‹ Traité d'électricité et de magnétisme, t.3Chapitre 42 sur 73 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Télégraphes électriques.

L'idée de transmettre des signaux à distance par l'électricité n’est pas nouvelle, puisque, dès la fin du siècle dernier, le Sage en 1774, Lomond en 1787, et d’autres encore, avaient pensé à utiliser l'énorme vitesse de propagation de cet agent [‘) pour correspondre d’une extrémité à l’autre d’un conducteur; mais, sans remonter aux essais de Sommering, faits en 1811, ce n’est qu'il y à une vingtaine d'années, en 1834, que MM. Gauss et Weber se servirent de la propriété que possède un courant électrique d'agir sur un barreau aimanté, et employèrent un magnétomètre pour mettre en communication le cabinet de physique et l'observatoire de Gottingue; ils réalisèrent ainsi l’idée émise par Ampère, en 1820, d'employer laction magnétique de l'électricité comme moyen télégraphique; dès lors on put prévoir que ce mode de correspondre à distance allait être substitué au télégraphe aérien inventé par les frères Chappe, lequel demande un temps plus ou moins long pour transmettre les signaux, transmission qui ne peut se faire, en outre, pendant les brouillards et pendant la nuit.

M. Steinheil, vers 1837, construisit le premier télégraphe à aiguilles, en faisant usage, comme MM. Gauss et Weber, de courants magnéto-électriques pour le faire fonctionner ; la même année MM. Wheatstone en Angleterre, et M. Morse en Amérique, firent

(*) Voir tome 1°", page 115.

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