SUR LA DÉMONSTRATION DE LA LOI DE L'INVERSE DU CARRÉ, ETC
peut être tirée d'une expérience semblable à celle qui a été décrite au $ 32 (Exp. VIT).
Cavendish, dans son Ouvrage encore inédit (1) sur l'électricité, fait dépendre d’une expérience de cette nature la démonstration de la loi des forces électriques.
Il fixait une boule sur un support isolant, attachait par des manches de verre deux hémisphères à deux cadres de bois mobiles autour d'un axe : lorsque l'on rapprochait les cadres, les hémisphères formaient, concentriquement à la boule, une enveloppe sphérique isolée.
On pouvait ensuite faire communiquer la boule avec les hémisphères au moyen d’un court fil de métal, qui élait attaché lui-même à une corde de soie, de facon à pouvoir être ensuite retiré sans décharger l'appareil.
La boule étant en communication avec les hémisphères, Cavendish chargeait les hémisphères avec une bouteille de Leyde, dont il avait préalablement mesuré le potentiel au moyen d’un électromètre; aussitôt après, il retirait par sa corde de soie le fil de communication, écartail les hémisphères, les déchargeait et examinait l’état électrique de la boule, au moyen de l’électromètre à balle de sureau.
Jamais l’électromètre à balle de sureau, qui, à cette époque (1773), passait pour l’électroscope le plus sensible, ne put déceler aucune trace d’électrisation.
Ensuite, Cavendish communiquait à la boule une fraction connue de la charge primitivement donnée aux hémisphères, puis examinait de nouveau la boule au moyen de son électromètre.
Il trouva ainsi que, dans la première expérience, la charge de la boule avait dû être inférieure à ; de la charge totale de l'appareil, car, si elle eût été plus grande, elle aurait été signalée par l'électrométre.
Il calcula ensuite le rapport de la charge de la boule à celle des hémisphères, dans l'hypothèse que la répulsion était en ratson inverse d'une puissance de la distance différant légèrement de 2; il trouva ainsi que, si la différence avait été de :L, la charge de la boule aurait été de :}; de la charge des hémisphères et, par suite, aurait pu être découverte au moyen de l'électromètre.
7% b. L'expérience a été répétée récemment au laboratoire Cavendish sous une forme un peu différente.
(‘) [Publié depuis par Maxwell, sous le titre : The electrical Researches of the honourable Henry Cavendish, F. R. S.]
86 1'© PARTIE, CHAP. Il. -— THÉORIE MATHÉMATIQUE, ETC.
Les hémisphères étaient montés sur un support isolant, et la boule fixée à l'intérieur dans la position voulue, au moyen d’un anneau d’ébonite. Grâce à cette disposition, le support isolant de la boule n'était Jamais soumis à l’action d'aucune force électromotrice appréciable et, par suite, ne se chargeait; jamais et l'influence perturbatrice de l'électricité, suintant le long des isolants, se trouvait complètement éliminée.
Au lieu d'enlever les hémisphères avant d'examiner le potentiel de la boule, on les laissait en place et on les déchargeait en les mettant à la terre. L'effet d'une charge donnée restant sur la boule n'était pas aussi grand que si les hémisphères avaient été enlevées, mais ce désavantage était plus que compensé par la protection absolue que le vase conducteur assurait contre toutes les influences perturbatrices extérieures.
Le fil métallique court, qui établissait la communication entre la boule et son enveloppe, était fixé à un petit disque de métal, qui formait comme le couvercle d’un petit trou pratiqué dans l'enveloppe : quand le fil et le couvercle avaient été enlevés au moyen d'une corde de soie, on pouvait passer par le trou l’électrode d'un électromètre et la faire reposer sur la boule intérieure.
L’électromètre était l’électromètre à quadrants de Thomson, qui est décrit au $ 219. La cage de l'électromètre et une de ses électrodes etaient constamment reliées à la terre; lélectrode dont on se servait pour l'expérience restait à la terre, jusqu’à ce que l'enveloppe sphérique fût déchargée.
Pour évaluer la charge initiale de cette enveloppe, une petite boule de cuivre étail placée sur un support isolant, à une distance considérable de l'enveloppe.
Les opérations étaient menées comme il suit :
L'enveloppe était chargée en la mettant en communication avec une bouteille de Leyde.
La petite balle était mise à la terre, pour lui donner par induction une charge négalive; puis elle était laissée isolée.
Le fil de communication de la boule à l'enveloppe était retiré au moyen d’un cordon de soie.
L'enveloppe était déchargée et laissée en communication avec la lerre.
L'électrode d'expérience était détachée de la terre, passée à travers Je trou de l'enveloppe et mise en contact avec la boule.
On ne put observer le moindre effet sur l’électromètre.
Pour éprouver la sensibilité de l'appareil, on détachait de la terre