XII INTRODUCTION
lement pour toute exploitation métallurgique, mais encore pour
le boisage des travaux souterrains ; 3° la nécessité où l’on est de
tirer en presque totalité de l'étranger le fer, dont la dépense
est importante ; 4° le prix élevé de la poudre; 5° la sortie des
capitaux du Mexique depuis 1820 à 1830, et l'intérêt très-élevé de l’argent, qui ont ralenti l'exploitation des mines; 6° enfin les non-succès des compagnies anglaises qui, depuis l'indépendance, ont voulu exploiter les principales mines.
' Le traitement par la fonte est trop dispendieux au Mexique, à cause de la rareté du combustible, pour qu’on en fasse usage dans les grands établissements métallurgiques. Néanmoins ce traitement, dans les localités où ilest pratiqué, peut recevoir de grandes améliorations, soit en apportant des perfectionnements dans la construction des fourneaux, soit dans le meilleur emploi du combustible, dont le prix est élevé, soit dans le choix
| de bons fondants. Le traitement par le mercure étant moins dispendieux que le précédent, a eu nécessairement la préfé- | rence; aussi pense-t-on au Mexique que c’est du côté des procédés par la voie humide que l’on doit attendre des résultats plus économiques.
La dépense de la préparation mécanique, du loyer et des frais généraux d'administration représente 0,19 du montant | de l'argent retiré, et 0,56 de la valeur du traitement; or, pour | tout traitement par la voie humide, cette dépense est indispen- | sable, et reste la même.
| On admet que l’amalgamation au Mexique, sans y compren- Il dre les frais de trituration, ne coûte en argent que 0,0005 | du poids du minerai, et 0,0009, en y comprenant ces frais. | En admettant une teneur moyenne en argent de 0,00150, la dépense s’élèverait donc aux trois cinquièmes de la teneur; or, comme la perte en mercure s’élève au moins au poids de l’ar-
INTRODUCTION. XIIL
gent retiré, on conçoit que le prix du mercure exerce une grande influence sur l'exploitation des mines du Mexique.
« Quelles seraient donc les conséquences du manque presque « complet de ce métal, dit M. Duport Saint-Clair (page 405 de « l'ouvrage cité), si, par un de ces événements peu probables « sans doute, mais cependant possibles, la mine d’Almaden ve- « nait à cesser de fournir du cinabre, soit par des éhoulements, « soit par une trop grande abondance des eaux, soit enfin « parce que tout le minerai suffisamment riche eu mercure au- « rait été extrait? La production du vif-argent, limitée alors à « celle des mines de la Carniole, serait bien insuffisante pour « les besoins; il s’ensuivrait une hausse de prix telle qu’elle « équivaudrait en quelque sorte à une disette absolue. Que « deviendrait alors l'extraction de l'argent au Mexique ? IL y a « quelques années, cette question eût été fort embarrassante à « résoudre; car on ne connaissait aucun autre moyen d'extraire « l'argent du minerai que la fonte ou l’amalgamation. Les sa-
vantes recherches auxquelles s’est livré M. Becquerel, avec « toute la persévérance que demande toujours la première ap- « plication de la science à l’industrie, ont présenté un moyen « tout nouveau à la métallurgie par l'emploi des forces électri- « ques. Initié par l’inventeur lui-même dans tous les détails de « ce nouveau procédé, j'ai pu me convaincre de la possibilité « de son application industrielle sur les minerais du Mexique, « autant par des expériences faites sur 4,000 kilogrammes de « minerai des principaux districts, que j'avais fait venir à « Paris il y a trois ans, que par celles que j’ai répétées moi- « même sur les lieux. La possibilité de l'application sur une « grande échelle une fois constatée, la question se réduisait à « une comparaison de chiffres pour le coût des anciens et du
nouveau système; et les premières recherches que j'ai faites