TÉLÉGRAPHES INDICATEURS MAGNÉTO-ÉLECTRIQUES
Télégraphe à cadran. Les télégraphes que nous venons de décrire, soit à cadran, soit à aiguilles, fonctionnent à l’aide de piles voltaïques, dont le nombre des éléments varie suivant la résistance du circuit que doit traverser Pélectricité. Si le fil avait une longueur trop grande, on pourrait même utiliser les relais dont il sera question plus loin en parlant des télégraphes enregistreurs. Mais, aussitôt que l’on eut construit des appareils télégraphiques, on songea à se passer de piles voltaïques, et à se servir de courants produits par un appareil d’induction magnéto-électrique. M. Steinheil en fit usage , et M. Wheatstone construisit un télégraphe à cadran dont le manipulateur consistait en une espèce de machine de Clarke, donnant un certain nombre de courants induits par chaque tour du cadre du manipulateur, de façon à en faire correspondre les lettres avec celles du récepteur.
DE L'ELECTRO-MAGNÉTISME. 289
On conçoit aisément que les courants électriques, développés pendant le passage de l'électro-aimant mobile devant l’aimant fixe, aient une tension suffisante pour vaincre la résistance des fils conducteurs, et qu’ils mettent en fonction le récepteur à lettres, comme le ferait un courant électrique provenant d’une pile ordinaire. Ainsi, tlans ce système , le manipulateur est différent de celui du télégraphe à cadran ordinaire, en ce qu'il renferme un électro-aimant mobile placé devant un aimant fixe comme dans un appareil d’indüction , et en ce qu'il sert par conséquent et de source d’électricité et de manipulateur; quant au récepteur, il est construit de la même manière que ceux dont nous ayons parlé.
Nous avons vu un télégraphe de ce genre établi à la gare du chemin de fer. de Rouen par M. Wheatstone, il y a plus de dix ans, et, depuis cette époque, il a toujours fonctionné très-régulièrement ; le seul inconvénient qu'il présente est d’être un peu lent, par suite du grand nombre de révolutions que l’électro-aimant doit exécuter pour que l'aiguille du manipulateur passe d’une lettre à une autre devant le cadran divisé.
Il y a plusieurs avantages à se servir de courants magnéto-électriques : d’abord, si le fil de l'appareil est très-résistant, la tension de l'électricité développée est assez grande, et franchit avec facilité de longs cireuits télégraphiques. Ensuite l'appareil est toujours prèt à entrer en fonction, et donne les mêmes résultats, pourvu que l'intensité magnétique de l'aimant fixe reste la même. D’un autre côté , lorsque l'on fait usage de courants magnéto-électriques, ces courants sont alternativement en sens inverse, et s'opposent à la production des effets statiques qui peuvent nuire à la marche des télégraphes.
M. Lippens a modifié le télégraphe magnéto-électrique à cadran de M. Wheatstone en faisant usage d’une bobine fixe dans le manipulateur, et en rendant seulement mobile l’armature en fer doux intérieure munie de parties plus prédominantes que les autres, lesquelles passent devant les pôles de forts aimants fixes. Lorsque ces armatures mobiles s’aimantent ainsi par influence, les courants induits dans la bobine fixe agissent par l'intermédiaire du fil dans le récepteur.
On a employé aussi, pour faire fonctionner les télégraphes, des courants induits provenant d'appareils dans lesquels le courant inducteur était donné par un ou plusieurs couples à large surface. Dans ce cas, l'effet de l'induction est de donner un excès de tension