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TÉLÉGRAPHES INDICATEURS ÉLECTRO-MAGNÉTIQUES

Les principaux appareils indicateurs sont analogues au télégraphe à cadran, et sont fondés sur Pemploi d’électro-aimants, ou bien exigent celui d’aiguilles aimantées indicatrices; ils sont plus ou moins sensibles, mais en général ils sont aussi délicatement construits que des appareils d’'horlogerie, et doivent servir à donner des indications sous l'influence de courants électriques d’une très-faible intensité. Afin que l’on puisse concevoir facilement le principe sur lequel repose le télégraphe à cadran, nous commencerons par décrire un modèle de démonstration qui est très-propre à mettre en évidence le jeu des instruments de ce genre.

(*) Voir notamment les ouvrages de MM. Breguet, Gloesener, Highton, l'abhé Moigno , Schellen , Wail, ete,

Télégraphe à cadran; modèle de démonstration. Dans le modèle de démonstration représenté figure 214, la pile ou source d’électricité est en P. Le manipulateur MN, qui est à l’une des stations, est un interrupteur dont le jeu est fort simple, comme on le verra plus loin. Le récepteur À, qui est à l’autre station , est formé essentiellement de l’électro-aimant F'et de la roue à rochet i, mise en action de la manière suivante :

HI RSR PALLIEEN

jen

L'électro-aimant F' du récepteur, quand le courant passe, attire l’armature en fer doux A; cette pièce est fixée à une tige tournant autour d’un centre fixe V. La tige porte de l’autre côté une ancre cc’, qui fait tourner la roue en rochet +, de sorte que, si l'on fait attirer À par F’, à chaque fois la roue tourne d’une quantité correspondante à une dent. Quand le courant cesse de passer, un petit ressort à boudin 7 ramène L dans sa première position. D'après cela, la disposition de l'appareil récepteur consiste à faire exécuter à la

276 APPLICATIONS DIVEBSES

pièce en fer doux * un mouvement de va-et-vient qui se transforme en mouvement circulaire, et fait tourner la flèche ab.

Ce mouvement est produit par le manipulateur MN, qui est formé par une roue en cuivre DD, sur la circonférence de laquelle sont alternativement des parties conductrices et non conductrices. Un conducteur en cuivre D’ est toujours en contact avec la partie conductrice de la roue, et l’autre D frotte contre la circonférence, de sorte qu’en tournant à l’aide de la manivelle R la roue DD', on produit une série d’interruptions dans le courant. Si Pon fait passer le même courant dans le récepteur et dans le manipulateur, et que le nombre des dents du premier corresponde au nombre des parties conductrices du second, on voit que les deux appareils tournent synchroniquement, et que, lorsqu'une roue fait une révolution, la seconde en fait autant.

Actuellement si lon place en face de la flèche «b, sur un cadran fixe e du récepteur, des lettres, des signes, et qu'on les répète sur le cercle MN du manipulateur, vu en projection en M'N', on peut, entre les deux stations où se trouvent le manipulateur MN et le récepteur À, transmettre du premier point dans le second tous les signes ou lettres que l’on veut. Il suffit seulement que les conducteurs EF et F” puissent établir la communication électrique entre les deux stations.

Toutefois il est important de remarquer que le récepteur ne peut tourner que d’un seul côté, aussi est-il essentiel de ne tourner la manivelle R que dans un seul sens.

Si on veut envoyer des dépêches de la deuxième station à la première, il faut une seconde paire d’appareils, ou un second manipulateur et un second récepteur disposés de la même manière, mais inversement. La même pile peut servir, en faisant usage d’autres conducteurs, où en employant des dispositions qui seront ultérieurement indiquées.

Télégraphe à cadran; modèle en usage, Tel est le principe des télégraphes à cadran dans sa plus grande simplicité. Maïs l'appareil ainsi construit exigerait trop de force pour fonctionner; quand on veut transmettre des dépêches à 50, 100, 200 lieues, les fils métalliques offrant une grande résistance, il faut des instruments qui fonctionnent avec une pile constante et peu énergique; enfin il est nécessaire que lon puisse opérer avec rapidité. L’instrument suivant, qui est un modèle construit par M. Breguet, remplit ces conditions :

er =

s Fig. 215.

Le récepteur de ce télégraphe est représenté figure 215. Le jeu de Pélectro-aimant E sur l’armature à est le même que dans l’appareil précédent; seulement la roue en rochet qui fait tourner l’aiguille ab devant le cadran n’est pas mise en mouvement par l’action attractive de l’électro-aimant sur l’armature en fer doux à, mais bien par un ressort et un mécanisme d'horlogerie R. La fourchette f, représentée à côté de la figure, en plan et en coupe, s’engage entre les dents de la roue en rochet et entrave sa marche, en sorte que ce n’est que lors de l’action de l’électro-aimant sur Parmature # que, le ressort agissant, la roue, et par suite l’aiguille ab, tournent dans le même sens. Aïnsi le courant électrique, et par suite lélectro-aimant , n’agit que pour détendre le ressort, et la force nécessaire pour faire fonctionner l’appareil est empruntée au mouvement d'horlogerie; cette addition importante permet de faire fonctionner l'appareil à l’aide des plus faibles courants électriques.

Il est nécessaire cependant de régler le ressort r qui ramène la fourchette dans sa première position quand le courant n'agit plus, afin que l'appareil fonctionne avec l'intensité électrique dont on fait usage. Pour cela, un fil de soie enroulé autour d’une poulie, que l’on tourne avec une clef enS, tend plus ou moins le ressort 7, et sert à régler l'appareil au moment de s'en servir.

Le manipulateur est disposé comme l’indique la figure 216; nous empruntons sa description à M. Breguet : l'appareil se compose d'une planche de forme carrée, sur laquelle est monté, au moyen de trois colonnes, un plateau circulaire ou cadran en laïton. Ce plateau porte, sur son pourtour, des échancrures se trouvant en

maps

regard des lettres et des nombres que lon a gravés sur le cadran en deux circonférences. Une manivelle est articulée au centre du plateau avec un axe qui porte une roue sur le plan de laquelle est creusée une gorge sinueuse , et dont les sinuosités sont régulières et en nombre égal à celui des signes gravés sur le cadran. Cette roue produit dans son mouvement de rotation le mouvement de va-et-vient du levier G, qui oscille autour du centre O, et va toucher alternativement aux contacts P et P’. Pour un tour de la roue, le levier G fait treize oscillations, c'est-à-dire qu'il est treize fois en contact avec P et treize fois avec P”’.

Dans la planche sont incrustées dix petites platines ou pièces de contact, auxquelles viennent aboutir les fils qui conduisent le courant électrique dans les divers appareils qui composent le poste : devant le cadran se trouve aussi une plaque oblongue ; elle porte

: ces mots : «Communication directe. » En outre, on voit deux languettes mobiles LL, qui sont susceptibles de se diriger, l’une, à gauche sur les contacts E’S'S'; l’autre, celle de droite, sur les contacts semblables SSE, ainsi que sur la plaque oblongue. Ces deux pièces sont appelées commutateur de ligne.

Il y a encore trois boutons, dont ceux qui sont figurés en G et en Z sont destinés à recevoir les fils venant des Dole de la pile, et l'autre T, le fil communiquant au sol.

Les différentes parties du manipulateur sont reliées entre elles par des fils métalliques qui passent au-dessous de la planche, et qui sont représentés dans la figure par des lignes pointées. Toutes les platines SS'RR, à droite et à gauche, communiquent au bouton T, qui, de son côté, est réuni au bouton Z.

Des colonnes qui supportent le cadran, celle qui est placée sous

. la croix communique avec la plaque EE.

Le bouton CG est relié au contact P. Le contact P' communique avec les platines R R’ de droite et de gauche.

On voit enfin qu’il y a communication immédiate entre la colonne qui est sous la croix et celle qui sert de centre de mouvement au levier L, puisque toutes deux sont fixées au cadran.

Toutes les fois que la manivelle du manipulateur est placée sur un nombre impair 4, 3, 5, etc., la pile L est en contact avec P; et

si, au contraire, cette manivelle est sur les nombres pairs 0, 2, 4, le contact aura lieu avec P’,

Avec ce télégraphe , quand on a habitude des manipulations, on peut facilement faire 30 signes par minute, en moyenne, c’està-dire un signe toutes les deux secondes. Quand on parle par lettres, on voit que ce télégraphe ne transmet pas les correspondances d'une manière très-rapide; pour aller plus vite, il faut parler par signes et se servir des dispositions télégraphiques employées plus loin.

On a vu qu'il était nécessaire de régler avec une clef le ressort de l’appareil pour l'intensité électrique employée. M. Mouilleron ‘a construit un récepteur dans lequel le courant électrique passe successivement autour de deux électro-aimants : le premier, qui est à long fil et beaucoup plus sensible que le second, agit au commencement de l'opération, sur une armature dont la fonction est de tendre le ressort à boudin r (fig. 215), qui règle la marche de l’aiguille ab; une fois celui-ci réglé, cet électro-aimant cesse d'agir, et l’appareil est prêt à fonctionner. Il suffit donc pour ce télégraphe qu'avant chaque série d'opérations on détende le ressort à boudin r de chaque récepteur, et que la personne qui veut transmettre une dépêche tourne le manipulateur pendant plusieurs tours, afin que l'appareil se règle de lui-même à la station d'arrivée.

Télégraphe mobile à lettres: On désigne sous ce nom des appareils dont le but est de pouvoir communiquer avec les stations d’un point quelconque d’une ligne d’un chemin de fer, ou d’un lieu quelconque où on le transporte. M. Bréguet a disposé un télégraphe à cadran , renfermé dans une boîte pouvant se développer, et contenant non-seulement la pile nécessaire pour le faire fonctionner, mais encore le récepteur et le manipulateur d’une double paire d'appareils ; il est destiné spécialement à être transporté sur les trains en mouvement, et à se mettre, à un instant donné, en relation avec un télégraphe de la station principale, au moyen de deux fils que l’on fait communiquer, l’un au sol, l’autre à un des fils télégraphiques tendus le long de la ligne.

Du reste, tous les systèmes de télégraphes rendus portatifs peuvent servir au même usage; dans le cas où on aurait besoin de les employer entre des points où il n’existerait pas de fils métalliques tendus à l’avance, comme pour les usages militaires, il faudrait avoir soin de développer entre les deux stations un fil conducteur convenablement isolé.

Télégraphe à signaux, ou double télégraphe à cadran. Le système télégraphique qui avait été adopté jusque dans ces derniers temps par le gouvernement français est un double télégraphe à cadran, permettant de faire mouvoir deux aiguilles, et servant à transmettre les dépêches à l’aide de signes conventionnels formés par les positions des aiguilles relativement à une ligne fixe. Il est représenté à l'extérieur, fig. 217, et son mécanisme est vu fig. 217 bis, tel que le construit M. Breguet. A et B indiquent le récepteur; G et D, le manipulateur.

Fig. 217 bis.

Le récepteur se compose de deux aiguilles ab, a'b', semblables aux flèches mobiles de l’appareïil télégraphique de Chappe. Ces deux aiguilles peuvent être muües chacune par un mouvement d’horlogerie, et portent sur leur axe une roue à échappement que

on voit dans la figure B aux points O et 0’. Chacune de ces roues porte huit dents correspondant aux huit positions, à 45° l’une de l’autre, que peut prendre chacune des deux aiguilles. L’échappement se fait au moyen d'une ancre mue par un électro-aimant, d’après une disposition analogue à celle du télégraphe à cadran décrit plus haut ; il ya pour chaque aiguille un système d’ancres et d’électro-aimants, représentés en E et en E’ ; par une disposition particulière des fils, on peut n’employer que trois fils au lieu de quatre, et même n’en employer que deux, si la terre tient lieu de conducteur, comme on le dira plus loin.

Le.manipulateur représenté par les figures C et D est formé de deux appareils semblables, dont chacun correspond à une des deux aiguilles du récepteur. Chacun de ces appareils se compose essentiellement d’une roue formée par une substance non conductrice, et recouverte,sur la circonférence, d’une bande métallique portant huit interruptions. La bande métallique communique avec l'axe de la roue; cet axe est lui-même métallique, et un ressort r s'appuie constamment sur lui. Un autre ressort r” porte sur la circonférence, de telle sorte que, lorsqu'on donne à la roue un mouvement de rotation, le courant qui suit le ressort est alternativement fermé et interrompu.

Une manivelle qui nécessite une description spéciale permet de produire à volonté l’un ou l’autre de ces deux effets. Cette manivelle se compose d’un bras de levier M (fig. 217) attaché à l'axe de la roue, et mobile dans le plan qu’il détermine avee l'axe, au moyen d’une articulation représentée dans la figure. Pour arrêter la manivelle dans une position déterminée, le bras de levier porte un arrêt qui vient s'engager dans l'un des huit crans d’une pièce G ; chacun de cés crans correspond à une interruption du courant. Par le mouvement du levier dont nous avons parlé, on peut dégager l’arrêt d’un cran de la roue en l’écartant de sa position, et, en lui donnant ensuite un mouvement de rotation, le ramener dans une autre.

-M. Breguet a substitué au manipulateur de ce telégraphe un manipulateur plus commode, en utilisant une roue à gorge sinueuse déjà employée par lui; et décrite, page 278, à propos du manipulateur du télégraphe à cadran. Cet appareil est composé de deux parties indépendantes, semblables à celle qui est représentée figure 218 ; chacune d’elles est en rapport avec un des côtés du récepteur par un fil spécial, ce qui exige l'emploi de deux fils. Les deux parties du manipulateur étant identiques, nous ne donnerons l’explication

que de l’une d’elles, qui suffira pour les deux. Nous empruntons cette description à l'ouvrage de M. Breguet :

Fig. 218. G, diviseur fixe, est un disque .divisé en ES huit parties égales par des crans dans lesquels on peut engager une tige fixée à la manivelle mobile M.

R est une roue également fixe, sur un côté de laquelle est creusée une gorge quadrangulaire à angles arrondis, dans laquelle se meut un galet porté par la partie supérieure du levier. L.

BD est l’axe de mouvement des deux le- = viers L et L’. L est le levier portant à son extrémité le galet qui entre dans la roue de la gorge R. L' est le levier qui porte dans le bas une pièce à ressort oscillant entre les contacts C, C. Ë

G, C’ sont deux contacts métalliques encastrés dans une pièce d'ivoire sur lesquels vient appuyer le levier L’. G communique avec la pile. C’ communique avec le récepteur par un fil conducteur ; à la base de la colonne s’attache le fil de la ligne.

M est la manivelle placée sur l’axe de la roue R, et qui passe par le centre du diviseur.

Ce manipulateur fonctionne à la place de celui que nous avons décrit fig. 217; car, en faisant mouvoir la manivelle dans le même sens , autant de fois l’on aura passé devant les crans du diviseur, autant de fois le levier L' aura produit d’interruptions du courant électrique par suite du jeu des leviers L et L’.

Le télégraphe que nous venons de décrire est plus compliqué que le télégraphe à cadran, puisqu'il peut être considéré comme un double télégraphe à cadran, et qu’il exige deux fils; la même pile peut toutefois servir, en ayant soin de ne faire fonctionner que successivement les deux parties du manipulateur. La rapidité de la transmission des dépêches peut être seule invoquée pour expliquer la préférence qu’on lui a accordée; en effet, chaque signe représentant un mot et même une phrase, on conçoit que, pouvant en figurer au moins trente par minute, les dépêches se trouvent plus rapidement envoyées qu’à l’aide d’un simple télégraphe à cadran:

Télégraphe à clavier. Nous avons vu dans les télégraphes précédents que le manipulateur était simple : dans le télégraphe à clavier, construit par M. Froment, le manipulateur est plus compliqué,

DE L'ÉLECTRO-MAGNÉTISME. à 283

et diffère complétement des autres appareils de ce genre; quant au récepteur, il est analogue à celui de l'appareil à cadran décrit précédemment. Comme ce télégraphe peut être utile pour le service d’une administration et dans les cas analogues à ceux où l’on emploie le télégraphe à cadran, nous donnons une description sommaire des principales parties qui le composent.

La partie essentielle du manipulateur est un cylindre horizontal MN, fermant et ouvrant le circuit à l’aide d’une roue à interruption, comme dans les manipulateurs ordinaires , et l'aiguille du récep-

teur marche ou s’ärrête, suivant que le cylindre tourne ou reste arrêté, en supposant , bien entendu , qu'ils soient parcourus par le même courant électrique.

Ce cylindre est entraîné dans son mouvement paï un ressort qui peut produire son effet ou être arrêté de la manière suivante :

Le cylindre porte des chevilles disposées en hélice, chaque cheville correspondant à une touche du clavier ; en abaissant une touche, on force la cheville correspondante à s'arrêter quand le cylindre, entraîné par le ressort, fait arriver la cheville devant la touche. À l'extrémité du cylindre se trouve une roue en rochet M: arrêtée par un levier horizontal, il en résulte que, dans les conditions ordinaires, le ressort ne peut fonctionner; mais, du moment qu’on abaisse une-touche, le levier horizontal dégage la roue en rochet, et le ressort fait tourner le cylindre jusqu’à ce qu'il s'arrête de nouveau quand la cheville correspondante à la touche arrive devant celle-ci. Aussitôt que la touche se relève, le levier horizontal engrène de nouveau la roue en rochet.

Aïnsi, en définitive, chaque touche fait partir le ressort quand on l’abaisse, et l’arrête quand on la relève; mais, comme l'aiguille du récepteur de la seconde station marche synchroniquement avec le cylindre entraîné par le ressort, il en résulte que l'aiguille, lorsqu’elle s'arrête, indique une lettre ou un signe correspondant à une des chevilles, et par conséquent au signe marqué sur la touche qui a été abaissée.

DS

284 à APPLICATIONS DIVERSES

Nous représentons, fig. 29 bis, un télégraphe à clavier pour une

Fig. 219 bis.

stalion : AB contient l'axe à chevilles, le mécanisme et le clavier; EF est un cadran dont l'aiguille marche mécaniquement en même temps que l’axe MN (fig. 219) fonctionne. AB est donc le manipulateur. CD est le récepteur ou télégraphe à cadran, servant à recevoir les signes de l’autre station : la pile west pas figurée ici. E Télégraphes divers. M. Siemens a construit un appareil télégraphique qui n’est pas en usage aujourd’hui, mais dont il est nécessaire de faire mention, attendu que chaque paire d'appareils ne nécessite qu'un fil, et permet de transmettre successivement les dépéches dans les deux sens, le manipulateur et le récepteur étant identiques. Il est fondé sur le principe de l'interrupteur décrit page 178, et d’après lequel le courant électrique interrompt lui-même un circuit et le rétablit aussitôt après. Si l’on imagine deux appareils semblables dans un même cireuit, on conçoit que les deux armatures marchent synchroniquement; si donc ces deux armatures sont en relation avec deux ancres qui commandent deux roues en rochet portant chacune une aiguille, on voit que si les deux aiguilles ont commencé à se mouvoir en même temps, elles marcheront de la même manière, et indiqueront au même instant la même position ou

la même lettre sur le cadran devant lequel elles passent; si l’une d'elles s'arrête, l'autre s'arrête également. Des touches sont dispo sées de façon à arrêter la marche de chaque aiguille à une lettre ou à un signe déterminé, et on peut avec chaque paire d’appareils transmettre des dépêches, s’interrompre, se répondre, puisque, quand un des appareils s'arrête, l’autre s'arrête également au même point.

On à invoqué dans la construction des télégraphes un principe dont nous devons également faire mention ; il est relatif à l’emploi de mouvement d’horlogerie marchant synchroniquement aux deux stations, et que l’on arrêterait à l’aide d'actions électro-magnétiques au même instant. Si les cadrans étaient disposés de façon à recevoir des lettres ou des signes, on pourrait alors avoir simultanément des indications identiques aux deux stations, et par conséquent transmettre des dépêches d’un lieu à un autre.

Armatures aimantées. On a proposé encore d’autres dispositions pour les télégraphes indicateurs analogues aux télégraphes à cadran, et qu'il est important de faire connaître, car elles ont reçu et elles peuvent encore recevoir dans d’autres circonstances d’utiles applications.

Dans le télégraphe à cadran et ses différentes modifications dont nous avons parlé jusqu'ici, il est nécessaire de faire usage de ressorts qui ramènent sans cesse l’armature dans sa position première, mais alors on doit régler la force du ressort pour une intensité électrique déterminée; et quand celle-ci change , l'appareil ne se trouve plus dans les mêmes conditions, et ne peut parler. On a cherché à éviter cet inconvénient en employant pour armatures des morceaux d'acier aimantés : dans ce cas, les électro-aimants agissent sur les armatures par attraction ou par répulsion, suivant le sens de leur aimantation, et non-seulement on augmente la sensibilité de l’appareil, mais ces deux effets successifs que lon peut faire naître permettent de se passer de ressorts additionnels. En outre de cela, l'appareil peut fonctionner quelle que soit l'intensité électrique employée, et il n’est pas nécessaire de le régler au moment de transmettre une dépêche.

On a construit de cette manière des télégraphes à cadran, fondés sur ce principe. Il est nécessaire que l’armature aimantée soit placée entre deux pôles opposés de deux électro-aimants vis-à-vis l’un de l’autre, afin qu'au moment du passage du courant électrique, si Pun des pôles attire armature, celui qui est en face la repousse ; alors, au moment où le courant change de sens, un effet inverse se produit.

M. Glôesener, qui a employé les armatures aimantées dans la * construction de différents systèmes de télégraphes , a en outre utilisé le renversement de courant en disposant le récepteur de manière que, par le jeu même de l'appareil, cet interrupteur forme commutateur fonctionnant en même temps que les armatures, de façon que chaque électro-aimant , après avoir agi par attraction sur un pôle de celles-ci, agit immédiatement après par répulsion. Cette disposition est avantageuse en ce sens, qu'au moment où un courant cesse de passer dans un électro-aimant, il se produit un courant induit dans le fil conducteur; or, si au moment de la cessation du courant on fait passer un courant électrique inverse, il détruit l’effet de l'induction. On a donc de cette manière le même àvantage qu’en employant les appareïls magnéto-électriques, comme on le verra plus loin, et Pon peut éviter également les actions dues aux effets statiques que l’on observe quand on fait usage de lignes télégraphiques sous-marines, Nous reviendrons du reste sur cette question quand nous parlerons des conducteurs sous-marins.

Les armatures aimantées ont été également utilisées dans des circonstances où il est nécessaire de n’employer Faction d’un courant que dans une direction déterminée. Supposons, en effet, que dans un électro-aimant il circule un courant capable de développer une aimantation contraire à celle de armature en présence: cette armature sera attirée ; lorsque le courant circulera en sens contraire , elle sera repoussée; mais, si un arrêt s'oppose à ce second mouvement, l'attraction seule sera manifeste quand le courant électrique aura une direction déterminée. Supposons, à présent, que l’on place deux électro-aimants à côté de l’autre, de manière que chacun d’eux agisse par attraction sur son armature, quand le courant est dans une direction opposée , on voit que, suivant le sens du courant, ce sera ou l’un ou lPautre qui agira. On a fait usage de ce principe, soit dans des télégraphes, soit dans des moniteurs de chemins de fer, etc.

Télégraphe à aiguilles. Les appareils télégraphiques dont nous venons de parler, mais surtout les télégraphes à cadran, sont d'un emploi commode, et fonctionnent bien, mais ils exigent plus de force que les télégraphes à aiguilles, dont il va être question. Ces derniers sont très-simples, car il n’entre aucun rouage dans leur construction, et sont fondés uniquement sur l’action exercée de la part d’un courant ou d’un électro-aimant sur une aiguille aimantée; ils sont analogues à ceux de M. Steuikeil ou de M. Wheatstone ,

et n’exigent que de très-faibles courants pour fonctionner : ils sont done plus sensibles que les précédents; seulement il faut qu’au moyen de signes conventionnels représentés par l’inclinaison d’une ou deux aiguilles, une ou deux fois dans un sens ou dans un autre, on convienne de représenter des lettres ou des phrases. Ainsi, les signaux sont formés par de petites oscillations d’une ou plusieurs aiguilles. Du reste, ces signaux ne font pas plus de signaux que le double télégraphe du gouvernement français, décrit page 280.

La figure 220 donne le principe d’un télégraphe à aiguilles , du système de MM. Cooke ét Wheatstone :

Fig. 290. Le récepteur se compose d’un ou deux cadres de multiplicateur semblables à M, au milieu duquel une aiguille aimantée est placée de façon à être déviée dans un sens où dans l'autre, suivant le passage du couant. Une seconde aiguille aimantée fixée à la première, se meut au devant du cadran, et forme un système astatique qui rend l'appareil plus sensible. Du reste, un contre-poids suffisant maintient l'aiguille verticale.

Le manipulateur N, vu dans une autre position en N’, se compose d’un commutateur destiné à changer le sens du courant électrique, et à ouvrir ou fermer le circuit. Il est formé d’un cylindre en ivoire, tournant autour de son axe à l’aide d’une manivelle, et portant deux chevilles c et c‘ en cuivre. Ces chevilles ne sont pas dans le même plan vertical perpendiculaire à lPaxe du cylindre; l’une est destinée à agir contre des ressorts en cuivre et L!, et à les écarter à volonté; l’autre c' est destinée à agir sur les ressorts > et 7’.

Les pôles de la pile qui fait fonctionner l'appareil communiquent en P et en P’ avec les ressorts r et r’,et ceux-ci sont en communication avec les chevilles e et c’. Dans la position ordinaire d’équilibre, les chevilles c et c’ étant verticales, les deux ressorts 2 et Z!' touchent les deux pointes v et v’en cuivre. Mais, si on tourne la manivelle dans un sens ou dans un autre, par exemple, de droite à gauche, comme le représente N', alors la pointe V quitte le ressort 4, le pôle P communique à L, et le courant a une direction déterminée ; si on tourne la manivelle en sens inverse, le courant change de sens. Si l’on suppose maintenant que deux mécanismes sembla-

bles à celui de Ja figure 220 soient renfermés dans un système ana- Fig. 220 bis.

logue à celui de la figure 220 bis, et que les deux aiguilles extérieures «b, ab’, etles manipulateurs » et #' soient seuls apparents, on aura la vue extérieure dun télégraphe à deux aiguilles. On doit dire que le courant électrique qui passe dans un des manipulateurs 7» et dans le réceptéur placé à côté a, passe aussi dans le récepteur correspondant de la station suivante; de cette manière, l'employé, en tournant la main » ou la main »', voit quelle est la dépêche transmise à l’autre station.

Nous avons supposé qu'on employait des cadres de multiplicateurs simples; mais on peut placer de chaque côté des aiguilles des pôles opposés d’électro-aimant, et alors l’appareil acquiert encore une plus grande sensibilité, puisque l’on fait concourir à l’action le développement du magnétisme dans les fers doux des électro-aimants.

Si L'on fait usage de deux aiguilles liées en croix l’une à l’autre, et que chaque extrémité de l’électro-aimant soit entre deux pôles opposés, on augmente encore l'effet produit. Avec une armature découpée de la forme de deux tiges en croix, on obtiendrait aussi le même effet. : Enfin nous indiquerons plus loin, à propos des télégraphes magnéto-électriques , une autre disposition employée par M. Henley, laquelle donne de bons résultats.

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