ES PP PE EE = SE ART
Een lanta tes and
ee + Lane
ductibilité a lieu comme entre deux électrodes très-petites plongées dans une masse liquide très-grande, et que dès lors on ne peut plus appliquer les lois du diamètre et de la section. Cependant cette section étant très-grande et même indéfinie, la résistance, quoique grande à égalité de section par rapport à un fil métallique, est cependant négligeable, parce que la communication se fait en tous sens.
On peut donc considérer la résistance à la conductibilité de la terre comme nulle, c’est-à-dire’ que l’on peut admettre dans les calculs faits sur de longues lignes télégraphiques, que le sol a une conductibilité parfaite. On arrive aussi à cette conséquence, que, pour une très-grande distance, la surface des lames destinés à transmettre l'électricité dans le sol est indifférente ; maïs, pour des longueurs de quelques centaines de mètres seulement, il y a avantage à augmenter la surface de contact des électrodes. On gagne aussi en intensité en enfonçant profondément les électrodes dans le sol, tout en leur conservant la même surface. Pour mettre en communication les fils télégraphiques et la terre, on ne se sert pas plutôt de lames d’un métal qué d’un autre, et on emploie indifféremment des objets métalliques qui sont à la portée des opérateurs : on creuse habituellement le sol à 1 ou 2 mètres, suivant son humidité, on fixe un fil de fer galvanisé à un morceau de rail de chemin de fer, et on enfonce le rail dans le sol humide, en laissant ressortir le fil. Des morceaux ou des lames de plomb, de cuivre, donneraient les mèmes effets; on n’a rien trouvé qui indiquât qu’un mode de communication fût meilleur qu'un autre.
Il est probable, d’après toutes les recherches faites sur ce sujet, que la terre conduit les courants électriques par un mode action analogue à celui qui a lieu dans les fils métalliques et dans les liquides. Mais ce qu’il y a de remarquable, c’est que des courants . électriques peuvent se croiser en tous sens et à chaque instant sans se nuire l’un l’autre. C’est ce résultat qui avait fait penser à quelques physiciens que la terre agissait comme réservoir d’électricité, que les flux électriques s’écoulaient de chaque extrémité des pôles de la pile dans le sol, et que l'effet produit n’était pas du même ordre que la transmission des courants dans les fils métalliques.
On a fait une observation sur les lignes télégraphiques et que nous devons mentionner ici; elle est relative à l’existence de courants électriques qui circulent, tantôt dans un sens, tantôt dans un autre, en interposant un galvanomètre et en supprimant toute pile du circuit. Cet effet peut tenir ou à l’action de l’élec-
tricité atmosphérique, ou à des courants d’induction qui se manifestent dans ces fils par suite des variations de l'intensité magnétique, suivant l’orientation des fils, ou bien à une action chimique produite sur les lames métalliques qui servent à mettre en relation l'extrémité des conducteurs avec le sol, ou bien à l’action de courants terrestres décrits par l’un de nous.
Fils métalliques. Lignes aériennes. Pour établir la communication entre les appareils télégraphiques, on se sert de fils métalliques. Le cuivre est employé avec grand avantage, mais le prix élevé de ce métal lui a fait préférer, dans le plus grand nombre de cas, le fer, quoique près de sept fois moins bon conducteur (voir tome Ier, page 85); on prend les fils de fer d’un diamètre plus grand que celui des fils de cuivre, et l’on compense ainsi leur défaut de conductibilité. =
Les fils de fer dont on fait usage ont habituellement quatre millimètres de diamètre, et, pour les garantir de l'oxydation, on les recouvre de zinc par le zincage à chaud, procédé auquel on à donné le nom de galvanisation (voir tome IL, page 199).
Pour que la communication électrique ait lieu, il faut que les fils soient convenablement isolés. On peut les placer dans l’air ou bien sous terre. En France, le long deslignes de chemins de fer, et toutes les fois que cela est possible, on emploie le premier mode d’isolement que Pon peut nommer isolement aérien. On place de cinquante mètres en cinquante mètres des poteaux le long desquels les fils sont suspendus. Ces poteaux sont généralement en bois de pin injectés de sulfate de cuivre, quand ils sont encore en séve. Les fils sont suspendus à l’aide de poulies B’ en porcelaine, ou de supports de même substance A’, mais auxquels sont attachés des crochets qui les supportent. De petits toits seraient nécessaires pour garantir de l’eau de pluie les parties non conductrices, et éviter la déperdition de l'électricité, due à ces causes. En outre des appareils à suspension, on place de mille mètres en mille mètres des appareils tels que MN, appelés {endeurs, et destinés à tendre les fils métalliques
Fig. 236.
A PI EPEEP L = = orne
de chaque côté ; ils ont à chaque extrémité un treuil avec un rochet, afin de remplir cette fonction, et ils sont adaptés sur un appareil en porcelaine porté sur le poteau AB.
Malgré les précautions prises, ce mode d'isolement des fils n'est pas parfait, car l'humidité qui recouvre les poteaux et la porcelaine, pendant la pluie surtout, occasionne une déperdition d'électricité ; cependant, pour la plupart des cas, c’est encore celui qui doit être préféré en raison de la facilité que Von a de pouvoir surveiller leur maintien en bon état. La déperdition électrique, jointe au changement de résistance du circuit quand la température varie (voir tome Ier, page 87), fait qu’il est nécessaire d’un nombre variable de couples d’un jour à l'autre pour faire fonctionner les appareils dans les mêmes conditions; mais, comme il est facile d’en ajouter, on se borne à cette addition pour que le jeu des télégraphes soit régulier. Quand on veut un isolement plus parfait, on peut employer des fils enduits de gutta-percha.
Lignes souterraines. On avait pensé à placer les fils conducteurs sous terre, afin d'éviter les accidents de rupture et pour ne pas avoir à s'occuper des fils sur toute l'étendue de la ligne; les fils de cuivre recouverts de gutta-percha ont même été employés ainsi, notamment en Prusse. Mais il y a un inconvénient dans leur usage exclusif, et qui tient au changement moléculaire que subit la gutta-percha dans certaines circonstances, changement qui permet-à l’eau de s’infiltrer et qui fait cesser l’isolement: nécessaire au fil. Ainsi, quand cela est possible, il est préférable de s’en tenir aux fils tendus dans l’air.
Dans d’autres conditions où il est indispensable d’avoir recours aux fils souterrains, le mieux est de placer simplement un fil de fer dans un auget en bois ou autre, dans lequel on coule du goudron ou du bitume. Le fil étant placé au milieu de cette masse fondue est suffisamment isolé. Si l’on place plusieurs fils à côté l’un de l’autre, il faut les isoler préalablement, en les entourant de cordons goudronnés, puis opérer comme avec un seul ; la matière en fusion pénètre dans les interstices et rend isolement complet.
Lignes sous-marines. La transmission de l'électricité entre les pays séparés par la mer n’a pu s'effectuer qu’au moyen de câbles particuliers convenablement isolés et unissant les stations télégraphiques. Cette immense application, qui fait que la transmission est aussi facile à l’aide des cäbles sous-marins qu’à l’aide des fils isolés tendus dans Pair, ne date que de peu d’années : M. Wheatstone, en 1840 , avait proposé un moyen de résoudre la question, mais
c'est M. Brett sous la direction duquel a été placé un conducteur entre Douvres et Calais : le conducteur fut bientôt rompu; néanmoins le résultat obtenu montra que le succès était possible. M. Crampton s’occupa alors de cette question, et réalisa cette immense application en unissant définitivement, en 1851, par un câble sous-marin, la France et FAngleterre. Depuis cette époque, d’autres pays séparés par la mer ont été mis en relations télégraphiques, et une des plus longues lignes faites jusqu'ici est celle qui sépare Varna de Balaclava : le câble n’a pas moins de 377 milles de longueur, soit 700 kilomètres. Il est démontré dès lors que l'on peut donner aux câbles de très-grandes longueurs, et on espère même pouvoir mettre ainsi en relation PEurope et l'Amérique.
Les câbles employés jusqu'ici ont la forme de celui qui est indi-
Fig- 237. qué figure 237; cette figure représente une partie
| }, du cäble qui unit Douvres et Calais. A l’intérieur se trouvent quatre fils de cuivre de 1 à 2 millimètres de diamètre, représentés par des points noirs sur la section du cable CD; on se sert du cuivre afin de diminuer le diamètre du conducteur. Ces fils sont entourés de gufta-percha vulcanisée ; ensuite on les entoure d’étoupe goudronnée, et on enveloppe le tout de gros fils de fer galvanisés tordus en hélice d’un pas allongé, comme le représente AB. Ces fils de fer sont destinés à garantir de toute rupture les fils conducteurs en cuivre. Dans le câble figuré ici, les dix fils de fer extérieurs ont chacun 8 millimètres de diamètre, et le câble a un diamètre total de 33 millimètres.
Dans ce cäble il ya quatre fils de cuivre, et par conséquent quatre circuits télégraphiques. On varie le nombre de ces fils, ainsi que celui des fils de fer extérieurs ; il y en a de différentes formes, et même qui sont composés de plusieurs câbles tournés autour l’un de l’autre.
Lorsqu'on fait usage de longs circuits souterrains ou sous-marins pour Ja transmission des dépèches télégraphiques, et de plus qu’on emploie un grand nombre de couples, il se manifeste des effets électriques dont on a parlé tome [°', pages 105 et suivantes , et qui nuiraient singulièrement au jeu des appareils si l’on ne prenait pas des dispositions nécessaires pour s’en garantir. En effet, le fil souterrain ou sous-marin étant chargé par le courant comme le serait une bouteille de Leyde, le courant se propage en augmentant
graduellement d'intensité, et ce n’est qu'après un temps appréciable que effet magnétique maximumest transmis à l’autre extrémité du fil (voir tome Ier, page 109). Les appareils ordinaires ne pourraient donc fonctionner qu’avec une vitesse beaucoup frop petite.
Si l’on opère avec des appareils magnéto-électriques, on évite les effets de ce genre, car, lorsqu'un courant électrique est produit par l'induction d'un aimant, et vient à cesser immédiatement après, le courant qui se manifeste dans ce dernier cas détruit l’effet du premier; le flux électrique se propage donc régulièrement à chaque double mouvement du manipulateur. En outre de cela, le fil télégraphique communique au sol après chaque mouvement de l’électro-aimant, et ainsi qu’on l’a dit à propos du télégraphe décrit page 290.
Avec les télégraphes ordinaires et les piles voltaïques, si l’on fait usage du renversement de courant, et ainsi qu'on l'a déjà dit page 286, le même résultat est obtenu, puisque des courants alternativement contraires se succèdent comme avec les courants magnéto-électriques. Cest de cette manière que se trouve disposé l'appareil de M. Varley, qui permet au télégraphe de Morse et an télégraphe électro-chimique placé entre l’Angleterre et la Hollande, de fonctionner avec la plus parfaite facilité et avec la vitesse de 25 mots par minute. Dans’la disposition qu’il a adoptée, il est nécessaire, par le jeu de la clef, de faire communiquer au sol le fil télégraphique immédiatement après le passage du courant, et à chaque fois qu'on établit celui-ci avant de faire passer le courant inverse; on deverse ainsi dans le sol la charge qu’aurait acquise le fil , et l’on détruit l'effet qui nuiraït au jeu de Pappareil.
Avec ce télégraphe, les courants alternés, quoique très-faibles, sont cependant suffisants pour agir sur un multiplicateur faisant fonction de relais; ce relais met en action une pile locale qui fait fonctionner à son tour l’appareil de Morse ou le télégraphe électrochimique.
Paratonnerres pour les lignes télégraphiques. Lorsque l’atmosphère se trouve chargée d'électricité, elle peut, en agissant par influence sur le fil isolé, se communiquer aux appareils, les faire manœuvrer et empêcher la transmission des dépêches, et même, si elle est en quantité suffisante, fondre les fils des électro- aimants et donner des commotions aux opérateurs ; ces circonstances sont heureusement rares et de courte durée. On peut remédier à ces accidents à l’aide de plusieurs dispositions que nous allons indiquer :
Lorsque , d’après l'apparence du ciel, on reconnait les symptômes d’un orage, à l’aide d’un commutateur en usage dans la station, on met directement le fil de la ligne en communication avec la terre : par ce moyen l’électiicité atmosphérique s’écoule dans le sol.
Mais lorsque lappareil télégraphique est en fonction, ou bien qu'il est dans ce qu'on appelle l'attente, et que la sonnerie est prête à appeler l'employé auprès de l’appareil , alors, lexcès d'électricité ne pouvant s’écouler directement dans le sol, il est nécessaire de se préserver des accidents qui peuvent survenir par suite de son accumulation. On fait usage d’un appareil nommé paratonnerre, qui
Fig. 238. est représenté figure 238, lequel consiste en une petite planche sur laquelle sont placés deux boutons À et B à une distance de 6 à 7 centimètres. Deux extrémités du fil de la ligne viennent s’attacher à ces boutons, de façon que, si une communication métallique est établie entre A et B, le ; courant circule dans le fil télégraphique; si, au contraire, À et B se trouvent isolés, toute communication est rompue. Un fil de fer très-fin réunit ces deux boutons, et, pour éviter qu’il ne se brise, il est renfermé dans un tube de verre, comme dans les télégraphes construits par M. Breguet, ou bien, comme l'indique la figure, il est entouré de soie et placé dans une petite boite en cuivre à couvercle, de façon à rester isolé des parois de la boite. Il est évident, d’après cette disposition , que si l'électricité atmosphérique est en excès sur la ligne, le fil de fer sera fondu avant que le cuivre soit atteint, et que les appareils seront préservés.
Du reste, avant que cet effet se produise , et pour enlever d’abord un excès d'électricité nuisible à la marche régulière des appareils, on place au-dessus du bouton B, et en communication avec lui, une plaque en cuivre dentelée D; une autre plaque semblable C, dont les pointes sont en regard et très-près de celles de D, communique avec le sol. De cette manière, le fil ‘de la ligne télégraphique , chargé d’un excès d'électricité, se trouve déchargé en partie par les pointes; ce n’est que lorsque l'excès d'électricité est plus considérable que le fil de fer se trouve fondu.
M. Masson avait proposé d'utiliser pour la construction des paratonnerres télégraphiques ce fait observé par lui, que l’alcoo! est
assez peu conducteur pour isoler convenablement un circuit vol- T. Lil. 21
taïque, mais l’est assez pour laisser passer Pélectricité dès que sa
tension acquiert une certaine valeur (voir tome II, page 17). M. Pou-
get-Maisonneuve a construit un appareil basé sur ce principe et re-
présenté figure 239 : cet appareil consiste en un vase en verre ou en
métal exactement rempli dalcool à 40°, renversé sur un soc, et
mastiqué de façon à éviter la sortie du liquide. Le conducteur de Fig. 289.
la ligne télégraphique DABCE passe dans lalcoo!, et, dans son trajet au milieu du liquide, est formé d’une lame de cuivre dentelée ABC. Une autre plaque dentelée T plonge au milieu du liquide, et est en communication avec le sol. De cette manière le fil de la ligne est assez bien isolé pour permettre au courant électrique d’agir dans les télégraphes ; mais, dès que l’électricité atmosphérique s’y aceumule, elle se transmet à la tige intérieure T, et de là au sol par le bouton T”. Plusieurs autres corps médiocres conducteurs, qui ont été essayés, ont été trouvés inférieurs comme usage à l'alcool à 40°. L’expérience seule pourra permettre de juger si cet appareil doit être préféré au précédent, qui a été généralement employé jusqu'ici. M. B. Bianchi a proposé un appareil fondé sur un principe analogue. lequel appareil, quoiqu’un peu plus volumineux, peut
Fig, 240.
donner de bons résultats: il est représenté en AB, et aussi en
.A!B dans la position qu'il doit occuper sur la ligne télégraphique.
Ce paratonnerre consiste en une sphère de métal traversée par le fil télégraphique, et maintenue au centre d’une autre sphère en verre formée de deux-hémisphères réunis par un large anneau en euivre. Cet anneau est armé intérieurement de pointes peu distantes, se dirigeant vers le centre de la sphère métallique jusquä-une petite distance de sa surface. Les deux hémisphères sont terminés par des poulies dans lesquelles le fil conducteur passe et qui sont mastiquées. La partie inférieure de l'anneau de cuivre est munie d’un robinet métallique qui permet de faire le vide dans lappareil , et de l’y conserver si on le juge nécessaire; ce robinet porte un pas de vis qui doit recevoir la tige métallique, laquelle est destinée à mettre l’armature métallique en communication directe avec le sol, en isolant complétement le fil du eircuit formé par la pile et la sphère qui en fait partie. Avec cet appareil, on conçoit que toute l'électricité atmosphérique qui se porte sur le fil conducteur A’B'NM, et qui serait communiquée à l'appareil télégraphique M, est transmise au sol T par l'intermédiaire des pointes dont est armé l’anneau qui est en communication directe, avec lui. Un semblable appareil doit être placé à chaque station.
Les dispositions dont nous venons de parler sont suffisantes pour se mettre à l’abri des effets de l'électricité atmosphérique ; néanmoins dans quelques télégraphes on a proposé de prendre des arrangements capables de neutraliser effet d’un écoulement constant électricité. Ainsi, dans le télégraphe de M. Henley (voir page 290), on a proposé de placer un aimant mobile pouvant s'approcher de chaque éleetro-aimant, de façon à agir en sens inverse du courant dû à Paction de l'électricité de l’atmosphère pour le neutraliser, et. pour que la dépêche puisse être expédiée Hibrement ; mais, avec les dispositions que nous avons indiquées, celle-ci paraït être superflue.
Accessoires divers. L'établissement d'une ligne télégraphique exige non-seulement des conducteurs, des commutateurs, des interrupteurs et des paratonnerres, mais encore divers accessoires utiles pour la facilité du service , et parmi lesquels nous citerons les sonneries dont il ne sera question qu’à propos des appareils divers, dans le chapitre 1v de ce livre. Lorsque Femployé placé près du manipulateur
veut transmettre la dépêche, au moment où, à l’aide d’un mani- pulateur complexe, il fait passer le courant sur la ligne, la sonnerie annonce à l'employé de l’autre station qu’il ait à se rendre près du ,
récepteur.
Transmission simultanée de deux dépêches par un méme jil dans deux directions opposées. Nous avons vu, d’après ce qui précède, que pour chaque paire d’appareils, manipulateur et récepteur, entre deux stations, il fallait un fil conducteur, la terre servant de conducteur commun pour compléter le circuit; cela fait, pour un système complet et un appareil simple, deux fils isolés. On est parvenu à modifier la construction des télégraphes de façon à n’employer qu’un seul fil isolé tendu entre deux stations, lequel sert à faire fonctionner les deux récepteurs et les deux manipulateurs qui s’y trouvent établis. Ainsi lon peut faire servir un seul fil à la transmission de deux dépêches simultanément, et dans deux directions opposées et indépendamment l’une de l’autre.
M. Gintl est le premier qui ait résolu ce problème en appliquant la disposition qu’il a imaginée à un télégraphe électro-chimique (*). Plusieurs physiciens se sont occupés également de ce sujet après lui, ét, à l'Exposition universelle de 4855, on a pu voir fonctionner plusieurs télégraphes de Morse d’après le même principe que celui proposé par M. Gintl, quoique par des dispositions un peu différentes ; nous citerons les appareïls de MM. Siemens et Halske, Edlund, Wartmann.
Le but proposé a pu être atteint au moyen d’une disposition particulière des fils conducteurs autour des électro-aimants servant de relais aux appareils; il ne faut pas croire, comme on l’a pensé mal à propos, que deux courants électriques cheminent à la fois dans un même conducteur et indépendamment l’un de l’autre dans deux directions opposées. Nous allons entrer dans quelques détails touchant la manière de résoudre le problème, car ces dispositions peuvent aussi être utilisées dans d’autres circonstances. :
La figure 241 permet de concevoir le principe de cette application. La disposition qu’on a supposée aux appareils est différente de la disposition adoptée par M. Gintl, mais analogue à celle qui a été utilisée par M. Edlund et par M. Siemens.
M et M' représentent les deux postes télégraphiques identiques, quant aux appareils qu’ils renferment ; un seul fil isolé EE joint les deux stations, et deux lames LL’ plongent dans le sol. Comme les mêmes lettres désignent les mêmes instruments, nous allons indiquer les différentes parties de l’une des stations, et ce que
(*) Les expériences de M. Ginll, commencées à la fin de 1853, ont été faites publiquement le 15 octobre 1854. Les résultats sont décrits dans le n° 2375 du Recueil l’Austria.
nous en dirons pourra S’appliquer à l’autre.
P est une pile locale dont un des pôles vient en G:; l’autre pôle est le point de départ de deux fils qui s’enroulent en sens inverse autour de l’électro-aimant du relais S; un des fils est représenté par ABCDE, l’autre par abcde. En E le prémier fil est attaché au fil de laligne EE, tandis que le second est attaché au fil ef, passe dans un rhéostat R, c’est-à-dire dans un fil métallique plus ou moins long, capable de faire varier la résistance du circuit, puis vient en H s’attacher au fil HL communiquant au sol.
Ainsi il résulte de cette disposition que, tant que les deux points G et H sont séparés, les circuits ne sont pas fermés, et que l'électricité ne circule pas; mais si on vient à joindre G et H, alors le courant de la pile P se bifurque, passe en sens inverse dans les fils du relais S*de cette station, et ne produit par conséquent aucun effet magnétique, si ces deux courants sont égaux, c’est-à-dire si les résistances des deux circuits sont les mêmes.
Orle premier circuit se compose, en outre du fil ABCDE, du fil EE’ de la ligne télégraphique et du sol, carle courantrevientsuivant L'L à la pile P; le second cireuit se compose seulement du fil abcd et du rhéostat R. Il est donc facile de faire varier la longueur du
fil dans le rhéostat R, de façon à avoir la même FESSES que dans T. UT:
le fil EE’, afin que l’action magnétique dans S soit nulle ; on y parvient en employant, en outre des appareils précédents, un multiplicateur à deux fils, faisant passer les courants en sens opposé et ramenant avec le rhéostat l'aiguille de ce multiplicateur à 0.
IL est nécessaire de placer en GH et en G'H' des clefs analogues à cêlles du télégraphe de Morse, et qui établissent continuellement la communication entre le sol et la partie A ou A’ du fil; cette disposition est indispensable, afin que, dans les conditions ordinaires et quand une des clefs fonctionne, la clef GH par exemple, le courant envoyé par la station M passe dans le relais S’, et de là directement dans le sol, sans circuler dans le rhéostat R’. Sans cette précaution; et avèc une disposition aussi simple que l'indique la figure, le principe précédent ne pourrait s'appliquer entre les deux stations M et M’ que si le fil EE’ avait une résistance très-petite.
Il est évident qu’en faisant agir la clef GH d’une des stations on ferme pat intervalles ou d’une manière continue les circuits, et que l’électro-aimant du relais S, qui est à côté de la clef, ne reçoit aucune action, quelle que soit l'intensité du courant de la pile P ; car les deux courants partiels annulent toujours leur effet magnétique.
Mais actuellement, si l’on considère l'effet produit de la part de chaque pile sur les appareils de l’autre station, on trouve que les actions ne s’annulent plus: quand on ferme le circuit en GH avec la clef, un seul des courants partiels passe dans EE’; ce courant circule dans le fil E‘D'C'B'A', puis passe directement dans le sol au moyen de la clef G'H” qui est au repos, afin de retourner à la pile P. Ainsi, en admettant que G'H' soit ouvert, si un opérateur en GH transmet un courant en M’, ce courant ne produit rien en S, mais fait fonctionner S’.
Admettons maintenant que G'H' soit fermé d’une manière continue, et voyons ce qui se passe quand on fait jouer la clef en GH. Dans le circuit ED'C'B'A", comme dans tout le fil télégraphique EE’, tout effet est nul, puisque les deux courants électriques qui passeraient dans ce circuit sont de sens opposé; mais le courant de ab'c'd'e’, qui était annulé auparavant par A'B'C'D'E’, peut avoir toute son action, et S' s’aimante. Ainsi l'effet de la fermeture du circuit en GH est de faire aimanter le relais S', non pas par un courant qui se transmet dans EE’ en sens inverse d’un autre courant qui existe déjà, mais par la disposition des fils qui fait que la pile P', dont l’action des deux circuits partiels sur S’ s’annulait, a maintenant un
de ses cireuits qui agit seul.
Ainsi, que le circuit en G'H° soit ouvert où fermé, la pile P de la première station fait fonctionner le relais S' quand la clef GH agit. Réciproquement , que GH soit fermé ou ouvert, la pile P' fait fonctionner S quand là clef GH' joue. Il résulte de là que les deux appareils fonctionnent indépendamment l’un de l’autre, quoique étant joints par un seul fil télégraphique isolé.
On voit donc que le principe de la méthode employée consiste dans la division d’un courant en deux circuits partiels agissant en sens inverse sur un électro-aimant servant de relais. La transmission des dépêches se fait de la même manière, que ce relais soit en rapport avec un télégraphe électro-chimique, avec un télégraphe de Morse, ou avec un télégraphe à cadran; ainsi nous n’avons pas besoin de revenir sur la construction des télégraphes mis en rapport avec cet appareil; nous pensons toutefois que le télégraphe de Morse, qui est préféré aujourd’hui, a reçu, par cette addition, un perfectionnement réel. à
Nous avons dit que les physiciens cités plus haut, quoique partant du même principe, avaient employé des dispositions un peu différentes; en effet, MM. Siemens et Halske ont fait usage d’un rhéostat R et d’un multiplicateur à deux fils à chaque station pour
‘ramener toujours à 0e l’action magnétique exercée par la pile sur le relais voisin; M. Edlund a divisé le fil abcde en plusieurs fils parallèles tournant dans le même sens autour de l’électro-aimant , et, en introduisant plus où moins de ces fils dans le circuit, ila atteint le même but qu'avec un rhéosfat isolé; M. Wartmann a proposé d’emplôyer, comme M. Ginti, deux piles locales P, l’une n’agissant que sur un seul fil ABCDE, l’autre sur le second abcde; maïs, en réalité, le principe de la transmission simultanée est le même.
Il y a un moyen de vérifier si les télégraphes en rapport avec la disposition précédente fonctionnent bien : il consiste à maintenir fermée une des clefs où un des manipulateurs en GH, par exemple; alors, à la station M', on a une aimantation permanente en S’, et une personne qui en G'H' fait fonctionner un manipulateur transmet une dépèche en S.
Les télégraphes sont construits de manière qu'au posté qui envoie da dépêche, on puisse s'assurer si elle arrive au deuxième poste, et si elle est exactement transmise ; pour cela, le bras du levier du télégraphe de Morse qui fonctionne au deuxième poste peut fermer où ouvrir le circuit de la pile locale de ce poste; on s'arrange alors par une simple disposition du commutateur, pour que Ce courant
soit lancé sur la même ligne, et revienne au premier poste faire marcher l’appareil télégraphique. Alors le télégraphe du second poste fonctionne comme manipulateur et retourne la dépêche au premier poste, en même temps qu'il l’enregistre; il agit done comme translateur de retour (voir page 305). Si, à la seconde station, on lance de cette manière la dépêche à un troisième poste, et de celui-ci à un quatrième, on voit qu’à l’aide du premier manipulateur la dépèche
. Se transmet, et s’enregistre simultanément dans les autres postes.