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PARTIE, CIIAP, V. — ACTION MÉCANIQUE, ETC

La théorie rend également compte de l'impossibilité de donner à la matière une charge absolue; car toute molécule de diélectrique a à ses extrémilés opposées des charges égales et opposées; el peut-être serait-il plus correct encore de dire que ces charges ne sont que Îla manifestation d’un seul phénomène que nous appelons la polarisation électrique.

Un milieu diélectrique, ainsi polarisé, est le siège d'énergie électrique ; et l'énergie, pour l'unité de volume du milieu, est numériquement égale à la tension électrique sur l'unité d’aire, ces deux quantités étant égales à la moitié du produit du déplacement par lintensité électromotrice résultante, ou

I L'KE'— *=9p:

p=;:DE= —K 7 — K 2°

où p est la tension électrique, D le déplacement, € l'intensité électromotrice, et K la capacité inductive spécifique.

Si le milieu n'est pas un isolant parfait, l'état de tension que nous appelons polarisation électrique se détruit constamment. Le milieu cède à la force électromotrice, la tension électrique diminue, el l'énergie potentielle de cet état de contrainte se transforme en chaleur. La vitesse avec laquelle se produit cette destruction de l'état de polarisation du milieu dépend de la nature de ce milieu. Dans certaines espèces de verre, des jours, des années peuvent s'écouler avant que la polarisaion tombe de la moitié de sa valeur initiale. Dans le cuivre, un changement identique s'effectue en moins d'un billionième de seconde (!).

Nous avons supposé qu'après avoir été polarisé le milieu a été simplement abandonné à lui-même. Dans le phénomène appelé courant électrique, le passage continu de l'électricité tend à rétablir l'état de polarisation, aussi vite que la conductibilité du milieu lui permet de se détruire. Ainsi l'agent extérieur, qui entretient le courant, dépense constamment du travail pour rétablir la polarisation du milieu, laquelle se détruit constamment; l'énergie potentielle de cette polarisalion se transforme constamment en chaleur, et, après cette dépense d'énergie qui entretient le courant, le résultat final est d'élever graduellement Ja température du conducteur, jusqu'à ce qu'il se perde par conduction et radiation de la surface autant de chaleur qu'il s'en produit durant le mème temps par le passage du courant électrique.

(") [Aucune expérience jusqu'à ce jour n'a mis en évidence la polarisation dont Maxwell suppose l'existence dans les conducteurs proprement dits, tels que les métaux.] (P.)

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