duquel un électro-aimant peut faire fonctionner un autre cadran sans exiger d'autre source d'électricité.
tée figure 2i3. Lorsqu'en donnant la première impulsion au banlancieron le pousse vers r, il soulève légèrement ce ressort, et, par ce contaet, il ferme le circuit. Laissons un instant le balancier dans eetle position, et voyons ce qui va se passer pendant ce temps du coté
/ Le courant passant par le res- ■ sort 11 se rend au balancier par l'intermédiaire de r; il va de là il la platine, à laquelle le balancier communique métal liquement;
cier communique meuunquemcrir; puis il circule autour de l'éleclro-
Voici, du reste, la légende de l'appareil:
R, ressort isole, conduisant le courant el r, ressort en cuivre isolé par de l'ivoire, r', ressort en acier destiné a donner l'impulsion ait balancier. P, porte-snspension du balancier.
L, levier mobile en n, T, tige pouvant se mouvoir verticalement.
A, armature mobile en b.
D, tige de cuivre isolée sur n', levier dépendant de l'an C, ressort-cliquet destiné à pousser la roue des secondes d'une dent à chaque oscillation double faite par le balancier, j, ressort dépendant de L.
m, masse antagoniste de t.
M. Robert-Houdin a utilisé une disposition de leviers qui permet de régulariser l'action attractive d'un électro-aimant sur une armature, principalement dans les applications à l'horlogerie. Lorsqu'un électro-aimant agit sur une armature, il agit avec d'autant plus de force que l'armature est plus rapprochée; supposons donc que l'électro-aimant E doive agir sur l'armature A, mobile autour de- b,
de façon à faire marcher une roue à secondes R. Si A agissait directement sur R, l'effet serait d'autant plus énergique que A serait près de toucher E; or, si le prolongement de A, c'est-è-dire n, est ëgèrement courbé, et qu'il agisse sur un levier également courbe
[)R L'ÉLËCTKO-VÀfiHÉTISlIE.
(i mobile autour île e, on voit que, lorsque A sera éloigné do E , les leviers d et a seront en contact près de h, el a agira a une courte distance de 6; si, au contraire, A se rapproche deE, k mesure qu'il s'en rapprochera, a agira plus loin de A, à une distance do e qui deviendra de plus en plus petite, et l'extrémité de (ï aura une course de plus en plus grande. Il résulte de la que la puissance résultant de l'action de l'él e et ro-ai niant sur l'armature se répartira mieux pendant la course de l'extrémité du levier. C'est pour ce motif que M. Robert Hnudin l'a nommé répartiteur.
On pourrait aussi bien prolonger il de l'autre côté de e, et faire agir ce prolongement, disposé en arc de cercle comme les précédents, sur un troisième levier liie; l'effet produit serait encore meilleur.
M. Robert Hr—'Jin a utilisé avantageusement ces dispositions pour diminuer la longueur du levier n' représenté tigure 3-13 et pour simplifiiT la pendule, et aussi pour faire marcher des aîyuilltrs de l'.niiirlfs horloges, qui suiil , et muni» on le sait , assez pesantes.
Voici , du reste, la légende de la figure 2 V4 :
E, électro-aimant.
A, armature dont le centre du mouvement est en b; n,levicr courbe dépendant de l'armature et tournant autour du même centre b. d, levier courbe dont le centre est en e.
f, cliquet devant pousser d'une dent le rochet de la roue à secondes ; R , rochet ou roue a secondes.
M. Vérité a construit une horloge électrique en adoptant un échappement de son invention qu'il avait proposé en 18it. Le pendule SP, avec sa traverse horizontale en laiton AH , est Fij. us. suspendu par une lame élastique en acier
à un point fixe S, en communication avec l'un des pôles d'une pile. Au-dessus, un balancier BB' fixé sur un axe mobile en m, se compose d'une partie isolante Rit', et porte aux extrémités des lames en fer doux BB' attirées alternativement par des électro-aimants E et E'. Le courant arrive aux électro-aimants par un (il qui se bifurque en G, pour aller s'enrouler, à droite et à gauche, autour des
3J4 APl-LIcvrlOSS DIVMUES
électro-aimants. Enfin le courant, après nvoir traverse le fil rie lYîlectro-iiimnnl E , par exemple, va au bras Iill du balancier BU', pour redescendre, par un lil très-fin cl llc.\iblc d'argent Do, et puis achever le circuit par l'intermédiaire de la boule o dans son contact avec la traverse AH. Les boules o et o' ne sont entre chose ijin les boules impulsives de IVcliappenu nt inventé par M. Vérité.
Le mouvement se conçoit facilement : si l'on donne au pendule une première impulsion à gauche, la traverse Ail vient toucher la boule o, et le courant est établi; l'électro- aimant E abaisse le bras BU du balancier 111!', et, avec lui, le point d'attache D du .111 qui porte la boule o. Celui-ci , dont le point de suspension est abaissé , n'abandonnera donc la traverse. A'H' que dans un point plus kis qm: le premier point de rencontre, et, par suite, donnera une impulsion au pendule. Mais bientôt, sou contact avec la traverse ayant cessé, le courant cesse aussi de passer autour de IVleeli'n-aiiiiant E; alors le pendule se relève à droite, et la traverse AH rencontre la boulo o', pour reproduire de ce côté les mêmes effets que ceux que nous venons de décrire. Le mouvement est commencé, et il continuera toujours tant que le courant aura assez de force pour que I elcetru aimant puisse faire basculer le balancier llli'.
Si l'on adapte à l'axe du balancier lilV une fourchette comme celle qui fuit uiaiiu-iivrer l'aiguille du récepteur dans les télégraphes èli i niques , on a tout ce qu'il faut pour inarquer les secondes, les minutes et les heures. Dans cet appareil, on peut emprunter en outre au même moteur la force nécessaire pour la sonnerie.
La pendule ainsi construite marche avec régularité; en effet, ici la force impulsive est alternativement le poids de la boule o ou o, poids qui est constant et qui agit pendant une durée constante, savoir, l'intervalle de temps que met la traverse Ail à descendre la hauteur dont les poinls de suspension 1) ou D' se sont abaisses. On se sert, pour faire fonctionner cet appareil, de couples analogues ii ceux qui sont employés pour les antres horloges de ce genre.
De même que dans les diverses pendules électriques décrites (Luis cet ouvrage, les variations d'intensité dans le courant ne nuisent point , tant qu'il suffit il faire basculer le balancier. Les variations de longueur des fils de suspension des boules ( dans îles limites qui ne sont jamais atteintes) ne sont pas appréciables , car elles ne font que changer les points de rencontre avec la traverse, niais laissent la durée de leur action constante.
M. Paul Garnier a construit une pendule électio-niagnétïqne dont nous allons donner la description Cette pièce d'horlogerie utilise le mécanisme que les horlogers désignent sous le nom do remontoir d'égalité, dont la propriété est de soustraire le pendule aux variations causées par le moteur, les frottements des organes entre eux , cl par le plus ou moins de lluidité de l'huile.
Le mécanisme employé par M. Paul Garnier est celui qu'il a présenté à l'Académie des sciences en sous la dénomination
d'échappement lihrc à remontoir, el qui est combiné de manière qu'une des oscillations du pendule s'opère sans que le rouage progresse, et que l'aiguille des secondes ne se meuve qu'il chaque double oscillation ; ce qui présciilf r'av.nil;i;ic d'uldenir ht seconde hv avec un pendule à demi-secondes. C'est donc toutes les deux oscillations que l'électricité est mise en jeu , tant pour remonter le petit poids qui entretienne mouvement du pendule, que pour agir sur les appareils électro-magnétiques, dont la marche est subordonnée à celle du régulateur électro-type.
f) Ce! appareil a élii «ëcultf pour le cours r)e M. E. îecquerel , an Consmatoiie UnpéfW des «rte rt roéllera, et prttenlé dans ta séance du 19 lïvrleriaii.
336 nrPLICATIOKR DIVERSES
La description suivanlc fera mieux connaître les différentes parlies de ce mécanisme :
A est une roue fixée sur l'n\e de l'aiguille des secondes et qui fait sa révolution en une minute. Sur le mime axe est aussi lixée la roue à rochet A' qui n soixante dents, lï est nn pignon ajusté sur un axe commun h la roue C; il engrène avec la roue A, et fait six tours pour un de celle-ci. La roue G marche avec la même vitesse, et porte dix chevilles perpendiculaires à son plan pour remonter chaque seconde le poids moteur du pendule.
D, cercle dit d'impulsion, dont la partie supérieure du diamètre est pourvue d'une dent (/ sur laquelle agissent les chevilles de la roue C pour remonter le poids ij et le remettre en prise. A l'extrémité inférieure de ce même diamètre est une autre dent c, qui sert à donner l'impulsion au pendule. A angles droits de ces deux dents est fixé sur l'axe du cercle d'impulsion un liras L portant la boule >/, dont le poids et la position sur ce levier déterminent la force restituée au pendule à chaque deux vibrations.
E, détente portant vers la moitié de sa longueur un talon e pour arrêter et maintenir en prise le cercle d'impulsion au moyen d'une troisième dent placée également sur la circonférence de ce cercle. L'extrémité inférieure de la détente E coïncide avec le bout de la hasculc 1, portée par le grand levier H, qui est une prolongation du pendule au-dessus de son centre de mouvement H'. Lorsque ce levier se meut de gauche il droite, I;i bascule 1, qui est terminée par un plan incliné, s'almisse et reste sans action sur la détente; mais si
■ le mouvement s'opère en sens inverse, clic repousse la détente et dégage la dent du cercle d'impulsion que le talon de la détente rclt'iiail, ce qui permet à ce cercle de ..ubir l'action du poids et de donner l'impulsion au pendule par In rencontre de la dent inférieure du cercle en c avec la dent d'acier qui termine le levier H. La iliiltiiie [■: porte aussi ras son centre de mouvement une goupille e' qui vient faire arrêt contre le ressort courbé V, lequel communique pur un iil de rosette avec l'un des pôles de la pile. Lu
. autre ressort L' presse constamment sur le prolongement de l'axe de la détente pour servir de conducteur électrique quand la goupille e touche le ressort V. On voit que quand le levier H se porte do droite à gauche, la détente E participe ù ce mouvement; que' In goupille s' quitte le ressort, et que par cette séparation le courant électrique est suspendu jusqu'au moment où la détente abandonnant la bascule I vient reprendre sa place et remettre
DE L'iLÏCTBO-llAOKSllSME. J37
la goupille e' en contact avec lu ressort V et rétablir le circuit.
K est un pignon de six dents engrenant avec la roue A sur l'axe duquel sont fixées deux ailettes d'égale longueur et diamétralement opposées ( et f. Ces ailettes viennent aiternalivement buter sur une vis-goupille placée vers le milieu du levier F, dont le prolongement en/le met en communication avec une goupille plantée dans uuo des barrettes du cercle d'impulsion. Lorsque lo poids p s'abaisse, cette goupille soulève le levier F et dégage colle des ailettes qui
La roue A n'étant plus retenue par cet arrêt, et la détente E étant retombée sur le communie» leur électrique V, le courant passe par les bobines de l'élec- 1 ro-ai mail t Mil (lig.2i7) pour attirer l'armature en fer N, liée par la lige intermédiaire Pau levier horizontal 0; celui-ci, qui est pourvu a son extrémité d'un ressort an crochet Q, dont la télé s'engage dans la roue à rochet A', entraine une dent a chaque attraction de l'armature N, et la roue A , qui est en communauté de mouvement avec le rochet A', reçoit l'impulsion nécessaire pour faire avancer la roue C (fig.240) l'espace d'une cheville.
Celle-ci, rencontrant la dent supérieure du cercle d'impulsion, l'entraîne pour ramener le poids g à son point de départ, ainsi que le levierF, contre lequel l'ailette t' vient buter à son tour. Le valet ou sautoir R (fig. 24") pénètre dans les dents du rochet A', afin de donner a l'aiguille des secondes un point de fixité qui la maintienne sur les divisions du cadran.
La position actuelle des pièces est telle que chacune d'elles est prête à entrer en fonction, et à reproduire indéfiniment les mouvements qui lui sont propres.
On voit encore que, dans cet appareil, l'action irréguliére de la pila n'exerce aucune influence sur la marche du régulateur, et que, si les fonctions de l'électricité e! celles des organes de l'échappement
33S AFPICiTlons DIVFBSSS
sont liées entre elles par une action réciproque, elles n'en sont pas moins très-distinctes l'une de l'autre.
La figure 2W montre l'ensemble du régulateur électro- type M ■et d'un apparril électro-rhionomélriqiio N, qui sera décrit plus loin. ■Les fils partant des pôles de la pile aboutissent aux petits boutons métalliques A A', dont les tenons correspondent métallique ment aux fils de l'électro-aimant, l'un directement, et l'autre par les pièces U, «' el V 2i(i) , dont l'office , ainsi qu'il a été précédemment expliqué, est d'ouvrir et fermer toutes les 'rondes lenimit électrique. D'autres fils s'embranchent d'une manière particulière sur les deuv premiers, et servent, comme on va le voir plus loin, a mettre en communication d'autres chronomètres avec la pendule.
Les appareils que nous venons de décrire ne sont pas les seuls qui aient été imaginés jusqu'ici; il y en a qui ont été construits pour former des chronomètres avec balanciers, comme les chronomètres pour la marine: nous citerons particulièrement ceux qui ont été proposés par MM. Liais et Veare; mais les détails dans lesquels nous sommes entrés suffisent pour montrer l'utilité de l'emploi des électro-aimants dans la construction des horloges électriques propre-
Appareils horaires, ou compteurs chronomèlriqves. Les appareils horaires , ainsi que nous l'avons déjà dit , ne sont autres que des' espèces do télégraphes fonctionnant a des intervalles déterminés, et indiquant les heures d'après des horloges- types. Parmi les systèmes proposés, nous décrirons celui de M. Paul Garnièr, adopté depuis six ans il la pare du chemin de fer de Lille, où dix-huit cadrans de toutes sortes de dimensions sont mis en mouvement par mi appareil-type. Ce système est également appliqué dans d'autres administrations de chemins de fer, et entre autres à celles de l'Ouest et de Lyon, où les cadrans des horloges électriques ont une dimension variant de 0 m ,2S à t ra ,80 de. diamètre, et où la distance parcourue est de plusieurs kilomètres.
Le système économétrique de M. l'aul Garnie» se compose de trois parties distinctes :
1° D'une horloge-type; 9° d'appareils ou indicateurs horaires; :r> d'une batterie- voltaîque.
L'horloge-type ou primitive est l'horloge destinée à envoyer l'heure aux appareils horaires par l'intermédiaire de l'électricité. Elle est disposée de façon à permettre et à interrompre le passade de l'électricité fil des intervalles égaux) dans les éleclro- aimants des indicateurs horaires. Mlle se compose de deux rouages: l'un destiné, comme dans les horloges ordinaires, à entretenir les oscillations du balancier et à mesurer le temps; l'autre a pour but de produire la rupture et le passage du courant dans le circuit, et est soumis à la marche du premier; cette rupture se fait nu moyen de lieux pièces A el A', dont l'une d'elles A' appuie constamment sur un moulinet U qui a quatre dents excentriques et qui est porté par xig. ît». le dernier mobile du rouage
auxiliaire; ce moulinet suit le mouvement de la roue d'écliappemenL Les deux pièces A et A' étant placées dans le circuit, il est facile de comprendre que dans la position indiquée par la figure, ces deux pièces se touchant el le circuit étant par conséquent complet, l'électricité pourra circuler et affecter les éleciro-flinuui!s des appareils ho-
APPLICATIONS DIVEBSES
raires; mais, le moulinet D continuant sou mouvement, la pièce A' quittera la dent h avec laquelle elle est en contact; clic cessera également do tonclier la pièce A; le circuit étant rompu, l'électricité ne passera plus dans les bobines desélcctro-aimunlsjusqu'iiee qu'une autre dent , rencontrant la pièce A' et la soulevant , vienne la mettre en contact avec la pièce A, et ainsi de suite. Les pièces en contact qui servent à interrompre ou rétablir le courant sont deux sphères d'or ou d'un alliage de platine etd'orjle passage de l'éleetricilé pciil se faire ainsi pendant longtemps sans allération.
Fi t aiu. La ligure 2^11 rr-présunli'
de ce rochet; il entraîne la dent avec lui, et le sautoir E se place devant la dent suivante pour empêcher le recul qui aurait lieu quand le levier F ("vient, en se détacbant, à remettre le valet Gin prise.
Dès que le circuit est ouvert, la platine en fer doux quitte l'ainiiinl. et le levier F F', sullicilé par son poids, lient reprendre sa première position, ainsi que le valet G, qui cède en passant par-dessus la dent du rocket qu'il doit en traîner à l'action suivante : les butoirs H et H' fixés sur le levier F F' empêchent le passage de plusieurs dents il In fois en pénétrant dans une des dents du rochet B, l'un H quand l'appareil est mis en jeu , l'autre H' quand l'appareil est au repos, et que des coups de vent sur de grandes aiguilles pourraient faire passer des dents.
Comme on le voil, eet appareil produit ses fonctions par l'action directe de l'électricité sur le levier F, lequel met en mouvement le rochet B, dont le pignon J fait marcher la roueCC',qui, à son tour, communique le mouvement aux aiguilles.
l'appareil horaire prêt à fonctionner. L 'horloge-type faisant passer actuellement le courant électrique dans l'aimant temporaire L L', la platine en fer doux M est attirée, et avec elle le levier F F', auquel elle est liée par ia tringle I; celui-ci est affecté d'un mouvement de bas en haut équivalent à l'intervalle d'une dent du roehet 11. La tète du valet G porté [iar le levier F F' est engagéodans l'une des dents
OigilizM D/Cl
DR L'KLECTnO-UlGn£TI!lU£.
L'horloge ainsi disposée peut envoyer l'heure non-seulement h l'appareil horaire indiqué dans la ligure , mais encore à une inimité de cadrans de toutes dimensions et à toutes distances; il suffit d'augmenter le nombre des éléments de la pile et au fur et à mesure que l'on ajoute des appareils.
Les couples en usage sont ceux qui ont été décrits page 311, et qui peuvent fonctionner pendant plusieurs mois en plaçant seulement tous les huit jours un petit fragment de sulfate île cuivre dans la case cuivre.
M. Paul Garnier a fait dans son système une heureuse application des courants dérivés r le mémo courant électrique ne passe pas successivement dans les différents appareils horaires, de sorte que l'un d'eux peut se déranger, cesser do marcher, sans que pour cela les autres cessent d'indiquer l'heure. Pour obtenir ce ré-
car les deux fils AU, CD, sont bien isolés l'un de l'autre. Les appareils horaires o, o, o", etc., ont leurs (ils ab, a'f, a"b", en communication avec AB et CD, de sorte que le circuit vol laïque se trouve complété par ces différents fils métalliques. On a soin de les prendre d'un beaucoup plus petit diamètre que celui des deux gros fils, et alors la résistance de ces deux derniers peut être négligée devant celle des fils 06, a'b', a"b", etc.; il en résulte qu'ils se partagent le courant électrique comme s'ils étaient attachés aux mêmes points (voir tome I", page 2-15), c'est-à-dire que le courant se divise entre eux proportionnellement à leur pouvoir conducteur. On conçoit aisément que pourvu que la pile fonctionne et que riiorloge-type ne se dérange pas, un des appareils horaires peut être supprimé sans que les autres cessent d'indiquer l'heure. On peut même embrancher, d'après le même principe, les (Ils rd d'un appareil horaire 0"' sur les iils a"b" d'un autre instrument semblable.
On a supposé quelesdeux gros fils de cuivre AB, CD étaient isolés; mais, d'après ce que l'on a dit du pouvoir conducteur du sol, on
APPLICATIONS DIVERSES
peut on remplacer tin par la ierre, et se ixwner à un gros fil CD bien isolé : alors chacun des fils a, a', a "... des appareils horaires est soudé au gros fil Cl), tandis que. chaque lil b, b',b"... est attaché à une plaque métallique plongée dans le sol.
M. Robert lloodin a employé une disposition qui permet d'envoyer successivement un courant électrique à une série d'électroaimants, de façon a les faire agir séparément avec toute la puissance que le courant est capable de développer dans les électro-aimants.
Pions supposerons qu'il s'agisse de faire sonner une suite de timbres XX', etc., avec des marteaux, et que simultanément les roues à rnehet qui les soulèvent fassent avancer des aiguilles d'appareils horaires. Soit V une ]nle ; F, une roue à chevilles d'un mouvement de pendule ou d'un régulateur, et ayant autant de divisions que la roue à cheville ; supposons, en outre, que celle roue tourne avec une vitesse d'une dent par seconde.
Si le courant passe dans F et se rend au levier il, puis en F par l'intermédiaire du rochel R, il ciiculci-u aiilniir du premin' clectroaimant et reviendra à In pile. Mais aussitôt l'armature A est attirée, le cliquet G pousse une dent du ruche t V. qui est tixé sur celui de H, le doigt d tombe entre deux dents et ne communique plus à la roue; niais, en même temps, le bout do ce ressort tombe sur un morceau de cuivre auquel est fixé le lil F, qui porte immédiatement le courant an second élei-Lro-ai niant en passant par les mûmes pièces que dans le premier appareil; l'aimantation a lieu de la même manière, et transporte le courant à un troisième, etc., et
rit. tu.
DE L'HLECTRO-MAOKJ
l'on peut faire ainsi fonctionner simultauémenl une succession d'ap-
Lorsque le roelielK a supprimé le courant pour le transporter sur F, il a produit un effet contraire du coté opposé, c'est-à-dire qui' le ressort d' se trouve sur le sommet d'une dent du rochet R ; ainsi, lorsque la roue de cheville, en continuant de tourner, laisse tomber le ressort e et relève celui s, le courant passe par ce dernier, se rend en d', puis à la roue en rochet R, et enfin à l'électro-ai niant. L 'armature est une seconde fois attirée, et il se produit successivement les mêmes effets que la première fois.
Lorsqu'il est nécessaire d'envoyer le courant électrique à tintcertaine distance, et que les appareils horaires à faire fonctionner ont une dimension assez grande, on utilise alors le moyen. employé dans la télégraphie électrique, c'est-à-dire que l'on a recours an* relais r en effet, si l'horloge-type fait fonctionner un relais , et que celui-ci transmette le courant d'une batterie locale ades appareils cii ru nom étriqués, un comprend que la pile locale
plus forte que celle de la pile chargée de faire marcher l'appareil économétrique, il a disposé une pile de Sméc (voir tome I", page 22-2), dont les électrodes ne plongent dans le liquide qu'à certains intervalles, lorsque l'appareil horaire-, en fonctionnant, laisse tomber ces électrodes, et qu'après avoir agi , elles remontent à leur première position d'équilibre. De cette manière, la pile de Smée peut fonctionner pendant un tompî fort long, n'agissant chaque fois que pendant une ou deux minutes au plus.
M. Bain a imaginé un appareil régulateur destiné seulement à placer tous les jours les aiguilles des horloges ordinaires au midi ; c'est au moyen d'un système d 'électro-aimants qu'une horloge-type rail marcher simultanément à celte heure que l'on atteint ce but.
M. Glaesener a proposé d'employer une forte horloge-lypc pour faire fonctionner une machine mannélo-éh'c.lviquc à des intervalles réguliers; le courant produit est alors transmis dans des appareils horaires et fait avancer les aiguilles. Dans ce système il n'y a plus de pile employée, mais une horloge-lype et des cadrans qui fonctionnent par l'influence de courants d'induction ; tant que l'hor-
APPLICATIFS DIVERSES
loge-type peut fonctionner, tous les appareils horaires doivent donc indiquer synchroniquement l'heure.
Nous bornerons ici la description des appareils d'horlogerie électrique; on peut voir, d'après les détails que nous venons de donner, que l'électricité peut jouer le rôle de ressort, de poids agissant d'une manière constante ou successive, et de moyens de transmission de mouvement dans tous les sens. Du reste, on ne saurait trop multiplier les appareils dans lesquels les sources électriques (aibtes sont utilisées, car on peut facilement en prolonger ia durée sans que l'on ait à considérer la dépense du moteur, et les résultats obtenus peuvent élre fort avantageux.