THÉORIE MATHÉMATIQUE ÉLÉMENTAIRE DE L'ÉLECTRICITÉ STATIQUE
Définition de l'électricité considérée comme quantité mathématique.
63. Nous avons vu que les propriétés des corps électrisés sont telles que la charge d'un corps peut être égale à celle d'un autre, ou à Hi somme des charges de deux autres corps; que, lorsqu'on place en même temps à l'intérieur d'un vase conducteur fermé et isolé deux corps électrisés également et en sens contraires, ces corps n’ont point d'effet électrique sur les corps extérieurs. ‘Tous ces résultats peuvent s'exprimer à la fois sous une forme concise, en disant qu'un corps électrisé est chargé d'une certaine quantité d'électricité que lon peut désiner par e. Si la charge est positive, c'est-à-dire vitrée, suivant la couvention habituelle, e sera une quantité positive. Si la charge est néguuve ou résineuse, e sera une quantité négative, et la quantité — e peut sinterpréter soit comme une quanlité négative d'électricité vitrée, soit comme une quantité positive d'électricité résineuse.
L'addition de deux charges d'électricité égales et contraires, +e et —e, a pour effet de produire un état de non-électrisation représenté par zéro. Nous pouvons donc regarder un corps non électrisé comme virtuellement chargé de charges égales et opposées, de grandeur indélnie; et un corps électrisé., comme virtuellement chargé de quantités néuales d'électricité positive et d'électricité négative, la somme algebrique de ces charges constituant l'électrisation observée. Mais il est clair que cette manière d'envisager un corps électrisé est entièrement artificielle, et qu'elle peut se comparer à la facon dont nous considérons la vitesse d'un corps comme résultante de deux ou plusieurs vilesses différentes, dont aucune n'est la vitesse effective du corps.